Jean Calvin

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Jean Calvin

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Portrait de Jean Calvin (date inconnue).

Activités Réformateur protestant
Théologien protestant
Écrivain
Naissance 10 juillet 1509
Noyon, Picardie, France
Décès 27 mai 1564 (à 54 ans)
Genève, Suisse
Langue d'écriture latin et français
Mouvement Réforme protestante
Calvinisme
Genres Essai
Sermon
Pamphlet

Œuvres principales

Signature

Signature de Jean Calvin

Jean Calvin (forme latinisée du nom Jehan Cauvin) Il est né 10 juillet 1509 à Noyon, en Picardie, et décède le 27 mai 1564, à Genève. Il fut un important réformateur, un théologien et un pasteur emblématique de la Réforme protestante du XVIe siècle, notamment pour son apport à la doctrine dite du calvinisme.

Après des études de droit, Calvin rompit avec l'église catholique romaine vers 1530. Du fait des persécutions contre les protestants en France, Calvin se réfugia à Bâle, en Suisse, où il publia la première édition de son œuvre maîtresse, l'Institution de la religion chrétienne en 1536. La même année, il fut recruté par Guillaume Farel pour aider à la réforme de l'église à Genève. Le conseil municipal résista à l'application des idées de Calvin et de Farel et les deux hommes furent expulsés. À l'invitation de Martin Bucer, Calvin se rendit à Strasbourg où il séjourna entre 1538 et 1541, devenant pasteur d'une église de réfugiés français et wallons. Il continua de soutenir le mouvement réformateur à Genève et fut finalement invité à revenir dans la cité genevoise en 1541.

Après son retour, Calvin introduisit une nouvelle liturgie et des idées politiques novatrices malgré l'opposition de plusieurs puissantes familles de la ville qui tentèrent de s'opposer à son autorité, en particulier au moment du procès de Michel Servet. L'arrivée de réfugiés favorables à Calvin et de nouvelles élections lui permirent néanmoins d'évincer ses opposants du conseil municipal. Calvin passa les dernières années de sa vie à promouvoir la Réforme à Genève et dans toute l'Europe.

Calvin était un écrivain apologétique infatigable et un polémiste qui provoqua de nombreuses controverses. Il échangea également des lettres cordiales et favorables avec de nombreux réformés comme Philippe Melanchthon et Heinrich Bullinger. Outre l'Institution, il rédigea des essais sur la plupart des livres de la Bible de même que des traités de théologie et des confessions de foi. Il réalisait régulièrement des sermons dans tout Genève. Calvin fut influencé par la tradition augustinienne qui le poussa à disserter sur les concepts de prédestination et de la souveraineté absolue de Dieu en ce qui concerne la rédemption et dans la damnation. Les écrits et les prêches de Calvin ont fourni la base de la branche de la théologie réformée. Les églises réformées et presbytériennes ont depuis adopté la pensée calvinienne et l'ont largement répandue.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse (1509-1535)[modifier | modifier le code]

Calvin, né Jehan Cauvin[1], est né le 10 juillet 1509 dans la ville de Noyon en Picardie, une région du Royaume de France. Il était l'aîné de quatre fils ayant survécu à leur enfance. Son père, Gérard Cauvin, avait une carrière prospère en tant que notaire de la cathédrale et responsable du tribunal ecclésiastique. Sa mère, Jeanne le Franc, était la fille d'un aubergiste de Cambrai. Gérard destinait ses fils à la prêtrise.

Jean était un élève précoce. À l'âge de douze ans, il fut employé par l'évêque comme greffier et adopta la tonsure, devenant le 10 mai 1521 chapelain de l'autel Notre-Dame-de-la-Gésine de la cathédrale de Noyon[2]. Il reçut également le parrainage d'une famille influente, les Montmors[3]. Grâce à leur aide, Calvin entra au collège de la Marche à Paris où il apprit le latin avec Mathurin Cordier[4]. À la fin de ses études, il intégra le collège de Montaigu en tant qu'élève en philosophie, ayant comme condisciple Ignace de Loyola[5].

En 1525 ou 1526, Gérard retira son fils du collège de Montaigu et l'inscrivit à l'université d'Orléans pour qu'il y étudie le droit. Selon ses biographes contemporains Théodore de Bèze et Nicolas Colladon, Gérard considérait que son fils gagnerait plus d'argent comme avocat que comme prêtre[6]. Après quelques années d'études, Calvin entra à l'université de Bourges en 1529 pour suivre les enseignements de l'avocat humaniste André Alciat. Durant ses 18 mois à Bourges, Calvin apprit le grec nécessaire à l'étude du Nouveau Testament[7].

À l'automne 1533, Calvin adopta les nouvelles idées de la Réforme protestante. Calvin rapporta cette conversion à deux reprises, de façons différentes. Dans le premier récit qu'il en fit, il décrit sa conversion comme un changement soudain provoqué par Dieu. Ce récit se trouve dans les Commentaires sur le livre des Psaumes :

« Dieu par une conversion subite dompta et rangea à docilité mon cœur, qui, eu égard à l'âge, était par trop endurci en telles choses. Ayant donc reçu quelque goût et connaissance de la vraie piété, je fus immédiatement enflammé d'un si grand désir de profiter, qu'encore que je ne quittais pas entièrement les autres études, je m'y employai toutefois plus lâchement[8]. »

Dans son second rapport, il évoque un long et difficile processus intérieur, accompagné par une anxiété spirituelle et psychologique :

« Étant véhémentement consterné et éperdu pour la misère en laquelle j'étais tombé, et plus encore pour la connaissance de la mort éternelle qui m'était prochaine, je n'ai rien estimé m'être plus nécessaire, après avoir condamné en pleurs et gémissements ma façon de vivre passée que de me rendre et retirer en la Tienne… Maintenant donc, Seigneur, que reste-t-il à moi, pauvre et misérable, sinon T'offrir pour toute défense mon humble supplication que tu ne veuilles me mettre en compte cet horrible abandon et éloignement de Ta parole dont tu m'as par ta bonté merveilleuse un jour retiré[9]. »

Les historiens ont débattu de l'interprétation précise de ces rapports mais il est accepté que sa conversion correspond avec une rupture avec l'Église catholique romaine[10]. Le biographe de Calvin, Bruce Gordon a indiqué que « les deux récits ne sont pas nécessairement antithétiques ou qu'ils reflètent certaines incohérences dans la mémoire de Calvin mais qu'ils sont deux moyens d'exprimer la même réalité[11] ».

En 1532, Calvin reçut sa licence en droit et publia son premier livre, un commentaire de l'ouvrage De Clementia de Sénèque. Après des visites à Orléans et dans sa ville natale de Noyon, Calvin retourna à Paris en octobre 1533. À cette période, les tensions étaient fortes au Collège Royal (qui devint le collège de France) entre les humanistes/réformés et la direction conservatrice de la faculté. L'un des réformés, Nicolas Cop, fut élu recteur de l'université. Le 1er novembre 1533, il consacra son discours d'investiture à la nécessité d'une réforme religieuse et appela à un renouveau au sein de l'Église catholique.

Ce discours provoqua l'émoi de la faculté qui dénonça Nicolas Cop comme hérétique, obligeant celui-ci à prendre la fuite et à se réfugier en Suisse, dans la ville de Bâle. Calvin, qui était un ami proche de Cop, fut impliqué dans le scandale et dut se cacher durant un an. Il trouva refuge chez son ami Louis du Tillet à Angoulême, à Noyon (où le 4 mai 1534 il résilia les bénéfices ecclésiastiques qu'il recevait depuis sa tonsure, cet acte suggérant qu'il s'était déjà converti[12]) et à Orléans. Il fut cependant obligé de quitter la France après l'affaire des Placards au mois d'octobre 1534, au cours de laquelle, des protestants avaient placardé des écrits attaquant la messe catholique dans diverses villes, entraînant une violente réaction politique contre les protestants. En janvier 1535, Calvin rejoignit Cop à Bâle, une ville ouverte aux idées de l'influent réformateur Œcolampade[13].

Premiers essais de réforme (1536-1538)[modifier | modifier le code]

En mars 1536, Calvin publia la première édition de son Institutio Christianae Religionis ou Institution de la religion chrétienne. L'ouvrage était une apologie ou défense de sa foi et un exposé de la position doctrinale des réformés. Il chercha également à en faire un livre d'instruction de base pour toute personne intéressée par la religion chrétienne. L'ouvrage était la première expression de sa théologie. Calvin amenda son écrit et en proposa plusieurs nouvelles éditions au long de sa vie[14]. Peu après sa publication, il quitta Bâle pour Ferrare en Italie où il devint brièvement secrétaire de Renée de France. Il retourna à Paris en juin avec son frère Antoine qui réglait les affaires de leur père. À la suite de l'édit de Coucy qui donnait six mois aux hérétiques pour se réconcilier avec la foi catholique, Calvin quitta définitivement la France. En août, il partit à destination de Strasbourg, une ville libre du Saint-Empire romain germanique et une ville-refuge pour les protestants. Mais les affrontements entre troupes françaises et impériales l'obligèrent à se détourner de son chemin et il arriva à Genève.

Calvin pensait ne pas rester à Genève, mais Guillaume Farel, un réformé français qui résidait dans la ville, lui demanda avec insistance de rester et à l'aider dans le travail de réforme de l'église. Calvin se montra d'abord très réticent, mais Farel réussit à le convaincre. Calvin se souvient de cette rencontre particulièrement intense, tel que le narre William Ramsay en 2006 :

« Alors Farel, qui travaillait avec un zèle incroyable pour promouvoir l'Évangile concentra tous ses efforts pour me garder en ville. Et lorsqu'il comprit ma détermination à étudier en privé dans quelque obscure endroit, et vit qu'il n'avait rien gagné de ses supplications, il s'abaissa aux insultes et dit que Dieu maudirait ma paix si je me retenais de lui donner de l'aide dans des temps d'aussi grande nécessité[15]. Terrifié par ses paroles et conscient de ma propre timidité et lâcheté, j'abandonnai mon voyage et tentait d'appliquer quelque don que j'avais en défense de la foi[16]. »

Calvin accepta sa tâche sans conditions préalables[17]. Les premières fonctions qui lui furent accordées sont mal connues : il reçut finalement le titre de « lecteur » signifiant probablement qu'il pouvait réaliser des lectures explicatives de la Bible. En 1537, il fut choisi pour devenir « pasteur » même s'il ne fut jamais ordonné[18]. Pour la première fois de sa vie, l'avocat-théologien assuma des fonctions pastorales comme les baptêmes, les mariages et les services religieux[19].

Guillaume Farel était le réformateur qui convainquit Calvin de rester à Genève. Portrait tiré des Icônes de Théodore de Bèze, 1580.

Tout au long de l'automne 1536, Farel rédigea une confession de foi tandis que Calvin écrivit des articles séparés sur la réorganisation de l'église à Genève. Le 16 janvier 1537, Farel et Calvin présentèrent leurs Articles concernant l'organisation de l'église et du culte à Genève devant le conseil municipal[20]. Le document décrivait la manière et la fréquence de leurs célébrations de l'eucharistie, la raison et la méthode de l'excommunication, l'importance de souscrire à la confession de foi, l'emploi des chants dans la liturgie et la révision des lois sur le mariage. Le conseil adopta le document dans la journée[21].

La réputation des deux hommes devant le conseil se détériora cependant durant l'année. Le conseil était réticent à faire appliquer les dispositions des articles car peu de citoyens avaient souscrit à cette confession de foi. Le 26 novembre, Calvin et Farel débattirent avec passion devant le conseil à ce sujet. De plus, la France cherchait à former une alliance avec Genève et comme les deux pasteurs étaient français, les membres du conseil commencèrent à mettre en question leur loyauté. Enfin une importante querelle politico-religieuse éclata lorsque Berne, l'alliée de Genève dans la réforme des églises suisses, proposa d'uniformiser les cérémonies religieuses. Une proposition imposait l'emploi de pain azyme dans l'eucharistie. Calvin et Farel ne voulaient pas suivre la direction de Berne et retardèrent l'emploi d'un tel pain jusqu'à ce qu'un synode puisse être organisé à Zurich pour trancher la question. Le conseil ordonna aux deux hommes d'utiliser du pain azyme pour l'eucharistie de Pâques et en protestation, ils refusèrent d'administrer la communion durant la messe de Pâques. Cela causa une émeute durant le service et le lendemain, le conseil expulsa les deux pasteurs[22].

Farel et Calvin se rendirent à Berne et Zurich pour défendre leur cause. Le synode de Zurich attribua une grande part de responsabilité à Calvin pour ne pas avoir été suffisamment conciliant avec le peuple de Genève. Il demanda cependant à Berne de servir d'intermédiaire pour obtenir la réintégration des pasteurs. Le conseil de Genève refusa d'accueillir à nouveau les deux hommes qui avaient trouvé refuge à Bâle. Par la suite, Farel fut invité à mener l'église de Neuchâtel et Calvin reçut une offre pour diriger une église de réfugiés français à Strasbourg envoyée par les réformateurs les plus influents de la ville, Martin Bucer et Wolfgang Capiton. Calvin commença par refuser car Farel n'était pas invité mais finit par accepter En septembre 1538, Calvin prit ses fonctions à Strasbourg et quelques mois plus tard, il demanda et reçut la citoyenneté de la ville[23].

Pasteur à Strasbourg (1538-1541)[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Nicolas de Strasbourg où Calvin prêcha en 1538. L'architecture du bâtiment fut modifiée au XIXe siècle.
Martin Bucer invita Calvin à Strasbourg après son expulsion de Genève. Illustration de Jean-Jacques Boissard.

Durant son séjour à Strasbourg, Calvin ne resta pas attaché une église particulière et dirigea successivement l'église Saint-Nicolas, l'église Sainte-Madeleine et l'ancienne église dominicaine renommée Temple Neuf[24] (ces églises existent toujours mais aucune n'est restée en l'état). Calvin accueillait entre 400 et 500 personnes dans son église. Il prêchait ou enseignait chaque jour avec deux sermons le dimanche. La communion était célébrée chaque mois et le chant des psaumes était encouragé[25]. Il travailla également à la seconde édition de ses Institutions. Même si la première édition s'était vendue en moins d'un an, Calvin était mécontent de sa structure en forme de catéchisme.

Pour la seconde édition, publiée en 1539, Calvin abandonna ce format en faveur de la présentation systématique des principales doctrines bibliques. Le livre passa ainsi de six à dix-sept chapitres[26]. Il rédigea parallèlement un autre livre, Commentaires de l'épître aux Romains, qui fut publié en mars 1540. L'ouvrage servit de modèle pour ses futurs commentaires : il y inclut sa propre traduction latine du grec plutôt que de reprendre la Vulgate, une exégèse et une prédication expositoire (en)[27]. Dans sa lettre dédicatoire, Calvin loua le travail de ses prédécesseurs Philipp Melanchthon, Heinrich Bullinger et Martin Bucer mais prit soin de s'en démarquer et de critiquer certaines de leurs positions[28].

Les amis de Calvin le pressèrent de se marier mais ce dernier prit une posture prosaïque en écrivant à l'un de ses correspondants :

« Moi, qui ait l'air si hostile au célibat, je ne suis pas encore marié et j'ignore si jamais je le serai. Si je prends femme, ce sera pour que, mieux affranchi de nombreuses tracasseries, je puisse me consacrer au Seigneur[29]. »

Plusieurs candidates lui furent présentées dont une jeune femme d'une famille noble. Calvin accepta le mariage à contre-cœur à la condition qu'elle apprenne le français. Bien que le mariage ait été prévu pour mars 1540, il restait réticent et le mariage n'eut jamais lieu. Il écrivit plus tard qu'il n'aurait jamais pensé à l'épouser « à moins que le Seigneur ne m'ait privé de ma présence d'esprit »[30]. Finalement, il épousa en août Idelette de Bure, une veuve d'un anabaptiste, converti par lui, ayant deux enfants de son premier mariage. Il eut un enfant Jacques, mort jeune[31].

Genève commença à reconsidérer l'expulsion de Calvin car la présence à l'église avait diminué et le climat politique avait changé. L'alliance entre Berne et Genève vacillait du fait des querelles territoriales. Lorsque le cardinal Jacopo Sadoleto écrivit une lettre au conseil municipal invitant Genève à revenir dans le giron catholique, le conseil chercha une autorité ecclésiastique pour lui répondre. Pierre Viret fut le premier consulté mais il refusa et le conseil demanda à Calvin. Il accepta et sa Responsio ad Sadoletum (Lettre à Sadoleto) défendit fermement la position de Genève concernant la réforme de l'église[32]. Le 21 septembre, le conseil chargea l'un de ses membres, Ami Perrin, de trouver un moyen de faire revenir Calvin. Un émissaire rencontra Calvin alors qu'il participait à une conférence chargée de résoudre des disputes religieuses à Worms. Sa première réaction à l'offre fut l'horreur sur laquelle il écrivit, « je préférerais mourir cent fois que de retourner à cette croix sur laquelle je périssais mille fois chaque jour[33] ».

Calvin écrivit également qu'il était prêt à suivre l'appel du Seigneur. Un programme fut établi dans lequel Viret serait nommé pour prendre temporairement en charge Genève tandis que Bucer et Calvin visiteraient la ville pour déterminer les étapes suivantes. Le conseil municipal pressa cependant pour la nomination immédiate de Calvin à Genève. À l'été 1541, Strasbourg décida de prêter Calvin à Genève pour six mois et Calvin prit la route le 13 septembre avec une escorte officielle et sa famille[34].

Réformes à Genève (1541-1549)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réforme protestante en Suisse.
Calvin prêchait à la cathédrale Saint-Pierre de Genève, la principale église de Genève.

En soutien des propositions de réforme de Calvin, le conseil de Genève vota les Ordonnances ecclésiastiques le 20 novembre 1541. Les ordonnances définissaient quatre ordres de fonctions ministérielles : Les pasteurs pour prêcher et administrer les sacrements, les docteurs pour instruire les croyants dans la foi, les anciens pour fournir une discipline et les diacres pour prendre soin des pauvres et des nécessiteux[35]. Elles appelaient également la création d'un Consistoire, un tribunal ecclésiastique composé d'aînés laïcs et de pasteurs. Le gouvernement municipal conservait le pouvoir de convoquer des personnes devant le tribunal et le Consistoire ne pouvait juger que des affaires religieuses n'ayant pas de juridiction civile. Initialement, le tribunal avait le pouvoir d'infliger des peines dont la plus sévère était l'excommunication. Le gouvernement civil contesta cependant ce pouvoir et le 19 mars 1543, le conseil décida que toutes les condamnations seraient prises par le gouvernement[36].

En 1542, Calvin adapta un livre liturgique utilisé à Strasbourg en publiant La Forme des Prières et Chants Ecclésiastiques. Calvin reconnaissait le pouvoir de la musique et il voulait qu'elle soit utilisée pour soutenir la lecture de la Bible. Le psautier originel de Strasbourg contenait douze psaumes de Clément Marot et Calvin ajouta plusieurs autres hymnes à sa propre composition dans la version genevoise. À la fin de l'année 1542, Marot se réfugia à Genève et rédigea dix-neuf autres psaumes. Loys Bourgeois, également réfugié, vivait et enseignait la musique à Genève depuis seize ans et Calvin en profita pour intégrer ses hymnes[37]. La même année, Calvin publia le Catéchisme de l'Église de Genève, inspiré du Kurze Schrifftliche Erklärung de 1534 de Bucer. Calvin avait déjà rédigé un catéchisme durant son premier séjour à Genève qui était largement basé sur le Grand Catéchisme de Martin Luther[38].

Durant son ministère à Genève, Calvin réalisa plus de 2 000 sermons. Initialement, il prêchait deux fois le dimanche et trois fois durant la semaine. Cela se révéla trop lourd et à la fin de l'année 1542, le conseil l'autorisa à ne prêcher qu'une fois le dimanche. Cependant en octobre 1549, on lui demanda à nouveau de prêcher deux fois le dimanche et chaque jour de la semaine en alternance. Ses sermons duraient plus d'une heure et il n'utilisait pas de notes. Un greffier tentait parfois d'enregistrer ses prêches mais peu de ses sermons furent préservés avant 1549. Cette année-là, le scribe professionnel Denis Raguenier, qui avait appris ou développé un système de sténographie, fut chargé d'enregistrer tous les sermons de Calvin. Une analyse de ses prêches réalisée par T. H. L. Parker suggère que Calvin était consistant et que son style a peu évolué au cours des années[39],[40].

On ne sait que très peu de choses sur la vie privée de Calvin à Genève. Sa maison et son mobilier appartenaient au conseil. La maison était assez grande et accueillait sa famille ainsi que celle de son frère Antoine et quelques serviteurs. Le 28 juillet 1542, Idelette donna naissance à un garçon, Jacques, mais il était prématuré et mourut rapidement. Idelette tomba malade en 1545 et mourut le 29 mars 1549. Calvin ne se remaria jamais et exprima sa tristesse dans une lettre à Viret :

« J'ai été privé de la meilleure amie de ma vie, celle qui, si j'avais été ordonné, aurait volontiers partagé non seulement ma pauvreté mais également ma mort. Durant sa vie elle a été une aide fidèle de mon ministère. D'elle je n'ai jamais connu le moindre reproche[41]. »

Tout au long de sa vie à Genève, il resta en contact étroit avec ses anciens amis dont Montmor, Cordier, Cop, Farel, Melanchthon et Bullinger[42].

Opposition (1546-1553)[modifier | modifier le code]

Portrait de Calvin réalisé par un anonyme.

Calvin rencontra une forte opposition à ses travaux à Genève. Vers 1546, ses adversaires se regroupèrent dans un groupe qu'il appela les libertins. Selon Calvin, ces personnes pensaient qu'après avoir été libérées par la grâce irrésistible, elles étaient exemptées des lois civiles et ecclésiastiques. Le groupe rassemblait des familles riches et politiquement puissantes de Genève[43]. À la fin du mois de janvier 1546, Pierre Ameaux, un fabricant de cartes à jouer qui avait déjà eu des problèmes avec le Consistoire, attaqua Calvin en le traitant de « picard », une expression dénotant un sentiment anti-français et l'accusa de promouvoir de fausses doctrines. Ameaux fut condamné par le conseil et forcé d'expier son crime en paradant dans la ville et en suppliant Dieu de le pardonner[44]. Quelques mois plus tard, Ami Perrin, l'homme qui avait convaincu Calvin de venir à Genève lui devint ouvertement opposé. Perrin avait épousé Françoise Favre, la fille de François Favre, un marchand allemand bien établi. L'épouse de Perrin et son beau-père avaient également eu des querelles avec le Consistoire. Le tribunal nota que de nombreux notables genevois, dont Perrin, avaient enfreint les lois contre la danse. Perrin commença par ignorer la convocation du tribunal mais, après avoir reçu une lettre de Calvin, il accepta et se présenta devant le Consistoire[45].

En 1547, l'opposition à Calvin et aux autres pasteurs français réfugiés avait grandi et constituait la majorité des syndics, les magistrats civils de Genève. Le 27 juin, une lettre de menaces anonymes en genevois fut trouvée sur la chaire de la cathédrale Saint-Pierre de Genève où Calvin prêchait. Suspectant un complot contre l'Église et l'État, le conseil nomma une commission d'enquête. Jacques Gruet, un membre genevois du groupe de Favre fut arrêté et des preuves furent découvertes dans sa maison. Sous la torture, il avoua plusieurs crimes dont la rédaction de la lettre laissée sur la chaire et qui menaçait Dieu, ses ambassadeurs et l'ordre religieux. Le tribunal civil le condamnant à mort et, avec l'approbation de Calvin, il fut décapité le 26 juillet 1547[46] , à Champel, après avoir été longuement soumis à la torture[47].

Les libertins poursuivirent leur opposition en attisant le mécontentement, en insultant les pasteurs et en défiant l'autorité du Consistoire. Le conseil encouragea les deux camps en admonestant ou en défendant alternativement Calvin et les libertins. Lorsque Perrin fut élu premier syndic en février 1552, l'autorité de Calvin sembla à son plus bas niveau. Après quelques défaites devant le conseil, Calvin se sentit battu et le 24 juillet 1553, il demanda au conseil l'autorisation de démissionner. Même si les libertins contrôlaient le conseil, sa requête fut refusée. L'opposition réalisa en effet qu'elle pouvait affaiblir l'autorité de Calvin mais qu'elle n'avait pas assez de pouvoir pour le bannir[48].

Michel Servet (1553)[modifier | modifier le code]

Michel Servet échangea de nombreuses lettres avec Calvin jusqu'à ce que ce dernier ne le déclare hérétique.

Le retournement de situation pour Calvin eut lieu lorsque Michel Servet, un fugitif condamné par les autorités ecclésiastiques, arriva à Genève le 13 août 1553. Servet était un médecin espagnol et un théologien protestant qui critiquait fermement les doctrines de la Trinité et le pédobaptisme[49]. En juin 1530, il affronta Œcolampade à Bâle et fut expulsé. Il se rendit à Strasbourg où il publia un pamphlet contre la Trinité. Bucer la réfuta officiellement et demanda à Servet de partir. Après être revenu à Bâle, Servet publia les Dialogues sur la Trinité en deux livres (latin : Dialogorum de Trinitate libri duo) qui provoquèrent un scandale parmi les réformés et les catholiques. L'Inquisition espagnole ordonna son arrestation[50].

Calvin et Servet entrèrent en contact en 1546 par l'intermédiaire d'une connaissance commune, l'imprimeur lyonnais Jean Frellon. Ils échangèrent des lettres débattant les doctrines signées Michael Servetus et Charles d'Espeville, le pseudonyme de Calvin dans ces lettres. Calvin perdit finalement patience et refusa de répondre. Il fut particulièrement outré quand Servet lui envoya une copie de l'Institution de la religion chrétienne sévèrement annotée avec des arguments pointant les erreurs du livre. Calvin écrivit une lettre à Farel le 13 février 1546 notant que si Servet devait venir, il ne pourrait pas lui garantir un sauf-conduit, « car s'il vient et que je jouisse ici de quelque autorité, je ne souffrirai pas qu'il sorte vivant[51] ».

En 1553, Guillaume de Trie, un ami de Calvin, envoya des lettres à l'Inquisition française au sujet de Servet[52], le qualifiant d'« hispano-portugais » et le critiquant pour ses origines juives récemment découvertes[53],[54],[55] ; il écrivit encore que « son vrai nom est Michel Servet mais il se fait appeler Villeneufve et pratique la médecine. Il est resté quelque temps à Lyon mais il réside maintenant à Vienne ». Lorsque l'inquisiteur-général de France apprit que Servet se cachait à Vienne, selon Calvin sous un faux nom, il contacta le cardinal François de Tournon, le secrétaire de l'archevêque de Lyon pour qu'il supervise l'affaire. Servet fut arrêté et emmené pour être interrogé. Ses lettres à Calvin furent présentées comme preuve d'hérésie mais il nia les avoir écrites. Il déclara, après avoir juré sur la Bible, qu'il « était Michel de Villeneuve docteur en médecine d'environ 42 ans natif de Tudela du royaume de Navarre, une ville sous l'obédience de l'empereur[56] ». Le lendemain, il déclara que « …s'il n'était pas Servet, il prit la personnalité de Servet pour débattre avec Calvin »[57]. Il parvint à s'évader de prison et les autorités catholiques le condamnèrent à mort[58].

Sur la route de l'Italie, Servet s'arrêta à Genève pour des raisons inconnues, où il fut reconnu et arrêté. Le secrétaire de Calvin, Nicolas de la Fontaine, composa une liste d'accusations qui fut soumise au tribunal. Le procureur était Philibert Berthelier, un membre du groupe des libertins et fils d'un patriote genevois et les sessions furent menées par Pierre Tissot, le beau-frère de Perrin. Les libertins [Qui ?] firent traîner le procès en longueur pour affaiblir Calvin [Pourquoi ?]. Le problème de cette arme contre Calvin était la réputation d'hérétique de Servet et la plupart des villes d'Europe attendaient l'issue du procès. Cela posait un dilemme pour les libertins et le 21 août, le conseil décida de demander leur avis aux autres villes suisses afin de diluer sa propre responsabilisé dans le verdict final. En attendant les réponses, le conseil demanda également à Servet s'il voulait être jugé à Vienne ou à Genève. Il supplia de pouvoir rester à Genève. Le 20 octobre, les réponses de Zurich, Berne, Bâle et Schaffhouse furent lues et le conseil condamna Servet comme hérétique. Il fut condamné au bûcher le lendemain, la même peine qu'à Vienne. Calvin et les autres ministres demandèrent qu'il soit décapité[59]. Cela fut refusé et Servet fut brûlé vif le 27 octobre 1553 sur un bûcher composé de ses propres livres sur le plateau de Champel non loin de Genève[60].

Consolidation de la Réforme (1553-1555)[modifier | modifier le code]

Après la mort de Servet, Calvin fut célébré en défenseur de la Chrétienté mais son triomphe contre les libertins était encore à venir. Il avait toujours insisté pour que le Consistoire ait le pouvoir d'excommunication malgré la décision du conseil de lui retirer. Durant le procès de Servet, Philibert Berthelier avait demandé au conseil la permission de prendre la communion car il avait été excommunié l'année précédente pour avoir insulté un pasteur. Calvin protesta en avançant que le conseil n'avait pas autorité pour annuler l'excommunication de Berthelier. Ne connaissant pas l'issue de la dispute, il indiqua dans un sermon du 3 septembre 1553 qu'il pourrait être rejeté par les autorités. Le conseil décida de réexaminer les Ordonnances et le 18 septembre, il vota que l'excommunication était dans la juridiction du Consistoire, une décision favorable à Calvin. Berthelier fit alors appel à une autre assemblée administrative de Genève, le conseil des Deux-Cents, en novembre. Ce corps s'opposa à la décision du conseil et avança que l'arbitre final au sujet de l'excommunication devait être le conseil. L'avis des autres églises suisses fut demandée et finalement le 22 janvier 1555, le conseil annonça la décision des églises suisses : les Ordonnances originales devaient être conservées et le Consistoire devait recouvrer l'ensemble de ses pouvoirs[61].

La chute des libertins commença avec les élections de février 1555. À ce moment, de nombreux réfugiés français avaient reçu la citoyenneté genevoise et avec leur appui, les partisans de Calvin obtinrent la majorité des syndics et des conseillers. Les libertins complotèrent pour semer le chaos et le 16 mai, ils se mirent en route pour incendier une maison qu'ils pensaient être pleine de Français. Le syndic Henri Aulbert tenta d'intervenir en portant avec lui le sceptre symbolisant son pouvoir. Perrin fit l'erreur de s'emparer du bâton, signifiant ainsi qu'il prenait le pouvoir dans un coup d'État virtuel. L'insurrection fut stoppée dés qu'un autre syndic arriva et emmena Perrin à l'hôtel de ville. Perrin et les autres meneurs furent expulsés de la ville. Avec l'approbation de Calvin, les autres conspirateurs présents dans la ville furent arrêtés et exécutés. L'opposition à l'autorité ecclésiastique de Calvin cessa d'exister[62].

Dernières années (1555-1564)[modifier | modifier le code]

Jean Calvin à l'âge de 53 ans. Gravure de René Boyvin

L'autorité de Calvin fut pratiquement incontestée dans les dernières années de sa vie et il disposait d'une réputation internationale en tant que réformateur distinct de Martin Luther[63]. Les deux hommes avaient initialement un respect mutuel l'un pour l'autre mais un conflit doctrinal s'était développé entre Luther et le réformateur Ulrich Zwingli de Zurich au sujet de l'eucharistie. L'opinion de Calvin sur la question força Luther à le mettre dans le camp de Zwingli. Calvin participa activement aux polémiques entre les branches luthériennes et réformées du protestantisme[64]. Au même moment, Calvin était consterné par le manque d'unité parmi les réformateurs et il se rapprocha de Bullinger en signant le Consensus Tigurinus, un concordat entre les églises de Zurich et de Genève. Il entra également en contact avec l'archevêque de Cantorbéry, Thomas Cranmer, lorsque ce dernier appela à un synode œcuménique de toutes les églises protestantes. Calvin soutenait l'idée mais Cranmer ne parvint pas à la réaliser[65].

La plus grande contribution de Calvin à la communauté anglophone fut l'accueil à Genève des exilés protestants chassés d'Angleterre par les persécutions de Marie Ire à partir de 1555. Sous la protection de la ville, ils formèrent leur propre église réformée menée par John Knox et William Whittingham et ramenèrent finalement les idées de Calvin en Angleterre et en Écosse[66]. Calvin était cependant plus intéressé par la réforme de son pays natal, la France. Il soutint la construction d'églises en distribuant des livres et en fournissant des pasteurs. Entre 1555 et 1562, plus de 100 ministres furent envoyés en France. Ces actions furent entièrement financées par l'église à Genève car le conseil refusa de s'impliquer dans les activités prosélytes. Les protestants de France étaient persécutés dans le cadre de l'Édit de Chateaubriand du roi Henri II de France et lorsque les autorités françaises se plaignirent des activités des missionnaires, Genève put nier en être responsable[67].

Le Collège Calvin est aujourd'hui un établissement d'enseignement secondaire.

À Genève, la principale préoccupation de Calvin était la création d'un collège. Le site de l'école fut choisi le 25 mars 1558 et l'établissement ouvrit le 5 juin 1556. L'école était divisée en deux parties : un collège ou schola privata et un lycée appelé académie ou schola publica. Calvin tenta de recruter deux professeurs, Mathurin Cordier, son ancien ami et latiniste basé à Lausanne et Emmanuel Tremellius, le Regius Professor of Hebrew à Cambridge. Aucun des deux n'était disponible mais il parvint à convaincre Théodore de Bèze d'être le recteur. Cinq ans après son ouverture, l'établissement accueillait 1 500 étudiants dont 300 à l'académie. Le collège devint finalement le Collège Calvin, l'une des écoles de maturité de Genève et l'académie devint l'université de Genève[68].

Tombe traditionnellement attribuée à Calvin dans le cimetière des Rois à Genève.

À l'automne 1558, Calvin fut atteint d'une fièvre. Craignant de mourir avant d'achever sa dernière révision de l'Institution, il se força à travailler. La dernière édition fut largement réécrite et Calvin considérait qu'il s'agissait d'une nouvelle œuvre. Le passage de 21 à 80 chapitres était lié au traitement élargi des passages existants plutôt qu'à l'ajout de nouveaux sujets[69]. Peu après avoir récupéré, il épuisa sa voix en prêchant ce qui causa un violent accès de toux qui fit éclater un vaisseau sanguin dans ses poumons. Sa santé déclina progressivement et il donna son dernier sermon à la cathédrale Saint-Pierre le 6 février 1564. Il rédigea son testament le 25 avril par lequel il léguait de petites sommes d'argent à sa famille et au collège. Quelques jours plus tard, les pasteurs de l'église lui rendirent visite et il fit ses adieux qui furent consignés dans Discours d'adieu aux ministres. Il y relatait sa vie à Genève, en rappelant parfois amèrement les difficultés qu'il avait rencontrées. Calvin mourut le 27 mai 1564 à l'âge de 54 ans. Son corps fut d'abord exposé mais devant l'affluence, les réformateurs craignirent d'être accusés de promouvoir le culte d'un saint. Il fut inhumé le lendemain dans une tombe anonyme du cimetière des Rois[70]. Même si l'emplacement exact de la tombe est inconnu, une pierre tombale fut ajoutée au XIXe siècle pour marquer la tombe traditionnellement considérée comme étant la sienne[71].

Théologie de Calvin[modifier | modifier le code]

Présentation de la théologie de Calvin[modifier | modifier le code]

Calvin développa sa théologie dans ses commentaires de la Bible ainsi que dans ses sermons et des essais mais l'expression la plus concise de sa pensée se trouve dans son œuvre maîtresse, l'Institution de la religion chrétienne. Il chercha à faire de ce livre un résumé de ses vues sur la théologie chrétienne et à ce qu'il soit lu parallèlement à ses commentaires[72]. Calvin ajouta des modifications au livre tout au long de sa vie et les versions successives montrent que sa pensée a peu évolué de sa jeunesse à sa mort[73]. La première édition de 1536 ne comptait que six chapitres. La seconde, publiée en 1539, était trois fois plus longue car il avait ajouté des chapitres sur des sujets apparaissant dans les Loci Communes de Melanchthon. En 1543, il ajouta de nouveaux passages et étendit un chapitre sur le symbole des apôtres. La dernière édition de l'Institution fut publiée en 1559. L'ouvrage comprenait quatre livres pour un total de 80 chapitres et chaque livre portait le nom d'une confession de foi : le livre 1 sur Dieu le créateur, le livre 2 sur le rédemption par Jésus-Christ, le livre 3 sur la réception de la Grâce de Dieu par le Saint-Esprit et le livre 4 sur l'Église[74].

Couverture de la dernière édition de l'Institution de la religion chrétienne qui résume sa théologie.

La première confession dans l'Institution concernait son thème central. Elle avançait que la somme de sagesse humaine comprenait deux parties, la connaissance de Dieu et de nous-mêmes[75]. Calvin affirmait que la connaissance de Dieu n'est pas inhérente à l'humanité et ne peut pas être découverte en observant la nature. La seule manière de l'obtenir est d'étudier les Écritures saintes. Calvin écrit, « Pour parvenir à Dieu le créateur il faut que les Écritures saintes nous soit guide et maîtresse[76] ». Il n'essaye pas de prouver l'autorité des Écritures mais les décrit plutôt comme autopiston ou « certaines en elles-mêmes ». Il défend l'idée de la Trinité et dans une virulente polémique avec l'église, affirmant que les images de Dieu mènent à l'idolâtrie[77]. À la fin du premier livre, il offre sa vision de la providence en écrivant, « Que Dieu ayant créé le monde par sa vertu, le gouverne et entretient par sa providence, avec tout ce qui y est contenu[78] ». Les hommes sont incapables de comprendre complètement pourquoi Dieu réalise une action particulière mais quelles que soient les actions des bonnes ou des mauvaises personnes, leurs actes entraînent toujours l'exécution de la volonté et du jugement de Dieu[79].

Le second livre comporte plusieurs essais sur le péché originel et la chute de l'homme faisant directement référence à Augustin d'Hippone qui développa ces doctrines. Il citait fréquemment les Pères de l'Église pour défendre la cause de la Réforme et contre l'accusation que les réformateurs créaient une nouvelle théologie[80]. Dans l'esprit de Calvin, le péché commença avec la chute d'Adam et se transmit à toute l'humanité. La domination du péché est complète au point que les hommes sont poussés à commettre le mal[81]. Cette humanité déchue a donc un besoin de rédemption qui peut être trouvé dans le Christ. Cependant, avant d'exposer cette doctrine, Calvin décrivit la situation particulière des juifs vivant à l'époque de l'Ancien Testament. Dieu fit une alliance avec Abraham et la substance de cette promesse était la venue de Jésus. Par conséquent, l'ancienne Alliance n'était pas en opposition au Christ mais était plutôt la continuation de la promesse de Dieu. Calvin décrit ensuite la nouvelle Alliance en utilisant le passage du symbole des apôtres relatant la souffrance de Jésus sur la Croix et son retour pour juger les vivants et les morts. Pour Calvin, l'ensemble de l'obédience du Christ au Père enleva la discorde entre l'humanité et Dieu[82].

Dans le troisième livre, Calvin décrit comment l'union spirituelle de Christ et de l'humanité est achevée. Il définit d'abord la foi comme la connaissance ferme et certaine de Dieu en Christ. Les effets immédiats de la foi sont la repentance et la rémission du péché. Cela est suivi par une régénération spirituelle qui ramène le croyant à l'état de sainteté qui était celui d'Adam avant sa transgression. La perfection complète est cependant inaccessible dans cette vie et le croyant doit s'attendre à une lutte continuelle contre le péché[83]. Plusieurs chapitres sont ensuite consacrés au sujet de la justification par la foi seule. Il définit la justification comme « l'acceptation par laquelle Dieu nous regarde comme des justes qu'il reçu dans sa Grâce[84] ». Dans cette définition, il est clair que c'est Dieu qui initie et porte l'autorité et que les hommes n'y ont aucun rôle : Dieu est complètement souverain dans le salut[85]. Près de la fin du livre, Calvin décrit et défend la doctrine de prédestination, un concept développé par Augustin en opposition aux enseignements de Pélage. D'autres théologiens comme Thomas d'Aquin et Martin Luther ont également suivi la tradition augustinienne sur ce point. Ce principe, dans les mots de Calvin, est que « Dieu adopte certains à l'espoir de la vie et adjuge les autres à la mort éternelle[86] ».

Le dernier livre décrit ce qu'il considère être la véritable Église et ses ministres, son autorité et ses sacrements. Calvin refuse l'idée de primauté pontificale et l'accusation de schisme portée contre les réformateurs. Pour Calvin, l'Église est définie comme le corps des fidèles qui placent Christ à sa tête. Par définition, il n'y a qu'une Église « catholique » ou « universelle[87] ». Les ministres de l'Église sont décrits par un passage de l'Épître aux Éphésiens et ils regroupent les apôtres, les prophètes, les évangélistes, les pasteurs et les docteurs. Calvin considère ces trois premiers postes limités à l'époque du Nouveau Testament. Les deux dernières fonctions furent créées dans l'église à Genève. Même si Calvin respectait le travail des conciles œcuméniques, il les considérait comme étant soumis à la parole de Dieu, c'est-à-dire à l'enseignement des Écritures. Il pensait également que les autorités civiles et religieuses étaient séparées et ne devaient pas interférer les unes avec les autres[88].

Calvin définit un sacrement comme un signe terrestre associé avec une promesse à Dieu. Il n'acceptait la validité que de deux sacrements sous la nouvelle Alliance : le baptême et l'eucharistie par opposition aux sept sacrements de l'église catholique. Il rejetait complètement la doctrine catholique de la transsubstantiation et le traitement de l'eucharistie comme un sacrifice. Il refusait également la doctrine luthérienne de l'union sacramentale dans laquelle Christ était « dans, sous et avec la forme » du vin et du pain. Sa pensée était sur ce point similaire à celle de Zwingli. Plutôt que d'avoir une vision purement symbolique, Calvin nota qu'avec la participation du Saint-Esprit, la foi était nourrie et renforcée par le sacrement. Selon lui, l'eucharistie était « un secret trop haut pour le comprendre en mon esprit, ou pour l'expliquer de paroles. Et pour en dire brièvement ce qui en est, j'en sens plus par expérience, que je n'en puis entendre[89] ».

Controverses[modifier | modifier le code]

Joachim Westphal s'opposa à la théologie de Calvin sur l'eucharistie.

La théologie de Calvin fut critiquée par d'autres théologiens. Pierre Caroli, un pasteur protestant de Lausanne accusa Calvin ainsi que Viret et Farel d'arianisme en 1536. Calvin défendit ses croyances sur la Trinité dans Confessio de Trinitate propter calumnias P. Caroli[90]. En 1551, Jérome-Hermès Bolsec, un médecin de Genève, attaqua la doctrine de prédestination de Calvin et l'accusa de faire de Dieu l'auteur du péché. Bolsec fut banni de la ville et après la mort de Calvin, il écrivit une biographie calomniant la personnalité de Calvin[91]. L'année suivante, Joachim Westphal, un pasteur gnésio-luthérien de Hambourg, condamna Calvin et Zwingli dans un pamphlet latin [92]pour hérésie du fait de leur refus d'approuver la doctrine luthérienne de l'eucharistie. Calvin lui répondit dans Defensio sanae et orthodoxae doctrinae de sacramentis en 1555[93]. En 1556 Justus Velsius, un dissident hollandais, organisa une disputatio avec Calvin durant sa visite à Francfort au cours de laquelle Velsius défendit le libre-arbitre contre la prédestination de Calvin. À la suite de l'exécution de Servet, un proche associé de Calvin, Sébastien Castellion, rompit avec lui sur le traitement des hérétiques. Dans le Traité des Hérétiques, Castellio défendit les enseignements moraux de Christ contre la vanité de la théologie[94] et il développa par la suite une théologie de la tolérance basée sur les principes bibliques[95].

Calvin et les juifs[modifier | modifier le code]

Les historiens ont débattu de l'opinion de Calvin sur les juifs et le judaïsme. Certains ont avancé que Calvin était le moins antisémite de tous les réformateurs de l'époque en particulier en comparaison de Luther[96]. D'autres ont affirmé que Calvin était fermement dans le camp des antisémites[97]. Les spécialistes s'accordent cependant sur la distinction à faire entre les idées de Calvin sur les juifs de l'époque biblique et son attitude envers ses contemporains. Dans sa théologie, Calvin ne fait aucune différence entre l'alliance de Dieu avec Israël et la nouvelle Alliance. Il avança, « tous les enfants de la renaissance promise de Dieu, qui ont obéi aux commandements de la foi, ont appartenu à la nouvelle Alliance depuis le début des temps[98] ». Il était pourtant un partisan de la théologie de la substitution et avançait que les juifs sont un peuple rejeté qui doit embrasser Jésus pour rentrer dans l'Alliance[99].

La plupart des déclarations de Calvin sur les juifs de son époque sont polémiques. Il écrivit par exemple, « j'ai eu de nombreuses conversations avec les juifs : je n'ai jamais vu une once de piété ou un grain de vérité ou d'inventivité, non, je n'ai jamais rencontré de sens commun chez aucun juif[100] ». À cet égard, il différait peu des autres théologiens protestants et catholiques de son époque[101]. Il considérait les juifs comme un peuple déicide et des « chiens profanes », des scélérats qui « dévorent stupidement toutes les richesses de la terre avec leur cupidité insatiable[102] ».

Dans ses écrits connus, Calvin n'a consacré qu'un seul traité sur les juifs contemporains et le judaïsme[103], Réponse aux questions et objections d'un certain juif[104]. Il y avança que les juifs interprétaient mal leurs propres écritures car ils ont manqué l'unité de l'Ancien et du Nouveau Testament[105]. Calvin écrivit également que leur « obstination éperdue et indomptable mérite qu'ils soient oppressés sans mesure ni fin et qu'ils meurent dans leur misère sans la pitié de personne[106] ».

Travaux de Calvin[modifier | modifier le code]

Le premier travail publié de Calvin fut un commentaire de De Clementia de Sénèque. Publié à ses frais en 1532, il montrait qu'il était un humaniste dans la tradition d'Érasme et possédait une connaissance approfondie des classiques[107]. Son premier ouvrage de théologie, Psychopannychia, tentait de réfuter la doctrine de sommeil de l'âme promulguée par les anabaptistes. Calvin l'écrivit probablement à la suite du discours de Cop mais il ne fut publié qu'en 1542 à Strasbourg[108].

Calvin écrivit de nombreuses lettres aux dirigeants politiques et religieux d'Europe dont celle-ci adressée au roi Édouard VI d'Angleterre.

Calvin rédigea des commentaires de la plupart des livres de la Bible. Son premier commentaire, sur l'épître aux Romains, fut publié en 1540 et il envisagea d'écrire des commentaires sur l'ensemble du Nouveau Testament. Il écrivit son second traité sur la première épître aux Corinthiens six ans plus tard mais il consacra ensuite toute son attention à l'objectif qu'il s'était fixé. En moins de quatre ans, il publia des commentaires sur toutes les épîtres de Paul et révisa également son livre sur les Romains. Il s'intéressa ensuite aux épîtres catholiques en les dédiant au roi Édouard VI d'Angleterre. En 1555, il avait achevé son travail sur le Nouveau Testament en terminant par les actes des Apôtres et les Évangiles ; il n'omit que la troisième épître de Jean et l'Apocalypse. Pour l'Ancien Testament, il rédigea des commentaires sur le Livre d'Isaïe, les livres du Pentateuque, les Psaumes et le livre de Josué. La base de ces ouvrages était formée par les conférences, qu'il donnait aux étudiants et aux ministres, qu'il retravaillait ensuite pour la publication. Cependant, à partir de 1557, il ne trouva plus le temps de continuer cette méthode et il autorisa la publication de ses discours à partir de notes sténographiées. Ces Praelectiones couvraient les petits prophètes, les livres de Daniel, de Jérémie, des Lamentations et une partie de celui d'Ézéchiel[109].

Calvin écrivit également de nombreuses lettres et traités. À la suite de la Responsio ad Sadoletum, Calvin rédigea une lettre ouverte à la demande de Bucer à l'empereur Charles Quint en 1543, Supplex exhortatio ad Caesarem, défendant la foi réformée. Cela fut suivi par une lettre ouverte au pape, Admonitio paterna Pauli III, en 1544, dans laquelle Calvin critiquait Paul III pour son opposition à un rapprochement avec les réformateurs. Le concile de Trente entraîna l'application de nouveaux décrets contre les réformateurs et Calvin réfuta ces textes avec le Acta synodi Tridentinae cum Antidoto de 1547. Lorsque Charles-Quint essaya de trouver un compromis avec l'intérim d'Augsbourg, Bucer et Bullinger pressèrent Calvin de répondre. Il rédigea le traité Vera Christianae pacificationis et Ecclesiae reformandae ratio en 1549, dans lequel il décrivait les doctrines devant être défendues dont la justification par la foi seule[110].

Calvin fournit de nombreux documents de base pour les églises réformées dont des traités sur le catéchisme, la liturgie et l'organisation de l'église. Il rédigea également plusieurs confessions de foi pour essayer d'unifier les églises. En 1559, il ébaucha la confession de foi française, la confession de La Rochelle et le synode de Paris l'accepta avec quelques modifications. La Confessio Belgica de 1561, une confession de foi hollandaise, était en partie basée sur la confession de La Rochelle[111].

Héritage[modifier | modifier le code]

Portrait de Calvin par le Titien

Après les morts de Calvin et de son successeur, Théodore de Bèze, le conseil municipal de Genève reprit progressivement le contrôle de fonctions auparavant dans le domaine ecclésiastique. La sécularisation fut accompagnée d'un déclin de l'église. Même l'académie de Genève fut éclipsée par les universités de Leyde et d'Heidelberg qui devinrent les nouveaux bastions des idées de Calvin, qualifiées de calvinisme pour la première fois par Joachim Westphal en 1552. En 1585, Genève, auparavant la source du mouvement réformé, était simplement devenu son symbole[112]. Calvin avait cependant toujours averti contre le fait qu'il serait décrit comme une « idole » et Genève comme la nouvelle « Jérusalem ». Il encouragea ses disciples à s'adapter à leurs environnements. Même durant son échange polémique avec Westphal, il conseilla à un groupe de réfugiés francophones installés à Wesel en Allemagne de s'intégrer avec les églises luthériennes locales. Malgré ses différends avec les luthériens, il ne niait pas qu'ils étaient membres de la véritable Église. La reconnaissance de Calvin du besoin de s'adapter aux conditions locales devint une caractéristique importante du mouvement réformateur qui s'étendait en Europe[113].

Grâce aux travaux de missionnaire de Calvin en France, son programme de réforme arriva finalement dans les provinces francophones des Pays-Bas. Le calvinisme fut adopté dans l'électorat du Palatinat sous Frédéric III et cela entraîna la formulation du catéchisme de Heidelberg en 1563. Ce dernier et la Confessio Belgica furent adoptés comme les standards confessionnels lors du premier synode de l'église réformée néerlandaise en 1571. Des dirigeants religieux, calvinistes ou sympathisants avec ses idées, s'implantèrent en Angleterre (Martin Bucer, Pierre Martyr et Jean de Lasco) et en Écosse (John Knox). Durant la Première Révolution anglaise, les puritains calvinistes rédigèrent la confession de foi de Westminster qui devint le standard des presbytériens dans le monde anglophone. Le mouvement s'étendit ensuite à d'autres parties du monde dont l'Amérique du Nord, l'Afrique du Sud et la Corée[114].

Calvin ne vécut pas pour voir son travail se transformer en mouvement international mais sa mort permit à ses idées de sortit de leur ville d'origine, de s'étendre bien au-delà de leurs frontières et de créer leur propre caractère distinct[115].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frank M. Chambers, Prosateurs français du XVIe siècle, D. C. Heath, 1976, p. 111
  2. Jean Moura et Paul Louvet, Calvin, Grasset,‎ 1931, p. 18
  3. Cottret 2000, p. 8-12 ; Parker 2006, p. 17-20
  4. Ganoczy 2004, p. 3-4 ; Cottret 2000, p. 12-16 ; Parker 2006, p. 21
  5. Cottret 2000, p. 17-18 ; Parker 2006, p. 22-23
  6. Parker 1975, p. 15. Selon Cottret 2000, p. 20, peut-être y a-t-il eu un conflit familial avec le clergé à Noyon.
  7. Cottret 2000, p. 20-24 ; Parker 1975, p. 22-25
  8. J. Calvin, « préface du Commentaires sur le livre des Psaumes, page viii ».
  9. Tiré de citations de Calvin et de Luther, page 5
  10. Ganoczy 2004, p. 9-10 ; Cottret 2000, p. 65-70 ; Parker 2006, p. 199-203 ; McGrath 1990, p. 69-72
  11. Bruce Gordon, Calvin, New Haven,‎ 2009, p. 34
  12. Jean François Gilmont, Jean Calvin et le livre imprimé, Librairie Droz,‎ 1997, p. 28
  13. Ganoczy 2004, p. 7-8 ; Cottret 2000, p. 63-65, 73-74, 82-88, 101 ; Parker 2006, p. 47-51 ; McGrath 1990, p. 62-67
  14. Ganoczy 2004, p. 9 ; Cottret 2000, p. 110-114 ; Parker 2006, p. 52, 72
  15. Church History One Hundred One, William M. Ramsay, 2006, Westminster John Knox Press, ISBN 0-664-50277-6 ISBN 9780664502775 p. 57. [1]
  16. Autobiographical Sketch from the Dedication of the Commentary on the Psalms, in Calvin: Commentaries (Library of Christian Classics), 1979, Joseph Haroutunian, ed., Westminster John Knox Press, ISBN 0-664-24160-3 ISBN 9780664241605 p. 53. [2][3]
  17. McGrath 1990, p. 76-78 ; Cottret 2000, p. 110, 118-120 ; Parker 2006, p. 73-75
  18. Cottret 2000, p. 120
  19. Parker 2006, p. 80
  20. De Greef 2004, p. 50
  21. Cottret 2000, p. 128-129 ; Parker 1975, p. 74-76
  22. McGrath 1990, p. 98-100 ; Cottret 2000, p. 129-131 ; Parker 2006, p. 85-90
  23. McGrath 1990, p. 101-102 ; Parker 2006, p. 90-92
  24. « Calvin et Strasbourg », Archives municipales de Strasbourg
  25. Parker 2006, p. 92-93
  26. Parker 1995, p. 4-5
  27. Parker 2006, p. 97-101
  28. Cottret 2000, p. 143-146
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  30. Parker 1975, p. 87
  31. Cottret 2000, p. 139-142 ; Parker 2006, p. 96-97
  32. Ganoczy 2004, p. 12-14 ; De Greef 2004, p. 46 ; Cottret 2000, p. 152-156
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  35. Ganoczy 2004, p. 15-17
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  38. Cottret 2000, p. 170-171
  39. DeVries 2004, p. 106-124 ; Parker 2006, p. 116-123
  40. Voir aussi T. H. L. Parker, The Oracles of God: An Introduction to the Preaching of John Calvin, Cambridge, James Clarke Company,‎ 2002 (ISBN 0-227-17091-1)
  41. Parker 2006, p. 129-130
  42. Cottret 2000, p. 183-184 ; Parker 2006, p. 131
  43. Cottret 2000, p. 185-186 ; Parker 2006, p. 124-126
  44. Cottret 2000, p. 187 ; Parker 2006, p. 126
  45. Parker 2006, p. 127
  46. De Greef 2008, p. 30-31 ; McNeil 1954, p. 170-171 ; Cottret 2000, p. 190-191 ; Parker 2006, p. 136-138
  47. Éléments (revue), no 117, été 2005, Ephémérides, p. 2
  48. Parker 2006, p. 139-145
  49. Roland Baiton, Hunted Heretic, p. 141
  50. Cottret 2000, p. 213-216 ; Parker 2006, p. 146
  51. Cottret 2000, p. 216-217 ; Parker 2006, p. 147-148 ; Leonard W. Levy, Blasphemy: Verbal offense Against the Sacred from Moses to Salman Rushdie,‎ 1995 (ISBN 978-0-8078-4515-8), p. 65
  52. Voir les lettres dans Jean Calvin, Opera Quae Supersunt Omnia, p. Livre VIII, premier appendice, IV & VII
  53. Gonzalez Echeverría, « Andrés Laguna and Michael Servetus: two converted humanist doctors of the XVI century », dans Andrés Laguna International Congress. Humanism, Science and Politics in the Renaissance Europe, García Hourcade y Moreno Yuste, Valladolid,‎ 1999, p. 377-389
  54. Gonzalez Echeverría, « Michael Servetus belonged to the famous converted Jewish family The Zaporta », Pliegos de Bibliofilia, Madrid, no 7,‎ 1999, p. 33-42
  55. Gonzalez Echeverría, « On the Jewish origin of Michael Servetus », Jewish Magazine of Culture, Madrid, no 40,‎ 1999, p. 67-69
  56. 1749 First questioning. Judgement of Vienne in Dauphiné against Servet.D'artigny Nouveaux mémoires d'histoire Tome Seconde pag 55-154)
  57. 1749 Second questioning. Judgement of Vienne in Dauphiné against Servet. D'artigny Nouveaux mémoires d'histoire Tome Seconde pag 55-154)
  58. Parker 2006, p. 149-150
  59. Verdict and Sentence for Michael Servetus (1533) in A Reformation Reader eds. Denis R. Janz; 268-270
  60. McGrath 1990, p. 118-120 ; Cottret 2000, p. 222-225 ; Parker 2006, p. 150-152
  61. Cottret 2000, p. 195-198 ; Parker 2006, p. 154-156
  62. Cottret 2000, p. 198-200 ; Parker 2006, p. 156-157
  63. Cottret 2000, p. 235
  64. Parker 1975, p. 162-163
  65. Parker 1975, p. 164-165
  66. Parker 2006, p. 170-172
  67. McGrath 1990, p. 182-184 ; Parker 2006, p. 178-180
  68. Olsen 2004, p. 158-159 ; Ganoczy 2004, p. 19-20 ; Cottret 2000, p. 256-259 ; Parker 2006, p. 157-160
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  70. McGrath 1990, p. 195-196 ; Cottret 2000, p. 259-262 ; Parker 2006, p. 185-191
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  72. Hesselink 2004, p. 74-75 ; Parker 1995, p. 4-9
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  79. Niesel 1980, p. 70-79 ; Parker 1995, p. 47
  80. Gerrish 2004, p. 290-291, 302. Selon Gerrish, Calvin se défendit de cette accusation de nouveauté dans la préface de chaque édition de l'Institution. Il y affirmait son opinion selon laquelle l'autorité patristique favorisait les réformateurs et que l'accusation de déviation du consensus patristique était de la fiction. Voir aussi Steinmetz 1995, p. 122-137
  81. Niesel 1980, p. 80-88 ; Parker 1995, p. 50-57
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  92. Farrago confusanearum et inter se dissidentium opinionum de coena Domini, ex Sacramentariorum libris congesta.
  93. Gamble 2004, p. 193-196 ; Parker 1975, p. 163
  94. Cottret 2000, p. 227-233
  95. Ganoczy 2004, p. 17-18
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

En langue française[modifier | modifier le code]

  • Franck Belloir (dir.), Jean Calvin (1509-1564) De l'humanisme aux lumières de la foi, Les Éditions de Paris, 2009
  • Marianne Carbonnier-Burkard, Calvin, une vie, Paris, Desclée de Brouwer, 2009
  • Bernard Cottret, Calvin: Biographie, Jean-Claude Lattès, 1995
  • François Wendel, Calvin : Sources et évolution de sa pensée religieuse, Labor et Fides, 1985

Autres langues[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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