Royaume de Navarre

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Royaume de Navarre
Nafarroako Erresuma (eu)

Reiaume de Navarra (oc)
Reino de Navarra (es)

8241620

Drapeau
Arrano Beltza avant 1212.
Blason
Emblème à partir de 1212.
Description de cette image, également commentée ci-après

La péninsule ibérique en 1030 : plus grande extension de la Navarre (orange foncé).

Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Pampelune
Langue Basque, navarro-aragonais, castillan
Histoire et événements
824 Eneko Arista nommé roi de Pampelune
1512 Absorption d'une partie par le Royaume de Castille
1589 Union avec le Royaume de France
1620 Absorption par le Royaume de France

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Royaume de Navarre[1] est un royaume médiéval fondé en 824 par les Vascons, dont le premier roi est Eneko Arista, premier d'une lignée de seize rois basques qui régneront sur la Navarre jusqu'en 1234[2]. Attaquée depuis trois siècles au nord des Pyrénées, dans le duché de Vasconie par les Francs, et au sud par les Wisigoths, puis les Omeyyades (musulmans), la Vasconie est réduite au petit Royaume de Pampelune, terres ancestrales du Saltus Vasconum[3].

La Haute-Navarre fut conquise en 1512 par le royaume d'Aragon — et fut intégrée en 1516 dans l'actuel royaume d'Espagne — et l'autre partie (Basse-Navarre), restée indépendante, fut unie à la couronne de France à partir de 1589, d'où par exemple le titre d'Henri IV : roi de France et de Navarre.

La langue vernaculaire des Navarrais était le basque. Le gascon fut utilisé par quelques populations citadines au nord et le castillan dans l'extrême sud (Tudela) de la Navarre actuelle.

La Navarre historique s'étire de part et d'autre de la chaîne pyrénéenne. Elle était divisée en six merindades (circonscriptions administratives et judiciaires) : Pampelune, Tudela, Estella, Olite, Sangüesa et Saint-Jean-Pied-de-Port, cette dernière n'ayant pas en réalité bénéficié du statut de merindad.

Ses habitants se nomment les Navarrais ou Navarrans[4] (navarros en castillan).

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

La Navarre fut peuplée par les Vascons. Cette contrée fut successivement envahie par les Romains, dont elle resta longtemps la fidèle alliée, par les Suèves, les Wisigoths, les Arabes. Au VIIIe siècle, la Navarre était sous le contrôle des Banu Qasi (Wisigoths convertis à l'Islam). L'avènement du premier roi de Navarre ou roi de Pampelune ne s'est pas fait sans heurts, tant sur le plan intérieur, en raison de l'opposition d'une partie de la population chrétienne (minoritaire) à l'alliance avec les Musulmans, qu'extérieur, la Navarre étant menacée d'un côté par l'Émirat de Cordoue (en 781, 'Abd al-Rahmān Ier s'était emparé de Pampelune) et de l'autre par l'empire carolingien, avec les interventions de Charlemagne d'abord, puis de son fils Louis le Débonnaire. En 778, Charlemagne la soumit ainsi que tous les pays voisins jusqu'à l'Èbre. La Navarre s'étendait à cette époque sur les deux versants des Pyrénées.

Le royaume de Navarre, est né d'une alliance entre les Musulmans et les Chrétiens qui ont désobéi à l'autorité religieuse pour défendre leur indépendance nationale. Il faut préciser que le Banu Qasi Musa ibn Musa, surnommé le troisième roi d'Espagne, était le demi-frère et le gendre d'Eneko Arista ("Eneko Aritza" en basque), premier roi de Navarre, et que d'autres mariages ont renforcé l'alliance des deux dynasties.

Louis le Débonnaire, alors roi d'Aquitaine, donna la Navarre au comte Aznar. Devenu empereur, il dut faire face à plusieurs soulèvements des Vascons. En 824, les Vascons d’Eneko Arista écrasent une seconde fois l’armée franque lors de la troisième bataille de Roncevaux. Après cette victoire, Eneko Arista est proclamé roi de Pampelune. Son fils García Íñiguez voit son titre de roi de Navarre confirmé en 860. L'indépendance de la Navarre est proclamée à la diète de Tribur (887), et le titre de roi reconnu à García et à ses successeurs. À la mort de Sanche III le Grand (1035), ce royaume, qui comprenait alors tout le Nord Est de l'Espagne, se partage en trois royaumes : Navarre, Castille, Aragon.

En 1076, Sanche IV de Navarre est détrôné par Sanche Ramirez, roi d'Aragon, son cousin, qui réunit les deux couronnes et les transmit à ses successeurs. À la mort d'Alphonse Ier (1134), la Navarre redevient un royaume séparé.

Sanche VI est entraîné dans la lutte entre les rois de France et d’Angleterre au XIIe siècle, et y perd Bayonne et le Labourd. En 1177, Richard Cœur de Lion intervient contre les vassaux du roi de Navarre, en guerre contre lui. Sanche VII participe à la grande victoire des Chrétiens sur les Musulmans à Las Navas de Tolosa (1212), et meurt sans héritier.

Maison de Champagne[modifier | modifier le code]

En 1234, Thibaut de Champagne, fils de la sœur du dernier roi, Blanche de Navarre, commence une nouvelle dynastie. Il lutte contre les Anglais sur sa frontière nord. À la mort de Henri Ier de Navarre, la régente Blanche d'Artois se réfugie en France, et le roi de France prend la régence, et soumet en 1276 ses vassaux révoltés.

Rattachement à la France[modifier | modifier le code]

Le mariage de Jeanne Ire de Navarre, avec Philippe le Bel (1285) unit provisoirement ce pays à la couronne de France.

Depuis qu'une noblesse de Champagne y régna, les châteaux sont d'une architecture plus semblable aux castels français qu'aux casas y torres des hidalgos castillans voisins ; ainsi en atteste le Palais des rois de Navarre, à Olite.

À la mort de Charles IV le Bel, son cousin Philippe lui succède sur le royaume de France. Mais la règle de primogéniture masculine ne s'appliquant pas à la Navarre, celle-ci est restituée à la petite-fille de Jeanne Ire, Jeanne II de Navarre hérite du royaume, qui se détache de la France.

Nouvelle indépendance[modifier | modifier le code]

La Navarre passe successivement aux maisons d'Évreux (capétienne), d'Ivrée (ou de Trastamare), de Grailly (ou de Foix) et d'Albret.

Les rois de Navarre s’impliquent dans les guerres espagnoles, notamment entre la Castille et l’Aragon lors de la guerre des deux Pierre.

Guerre civile navarraise[modifier | modifier le code]

En 1451-1461, une querelle successorale conduit à une guerre civile. Charles III meurt sans fils en 1425. Sa fille Blanche de Navarre est mariée à l’héritier d’Aragon Jean. Le contrat de mariage prévoit que les deux royaumes ne fusionneront pas et que le premier fils hérite du royaume de Navarre. À la mort de Blanche en 1441, Jean d'Aragon conserve la Navarre, spoliant son fils Charles de Viane.

Charles de Viane est soutenu par les Beaumont et les Luxe, qui s’opposent aux Gramont, alliés aux vicomtes de Béarn et aux vicomtes de Dax. Après la mort de Charles de Viane, la guerre est temporairement résolue par l’arbitrage de Louis XI de France et d’Henri IV de Castille à l’entrevue du pont d'Osserain, en 1462. Jean d'Aragon conserve la Navarre jusqu’à sa mort ; ensuite, le royaume va à sa fille Éléonore de Navarre, qui meurt la même année. La couronne reste dans la famille de Béarn.

La solution ne satisfait que partiellement les deux partis, qui guerroient sporadiquement jusqu’au début du XVIe siècle.

La partition et la fin de la Navarre indépendante[modifier | modifier le code]

Armoiries royales de l'Espagne utilisées en Navarre (1580-1668)

En 1512, Ferdinand le Catholique, roi d'Aragon et fils de Jean II, envahit la Navarre où règnent Jean III d'Albret et Catherine de Foix-Béarn, et conquiert rapidement la Haute-Navarre, et une partie de la Basse-Navarre d’outre-Pyrénées. Jean d’Albret tente de reconquérir son royaume, une première fois en 1512, mais échoue malgré l’aide française, et une deuxième fois en 1516, date à laquelle il meurt.

En 1518-19, le royaume est touché par une épidémie de peste. Henri II entreprend, grâce à l’aide française encore, et soutenu par une révolte populaire, une reconquête de son royaume. Après quelques succès, il est battu à Noain le 30 juin 1521, et perd toutes ses conquêtes.

Il installe sa capitale à Saint-Palais (Pyrénées-Atlantiques). En 1524, Charles Quint envahit la Guyenne et la Basse-Navarre. Henri II est fait prisonnier à Pavie (24 février 1525), et épouse la sœur de François Ier. Une nouvelle tentative de reconquête de la Navarre ne réussit que partiellement en 1527, avant que Charles Quint abandonne l’idée de conquête de la Basse-Navarre.

En 1548, Jeanne d'Albret, héritière du royaume, épouse Antoine de Bourbon. Craignant de nouvelles revendications sur la Haute-Navarre, Charles Quint fait proclamer son fils Philippe roi de Navarre par les États de Navarre.

La Navarre est dès lors séparée en deux entités : la Haute-Navarre (aujourd'hui Communauté forale de Navarre, en Espagne), où un vice-roi représente le roi d’Espagne, et la Basse-Navarre, où le roi légitime ne possède qu’une petite vallée. En janvier 1559, Antoine de Bourbon tente lui aussi de reconquérir la Haute-Navarre, mais il échoue.

Henri III de Navarre, fils d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret, héritier de la maison capétienne de Bourbon, monte sur le trône de France en 1589, sous le nom de Henri IV, roi de France et de Navarre ; ses successeurs ajoutèrent le titre de roi de Navarre à celui de roi de France[5].

Chanceliers de Navarre[modifier | modifier le code]

"Les rois de Navarre avait un Chancelier particulier depuis les anciens rois. Thibaut VI. roi de Navarre, avait un vice-chancelier, suivant des lettres de l'an 1259. Lorsque ce royaume fut joint à la France par le mariage de Philippe III. dit le Hardi, avec Jeanne reine de Navarre & comtesse de Champagne, on conserva la chancellerie de Navarre.

Cette chancellerie était distincte et séparée de celle de France; mais l'émolument qui en provenait, tournait également au profit du roi, suivant une ordonnance de Philippe V. dit le Long, du mois de Février 1320; et lorsqu'il n'y avait point de chancelier de Navarre, le chancelier de France recevait quelquefois l'émolument de la chancellerie de Navarre: témoin un compte du 21 Septembre 1321, suivant lequel Philippe V. dit le Long, étant en son grand-conseil, fit don au chancelier Pierre de Chappes des émolumens du sceau de Champagne, Navarre, et des Juifs, qu'il avait reçus sans en avoir rendu compte.

Jeanne, fille de Louis X. dit Hutin, ayant hérité de la Navarre, et l'ayant portée dans la maison d'Evreux, il y eut encore alors des rois particuliers de Navarre qui avaient leurs chanceliers. Philippe, comte d'Evreux et roi de Navarre par Jeanne sa femme, signa des lettres en 1328, à la relation de son chancelier.

La reine Jeanne ayant survêcu à son mari, avoit son chancelier: il en est parlé dans des lettres de Charles VI. du mois de juillet 1388, qui font mention que les francs bourgeois de la tour du château d'Evreux avoient été approchés, c'est-à-dire mandés devant le chancelier de la reine de Navarre, et quelques autres personnes pour les obliger de contribuer aux tailles qui avoient été ordonnées pour la guerre.

Guy du Faur, seigneur de Pibrac, président au parlement de Paris, était chancelier de Marguerite de France, reine de Navarre: il avait son hôtel à Paris.

Il y a apparence que le chancelier de Navarre fut supprimé après l'avènement d'Henri IV, roi de Navarre, à la couronne de France[6]."

  • La Maison de Navarre comprenait outre le chancelier, également un surintendant, parfois distinct de son chef de conseil. Les surintendants ont été : Jacques de Ségur de Pardaillan (1583 1588)[10], durant sa mission en Angleterre, c'est Philippe Duplessis-Mornay (1583, 1594[11], 1611), et Claude-Antoine de Vienne, seigneur de Clervant[12] qui le remplacent, à son retour la charge de surintendant est partagé entre les trois en 1585; Claude de Bullion (1612) [13], Nicolas Chevalier, Claude Bouthilier (1632)[14].
  • "En 1607, les affaires et finances de Navarre furent réunies avec celle de France[15].
Article détaillé : Liste des rois de Navarre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Navarra en castillan et Nafarroa en basque, Reino de Navarra et Nafarroako Erresuma dans son nom entier
  2. Jean-Louis Davant (préf. Lorea Uribe Etxebarria), Histoire du peuple basque, Bayonne, Elkar argitaletxea,‎ octobre 2009 (1re éd. 1970), 352 p. (ISBN 978-84-9783-548-0)
  3. Manex Goyhenetche, Histoire générale du Pays basque : Préhistoire-Époque Romaine-Moyen-Âge, t. 1, Donostia, Elkarlanean,‎ 1998, 492 p. (ISBN 2913156207), p. 125-158
  4. Terme employé par des historiens espagnolistes émérites, tels Bartolomé Bennassar.
  5. Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Royaume de Navarre » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)
  6. DIDEROT (Denis), d'ALEMBERT (Jean) Encyclopédie Ou Dictionnaire Raisonné Des Sciences, Des Arts. (1753), p. 102.
  7. PLOMTEUX (Clément), AGASSE (Henri) Encyclopédie méthodique (1784),t. 3, p. 547..
  8. HURAUT de CHEVERNY (Philippe) Mémoires de Messire Philippe Hurault, Comte de Cheverny. (1789), p. 48.
  9. CHORIER (Nicolas) Artus Prunier de Saint André universelle. (1880), p. 13.
  10. TEULET (Alexandre) Relations politiques de la France et de l'Espagne avec l'Ecosse au XVIe s. 1515-1603. (1862), p. 331.
  11. DAUSSY (Hugues). Les huguenots et le roi: le combat politique de Philippe Duplessis-Mornay. (2002), p. 574.
  12. Mémoires et Documents. Société d'Histoire et d'archéologie de Genève. T. 25 (), 2e série, t. 5, p. 246.
  13. SAINT-SIMON (Louis de) Mémoires, par A. de BOISLISLE. (1879), p. 104.
  14. VIGNAL-GOULEYREAU (Marie-Catherine). Le trésor pillé du roi: correspondance du cardinal de Richelieu (2013), t. 1, p. 131.
  15. MICHAUD, POUJALAT. Mémoires de SULLY (1837), 2e série, p. 211.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Folio, « La citadelle et la place de Saint-Jean-Pied-de-Port, de la Renaissance à l’Époque Contemporaine », Cahier du Centre d’études d’histoire de la défense, no 25, « Histoire de la fortification », 2005, p. 18-28, ISBN 2-11-094732-2. [lire en ligne] [PDF]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]