Neptune (mythologie)

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Neptune
Dieu de la mythologie romaine
Image illustrative de l'article Neptune (mythologie)
Caractéristiques
Nom latin Neptunus
Fonction principale Dieu des Eaux vives et des Océans
Parèdre Salacia
Équivalent(s) par syncrétisme Poséidon, Nethuns
Culte
Lieu principal de célébration Rome
Date de célébration 23 juillet (Neptunalia)

Neptune, en latin Neptūnus, est originellement, dans la mythologie romaine, le dieu des Eaux vives et des Sources[1]. Après le lectisterne de 399 av. J.-C., il est assimilé au dieu des Océans de la mythologie grecque, Poséidon[2].

Après cette assimilation, la divinité italique Neptune prend une grande partie des caractéristiques et attributs de Poséidon. Pourtant, Neptune est à l'origine une divinité de conception latine. Sa transformation en maître des Océans correspond à une période où la puissance romaine commence à se tourner vers le contrôle des voies maritimes de la Méditerranée : les Latins ont su transformer une ancienne divinité des eaux douces en dieu des Mers, en adéquation avec les mutations de leur civilisation.

Cette transformation s'illustre notamment par l'association de Neptune à la déesse Salacia[3], divinité de l'eau salée et donc de la Mer, qui complète les attributs de Neptune.

Les Étrusques ont récupéré le nom de Neptune, transformé en Nethuns[4], pour désigner leur dieu de l'eau et des Océans, clairement inspiré de Poséidon.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'étymologie de Neptune est complexe et loin d'être totalement élucidée. Plusieurs hypothèses coexistent aujourd'hui. Le nom de Neptune pourrait provenir de la racine indo-européenne *nebh, signifiant « humide », « mouillé » ou « relatif aux nuages »[5]. Cependant, Georges Dumézil a rapproché le nom de Neptune du dieu de la mythologie indo-iranienne Apam Napat, « le Descendant des Eaux ». Les deux noms proviendraient de la racine indo-européenne *nepot-, "le descendant"[6], que l'on retrouve dans le latin nepos, "le neveu". Neptune serait donc un avatar d'un dieu d'origine indo-européenne, qualifié de "Descendant [des Eaux]".

Légende romaine et réinterprétation grecque[modifier | modifier le code]

Les légendes et mythes au sujet de Neptune proviennent essentiellement de la réappropriation par les Romains des mythes grecs. Ainsi, on ne sait pas précisément si Neptune possédait à l'origine une mythologie d'origine latine. Neptune apparaît en tout cas de façon claire dans au moins une légende proprement romaine.

Le débordement du lac Albain[modifier | modifier le code]

Dans les récits romains, cet événement historique mais teinté de légende nous montre un des rares cas dans lesquels les Romains interprètent leur Histoire par une intervention divine. En effet, la date historique du débordement soudain du Lac Albain puis de la domestication de ses eaux est associée par les Romains à la date officielle de célébration de Neptune, c'est-à-dire la fête des Neptunalia le 23 juillet[7]. Cette légende correspond bien avec les attributs d'un dieu originellement maître des eaux douces "vives".

L'appropriation du mythe de Poséidon[modifier | modifier le code]

Voir : Poséidon

D'après la reprise avec des noms latins du mythe grec de Poséidon, Neptune, fils de Saturne et de Cybèle (ou Rhéa), était frère de Jupiter et de Pluton. Saturne, ne devant pas avoir de descendance, mangeait ses enfants dès leur naissance. Un jour, Cybèle mit au monde des jumeaux et, voulant sauver au moins un de ses enfants du tragique sort qui leur était destiné, elle en réfugia un dans une bergerie d'Arcadie et le remplaça par une pierre qu'elle enveloppa dans des langes : c'était Jupiter qui, par la suite, sauva tous ses frères et sœurs. Dans le partage que firent Neptune, Jupiter et Pluton de l'univers, Neptune eut pour lot la mer, les îles et tous les rivages. Il eut pour femme Salacia, fille de Doris et de Nérée. Cette nymphe refusa d'abord d'épouser Neptune, et se cacha pour se soustraire à ses poursuites. Mais un dauphin, chargé des intérêts de Neptune, la trouva au pied du mont Atlas, la persuada d'accéder à la demande du dieu, et, pour sa récompense, l'animal fut placé parmi les astres. Elle eut de Neptune un fils appelé Triton et plusieurs nymphes marines : elle fut aussi, dit-on, la mère des Cyclopes.

Culte[modifier | modifier le code]

Neptune était honoré à Rome à l'occasion des Neptunalia, pendant deux jours à partir du 23 juillet de chaque année. Cette cérémonie est assez obscure et difficile à interpréter : d'après Varron[8], les Romains construisaient à cette occasion des huttes de bois vert pour se procurer de l'ombre, et avaient des activités de nature festive.

Monuments[modifier | modifier le code]

Étaient dédiés à Neptune deux temples à Rome, l'un construit en 25 av. J.-C. près du Cirque Flaminius[réf. nécessaire], l'autre sur le Champ de Mars (Rome), construit en 122 av. J.-C. sur le Champ de Mars (Rome). On lui sacrifiait des taureaux.

Représentations artistiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Neptune dans l'art.

Dans la tradition populaire, Neptune est ordinairement confondu avec Poséidon. Les deux dieux, originellement différents, sont très souvent représentés indistinctement. Ainsi comme son homologue grec, le dieu Neptune est représenté nu, avec une longue barbe, et le trident à la main, tantôt assis, tantôt debout sur les flots de la mer, souvent sur un char traîné par deux ou quatre dauphins ou chevaux, quelquefois ordinaires, quelquefois marins, ayant la partie inférieure du corps terminée en queue de poisson.

Références et notes[modifier | modifier le code]

  1. J. Toutain, Les cultes païens de l'Empire romain, vol. I (1905:378)
  2. Raymond Bloch, « Quelques remarques sur Poseidon, Neptune et Nethuns », CRAI, 1981, 125-2, p. 341-352Lire en ligne
  3. Varron, De lingua Latina, v. 72
  4. Georges Dumézil, La religion romaine archaïque, 2ème édition revue et corrigée, Payot, 1974, p. 658
  5. Cf : latin nebula, voir Michiel de Van, Etymological dictionary of Latin and the other Italic languages, Boston : Leiden, 2008, p.406
  6. Michiel de Van, Etymological dictionary of Latin and the other Italic languages, Boston : Leiden, 2008, p. 19 et 406
  7. Georges Dumézil, Mythes et épopées III. Histoires romaines, bibliothèque des sciences humaines NRF Paris : Gallimard, 1978, p. 39. Cet ouvrage de Dumézil propose une étude très complète des implications théologiques du débordement du lac Albain, en comparant notamment l'événement avec le mythe irlandais du puits de Nechtan.
  8. Varron, De Lingua Latina, VI, 19

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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