Château du Clos Lucé

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Château du Clos Lucé
Image illustrative de l'article Château du Clos Lucé
Château du Clos Lucé
Période ou style Renaissance
Type Château
Propriétaire actuel Gonzague Saint-Bris
Protection  Classé MH (1862)
Coordonnées 47° 24′ 37″ N 0° 59′ 31″ E / 47.4102, 0.992047° 24′ 37″ Nord
       0° 59′ 31″ Est
/ 47.4102, 0.9920
  [1]
Pays Drapeau de France France
Anciennes provinces de France Touraine
Région Centre
Département Indre-et-Loire
Commune Amboise

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château du Clos Lucé

Le château du Clos Lucé, appelé autrefois le manoir du Cloux ou le Clos, est une demeure située en France, dans le centre ville d'Amboise au cœur du Val de Loire. C'est là que Léonard de Vinci, invité par François Ier, vécut trois ans, de 1516 à sa mort le 2 mai 1519.

En tant que maison de Léonard de Vinci, il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[2].

Le Château du Clos Lucé est aujourd'hui un lieu d'interprétation, de connaissance et de synthèse qui a pour vocation de permettre au plus large public de découvrir l'univers de Léonard de Vinci.

Sommaire

Histoire [modifier]

Du Moyen Âge à la Renaissance [modifier]

Le Chastelet du Cloux était un ancien fief relevant du château d'Amboise[3]. La terre de Lucé a été annexée au clos dès le XIVe siècle. Par acte du 26 octobre 1460, Pierre du Perche céda à Marc Rabouin le lieu du Cloux et reçut en échange la Grange-aux-Lombards.

Ce domaine passa peu de temps après aux mains des religieuses du prieuré de Moncé, qui le vendirent, par acte du 26 mai 1471, à Étienne le Loup, maître d’hôtel et premier huissier d'armes[4], puis conseiller du roi Louis XI et bailli d’Amboise. Les bâtiments tombant en ruine, c'est lui qui donna au Clos Lucé son aspect actuel, avec « sa tour carrée, sa guette, reliée à l'aile droite du bâtiment par une galerie couverte, (...) ses murs bientôt percés de fenêtres gothiques[5] ».

Le 22 novembre 1490, Charles VIII racheta le Clos Lucé à Étienne Le Loup pour la somme de 3 500 écus d’or. Il y fit construire la chapelle. Son épouse, Anne de Bretagne, y vécut jusqu'à son départ pour Blois. L'oratoire d'Anne de Bretagne contient des peintures murales dont la Vierge de lumière située au-dessus de la porte qui aurait donné son nom au château : le Clos Lucé.

Charles IV d'Alençon et Marguerite de Valois s'y installèrent en 1509. En 1515, le duc d'Alençon vendit le Clos Lucé à la mère de François Ier, Louise de Savoie.

Léonard de Vinci au Château du Clos Lucé [modifier]

Léonard de Vinci - Autoportrait - Bibliothèque Royale de Turin.

En 1516, Léonard de Vinci quitte Rome, accompagné de Francesco Melzi, Salai, et de son serviteur, Batista de Vilanis pour venir vivre en France, acceptant ainsi l'hospitalité de François Ier. Le roi met à sa disposition le Château du Clos Lucé et le nomme "Premier Peintre, Ingénieur et Architecte".

Léonard de Vinci traverse l'Italie à dos de mulet en apportant dans ses malles trois tableaux célèbres : La Joconde, La Vierge, l'enfant Jésus et sainte Anne et Saint Jean Baptiste. Plusieurs missions lui sont confiées : organiser les fêtes de la Cour à Amboise et concevoir divers projets architecturaux comme les plans de la cité idéale de Romorantin.

Le 15 octobre 1517, Léonard de Vinci reçoit la visite du cardinal Louis d'Aragon[6]. Son secrétaire Antonio de Beatis, décrit dans son Itinerario :

« Messer Léonard de Vinci, âgé de plus de 70 ans, excellentissime peintre de notre époque, qui montra trois tableaux à Notre Seigneurie, un d'une Dame florentine, faite au naturel, à la demande de feu le Magnifique Julien II, un autre de saint Jean-Baptiste jeune, et une Vierge à l'Enfant, qui sont sur les genoux de sainte Anne ; les trois sont d'une rare perfection. Il est vrai qu'en raison d'une paralysie de la main droite, on ne peut plus attendre de chef-d'œuvre de sa part[7]

Le 19 juin 1518, une fête fut organisée au Château du Clos Lucé, reprenant certaines des idées que Léonard de Vinci avait utilisées pour la Fête du Paradis à Milan, le 13 janvier 1490 (Festa del paradisio, pièce du poète Bernardo Bellincioni (en))[8]. Une machinerie évoquait la course des astres : un chapiteau fut monté et une toile peinte en bleu fut dressée, figurant la voûte céleste avec les planètes, le soleil, la lune et les douze signes du zodiaque.

Léonard de Vinci meurt au Château du Clos Lucé le 2 mai 1519, léguant ses manuscrits, carnets de dessins et croquis à son disciple bien-aimé, Francesco Melzi.

De la Renaissance à nos jours [modifier]

Louise de Savoie reprit alors possession des lieux. Philibert Babou de La Bourdaisière et son épouse, surnommée la belle Babou (une des favorites de François Ier), y résidèrent à partir de 1523. Michel de Gast, qui était devenu gouverneur d'Amboise grâce à la faveur d'Henri III, devint le propriétaire du domaine du Clos Lucé en 1583. Le château revint ensuite dans la Maison d'Amboise en 1636, par le mariage d'Antoine d'Amboise avec la petite-fille de Michel de Gast. Il resta dans la famille d'Amboise jusqu’en 1832.

Le château devint la propriété de la famille Saint Bris le 30 juillet 1855[9]. Le comte Hubert Saint Bris (le père de Gonzague Saint Bris) décida de l’ouvrir au public en 1954[10].

Château [modifier]

Le château est situé au cœur d’un parc de 7 hectares traversé par l’Amasse, un affluent de la Loire. La façade, en briques roses et pierres blanches, n’a pratiquement pas été modifiée depuis la Renaissance. On découvre la chambre de Léonard de Vinci, sa cuisine, la salle du Conseil, l’oratoire d’Anne de Bretagne et la chambre de Marguerite de Navarre.

La chambre où mourut Léonard de Vinci et la chambre de Marguerite de Navarre, restaurées en 2011, se trouvent au premier étage. 20 corps de métiers, 7 mois de chantier, 2 pièces entièrement restaurées et une farouche volonté d’excellence, tel est le bilan des travaux qui se sont achevés le 15 avril 2011 au premier étage du Château du Clos Lucé sous la direction d’Arnaud de Saint-Jouan, architecte en chef des Monuments historiques.

Au sous-sol, on peut découvrir une belle collection de quarante maquettes réalisées par IBM d’après les dessins de Léonard de Vinci. On y voit notamment un char d’assaut, un pont transbordeur, une excavatrice, un planeur ou l’ancêtre de l’hélicoptère... On y découvre également l’entrée du souterrain que, selon la légende, François Ier empruntait pour rendre visite à Léonard.

Parc et jardin de Léonard de Vinci [modifier]

Un parcours culturel a été mis en place dans le parc du Château du Clos Lucé. Il s’articule autour de cinq thèmes : la lumière des visages, la beauté des corps, la mécanique de la vie, les intuitions techniques, et la cité idéale. Il comprend des bornes sonores, des toiles translucides représentant des croquis ou des détails de tableaux de Léonard de Vinci, et des machines géantes inspirées de ses croquis : char d’assaut, hélicoptère, canon à tir en éventail, pont transbordeur, bateau à aube, vis d’Archimède. Les visiteurs peuvent manipuler les inventions de Léonard construites en taille réelle.

Le jardin paysager de Léonard est un musée de plein air, pensé dans l'esprit des tableaux et dessins de Léonard de Vinci. Le pont à deux niveaux a été réalisé par les compagnons du Devoir d'après les dessins de Léonard. Le lien entre le maître toscan et la nature est expliqué sur toiles, panneaux thématiques et bornes sonores.

Expositions [modifier]

Sur la terrasse Renaissance, l'exposition Léonard de Vinci, ingénieur, présente une cinquantaine de machines en miniatures conçues d'après les fac-similés des manuscrits de Léonard de Vinci par Elie Azoulay. Cette collection, réalisée en bois de hêtre massif et pour certaines pièces, tournées en bois de charme, illustre les différents talents d’ingénieur de Léonard de Vinci : aéronautique, machines industrielles, génie maritime, instruments de mesure, mécanismes, génie civil, architecture, génie militaire...

Dans le hall muséographique, l'exposition Léonard de Vinci et la France explore dix ans d’une fascinante relation entre trois rois de France et le Maître toscan. Le lien exceptionnel de Léonard de Vinci avec la France, porté par Charles VIII, Louis XII et François Ier, est l’un des faits fondateurs de la Renaissance qui prend corps en Val de Loire.

Programmation culturelle [modifier]

Festival Européen de Musique Renaissance, 7e édition, 28, 29 et 30 septembre 2012.

Parcours Spectacle « Sur les pas de Léonard de Vinci » 11, 12, 13 et 14 août 2012.

En mai, « L'univers de la Création », les rendez-vous des grands savoir-faire, 6e édition.

Notes et références [modifier]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. Notice no PA00097504, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. A foi et hommage-lige et un épervier par an !
  4. J-X Carré de Busserole, Dictionnaire Géographique Historique et Biographique d'Indre et Loire et de l'ancienne province de Touraine, Tome 2, 1882, p. 325
  5. Marguerite Coleman, Histoire du Clos-Lucé, Tours, 1937.
  6. Sur Louis d'Aragon: André Chastel, Le Cardinal Louis d'Aragon, un voyageur princier de la Renaissance, Fayard, 1986.
  7. Le manuscrit de l’Itinerario se trouve à la Bibliothèque Vittorio Emmanuelle III de Naples. Il y est conservé sous la côte ms. XF28.
  8. Lettre de Galeazzo Visconti (ambassadeur de Mantoue à la cour de France) à Francesco Gonzaga.
  9. Marguerite Coleman, Histoire du Clos-Lucé, Arrault et Cie, Tours, 1937, pp. 93-94
  10. Gonzague Saint Bris, Léonard de Vinci ou le génie du roi au Clos Lucé, Editions CLD, 2005

Voir aussi [modifier]

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Bibliographie [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]