Carloman Ier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Carloman Ier
Gisant de Carloman Ier derrière celui d'Ermentrude, en la basilique de Saint-Denis.
Gisant de Carloman Ier derrière celui d'Ermentrude, en la basilique de Saint-Denis.
Titre
Roi des Francs
9 octobre 7684 décembre 771
(&&&&&&&&&&&011513 ans, 1 mois et 25 jours)
En tandem avec Charlemagne
Prédécesseur Pépin le Bref
Successeur Charlemagne
Biographie
Dynastie Carolingiens
Date de naissance 751
Lieu de naissance Soissons (France)
Date de décès 4 décembre 771
Lieu de décès Samoussy (France)
Père Pépin le Bref
Mère Bertrade de Laon
Conjoint Gerberge

Carloman Ier, né en 751 à Soissons, mort le 4 décembre 771 à Samoussy dans l'Aisne, fut roi des Francs de 768 à 771. Il est le fils et successeur de Pépin le Bref.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils du roi des Francs Pépin le Bref et de Bertrade de Laon.

Il aurait été associé avec son frère Charles au sacre de leur père en 754 à Saint-Denis[1]. Après la mort de son père, tandis que son frère Charlemagne est sacré roi des Francs à Noyon le 9 octobre 768, il reçoit l'onction le même jour à Soissons, qui devient capitale de son royaume.

Le partage du royaume entre Carloman et Charlemagne est fort diversement relaté par les historiens ; tel que Pépin l'avait prévu, il est remis en cause lors d'une assemblée générale des grands feudataires du royaume :

Denier sous Carloman Ier

Carloman et Charlemagne ne s'entendent guère. Ainsi, en mars 769, Carloman laisse son frère mater seul une révolte des Aquitains menée par Hunald, fils de Waïfre, qui s'était soulevé contre les Francs.

Leur mère Bertrade intervient en politique, afin de régler les différends qui opposent les deux frères, en réalisant une alliance avec le duc Tassillon III de Bavière et avec Didier, roi des Lombards. En 770, les deux frères se réconcilient.

À partir de juin 771, pressentant sa mort venir, il céda plusieurs de ses domaines à l'église abbatiale de Saint-Rémi de Reims en échange d'une sépulture en son sein[3]. Les causes de sa mort soudaine le 4 décembre 771 en son palais de Samoussy sont incertaines car aucun témoin de l'époque ne donne de précisions : saignement de nez ? Assassinat par son frère Charlemagne[4]?

Sépulture de Carloman Ier[modifier | modifier le code]

Carloman Ier fut inhumé en l'église abbatiale de Saint-Rémi de Reims[5]. Cependant, quatre éléments ont conduit les historiens à s'interroger sur la destinée de sa sépulture.

  1. Le frère de Charlemagne n'a pas été honoré par un monument funéraire lors de la campagne de décoration du XIIe siècle[6].
  2. Avant la Révolution française, il y avait de nombreuses épitaphes dans l'église abbatiale de Saint-Rémi de Reims mais aucune ne mentionnait Carloman Ier[6].
  3. Le sarcophage qui lui a été attribué à Reims à partir du XVIIe siècle n'était probablement pas le sien[7].
  4. Dans la basilique de Saint-Denis, existaient un tombeau et un gisant attribués au roi Carloman Ier, fils du roi Pépin[6].

Suites de la mort de Carloman[modifier | modifier le code]

Dès la mort de Carloman, Charlemagne, profitant de la situation, évince ses deux jeunes neveux en prenant possession du royaume de son frère au mépris de tous leurs droits. Après avoir rallié des fidèles de Carloman, notamment son cousin Adalard de Corbie, l'abbé Fulrad et le comte Warin[8], il devient l'unique monarque du royaume franc.

Voyant en cela une menace pour ses enfants, Gerberge, veuve de Carloman, accompagnée de quelques seigneurs francs, part se réfugier en Italie[9]. Elle aurait pu gouverner au nom de ses enfants, mais préféra se réfugier avec ses enfants auprès du roi Didier de Lombardie, que l'on soupçonna par la suite de vouloir sacrer le fils de Carloman.

Lorsque Charlemagne conquit la Lombardie, il assiégea Pavie. La famille de Carloman se réfugia alors à Vérone mais la ville fut prise et Charlemagne s'empara de Gerberge et de ses enfants.

Descendance[modifier | modifier le code]

Les Annales Lobienses précisent que l'épouse de Carloman était une fille de Didier, roi des Lombards, et qu'elle engendra deux fils. Mais selon plusieurs historiens[10], il s'agit là d'une confusion, sans doute due au mariage de Charlemagne avec la fille de Didier et au fait que Gerberge se réfugia en Italie.

Son premier fils, Pépin, né en 770, fut soutenu par Didier, roi des Lombards, qui demanda au pape Adrien de le couronner. En 774, devant l'avancée de son oncle Charlemagne, il est emmené à Vérone où il est pris avant d'être probablement enfermé dans un cloître[10].

Des légendes tardives identifient le deuxième fils de Carloman à saint Syagrius, évêque de Nice (777-797) mais cela a été contesté, notamment par Christian Settipani[10]. K.A. Echhardt en 1963 et E. Hlawitschka en 1974 ont voulu voir dans cet enfant la future sainte Ida, mère de Warin, abbé de Corbie et ancêtre de la maison de Saxe mais cette hypothèse n'a pas été retenue par les auteurs postérieurs (R. Wenskus en 1976 et B. Kasten en 1986).

Généalogie[modifier | modifier le code]

   ┌─ Charles dit Martel (v.685-† 741), 
   │                       
   │                       
┌─ Pépin le Bref(v.715-† 768), roi des Francs (751).
│  │                    
│  └─ Rotrude (?-?).
│
Carloman Ier
│
│  ┌─ Caribert de Laon ou Héribert (avant 696 - †747), comte de Laon.
└─ Bertrade ou Berthe de Laon dite au Grand Pied (?-† 783).
   └─ Gisèle (?-?).
Carloman Ier
 ép. vers 769 Gerberge 
 │
 ├─Pépin (?-?), enfermé dans un monastère par Charlemagne.
 └─N ou Ne (?-?), enfermé dans un monastère par Charlemagne.

Voir aussi généalogie des Carolingiens et des Pépinides.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Settipani, La Préhistoire des Capétiens (481-987), éd. Patrick Van Kerrebrouck, 1993, p. 185.
  2. Œuvres complètes d'Éginhard traduites par Alexandre Teulet (1840), pp. 408, 409.
  3. Suzanne Martinet, Laon, Promontoire sacré des druides au IXe siècle, p. 112.
  4. (en) Russell Chamberlin, The Emperor Charlemagne, The History Press,‎ 2004, p. 70
  5. Michel Rouche, Baptême de Clovis, son écho à travers l'histoire - La tombe du roi Carloman à Saint-Remi de Reims, Presses Paris Sorbonne, 1997, p. 777.
  6. a, b et c Michel Rouche, Baptême de Clovis, son écho à travers l'histoire - La tombe du roi Carloman à Saint-Remi de Reims, Presses Paris Sorbonne, 1997, p. 780.
  7. Michel Rouche, Baptême de Clovis, son écho à travers l'histoire - La tombe du roi Carloman à Saint-Remi de Reims, Presses Paris Sorbonne, 1997, p. 783.
  8. Les œuvres d'Éginhard traduites par Alexandre Teulet (1856), p. 69.
  9. Jean-Baptiste Honoré Raymond Capefigue, Charlemagne (1842), p. 452.
  10. a, b et c Christian Settipani, La Préhistoire des Capétiens (481-987), éd. Patrick Van Kerrebrouck, 1993, p. 186.