Denis Janot

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Denis Janot ( éditeur entre 1529 et 1544) est un imprimeur parisien, qui exerce près de Notre Dame de Paris[1]. Janot, Imprimeur du roi, édite ses livres en français, qui séduisent par leurs nombreuses illustrations. Il imprime un grand nombre des écrivains classiques aussi bien que des écrivains contemporains français, spécialement au sujet de la « querelle des femmes ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père Jean Janot était imprimeur entre 1508-1522, et avait pour épouse Marie Macée Trepperel, dont les parents étaient aussi imprimeurs. Avec sa femme, Jean Janot édite des livres en français, et ses fils Denis et Simon exercent le même métier. Denis Janot commence en 1529 au Palais de justice de Paris, travaillant avec Alain Lotrian. En 1534 il se met à son compte, près de Notre Dame de Paris. Après sa mort, en décembre 1544, sa veuve, Jeanne de Marnef (aussi d'une famille d'imprimeurs) continue à diriger l'affaire[1].

Tout comme son père, Denis Janot imprime des ouvrages dans le langage courant, bien qu'il se spécialise dans « la poésie, la morale et l'histoire »[1]. Selon Stephen Rawles, son apport propre tient à l'édition de textes en langage courant, avec « quelques-unes des exigences de qualité esthétiques » auxquelles faisaient appel les imprimeurs humanistes de l'époque pour imprimer des textes latins et grecs[2]. En 1543, il est nommé imprimeur du roi ; un catalogue de cette époque recense 163 ouvrages, dont seuls 14 sont en latin, et beaucoup de ses traductions sont celles d'auteurs latins classiques (y compris deux traductions différentes du Somnium Scipionis de Cicéron[3]). Sont particulièrement notables les nombreux livres qu'il publie touchant à la querelle des femmes, qui agitait les esprits de l'époque[1].

Une des pratiques habituelles de Denis Janot est d'illustrer les livres qu'il imprime[4], et il est l'un des premiers imprimeurs français à éditer des livres d'emblèmes ; il publie Le Théâtre des bons engins de Guillaume de La Perrière dans une édition sans date qui paraît dans la première partie de 1540; 1534 est la date de parution du premier livre d'emblèmes en français[5]. Janot publie à cette époque les livres les plus importants, y compris Le Roman de la Rose, et Le Trésor de la cité des dames de Christine de Pizan[6]. Selon Stephen Rawles, ses éditions des œuvres de Clément Marot sont ses éditions les plus marquantes touchant à la poésie française[2].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Lyndan Warner, The Ideas of Man and Woman in Renaissance France: Print, Rhetoric, and Law, Ashgate,‎ 2011 (ISBN 9781409412465, lire en ligne), p. 29, 31-34
  2. a et b Stephen Rawles, « An Un-recorded Edition of the Works of Clément Marot Printed by Denis Janot », Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, vol. 38, no 3,‎ 1976, p. 485–88 (lire en ligne)
  3. Alison Adams, « In Search of Sixteenth-Century French Translations of Cicero's Somnium Scipionis », Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, vol. 49, no 1,‎ 1987, p. 103–106 (lire en ligne)
  4. (en) Adrian Armstrong et Malcolm Quainton, Book and Text in France, 1400-1600: Poetry on the Page, Ashgate,‎ 2007 (ISBN 9780754655909, lire en ligne), p. 125, 138, 196
  5. Alison Saunders, « French Emblem Books or European Emblem Books: Transnational Publishing in the Sixteenth and Seventeenth Centuries », Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, vol. 61, no 2,‎ 1999, p. 415–27 (lire en ligne)
  6. (en) Christine de Pizan, The Treasure of the City of Ladies: Or the Book of the Three Virtues, Penguin,‎ 2003 (ISBN 9780141961019, lire en ligne), p. 32

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stephen Rawles, Denis Janot, Parisian printer & bookseller, Warwick, University of Warwick,‎ 1976, Thèse