Sigebert III

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Sigebert III
Solidus de Sigebert III frappé à Marseille. BNF, monnaies, médailles et antiques.
Solidus de Sigebert III frappé à Marseille. BNF, monnaies, médailles et antiques.
Titre
Roi des Francs d'Austrasie

(&&&&&&&&&&&0622217 ans, 0 mois et 12 jours)
Prédécesseur Dagobert Ier
Successeur Childebert III
Biographie
Titre complet Roi des Francs d'Austrasie
Dynastie Mérovingiens
Date de naissance 630
Date de décès
Père Dagobert Ier
Mère Ragnétrude
Conjoint Chimnechilde
Enfant(s) Bilhilde ou Blichilde
Dagobert II
Childebert III : adopté[1] ?

Sigebert III, également connu sous le nom de saint Sigisbert, roi d'Austrasie, (630- 1er février 656), est le fils aîné de Dagobert Ier et de Ragnétrude.

Biographie[modifier | modifier le code]

Baptême de Sigebert III. Jacobus De Voragine et enluminé par Richard De Montbaston, legenda aurea, 1348.

Sigebert fut baptisé en la cathédrale d'Orléans en présence de Dagobert, Eloi, Ega, Dadon, la reine Nanthilde, le trésorier royal Landégisèle ainsi que le référendaire Chadoin en tant que représentant de Burgondie. L'évêque Amand procéda au baptême et Caribert II parraina Sigebert en le tenant sur les fonts baptismaux. Lors de l'office, Amand récita le pater noster et Sigebert, âgé alors de neuf jours, aurait répondu Amen[2].
Sigebert, Ragnétrude et Anségisèle rejoignirent Metz où ils logèrent dans la villa de royale de Montigny.

Le royaume d'Austrasie avait été conquis en 613 par son grand-père Clotaire II avec le soutien des aristocrates austrasiens, et ces derniers avaient ensuite exigé un roi particulier, qui avait été Dagobert Ier, nommé roi dès sa majorité en 623. À la mort de Clotaire, Dagobert était devenu roi de Neustrie et de Bourgogne, réunifiant le royaume francs, et les nobles austrasiens demandèrent à nouveau un roi particulier, qui fut Sigebert III, nommé en 633. À la mort de Dagobert, la Neustrie passe à son frère cadet Clovis II, mais le pouvoir est détenu par le maire du palais Grimoald.

Radulf, un duc de Thuringe nommé par Dagobert en 633 se révolte et bat l'armée royale en 640 et se rend indépendant. Lors de cette expédition, Grimoald Ier, fils de Pépin de Landen, sauve la vie du roi et devient son ami. Ce dernier, après avoir fait éliminer le maire du palais en fonction, Otton, par un complice, devient à son tour maire du palais d'Austrasie. Il épousa très jeune Imnechilde (Chimnechilde). Après quelques années, ils n'eurent toujours pas d'enfants. Grimoald le persuada qu'il n'aurait pas d'héritier[3]. Sigebert laissa Grimoald choisir la personne à adopter comme étant son successeur sur le trône d'Austrasie, violant la pratique habituelle qui incombait au choix du conseil des Grands, leudes et évêques approuvé par les mérovingiens. Il parvint à convaincre le roi d'adopter son propre fils, habilement nommé Childebert. En 651, le roi apposa son sceau sur le décret qui faisait de Childebert son fils adoptif, qui avait alors quinze ans[4]. Cependant, cette qualité d'enfant adoptif est récemment remise en cause[1]. Plusieurs mois après, Imnechilde fut enceinte. Elle accoucha l'année suivante d'un fils nommé Dagobert. Le royaume d'Austrasie se retrouvant avec deux héritiers, les leudes réclamèrent au roi de décider sur sa succession. Sigebert déclara qu'il avait fait serment. Aucun évêque n'expliqua au roi que, en théologie, un serment allant contre les lois et l'honneur est invalide[5].

Il épouse Chimnechilde en 647. De cette union sont issus :

  • Bilhilde ou Blichilde (+assassinée en 675) qui épouse le roi Childéric II d'Austrasie son cousin ;
  • Dagobert II, roi Austrasie (652+679).

Sigebert est assassiné le 1er février 656, à l'âge de 26 ans, dans un complot. Ses restes, profanés à la Révolution, sont conservés à la cathédrale de Nancy, ville dont il est le saint patron.

Le maire du Palais Grimoald Ier se sentant menacé, à la mort du roi le 1er février 656, fit alors tondre en secret le jeune Dagobert, alors âgé de trois ans, dans une chambre du palais de Metz. Durant la nuit, ses serviteurs transportèrent l'enfant à Boulogne puis naviguèrent jusqu'à York. Ils remirent Dagobert aux mains du saint évêque Wilfrid pour qu'il le place dans un monastère[6]. Exilé en Irlande, celui-ci devint roi d'Austrasie de 676 à 679.

Saint Sigisbert et Nancy[modifier | modifier le code]

Bien que la ville de Nancy soit apparue postérieure au règne du roi austrasien, les ducs qui en avaient fait leur capitale honorèrent particulièrement le saint roi qui les avait précédés en Lorraine, et en firent le saint patron de la capitale ducale. De ce lien établi entre Nancy et saint Sigisbert subsistent de nombreuses traces. Outre l'usage du prénom par les illustres sculpteurs de la famille Adam, saint Sigisbert a donné son nom au lycée Notre-Dame Saint-Sigisbert, et est particulièrement honoré à la cathédrale de Nancy.

Saint Sigebert

Si la cathédrale de Nancy est consacrée à Notre-Dame de l'Annonciation, un culte particulier y est rendu à Saint Sigisbert, dont les reliques, qui étaient conservées à la cathédrale dans la niche du chœur et étaient restées intactes depuis mille ans, furent profanées à la révolution et remplacées, sous l'Empire, par une statue de la Vierge à l'Enfant de 1669 due à César Bagard. Quelques débris, dont une côte, furent pieusement sauvés et enfermés sous le Premier Empire dans un nouveau reliquaire en bois doré surmonté d'une couronne, rappelant la condition royale de Saint Sigisbert.

Une statue du saint roi orne la façade, une chapelle latérale - où est actuellement conservé le reliquaire - lui est dédiée, et les deux tableaux du chœur dépeignent l'un son couronnement, l'autre le souverain servant les pauvres. La chapelle absidiale de gauche est ornée d'un autre tableau de Saint Sigisbert représentant son apothéose.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b La qualité de fils adoptif pour Childebert a d'abord été remise en cause par Richard Gerberding qui considère qu'il n'est pas vraisemblable que Sigebert, âgé de 21 ans, ait craint de ne pouvoir avoir d'enfant, puis par Matthias Becher qui remarque qu'aucun texte contemporain ne dénie à Childebert la qualité de mérovingien. C'est seulement le Liber Historiae Francorum, soixante ans plus tard, qui le premier qualifie Childebert d'adoptif, mais dans un sens qui semble dire que son père adoptif est Grimoald. Pour plus de détail, voir l'article Childebert III l'Adopté.
  2. Maurice Bouvier-Ajam, Dagobert Roi des Francs, éditions Tallandier, coll. « Figures de proue »,‎ 2000, p. 185.
  3. Ivan Gobry, Pépin le bref, éditions Pygmalion, coll. « Histoire des rois de France », p. 14.
  4. Ivan Gobry, Ibid., p. 15.
  5. Ivan Gobry, Ibid., p. 16.
  6. Ivan Gobry, Ibid., p. 16-17.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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