Fère-en-Tardenois

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Fère-en-Tardenois
Vue des ruines du château de Fère.
Vue des ruines du château de Fère.
Blason de Fère-en-Tardenois
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Aisne
Arrondissement Château-Thierry
Canton Fère-en-Tardenois (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Tardenois
Maire
Mandat
Jean-Paul Roseleux
2014-2020
Code postal 02130
Code commune 02305
Démographie
Population
municipale
3 231 hab. (2011)
Densité 158 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 11′ 58″ N 3° 31′ 02″ E / 49.1994444444, 3.5172222222249° 11′ 58″ Nord 3° 31′ 02″ Est / 49.1994444444, 3.51722222222  
Altitude Min. 106 m – Max. 225 m
Superficie 20,4 km2
Localisation

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Fère-en-Tardenois est une commune du département de l'Aisne, chef-lieu de canton dans la région Picardie, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Fère-en-Tardenois se situe entre Paris (100 km) et Reims (50 km) et est desservie par l'autoroute de l'Est. La commune est à 22 km de Château-Thierry et 25 km de Soissons.

Elle est également desservie par la ligne SNCF Paris-Reims depuis la gare de l'Est.

L'Ourcq, dont la source se situe à seulement quelques kilomètres de Fère-en-Tardenois, traverse la ville.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Durant la Révolution, la commune porte le nom de Fère-sur-Ourcq[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La ville était le siège d'une pairie à partir de 1399 jusqu'au XVIe siècle dont le plus connu était François d'Angoulême baron-pair de Fère-en-Tardenois (1498-1515).

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les combats de la Première Guerre mondiale n'ont pas épargné la commune, comme en témoigne le cimetière américain situé à l'est, à la sortie de la ville. Les combats des 25 et 26 juillet 1918, particulièrement violents, permirent un net recul du front allemand, de près de 15 kilomètres, aux alentours de Château-Thierry.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
19 janvier 1926 13 avril 1927 Léon Vautrin   Décédé en fonction
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 Jean-Claude Parmentier DVG  
mars 2008[2] en cours
(au 12 mai 2014)
Jean-Paul Roseleux DVG Réélu pour le mandat 2014-2020[3], [4]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 231 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 852 1 796 1 806 2 105 2 313 2 354 2 461 2 410 2 556
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 293 2 497 2 393 2 218 2 367 2 322 2 397 2 265 2 391
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 508 2 690 2 548 2 332 2 476 2 377 2 169 2 140 2 250
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
2 419 2 730 3 012 3 246 3 168 3 356 3 313 3 306 3 231
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Macre.

L'église Saint-Macre fut rebâtie au XVIe siècle et classée monument historique en 1920.

On peut y voir :

– des vitraux modernes ;
– une châsse contenant les reliques de sainte Macre, vierge martyrisée au IVe siècle ;
– un orgue reconstruit en 1990 qui sert à des enregistrements et des concerts.
– les vitraux restaurés de Maurice Denis, fondateur de l'école de peinture Nabis, représentant les évangélistes Luc et Jean, autrefois placés dans le chœur, aujourd'hui placés sur les piliers du fond de la nef (inauguration le samedi 19 octobre 2013).

Les halles[modifier | modifier le code]

L'intérieur des halles
Vue des ruines du château où l'on distingue un pavage qui était recouvert de graisses pour éviter toute montée

Les anciennes halles au blé, classées monument historique en 1921, furent construites en 1540.

La chapelle de Villemoyenne[modifier | modifier le code]

Chapelle classée en 1928.

Le Château de Fère-en-Tardenois[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Fère-en-Tardenois.
Histoire[modifier | modifier le code]

Le château de Fère-en-Tardenois fut construit de 1206 à 1260 par Robert de Dreux, petit-fils de Louis VI le Gros, roi de France. Il appartint à la première maison Valois-Orléans, Valois-Angoulême. En 1528, La mère de François Ier l'offrit au connétable Anne de Montmorency pour son mariage. Celui-ci le fit transformer, il fit construire en particulier son grand pont couvert, attribué à l'architecte Jean Bullant.

La Couronne le confisque après le supplice de Henri II de Montmorency. Il est rendu peu après à Charlotte de Montmorency, épouse du Prince de Condé. Il passe donc à la branche cadette des Condé, les princes de Conti, et par la suite au duc d'Orléans, père de Philippe Égalité. Ce dernier le démolit en partie en 1779 pour faire de la popularité et en vend les matériaux et les meubles. Ses créanciers s'emparent du reste et le vendent aux enchères, à Paris en 1793.

Les combats durant la guerre de 14-18 n'ont guère épargnés la commune. Les combats des 25 et 26 juillet 1918 [réf. nécessaire] furent particulièrement violents. Ceux-ci permirent un net recul du front allemand, de près de 15 kilomètres, dans les alentours de Château-Thierry.

À l'est de Fère-en-Tardenois, on trouve le cimetière américain de Seringes-et-Nesles, témoin des batailles de la Première Guerre mondiale.

Généralités[modifier | modifier le code]
Le blason sculpté de Montmorency ornant l'une des piles du pont

Le château de Fère-en-Tardenois, classé monument historique, se caractérise principalement par la présence d'un pont monumental enjambant les douves (qui sont aujourd'hui à sec). Ce pont, qui, toutes proportions gardées, rappelle fortement le château de Chenonceau, comportait autrefois deux étages : le premier servait de passage tandis que l'étage supérieur était une salle consacrée au jeu et à la vie mondaine. Une large porte entourée de deux tourelles ouvre sur la cour, un heptagone irrégulier flanqué de sept tours circulaires aujourd'hui en ruines.

Le domaine de chasse de près de 250 hectares appartenant autrefois au château est aujourd'hui propriété de l'État et constitue l'actuelle forêt de Fère-en-Tardenois.

Le dernier propriétaire du château, Raymond de la Tramerie, enterré à proximité des ruines, en fit don au conseil général de l'Aisne.

Le charme de ces ruines ainsi que la beauté des lieux font qu'un hôtel de luxe est installé dans des bâtiments d'époque à proximité du château.

Capitale mondiale de la poésie à 2 mi-mots[modifier | modifier le code]

Boîte aux lettres ALIS

Fère-en-Tardenois a été consacrée capitale mondiale de la poésie à 2 mi-mots le samedi 17 novembre 2001.

"La poésie à 2 mi-mots est un procédé d'une simplicité désarmante : il consiste simplement à couper les mots d'un trait horizontal. Chacune des deux moitiés de mots obtenues est contenue dans un autre mot, ou plusieurs autres mots"[6],.

Cette consécration a eu lieu le 17 novembre 2001, en présence de monsieur Bacquaert, sous-préfet de l'Aisne, monsieur Renaud Dutreil, député de l'Aisne, monsieur Jacques Krabal, vice-président du conseil général de l'Aisne, monsieur Jean-Jacques Hurmane, vice-président du conseil général de l'Aisne, et monsieur Parmentier, maire de Fère-en-Tardenois.

Une plaque commémorative a été posée sur le portail d'entrée de l'hôtel de ville de Fère-en-Tardenois, plaque matérialisant un poème à 2 mi-mots : lettres / écrites (dans lettres, il y a la moitié de écrites).

Cette plaque commémorative est visible, et manipulable par quiconque le souhaite.

Événements[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Camille Claudel, sœur aînée de Paul Claudel, fut sculpteur, élève et maîtresse de Rodin, y naquit le 8 décembre 1864.
  • Honoré Lantenois, ingénieur du Corps des Mines[7], il dirigea le Service géologique de l'Indochine (SGI). Il apparaît sous le pseudonyme de Tardenois dans le roman de Jacques Deprat, Herbert Wild de son nom de plume, roman autobiographique « à clefs » qui retrace l'affaire éponyme du point de vue de l'auteur[8]
  • Désiré-Jules Lesguillier (homme politique) y mourut le 26 septembre 1889
  • Eugène Roques-Salvaza fut propriétaire du château, y mourut le 3 décembre 1875
  • Pierre Charlier, vétérinaire, y naquit en 1814. Fils de maréchal, il fit ses études à l'Ecole vétérinaire d'Alfort et vint s'installer dans sa ville natale en 1839. c'est là qu'il mit au point une méthode de castration des vaches qui devait être reconnue à l'échelle internationale. L'intérêt de castrer les vaches laitières âgées était qu'elles connaissaient une lactation prolongée et un engraissement qui valorisait leurs carcasses. Certain de son succès, Pierre Charlier partit près de Reims exploiter une ferme de beuvonnes, ce terme désignant des vaches castrées, dont le lait était vendu à Paris. Malheureusement, cette exploitation le mena à la ruine et il dut partir pour Paris où il devint vétérinaire à la Compagnie générale des Voitures. C'est là qu'il inventa une ferrure révolutionnaire, la ferrure périplantaire, qui devait déclencher une terrible polémique dans les sociétés savantes vétérinaires en 1865-66. Finalement, la ferrure Charlier fut adoptée et posée sous les pieds des chevaux des grandes compagnies parisiennes de transport. Charlier fut décoré de la légion d'Honneur en 1867 pour son invention. Il se retira de la vie publique en 1876 et décéda en 1893[9].
  • le groupe ALIS (Association Lieux Images et Sons) ([1]) est implanté au moulin Canard depuis 1990. Fondé par Pierre Fourny en 1982, rejoint par Dominique Soria en 1984, ALIS est une compagnie de spectacles. Pierre Fourny est l'inventeur de la poésie à 2 mi-mots.
  • Étienne Moreau Nélaton (1859-1927) peintre, collectionneur et historien d'art français. Il consacra une partie de sa vie à Fère-en-Tardenois dont il fut un grand bienfaiteur. Il fit divers dons à l’église du même lieu. Il écrit l’histoire de cette bourgade en 3 tomes ainsi que celle "des Eglises de chez nous". Une rue porte son nom.
  • Jules Charbonniez, sorti de l'École polytechnique comme ingénieur[réf. souhaitée], s'engagea en 1870 pour la durée de la guerre, quoique marié et père de famille ; sa belle conduite lui valut la croix de la Légion d'honneur.

Il arriva à Fère en 1873 pour reprendre la fabrique du Moulin à Tan et c'est lui qui créa l'usine qui occupait avant la guerre de 1914, 500 ouvriers et ouvrières, et où il institua, en faveur de son personnel, différentes œuvres sociales telles que gratuités médicales et pharmaceutiques pour les ouvriers malades ou accidentés, indemnités journalières, secours aux femmes en couches, indemnités pour frais d'enterrement, création de maisons ouvrières. Plusieurs fois maire de Fère, on lui doit les services des eaux et du gaz, les fourneaux économiques (disparus depuis 1918) , l'école des garçons, les abattoirs et la suppression de l'octroi ; avec M. Lesguillier, député, il fit toutes les démarches pour l'établissement de la gare où elle se trouve actuellement. C'est en revenant d'une réunion du conseil municipal qu'un grave accident devait le priver d'un œil et, sur ses dernières années, le rendre complètement aveugle. Une rue de Fère-en-Tardenois porte son nom.

  • Marcel Cheval né le 20 janvier 1913 à Fère-en-Tardenois. Il entra à la SNCF comme apprenti, avant d'y exercer la fonction d'ajusteur, puis de sous-chef de brigade pendant la 2e guerre mondiale.

Membre de Turma Vengeance (corps francs SNCF)[réf. nécessaire], il a participé à des sabotages sur des locomotives remorquant des trains militaires allemands. Arrêté par la Gestapo le 17 décembre 1943 à Troyes où il était venu préparer de nouveaux sabotages, il a été incarcéré à la prison de Châlons-sur-Marne le 18, transféré à Reims le 19 pour y être interrogé, puis ramené à la prison de Châlons-sur-Marne, le 30 mai. Le 6 juin 1944, il a été condamné à mort par un tribunal militaire allemand et fusillé. Marié, il était père d'une petite fille née en 1940.[réf. souhaitée]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Fère-en-Tardenois

De sinople au fer à cheval d'or couronné du même

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Préfecture de l'Aisne consulté le 7 juillet 2008
  3. Préfecture de l'Aisne consulté le 7 juillet 2008
  4. « Liste des maires de l'Aisne » [xls], Préfecture de l'Aisne,‎ 12 mai 2014 (consulté le 26 juillet 2014)
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  6. La Langue coupée en deux, Pierre Fourny, coédition ALIS et La Sterne Voyageuse éditeur, 2003, texte intégral du spectacle La Langue coupée en deux (voir également La Poésie à 2 mi-mots, Pierre Fourny, ALIS, 2000)
  7. Résultats des concours sur annales.org
  8. "Les chiens aboient ..." (1926)
  9. Dr Saint-Yves Ménard, « Eloge de Pierre Charlier », Bulletin de la Société Centrale de médecine Vétérinaire,‎ 1893, p. 553-587