Louis IX de France

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Louis IX
Saint Louis
Louis IX, dit Saint Louis, Roi de France, Émile Signol, 1839, Musée du Château de Versailles.
Louis IX, dit Saint Louis, Roi de France, Émile Signol, 1839, Musée du Château de Versailles.
Titre
Roi de France

&&&&&&&&&&01599643 ans, 9 mois et 17 jours
Couronnement ,
en la cathédrale de Reims
Prédécesseur Louis VIII
Successeur Philippe III
Biographie
Dynastie Capétiens
Nom de naissance Louis de France
Date de naissance
Lieu de naissance à Poissy,
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Date de décès (à 56 ans)
Lieu de décès à Tunis,
Tunisie (Hafsides)
Père Louis VIII de France
Mère Blanche de Castille
Conjoint Marguerite de Provence
Enfant(s) Blanche de France
Isabelle de France
Louis de France
Philippe III Red crown.png
Jean de France
Jean-Tristan de France
Pierre de France
Blanche de France
Marguerite de France
Robert de France
Agnès de France
Religion Catholicisme
Résidence Paris
Vincennes

Louis IX de France Louis IX de France
Rois de France

Louis IX, plus connu sous le nom de Saint Louis[1] depuis sa canonisation par l'Église catholique en 1297, est très probablement né à Poissy, le , et mort à Tunis le . Considéré comme un saint de son vivant, il est le 44e roi de France, pays sur lequel il règne pendant plus de 43 ans. Neuvième roi de France issu de la dynastie des Capétiens directs, il est le cinquième enfant et quatrième fils du roi Louis VIII, dit « Louis le Lion » et de la reine Blanche de Castille, de laquelle il reçoit une éducation très stricte et très pieuse durant toute son enfance. Aîné des membres survivants de sa fratrie, il hérite de la couronne à la mort de son père, alors qu'il n'est âgé que de douze ans. Il est alors sacré le en la cathédrale de Reims, mais c'est la reine mère qui, conformément au testament de Louis VIII, exerce la régence du royaume jusqu'à la majorité du nouveau monarque.

Devenu adulte, Louis IX mène un règne inspiré des valeurs du christianisme qui contribue à fonder l’idée que les pouvoirs spirituel et politique peuvent être incarnés par un seul homme. Il atténue également les excès de la féodalité au profit de la notion de bien commun et développe la justice royale où le souverain apparaît comme « le justicier suprême »[2]. Il se soucie également de l'extension du royaume auquel il rattache notamment les comtés de Blois, de Chartres et de Sancerre ou encore la Normandie, le Maine, la Provence et le Languedoc. Mais Louis IX ne se contente pas de régler les affaires intérieures : réputé juste et diplomate, il est régulièrement sollicité par les différentes monarchies d'Europe qui font appel à lui en tant que juge.

Louis IX est aussi un roi réformateur qui veut léguer un royaume dont les sujets seront soumis à un pouvoir juste ; il renouvelle alors la « Quarantaine-le-roi », introduit dans le pays des baillis et des prévôts, interdit l'ordalie et institue la supplicatio, consistant à pouvoir faire appel au roi afin de solliciter l'amendement d'un jugement. Offrant aux Français une monnaie unique, il est l'instigateur des institutions qui deviendront le Parlement et la Cour des Comptes. Très pieux et souhaitant conduire ses sujets vers le Salut, il décide de punir le blasphème, les jeux d'argent, les prêts à intérêt et la prostitution, se procure les reliques du Christ pour lesquelles il fait construire la Sainte-Chapelle et tente de convertir les Juifs de France.

Conformément à son vœu prononcé à la suite d'une grave maladie, puis confirmé à la suite d'une guérison miraculeuse, Saint Louis part se battre avec ses frères Robert d'Artois, Alphonse de Poitiers et Charles d'Anjou, tout d'abord en Égypte lors de la Septième croisade, puis en Tunisie lors de la Huitième croisade, au cours de laquelle il meurt de la dysenterie. Aujourd'hui vu comme un monarque ayant offert à la France un renouveau économique, intellectuel et artistique, il est considéré comme l'un des trois grands Capétiens directs avec son grand-père Philippe Auguste et son petit-fils Philippe IV le Bel.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Le Sacre de saint Louis, Charles Amédée Philippe van Loo, XVIIIe siècle.

Enfance[modifier | modifier le code]

Né le sous le règne de son grand-père Philippe Auguste[3], dans le château de Poissy, bien que quelques historiens situent sa naissance au château de La Neuville-en-Hez[4], le futur Louis IX est le cinquième enfant et quatrième fils du futur roi Louis VIII, dit « le Lion », et de la princesse Blanche de Castille. Il ne pourra en effet régner qu'après la mort précoce de ses trois frères aînés : Philippe, Alphonse et Jean. Immédiatement après sa naissance, il est baptisé en la collégiale Notre-Dame de Poissy ; ce lieu demeurera cher au roi, qui aimera signer ses lettres du nom de « Louis de Poissy », ou encore, « Louis, seigneur de Poissy »[5],[6],[7].

Sa mère, tendre et attentionnée, nourrissant le petit prince au sein tout en veillant à ce qu'aucune autre femme ne s'en occupe[8], apporte également la plus grande vigilance aux progrès intellectuels du futur roi ainsi qu'aux principes d'une piété rigoureuse et d'une foi inébranlable. Responsable de son éducation, Blanche ne laisse approcher de lui que les hommes qu'elle considère comme estimables par leur vertu. Très pieuse, elle répète souvent à son fils : « J'ai pour vous toute la tendresse d'une mère, j’aimerais mieux cependant vous voir mort à mes pieds, que souillé d’un péché mortel »[9],[10].

Âgé de neuf ans lorsque son grand-père Philippe Auguste meurt, le , et de douze ans à la mort de son père Louis VIII, le , Louis IX est sacré roi le en la cathédrale Notre-Dame de Reims par l'évêque de Soissons, Jacques de Bazoches[11]. La régence est alors assurée par sa mère Blanche de Castille. Elle porte le titre de « baillistre » conformément au testament de Louis VIII, et reste entourée des conseillers expérimentés des deux règnes précédents, le frère Guérin, chancelier de France et Barthélemy de Roye, Grand chambrier de France[12].

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Révolte des barons[modifier | modifier le code]

Saint Louis remet la régence à sa mère, Joseph-Marie Vien, Chapelle Saint-Louis de l'École militaire, Paris, XVIIIe siècle.
Raymond VII de Toulouse se soumettant au roi Louis IX de France, 1296.
Le château des ducs d'Anjou, édifié à Angers au XIIIe siècle, à la demande du roi Louis IX.

Dès l'automne 1226, une première coalition féodale s'oppose à la mise en place d'une régence exercée par une femme, qui plus est étrangère. Elle se singularise par d'inquiétantes abstentions lors du sacre de Louis IX, alors que les principaux vassaux avaient promis au roi Louis VIII de considérer son fils comme leur suzerain[13]. Elle échoue dès le printemps 1227, mais elle se reconstitue presque aussitôt. La nomination du cardinal italien Romain Frangipani comme conseiller par Blanche de Castille fournit un motif supplémentaire aux seigneurs pour se révolter : ils ne supportent plus d'être conduits par une reine castillane et un ministre italien[2]. Enfin, les grands vassaux veulent se venger de leur défaite et de l’humiliation qu'ils ont subit lors de la bataille de Bouvines[14].

La révolte contre la régente et le jeune roi est alors organisée par cinq seigneurs. Philippe Hurepel, comte de Clermont, de Boulogne, d'Aumale et de Dammartin mais également fils de Philippe Auguste et oncle de Louis IX, veut assurer lui-même la régence. Pierre Mauclerc, duc de Bretagne, préfère reconnaître le roi d’Angleterre comme souverain et veut fortifier ses terres[15]. Hugues X de Lusignan, comte de la Marche, est poussé à la révolte à la demande de sa femme Isabelle d'Angoulême, veuve de Jean sans Terre. Raymond VII, comte de Toulouse, veut se venger sur le fils de son ancien ennemi Louis VIII. Enfin, Thibaud IV, comte de Champagne, est également entraîné dans la rébellion motivé par la vengeance.

Les seigneurs ligueurs présentent leurs doléances à la reine mère. Blanche cède sur les points qui ne remettent pas en cause son autorité, mais cette politique ne trompe pas les ligués, qui essaient à plusieurs reprises de kidnapper le roi. En 1229, revenant d'Orléans et entrant dans la capitale avec sa mère Blanche, il est encerclé par des confédérés. Les hommes de sa suite le défendent ce qui lui laissent le temps de se réfugier dans la tour de Montlhéry. Bientôt la nouvelle du danger qu'il court parvient à Paris, et tous les habitants, ayant pris les armes, volent à son secours et le ramènent en triomphe[16].

Après avoir maté la rébellion et les barons agités, la régente met un terme définitif à la croisade des albigeois et achève la conquête du Languedoc, initiée par Louis VIII en 1209. Elle contraint Raymond VII de Toulouse à signer le traité de Paris, le  : il accepte l’annexion au domaine royal des sénéchaussées de Nîmes-Beaucaire et de Béziers-Carcassonne et accorde en mariage Jeanne, sa fille et unique héritière, à Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX.

Tour à tour soutenus puis abandonnés par le comte de Champagne, les principaux ligués tournent leurs armes contre lui, mais Blanche envoie le roi combattre à ses côtés. Ce dernier gagne la bataille[12]. Puis les révoltés, d'abord mis en échec par les Parisiens qui prennent sous leur protection le jeune roi, vaincus ensuite dans le Perche en janvier 1229, privés de l’appui du comte de Toulouse et du comte de Champagne, reprennent les armes en 1230 appuyés par le roi Henri III d'Angleterre, qui est accueilli le 3 mai, à Saint-Malo, par Pierre Mauclerc. Cependant, en septembre, la soumission de Philippe Hurepel de Clermont, comprenant rapidement qu'il n'avait rien à gagner dans cet affrontement envers son royal neveu[17], et le retour en Angleterre du roi Henri III en octobre, mettent fin à la révolte. Une paix avec l’Angleterre et la Bretagne s'ensuit, consolidée par les trêves de juillet 1231 qui laissent à Louis IX les villes de Bellême et d'Angers, où il fera notamment édifier le futur château des ducs d'Anjou. Ces trêves sont confirmées par les accords de Paris en novembre 1234 avec Pierre Mauclerc et en août 1235 avec Henri III[2].

Fiançailles et mariage[modifier | modifier le code]

Mariage de Louis et Marguerite. St Louis pratiquant l'abstinence. G. de St-Pathus, Vie et miracles de saint Louis, 1330-1340.
Saint Louis et sa femme Marguerite de Provence, interrompus par Blanche de Castille, Eugène Devéria, 1839, Coll. BnF, Paris.

Louis IX proclamé majeur en 1234, la reine Blanche, suivant l'avis de ses conseillers[18], décide qu'il est temps de le marier et envoie un groupe de religieux à la recherche de princesses nubiles qui doivent, selon Guy Breton, remplir deux conditions : celles d'être vertueuses et de n’être pas trop jolies. Blanche de Castille souhaite en effet que le jeune roi ne s’attache pas excessivement à sa nouvelle épouse et qu'il ne tombe pas, à cause de sa trop grande beauté potentielle, dans le péché. La reine mère craint également qu'une jolie femme puisse exercer une trop grande influence sur le roi[19].

Bien que la trouvant fort vertueuse mais trop ravissante, Blanche décide que Marguerite, aînée des quatre filles de Raymond Bérenger IV de Provence, sera sa nouvelle bru et nomme comme principaux négociateurs du contrat de mariage l’archevêque de Sens, Gauthier le Cornu, et Jean de Nesle, l'un des nobles les plus attachés au roi ; selon le chroniqueur Philippe Mouskes, Maurice de Sully, archevêque de Bourges, se serait également chargé des premières démarches. En 1233, le roi Louis IX ordonne au chevalier Gilles de Flagy, en mission à Toulouse, de passer par la cour comtale de Provence, probablement afin, selon Gérard Sivéry, de se renseigner sur la jeune princesse dont les rumeurs louent sa perfection[20].

Le , à Sisteron, le comte et la comtesse de Provence reconnaissent devoir une dot de 8 000 marcs d'argent, à payer avant le , et donnent en gages le château de Tarascon et ses revenus au le roi de France. Le , Raimond Bérenger complète la dot de 2 000 marcs supplémentaires en désignant Raimond Audibert, archevêque d'Aix, garant envers son futur gendre ; le comte cède alors les revenus du château d'Aix ainsi que la baillie d'Aix que détenait Guillaume de Cottignac. Mais la somme considérable de 10 000 marcs d'argent dépasse les capacité financière du comte qui n'en paiera en fait que le cinquième[20].

Le , le mariage de Louis et Marguerite est célébré en la cathédrale de Sens, par Mgr Gauthier le Cornu[21].

Selon Guillaume de Saint-Pathus, confesseur de la reine Marguerite, Saint Louis passe ses trois premières nuits de jeune marié à prier, apprenant notamment à son épouse comment prier ensemble. Puis enfin, le quatrième soir, Louis reçoit de sa mère Blanche l’autorisation de remplir son devoir conjugal. Cependant, la reine mère veille à la sainteté de son fils et, lors de la nuit de noces, lorsque les choses lui semblent terminées, elle entre dans la chambre et, sans un mot pour Marguerite, ordonne au roi d’aller finir la nuit, seul, dans une pièce voisine[22] ; de même que, toute sa vie, ce n'est qu'en se cachant de sa mère que le roi peut retrouver sa femme dans l'intimité[23].

Fin de la « Première Guerre de Cent Ans »[modifier | modifier le code]

Bataille de Taillebourg[modifier | modifier le code]

La bataille de Taillebourg, Histoire de l'armée française, Paul Lehugeur, XIXe siècle.

Le Poitou a une longue tradition d'autonomie au sein de l'Aquitaine lorsqu'il est rattaché au domaine anglo-angevin, lors du mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri II Plantagenêt. Rattaché à la Couronne à la paix de Chinon en 1214, il est donné en apanage par Louis VIII le Lion à son fils cadet Alphonse de France. Celui-ci a 6 ans à la mort de son père, aussi en 1226, la province est placée sous la régence de sa mère Blanche de Castille. Alphonse n’est adoubé qu'à l'âge de 18 ans, par son royal frère, et ne prend possession de son fief qu'en 1240.

Alors que le conflit entre Capétiens et Plantagenêt, qui sera plus tard appelé « Première Guerre de Cent Ans » par les historiens, dure déjà depuis plus de 83 ans, un ultime soulèvement a lieu en 1242 sous l'influence du baron poitevin Hugues X de Lusignan, ayant rendu hommage, comme les autres seigneurs de la province, à Alphonse de Poitiers qui détient le comté de la Marche en fief et qu'il veut récupérer. Appuyé par son parent, le roi Henri III d'Angleterre, qui saute sur l'occasion de tourmenter la dynastie capétienne et met ainsi fin à la trêve de 1238, Hugues X et les conspirateurs reçoivent le soutien du comte Raymond VII de Toulouse. Ce dernier prend ainsi sa revanche sur le traité de Paris de 1229 qui l'a rendu dépendant du roi Louis IX[24] et a mis fin à la croisade des Albigeois.

Apprenant l'existence de ce complot, le roi Louis IX rassemble son armée féodale à Chinon, le , une grande partie de ses vassaux y répond ; il mobilise ainsi près de 30 000 piétons, archers et cavaliers, et, le 13 mai suivant, le roi Henri III d'Angleterre débarque à Royan, au nord de l'actuelle Gironde. C'est le début de la guerre de Saintonge. Parcourant le Poitou et la Saintonge, Louis s'empare de plusieurs châteaux rebelles ; Fontenay-le-Comte, Vouvant, Niort ou encore Saint-Jean-d'Angély. Le , l’Ost du roi de France, accompagné de son frère Alphonse de Poitiers, vient à la rencontre des Anglo-Poitevins en révolte, en le lieu-dit de Taillebourg, qui dispose d’un pont passant sur la Charente ; l’endroit est stratégique pour l’époque, ceci expliquant la présence d’une forteresse. Pendant deux jours, les deux armées s’observent sans s’affronter. Mais, le 21 juillet, le roi Louis « le Saint », chevauchant à sa tête, targe et masse d’arme au poing, la cavalerie française bat les Anglo-Poitevins sur le pont de Taillebourg et les force ainsi à rapidement se replier. Deux jours plus tard, le 23 juillet, l'armée royale française inflige aux Anglais et à leurs alliés une sévère défaite à Saintes où elle y déloge le roi Henri III d'Angleterre qui accepte une trêve de cinq ans à Pons, le . En 1243, c'est le comte Raymond VII de Toulouse qui se soumet de nouveau au roi Louis IX en lui rendant l'hommage féodal[25], conformément au traité de paix signé le à Lorris, dans lequel il renonce à Narbonne et Albi et promet de faire la chasse aux cathares[26].

« Le roi d'Angleterre et le comte de la Marche vinrent là pour livrer bataille au roi devant un château que l'on appelle Taillebourg, qui est bâti sur une mauvaise rivière que l'on appelle Charente, à un endroit où l'on ne peut passer que sur un pont de pierre très étroit. Aussitôt que le roi arriva à Taillebourg et que les armées furent en vue l'une de l'autre, nos gens, qui avaient le château de leur côté, firent tout ce qu'ils purent à grand-peine et passèrent en prenant de grands risques avec des bateaux et sur des ponts et attaquèrent les Anglais, et l'engagement commença vif et rude. Quand le roi vit cela, il s'exposa avec les autres ; car, pour un homme que le roi avait quand il passa du côté des Anglais, les Anglais en avaient mille. Toujours est-il, comme Dieu le voulut, que lorsque les Anglais virent le roi passer la rivière, ils perdirent courage et se jetèrent dans la cité de Saintes »

— Jean de Joinville, Vie de Saint Louis

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Selon Jean Chapelot, directeur de recherches au CNRS, la bataille de Taillebourg se résumerait, en fait, à une charge massive des chevaliers français, qui auraient déboulé du château, obligeant leurs ennemis anglais à fuir vers Saintes, où aurait eu lieu la véritable bataille. Plusieurs centaines de chevaliers auraient alors traversé la Charente sur les ponts de différents bateaux, vraisemblablement au niveau de la cale actuelle de Port-d'Envaux, permettant ainsi de prendre les Anglais par derrière, lorsque ceux-ci tentaient de repousser Saint Louis sur l'étroit pont de Taillebourg. Si, selon lui, il n'y aurait pas eu de bataille, le franchissement du pont de Taillebourg aurait été fondamental pour la véritable bataille ayant eu lieu sous les murs de Saintes, signant la défaite des Anglais[27].

Traité de paix[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Traité de Paris (1259).

Le 28 mai 1258, le roi d'Angleterre Henri III Plantagenêt et le roi de France Louis IX signent le traité de Paris, également appelé traité d'Abbeville ; il est d'abord ratifié à Londres par Henri III, le [28], puis par Saint Louis, le 4 décembre 1259, date à laquelle l'hommage du roi Henri III lui est rendu[29],[30]. Ce traité met fin aux batailles successives que les historiens appellent parfois la « Première Guerre de Cent Ans » ; ce conflit entre la France et l'Angleterre avait, en effet, débuté plus d'un siècle auparavant, en 1152, avec le mariage de la reine de France Aliénor d'Aquitaine et du futur roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt[31].

En signant le traité, Louis IX rétrocède à Henri III la suzeraineté sur le Limousin, le Périgord, la Guyenne, le Quercy, l'Agenais et la Saintonge au sud de la Charente. Mais le roi d'Angleterre s'engage, pour ces possessions, à rendre au roi de France l'hommage féodal dû au suzerain et devient ainsi son vassal en tant que duc d'Aquitaine[32]. Et, par ailleurs, le roi de France conserve la Normandie et les pays de Loire, c'est-à-dire la Touraine, l'Anjou, le Poitou et le Maine, qui avaient été confisquées par son aïeul Philippe Auguste au père de Henri III, le roi Jean sans Terre[33].

Par ce traité équitable, composé de concessions réciproques et appuyé par les victoires des armées françaises à Saintes et Taillebourg, le roi de France apparaît comme le monarque le plus puissant d'Occident[34].

Le roi justicier et diplomate[modifier | modifier le code]

Le conflit entre Frédéric II et Innocent IV[modifier | modifier le code]

Entrevue de Saint Louis et du pape Innocent IV à Lyon, Louis Jean François Lagrenée, XVIIIe siècle.

Alors que deux des plus grandes puissances d'Occident, l'empereur Frédéric II du Saint-Empire et le pape Innocent IV, sont en guerre, Saint Louis garde une stricte neutralité tout en tentant d’apaiser le conflit ; il refuse ainsi de prendre les armes contre l'empereur alors que le pape invite toute la chrétienté à la croisade contre celui que Grégoire IX surnommait l'« Antéchrist »[35].

En 1244, chassé par l'empereur, Innocent IV est obligé de fuir Rome et trouve son salut à Lyon, qui est alors à la frontière du royaume de France, où il arrive le [36],[N 1]. En novembre 1245, Louis IX se rend en personne à Cluny à la rencontre du pape et essaie de trouver quelques solutions pour mettre fin à ce conflit interminable qui prend une tournure de plus en plus violente[37]. Mais, en 1247, l'empereur, résolu à soumettre définitivement son adversaire, se met en marche pour assiéger Lyon où le pape réside depuis son arrivée. Pris de peur, Innocent IV envoie deux cardinaux demander le secours du roi de France qui, en tant que roi « Très chrétien » et « Fils aîné de l'Église », ne peut tolérer cette agression directe contre la personne du pape. C'est l'unique fois où le roi sort de sa neutralité, il fait savoir au pape qu'il se met en route avec son ost pour contrecarrer le projet de l'empereur, lequel rebrousse chemin en apprenant la nouvelle, n'osant pas affronter le roi de France qui est alors le souverain le plus puissant d'Occident. Le conflit prend finalement fin à la mort de Frédéric II, le [38].

L'affaire des Flandres[modifier | modifier le code]

Marguerite II de Flandre, est en guerre avec son fils, Jean d'Avesnes, qui est issu d'un premier mariage avec Bouchard d'Avesnes et qu'elle désavantage au bénéfice de ses fils issus de son second mariage avec Guillaume II de Dampierre. Les Dampierre et les Avesnes se font la guerre durant plusieurs années afin de savoir qui héritera des comtés. Enfin, en 1246, Louis IX, accompagné du légat pontifical, dans le but de pacifier son royaume avant son départ pour la croisade, ménage un accord entre les deux partis ; le Hainaut appartient maintenant aux Avesnes et la Flandre aux Dampierre. Mais, après avoir tenté, en vain, de s'emparer des îles de Zélande, en 1253, leur mère, la comtesse Marguerite II de Flandre, fait appel au frère du roi, Charles d'Anjou, à qui elle promet le Hainaut, ignorant les Avesnes, en échange de son aide et qui accepte. Revenu de sa croisade en Syrie, Louis IX prend très mal l'intervention de son frère Charles, contredisant l'accord qu'il avait signé en 1246.

Cependant, par un traité du , connu sous le nom de « Dit de Péronne », le roi et la comtesse Marguerite confirment l'accord signé en 1246. Néanmoins, pour tenir compte de la donation du comté du Hainaut à Charles d'Anjou, Jean d'Avesnes doit rendre l'hommage à ce dernier[39]

Le Dit d'Amiens[modifier | modifier le code]

Saint Louis médiateur entre le roi d'Angleterre et ses barons, Georges Rouget, 1820.

En 1258, l'influence des étrangers à la cour et le montant des impôts exigé par le roi Henri III d'Angleterre provoquent une révolte chez les magnats anglais — dirigés par le comte Simon V de Montfort — qui le contraignent à accepter les Provisions d'Oxford, constitution plaçant essentiellement le pouvoir royal aux mains d'un conseil composé de quinze seigneurs, puis les Provisions de Westminster, complétant les premières. Ce document passe par une longue série de révocations et de rétablissements et, en 1263, alors que le pays est au bord de la guerre civile, les deux partis conviennent de soumettre la question de l'arbitrage au roi de France, réputé pour sa piété et sa diplomatie. Le roi Saint Louis étant un ferme partisan de la prérogative royale, il rend en la faveur du roi Henri III d'Angleterre le Dit d'Amiens, daté du [40].

Cependant, les barons anglais refusent de s'incliner. D'abord vainqueurs, lors de la Bataille de Lewes, le , ils sont ensuite écrasés - lors de la Bataille d'Evesham, le - par les troupes du roi d'Angleterre, commandées par son fils Édouard. La rébellion se termine en fin d'année 1266.

Les réformes et affaires intérieures[modifier | modifier le code]

Saint Louis rendant la justice sous le chêne de Vincennes, Pierre-Narcisse Guérin, 1816.

Durant le temps qu'il ne passe pas en dehors du royaume, Louis IX ne ménage pas sa peine dans les affaires intérieures ; il veut laisser un royaume pacifié et soumis à un pouvoir juste.

En octobre 1245, il renouvelle la « Quarantaine-le-roi », ordonnance instituée par son grand-père Philippe Auguste, et préfigurant les négociations diplomatiques avant les hostilités[41]. Dans cette ordonnance, le roi ordonne une trêve d'au moins quarante jours à compter de la date à laquelle est survenu le sujet de discorde (injures, meurtre...) entre deux parties, afin de limiter les guerres privées. Ainsi, toute vengeance est proscrite jusqu'à l'expiration du délai, permettant un apaisement des tensions. De plus, les justiciables peuvent dorénavant en appeler à la justice royale qui permet d'arrêter et punir les meurtriers ou agresseurs. Cependant, si la période de quarante jours n'est pas respectée par l'un des protagonistes, ce dernier, auteur d'un crime de lèse-majesté, est considéré comme un traître et doit ainsi être puni de mort[42].

En 1247, il dépêche des enquêteurs royaux afin de l'instruire de l'état du pays à charge pour eux de réprimer directement dans les domaines de la justice, de l'administration, de la fiscalité et de l'armée. Baillis et prévôts sont également introduits en France, ces derniers cessent alors d’être des inspecteurs itinérants et deviennent des administrateurs nommés et payés par le roi qui exercent leurs fonctions dans une vingtaine de circonscriptions distinctes - les bailliages, les sénéchaussées dans le Centre-Ouest et le Languedoc, et le prévôté à Paris - entre lesquelles est désormais divisé l'immense Royaume de France. Recrutés dans la petite noblesse locale ou dans la bourgeoisie - tel Étienne Boileau, l'un des premiers prévôts de Paris, qui sera notamment chargé de rédiger le Livre des métiers en 1268[43] - ces officiers se constituent en dynasties, dont la plus célèbre est celle des Beaumanoir. Ces officiers sont alors contraints de respecter des règles strictes de gestion, fixées par l’ordonnance de 1254. Les officiers royaux sont eux aussi surveillés par les enquêteurs qui ont pour mission de fixer les limites de chacun et de transmettre par écrit toutes les plaintes à la cour du roi, qui commence à se diviser en sections précises : le Conseil, qui traite des affaires politiques ; la Curia in parliamento, qui s’élève alors au rang de parlement et la Curia in compotis, ancêtre de la Cour des comptes, qu'il installe au Temple[2].

Dans le but de conduire ses sujets au salut, il choisit de punir le blasphème, interdit les jeux d'argent et les prêts à intérêt[44]. En 1254, dans une ordonnance, Louis IX interdit également la prostitution ; les prostituées sont expulsées des villes et tous leurs biens sont saisis, jusqu'aux vêtements, de même que les proxénètes sont punis par des amendes équivalentes à une année de loyer. En 1256, une nouvelle ordonnance du roi revient sur l'interdiction stricte de la prostitution et les personnes la pratiquant peuvent désormais l'exercer, mais hors des murs des cités, notamment de l'enceinte de Philippe Auguste, et loin des lieux de culte[45].

Gros tournois sous Louis IX.

En 1258, le roi Louis IX, toujours à travers une ordonnance royale, abolit le serment purgatoire ainsi que l'ordalie - lors desquels on attendait une réponse divine - dans tout le royaume et les remplace par la preuve testimoniale[46],[47]. Il réaffirme alors son rôle de législateur et de « Juge suprême ». Pars ailleurs, en 1270, sa nouvelle ordonnance institue la supplicatio, consistant à pouvoir critiquer un jugement et permettant ainsi à celui qui se prétend mal jugé d'en appeler au roi pour solliciter un amendement du jugement[48].

« Il advint maintes fois qu'en été, il allait s’asseoir au bois de Vincennes après sa messe, s’adossait à un chêne et nous faisait asseoir autour de lui. Et tous ceux qui avaient un problème venaient lui parler sans en être empêchés par un huissier ou quelqu'un d’autre. »

— Jean de Joinville, Vie de Saint Louis

Le roi Louis IX décrète, entre 1263 et 1266, que sa monnaie, au contraire de celle des seigneurs, aurait cours dans tout le royaume de France. La création d'une grosse monnaie d'argent, le gros tournois valant douze deniers, assure le succès de cette initiative et lui vaut une grande popularité auprès du peuple[49]. Le roi conduit une politique fiscal qui lui permet de lever plusieurs tailles et décimes sur le clergé qu'il avait récemment défendu contre les excès de la fiscalité pontificale[50].

L'extension du domaine royal[modifier | modifier le code]

Saint Louis et un page, El Greco, 1592-1595.

S’étant affranchi de la tutelle maternelle en 1242, le roi Louis IX accélère sa politique d’extension des limites du royaume. Il fait d'abord face au soulèvement cathare en Languedoc en 1240 ainsi qu'à l’intervention anglaise que lui adresse Hugues de Lusignan, le . C’est ainsi qu'en 1242, il contraint la noblesse poitevine à lui rendre hommage ; après quoi, les barons ne contestent plus son autorité[44]. Vaincu à Taillebourg puis à Saintes, le , le roi Henri III d’Angleterre se réfugie à Blaye, tandis que Raimond VII signe la paix de Lorris, qui confirme, en janvier 1242, les clauses du traité de Paris de 1229 et permet aux troupes royales de faire tomber les dernières places albigeoises : Montségur en 1244 et Quéribus en 1245. À partir de 1256, Louis IX place sous sa dépendance étroite son gendre le comte Thibaud V de Champagne, auquel il rachète ses droits sur les comté de Blois, de Chartres, de Châteaudun et de Sancerre afin d’étendre le domaine royal – qu'il ampute en revanche du Poitou et de l’Anjou pour constituer les apanages de ses frères Alphonse et Charles, conformément au testament de leur père Louis VIII. Reconnaissant sa puissance dans le traité de Paris du 28 mai 1258, le roi d’Angleterre Henri III consent à redevenir l’homme lige du roi de France ainsi qu'à lui céder définitivement la Normandie, le Maine, l'Anjou, la Touraine et le Poitou en échange de la restitution de ses fiefs et domaines à Limoges, Cahors et Périgueux, et de l’expectative des biens que possède Alphonse de Poitiers en Agenais et en Saintonge.

Statue de Saint Louis par Albert Patrisse, Poissy.

Enfin, par le traité de Corbeil du , Louis IX abandonne sa suzeraineté sur Barcelone et le Roussillon. En échange, Jacques Ier d'Aragon renonce à ses droits sur la Provence et le Languedoc. Pour sceller ce traité, Louis IX marie sa fille Blanche avec l'infant de Castille, Ferdinand de la Cerda, et Jacques Ier d'Aragon marie la sienne, l'infante Isabelle, avec le fils de Louis IX, le futur Philippe III[2].

Le roi bâtisseur[modifier | modifier le code]

Saint Louis est un roi bâtisseur qui fait construire des édifices militaires, des bâtiments civils mais aussi et surtout de nombreux établissements religieux. On sait notamment que le roi visite personnellement les chantiers pour contrôler leur déroulement, prend une part active dans l'ordonnancement des édifices et aide parfois les ouvriers[51].

Dans les premières années de son règne, entre 1228 et 1235, le jeune roi fonde l'abbaye de Royaumont à Asnières-sur-Oise[52] - conformément au vœu de son père Louis VIII de voir l'édification d'un monastère dédié à la Vierge et affilié à Saint-Victor de Paris - puis en 1241, c'est sa mère, Blanche de Castille, alors sa régente, qui fait édifier l'abbaye de Maubuisson ainsi que celle du Lys en 1244[53]. De 1242 à 1254, le roi fait édifier la Tour de Constance sur l'ancien emplacement de la Tour Matafère auprès de laquelle il fera construire les remparts d'Aigues-Mortes en 1272[54]. Des travaux de grande ampleur sont menés de 1231 à 1281 en la basilique Saint-Denis ; l'église présentant une nef carolingienne vétuste, le roi et sa mère, aidés de l'abbé Eudes Clément, entreprennent la reconstruction de la nef et d’un vaste transept, ainsi que le rehaussement du chœur de Suger et la reconstruction des deux tours de la façade, soit le quasi rebâtissage de l'église[55]. Le nouvel ensemble sépulcral sera ensuite inauguré par le roi en 1267. Sous son règne sont aussi construites les cathédrales d'Amiens, de Rouen, de Beauvais et d'Auxerre ainsi que la Sainte-Chapelle de Paris et la Sainte-Chapelle de Saint-Louis à Saint-Germain-en-Laye[56]. En 1253, Robert de Sorbon, chapelain et théologien du roi Louis IX, connaissant les difficultés qu'éprouvent les écoliers sans fortune pour parvenir au grade de docteur, fonde le Collège de Sorbonne - ancêtre de la Sorbonne. Souhaitant participer à ce projet, le roi achète et fait don au collège d'une maison située devant le palais des Thermes en 1256, et, en 1258, de deux autres maisons, l'une située rue des Deux-Portes et l'autre rue des Maçons[57],[58]. En 1260, il fonde l'hospice des Quinze-Vingts dans le but de recueillir les aveugles de Paris en détresse ainsi que les Croisés ayant eu les yeux crevés lors de la Septième croisade[59],[60].

Le roi fonde également de nombreux couvents et églises, châteaux - tels que les châteaux de Tours et d'Angers - ou encore les hôtels-Dieu de Compiègne et de Pontoise[61].

L’influence de l’Église[modifier | modifier le code]

La Sainte-Chapelle et les reliques du Christ[modifier | modifier le code]

L'acquisition des Saintes Reliques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Reliques de la Sainte-Chapelle.
Saint Louis recevant la couronne d'épines des mains de Jésus, Simon Vouet, 1639, église Saint-Paul-Saint-Louis, Paris.

Lors du siège de Constantinople en 1204, pendant de la Quatrième croisade, les chevaliers occidentaux et Vénitiens dévalisent les palais, mais pillent aussi les églises. Leur butin est en grande partie mis sur le marché et monnayé contre de l'argent, au profit personnel de celui qui est entré en possession de tel ou tel objet précieux ou relique ; il n'y a aucun partage entre les Croisés. Baudouin VI de Hainaut s'accapare tout ce qu'il peut trouver dans le palais de Boucoléon, dont la Vraie Croix et la Sainte Couronne. Ces insignes reliques ne sont pas vendus dans un premier temps, mais demeurent au domicile de l'empereur et se transmettent à ses successeurs[62]. En 1237, le dernier empereur latin de Constantinople Baudouin II de Courtenay arrive en France dans le cadre d'un voyage européen ayant pour but de trouver des alliés pour l'aider à affronter les Bulgares qui assiègent Constantinople[63]. Afin de financer la dépense de son empire, Baudouin met en gage la Sainte Couronne en septembre 1238, à Nicolo Quirino, un marchand vénitien proche du doge de Venise. Il est prévu que le marchand devienne propriétaire de la relique si le gage n'est pas remboursé dans les quatre mois[64].

Peu enclin à l'envoi d'une aide militaire à Baudouin, Saint Louis se montre en revanche intéressé par l'achat de la Sainte Couronne. Après une série de pourparlers afin de vérifier l'authenticité de la relique, il acquiert la Sainte Couronne pour 135 000 livres tournois[62], plus de la moitié du revenu annuel du domaine royal, qui s'élève alors à 235 285 livres[65]. Sous la conduite des prêcheurs dominicains Jacques et André de Longjumeau, la relique prend la route de la France en 1239. Le 10 août 1239, elle fait une entrée solennelle à Villeneuve-l'Archevêque[66], puis le cortège s'arrête à Sens le jour suivant. Le roi, son frère Robert Ier d'Artois, évêque du Puy, leur mère Blanche de Castille et l'archevêque de Sens, Gauthier le Cornu, vont à la rencontre du cortège et vérifient les sceaux, qui garantissent l'authenticité de la relique. Le roi dépose le sien. Ensuite le voyage se poursuit par voie fluviale. Le 18 août, la Sainte-Couronne entre à Paris, sous la présence d'une grande foule de spectateurs et l'ensemble du clergé de la capitale. Lors d'une grande cérémonie qui se tient le lendemain, la relique est déposée en la chapelle Saint-Nicolas du palais de la Cité. Deux ans plus tard, en 1241, le roi poursuit son ambition en se portant acquéreur d'un large morceau de la Vraie Croix et de sept autres reliques de la Passion du Christ, dont le Saint Sang, un fragment de la pierre du Saint-Sépulcre ou encore le Mandylion[67]. L'année suivante, ce sont la pointe en fer de la Sainte Lance et un morceau de la Sainte Éponge qui sont ajoutées à la « Sainte Collection »[62].

En tout, vingt-deux reliques seront cédés au roi de France par l'empereur Baudouin : on peut distinguer, en plus de celles déjà citées ; le morceau d'une couche de l'enfant Jésus, le sang issu d'une image du Christ, du lait de la Vierge Marie, une croix victorieuse, un morceau du Saint-Suaire, la serviette qui a séché les pieds du Christ, le bâton de Moïse, un fragment de la tête de Jean le Baptiste ou encore le chef de saint Siméon[67].

Construction de la Sainte-Chapelle[modifier | modifier le code]

Intérieur de la Sainte-Chapelle.

Fort de l'acquisition de cette « Sainte Collection », Louis IX décide de l'édification d'une chapelle conçue pour la vénération des reliques, dont il n'a toutefois pas l'intention de faire un sanctuaire national ou un lieu de pèlerinage de premier ordre. Le nouvel édifice prend place dans l'Île de la Cité, principal lieu de résidence de saint Louis avec Vincennes[68] Le choix d'une implantation à cet endroit n'est pas anodin ; il affirme le lien entre le sacré et le roi, comme le faisaient les empereurs byzantins et germaniques. Cette proximité a également un rôle judiciaire ; c'est sur les reliques que l'on prête dorénavant serment dans les procédures entre seigneurs et vassaux[69]. La chapelle doit répondre à une quadruple vocation ; celle d'écrin pour la conservation des reliques, de chapelle palatine, de siège d'un collège de chanoines et de lieu de culte pour le personnel du château. Pour le roi, la construction de la Sainte-Chapelle est certes affaire de piété mais elle est aussi et surtout le fruit d'une habile politique visant à faire de Paris une cité comparable, en prestige et en sainteté, à Rome et Jérusalem. Le succès de l'opération rejaillit sur la dynastie capétienne qui apparaît comme le fer de lance de la chrétienté occidentale ; il rejaillit également sur le royaume de France, le plus riche et le plus peuplé des pays européens de cette époque, ainsi que le plus développé dans les domaines intellectuels et artistiques[70]

Statue de Saint Louis en la Sainte-Chapelle de Paris.

La forme de la Sainte-Chapelle est alors inspirée par celle des chapelles épiscopales de Laon, de Paris, de Noyon et surtout de l'archevêché de Reims. Elle est construite selon le plan traditionnel des chapelles castrales, avec une nef unique. Elle comporte deux niveaux ; une chapelle basse affectée à la domesticité et dédiée à la Vierge Marie, et surtout une chapelle haute illuminée par de hauts vitraux colorés, réservée au roi, à sa cour et dédiée à la Sainte Croix[70]. Elle n'est pas la mieux adaptée pour faire face à l'afflux des foules de pèlerins : l'absence de déambulatoire, par exemple, ne permet pas un défilement devant les reliques, probablement dû à la volonté de Louis IX de disposer d'un lieu de prière calme sans pour autant réserver exclusivement les reliques à la famille royale et à son entourage. La chapelle ne dispose pas non plus de tribune royale car les jours ordinaires, seul le clergé, la famille royale et ses invités ont accès à la chapelle. Dans la chapelle, le roi dispose cependant d'un oratoire en forme de niche ménagée dans le mur de la quatrième travée[71].

La date exacte du début de la construction reste inconnue ; les travaux commencent entre l'automne 1241, date de l'arrivée des reliques à Paris, et mai 1244, date à laquelle une bulle pontificale évoque pour la première fois les travaux. Le , l'édifice est officiellement inauguré par le roi et consacré par le cardinal-légat, Eudes de Châteauroux, consacrant la chapelle haute et par l'archevêque de Bourges, Philippe Berruyer, consacrant la chapelle basse. La durée des travaux est donc comprise entre quatre et six ans, pour un coût total de 40 000 livres tournois[72],[73]. La rapidité avec laquelle est mené le chantier illustre la santé financière du royaume, dont le trésor peut réunir de grosses sommes en très peu de temps.

Louis IX ou Saint-Louis d'après le Recueil des rois de France de Jean du Tillet, XVIe siècle.

L'architecte, ayant conçu son œuvre en étroite collaboration avec le roi, n'est pas connu avec certitude, cependant, la tradition orale ainsi qu'un manuscrit de la Bibliothèque nationale de France, remontant au XVIe siècle, évoquent le célèbre Pierre de Montreuil[70],[74],[N 2]. Les proportions de la Sainte-Chapelle, considérées comme une perfection de l'art gothique, sont de 36 mètres de longueur, 17 mètres de largeur extérieure et 42,5 mètres de hauteur depuis le sol jusqu'à la pointe du pignon de la façade[75]. Le programme architectural s'accompagne de nombreux symboles qui se manifestent à la fois dans le contenu du reliquaire et dans la décoration de la chapelle haute. Les reliques provenant de l'Empire byzantin, la monarchie capétienne s'affiche ainsi comme véritable héritière de l'idée impériale. Louis IX, qui a une prédilection particulière pour le culte de la Passion, veut véhiculer une image de lui marchant dans les pas du Christ, raison pour laquelle il procède notamment au lavement des pieds chaque Jeudi saint. Les piliers entre les travées sont munis des statues des Douze Apôtres, qui par leur prédication ont formé les colonnes sur lesquelles repose l'église. Les vitraux illustrent l'histoire du peuple de Dieu, et mettent en scène les précurseurs, à savoir les Prophètes et saint Jean le Baptiste[76].

La disputation de Paris[modifier | modifier le code]

Estampe représentant Louis IX, Nicolas II de Larmessin, 1690.

L'abbé Nicolas Donin, juif converti au catholicisme après avoir été excommunié par le rabbin Yehiel de Paris, rédige en 1236 une lettre au pape Grégoire IX condamnant le Talmud qui contiendrait d'éventuels propos insultant pour Jésus-Christ et la Sainte Vierge. Trois ans plus tard, le pape émet une bulle papale dans laquelle il ordonne, au terme de la tenue d'une enquête, que soient saisis et brûlés « les livres dans lesquels on trouverait des erreurs de la sorte »[77]. Louis IX est le seul à accéder positivement à cette requête et prend les mesures demandées par le pape contre les juifs, exigeant toutefois que ces derniers soient autorisés à se défendre.

En mars 1240, le roi organise, toujours à la demande du souverain pontife, le « procès du Talmud », afin de statuer, sur l'accusation de juifs convertis au christianisme, selon lesquels le Talmud contient un certain nombre d'invectives contre le Christ et la Sainte Vierge. La controverse sur le sujet se tient à Paris, sous le regard de Blanche de Castille. Les rabbins Yehiel de Paris et Moïse de Coucy représentent alors les juifs tandis que le tribunal, en partie constitué d'Eudes de Châteauroux et de l'abbé Nicolas Donin, concluent que le reproche est fondé et que le Talmud est un livre infâme qui doit être brûlé selon les recommandations de Grégoire IX - succédé depuis par Innocent IV. En 1242, le roi fait ainsi solennellement brûler vingt-quatre charrettes de traités talmudiques sur la place de Grève en présence du Prévôt et du clergé[78],[79].

En 1254, Louis IX durcit son jugement et bannit de France les juifs qui refusent de se convertir au catholicisme, bien que ce décret ne sera annulé que quelques années plus tard, en échange d'un versement d'argent au trésor royal, puis il leur interdit la pratique de l'usure[80]. En 1269, il finit par leur imposer le port de la rouelle qui avait été décidé par Rome lors du IVe concile du Latran en 1215[81]. Celui qui n'acceptait pas de la porter ou qui l'oubliait pouvait être dénoncé et son dénonciateur devenait propriétaire du vêtement ainsi confisqué[80]. Louis IX, ayant longtemps refusé de faire appliquer cette mesure décidée par Rome, notamment par souci d'intégration des juifs à la communauté nationale, cède, à la fin de sa vie, à la pression des juifs convertis de son entourage[82]. Cependant, d'après l'historien Jean Richard, Louis IX, fidèle à la mission d'évangélisation, garde l'espoir de les convertir et les protège quand ils sont injustement attaqués[82],[83].

Les croisades[modifier | modifier le code]

Le vœu du roi[modifier | modifier le code]

En décembre 1244, le roi Louis IX tombe gravement malade - souffrant probablement de dysenterie - et semble aux portes de la mort ; il fait alors le vœu de partir en croisade au cas où il guérirait. Sa guérison, quelques semaines plus tard est perçue comme un miracle et renforce le roi dans sa décision de partir en croisade. De fait, « il […] renouvelle son vœu une fois guéri.» Bien que, selon le chroniqueur Matthieu Paris, cela ne serait pas Saint Louis mais sa mère qui, voyant son fils inconscient, aurait fait, en son nom, le vœu de croisade. Toutefois, les récits de Joinville et de Saint-Pathus affirment, au contraire, que Blanche de Castille tenta de dissuader son fils. Rétabli, le roi prépare donc son départ vers les royaumes chrétiens d'Orient en difficulté.

L'organisation de la croisade dure quatre années et, enfin, le , le roi de France se saisit de l'oriflamme capétienne en la basilique de Saint-Denis et part accompagné de son épouse la reine Marguerite de Provence, et de ses frères, Robert Ier d'Artois - qui mourra lors de la bataille de Mansourah[84] -, Charles d'Anjou et Alphonse de Poitiers[51].

La Septième croisade[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Septième croisade.
Débarquement de Saint Louis à Damiette, en Égypte, Georges Rouget, 1839.
Saint Louis prisonnier en Égypte, Georges Rouget, 1817-1818.

En octobre 1244, à la suite de l'intervention des Latins dans la querelle qui opposait les héritiers du sultan Malik Al-Kamil, les forces musulmanes de Saladin s’emparent de Jérusalem laissée sans défense et, jointes aux troupes venues d’Égypte, anéantissent à Gaza l’armée du royaume latin[85]. L’appel du pape Innocent IV lors du concile de Lyon de 1245 reçoit peu d’écho en Italie et en Allemagne, toutes deux absorbées par la lutte entre l’empire et la papauté, et en Angleterre où le roi Henri III est en guerre contre ses barons. Mais il est largement entendu en France, où le roi vient de faire le vœu de se croiser.

Partie de Marseille et du port d'Aigues-Mortes - que Louis IX a fait construire -, la flotte française se dirige vers l'Égypte qui contrôle désormais les Lieux saints. En mai 1249, les croisés font escale à Chypre avant de se diriger vers Damiette avec 1 800 navires. La ville, désertée, est prise le 8 juin[86]. Mais les croisés réitèrent les erreurs de la Cinquième croisade et repoussent l’offre du sultan qui propose de rendre Jérusalem, Asca­lon et la Galilée orientale en échange de leur départ. L'armée des croisés se dirige ensuite vers Le Caire mais subit les attaques incessantes de l'émir Fakhr-ad-Din Yusuf. les croisés réussissent, au prix de durs combats, à passer sur la rive est du Nil et, de février à avril 1250, ils font le siège de la citadelle de Mansourah. Mais le scorbut et la dysenterie déciment une grande partie des soldats et forcent le roi à battre en retraite. Un sergent félon du nom de Marcel fait alors courir le bruit que le roi s'est rendu[87]. La plupart des soldats ainsi que le roi Louis IX sont faits prisonniers le - par les Mamelouks, devenus entre-temps maîtres de l'Égypte - lors de la bataille de Fariskur[88]. Louis IX sera alors le premier souverain français à être capturé sur un champ de bataille[N 3]. Pendant sa captivité, Louis IX charge son épouse, Marguerite de Provence, de la conduite de la croisade, mais pour peu de temps car, un mois plus tard, en mai 1250, le roi et l'ensemble des prisonniers sont libérés en échange d'une forte rançon d'environ 400 000 livres[11], payée par l’ordre du Temple.

Louis IX décide de prolonger son séjour dans ce qu'il reste des États latins d'Orient et renvoie ses frères Alphonse de Poitiers et Charles d'Anjou en France pour épauler leur mère Blanche de Castille, restée seule pour gouverner en France. De 1250 à 1253, il consolide les forteresses d'Acre, de Césarée, de Jaffa et de Sidon, renforçant ainsi les défenses du territoire. Il s'occupe en outre de réorganiser administrativement le Royaume de Jérusalem, parvenant à concilier monarchie, aristocratie, Église et ordres militaires (Templiers, Hospitaliers...). L'administration très centralisée pour l'époque qu'il a mis en place en France lui permet de régner à distance durant ces quatre années. N'apprenant qu'au début du printemps 1253, la mort de sa mère Blanche de Castille - survenue en novembre 1252 - Louis IX prend la décision de rentrer en France et, après avoir réglé plusieurs affaires en cours, les croisés rembarquent à Tyr, le , en direction du royaume de France[89].

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La Huitième croisade et la mort du roi[modifier | modifier le code]

La dernière communion de Saint Louis, Gabriel-François Doyen, XVIIIe siècle.
Article détaillé : Huitième croisade.

Louis IX espère convertir le sultan de Tunis et le dresser contre le sultan d'Égypte ; en effet, on a persuadé le roi que le souverain hafside, Abû `Abd Allah Muhammad al-Mustansir, n'attendait que sa venue pour se convertir au christianisme[85] et l'échec de la Septième croisade, que Saint Louis interprète comme une punition divine l'affecte beaucoup[90]. Le , au cours de la fête de l’Annonciation, il reprend la croix, réunit ses chevaliers à Paris et fait de nouveau le vœu de se croiser devant ses barons, qui sont nombreux à le suivre. En août 1269, Édouard, fils du roi Henri III d'Angleterre, se met d’accord avec Louis IX pour s’intégrer dans une expédition commune. Il compte aussi sur l’aide de son frère Charles d’Anjou, roi de Sicile, pour l’aider à réunir les ressources nécessaires à cette expédition et s’adresse en parallèle aux puissances maritimes telles que Venise, Gênes et Marseille pour louer ou faire construire des navires.

Mort de saint Louis devant Tunis. 25 aout 1270, Georges Rouget, 1817.

Partie de Cagliari le , la flotte de Louis IX arrive devant Tunis le 18 juillet. Lorsque les croisés débarquent, le sultan a préparé sa ville à subir un siège. Le sultan ne donne alors aucun signe d’une quelconque volonté de se convertir et ses hommes attaquent les positions des croisés. Le roi décide ainsi de prendre d’assaut la ville de Carthage pour y mettre en sécurité ses hommes, en attendant les renforts de son frère Charles d’Anjou. Les croisés s'emparent facilement de Carthage mais le manque d’eau potable et la chaleur favorisent le développement des maladies qui envahissent le camp ; l'armée est alors victime de dysenterie[91]). Contaminé par cette maladie, le fils du roi, Jean-Tristan, meurt le . Il est suivi de peu par son père qui décède le 25 août sous les remparts de Tunis, soit le lendemain de l’arrivée des navires de Charles d’Anjou, après avoir remis à son fils Philippe son testament politique, intitulé les Enseignements de saint Louis[92]. Son corps est alors étendu sur un lit de cendres en signe d'humilité, et les bras en croix à l'image du Christ[93].

À la suite de la mort du roi, Charles d’Anjou prend la direction des opérations, privilégie la négociation et parvient à la paix de tunis le 30 octobre. Il obtient la multiplication par deux du tribu payé au roi de Sicile et une indemnité de 210 000 onces d’or. La flotte française décide alors de reprendre la route vers la Syrie. Mais alors qu'elle arrive à Trapani, une tempête éclate et entraîne la perte d’une grande partie des navires. Les croisés n’ont donc plus les moyens de poursuivre et conviennent de rentrer en France[94].

Canonisation[modifier | modifier le code]

Statue du roi flanquant l'entrée du dôme des invalides, Nicolas Coustou, 1701-1706.

Considéré comme saint de son vivant, Louis IX fait l'objet, aussitôt après sa mort, d'une vénération de la part de son entourage et de ses sujets. Des miracles sont réputés avoir lieu sur le passage de sa dépouille au point qu'un service d'ordre doit être mis en place près de son tombeau pour canaliser les foules qui viennent implorer son intercession. Ainsi, dès 1272, une demande de canonisation est déposée par plusieurs prélats français auprès du pape et, en 1275, Grégoire X ouvre une enquête officieuse sur le défunt roi. Une enquête publique est ensuite ouverte par Nicolas III en 1278, puis une autre par Martin IV en 1281 : malgré les suppliques régulières des prélats et des souverains français, les papes tiennent à mener un procès de canonisation dans les formes[95]. Encore faut-il vingt-sept années d'enquêtes, ralenties par l'inconstance de la politique pontificale. D'ailleurs, le roi de France Philippe IV le Bel, petit-fils de Louis IX, souhaite voir en Boniface VIII un arbitre de l'Europe dévoué à sa cause tandis que ce pape cherche une alliance solide, également confronté à l'instabilité politique[96].

Le pape annonce finalement la canonisation de Louis IX sous le nom de « saint Louis de France »[97],[98], par deux homélies prononcées à Orvieto les 4 et  ; puis elle est officialisée ce même jour par la bulle Gloria laus. Cette décision répond alors à un souci politique et sert les intérêts de la monarchie capétienne - à son maximum de prestige alors que la France figure comme le royaume le plus puissant et le plus prospère de la chrétienté[99] -, fière de compter désormais un saint dans son ascendance[2].

Aujourd'hui, Louis IX est saint patron des coiffeurs, des passementiers, du diocèse aux armées françaises, de celui de Versailles[100] mais aussi de la France[101] et des tertiaires franciscains.

Sépultures et reliquaires[modifier | modifier le code]

Philippe III apportant à Saint-Denis les reliques de Saint Louis, XVIIIe siècle.

À la mort du roi, l'embaumement interne étant insuffisant pour préserver le cadavre royal de la putréfaction du corps durant son long retour, décision est prise d'user du mos Teutonicus, « usage teuton »[102] - qui se pratique systématiquement lorsqu'un membre de la famille royale meurt à l'étranger[103] -, c'est-à-dire que son corps est éviscéré puis démembré avant que les morceaux ne soient bouillis dans une grande marmite d'eau et de vin aromatisé d'épices afin de séparer les os de la chair[N 4]. Ses « ossements » sont ensuite rapportés par Philippe III « le Hardi » - au terme d'un long périple passant par la Sicile, la péninsule italienne, puis le Lyonnais, la Bourgogne et la Champagne - et arrivent en grande pompe le en la basilique de Saint-Denis. Ses entrailles sont placées dans une urne qui est alors confiée à son frère cadet Charles d'Anjou, lequel les offre à l'abbaye bénédictine de Monreale en Sicile, où ils sont conservés dans une urne de marbre blanc. Cette dilaceratio corporis (« division du corps » entre cœur, entrailles et ossements[N 5]) avec des sépultures multiples devient à partir du XIIIe siècle un privilège[N 6] de la dynastie capétienne dans le royaume de France - et ce malgré l'interdiction par la décrétale Detestande feritatis signée en 1299 par le pape Boniface VIII[104],[N 7] - qui permet la multiplication des cérémonies où honorer le roi défunt[105],[106].

Bien que Louis IX ait demandé une sépulture très simple ; en 1282 - date à laquelle une enquête publique sur les miracles de Louis IX est menée à Saint-Denis -, le tombeau intermédiaire disparaît et laisse la place à un riche tombeau d’or et d’argent considéré comme le plus somptueux de tous les sépulcres réalisés à Saint-Denis. Cette réalisation devient célèbre dans toute la chrétienté par sa magnificence. Mais le tombeau disparaît vers 1420, lors de la Guerre de Cent Ans durant laquelle il est sans doute détruit puis fondu par les armées anglaises d’Henri V ou du duc de Bedford.

« Une merveilleuse tombe, de laquelle l’entailleure estoit d’œuvre d’or et d’argent et l’enoblirent de riche matiere faite et ordonee des meilleures œuvres excellentement que les meilleurs ouvriers du monde firent, si comme l’en cuide, et si comme il appert par-dessus a touz. »

— Primat de Saint-Denis, Grandes Chroniques de France

Les reliques du souverain sont peu à peu retirées du monument pour être dispersées dans tout le royaume puis dans le monde chrétien. Le , jour de la Saint Louis, Philippe IV « le Bel » fait procéder, à Saint-Denis, à la levée du corps de son grand-père ; les ossements sont alors solennellement déposés dans une châsse en or, installée derrière le maître-autel de la Basilique Saint-Denis. Puis le , le crâne de Louis IX est placé dans un somptueux reliquaire et transféré à la Sainte-Chapelle. À cette occasion, le roi Philippe le Bel fait également don d'une côte de son aïeul à la cathédrale Notre-Dame[107]. En France, les reliques de Saint Louis disparaissent petit à petit pendant les guerres de religion puis lors de la Révolution.

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

Descendance[modifier | modifier le code]

Louis IX, sur son lit de mort, remet à son fils le plan de sa conduite, Jacques-Antoine Beaufort, XVIIIe siècle, chapelle de l'École militaire de France.

Le , en la cathédrale de Sens, Louis IX de France épouse Marguerite de Provence (1221-1295), fille de Raimond-Bérenger IV, comte de Provence, et de Béatrice de Savoie. De leur mariage, naissent onze enfants :


Louis, Philippe, Jean, Isabelle, Pierre et Robert, enfants de Louis IX, Roger de Gaignières, XVIIIe siècle.

Le roi dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Toponymie
Enseignement
Édifices religieux

La plupart des paroisses françaises érigées hors de France sont dédiées au roi Louis IX.

Littérature

En 1972, le poème Saint Louis de Jean-Louis Vallas est couronné par l'Académie française (prix Marie-Havez Planque)[110].

Ordres honorifiques
Cinéma et télévision
  • Au cinéma, le rôle du roi est interprété par Thomas Durand dans le court-métrage historique Aigues-Mortes, un port pour les croisades de Benjamin Fontana (2014).
  • À la télévision, il est joué par Fabrice Guttini dans la série historique La caméra explore le temps (1966 ; épisode 36 : La croisade ; épisode 37 : L'Inquisition) ; par Didier Sandre dans le téléfilm Saint Louis ou la Royauté bienfaisante (1982), ou encore par Didier Raymond dans la série La chambre des dames de Yannick Andréi (1983).

Année jubilaire[modifier | modifier le code]

Logo de l'année jubilaire dédiée à Saint Louis.

Le , Mgr Éric Aumonier, évêque de Versailles, annonce l'ouverture de l'année jubilaire Saint Louis à l'occasion du 800e anniversaire de sa naissance et de son baptême à Poissy. Le Diocèse de Versailles, dont le saint patron n'est autre que le roi de France, organisera plusieurs évènements dont des colloques historiques et religieux, la vénération de la sainte Couronne ou encore le rassemblement des « Mille et un Louis » du diocèse autour de Mgr Aumônier le 25 août, jour de la saint-Louis. L'année jubilaire sera clôturée le 23 novembre[111].

À cette occasion plusieurs manifestations culturelles sont prévues en France mais aussi dans les villes qui portent son nom à l'étranger[112].

Le vendredi , lors d'une procession célébrée par Mgr Patrick Jacquin[113], la Sainte Couronne regagne la Sainte-Chapelle, pour la troisième fois depuis son installation à Notre-Dame de Paris en 1806, afin d'y célébrer la naissance de Saint Louis. Puis le dimanche 22 mars, elle est emmenée à la Collégiale Notre-Dame de Poissy, où elle y est vénérée pour la première fois[114] et où une messe est donnée pour fêter le 800e anniversaire du baptême du roi croisé[115].

Le à Paris, une grande procession religieuse en l'honneur de Saint Louis, présidée par Mgr Renauld de Dinechin, partira de l'église Saint-Eugène-Sainte-Cécile jusqu'à la cathédrale Notre-Dame de Paris, où seront vénérées les reliques de la Passion et du saint roi[116].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon Matthieu Paris, le roi Louis IX aurait refusé de recevoir le pape en France, par désir de neutralité, mais lui aurait promis de le protéger s'il s'installait à Lyon.
  2. Robert Branner évoque pourtant Thomas de Cormont, maître-maçon de la cathédrale d'Amiens, tandis que Dieter Kimpel et Robert Suckale évoquent son prédécesseur, Robert de Luzarches. Ces hypothèses reposent notamment sur la parenté architecturale relevée entre la Sainte-Chapelle et la chapelle de la Vierge de la cathédrale d'Amiens.
  3. Les autres sont Jean le Bon lors de la bataille de Poitiers (1356), François Ier pendant la bataille de Pavie et Napoléon III lors de la bataille de Sedan
  4. Le transport d'os débarrassés de ses chairs étant plus hygiénique.
  5. Bipartition (cœur et corps) ou tripartition (cœur, entrailles et corps).
  6. Le premier roi capétien dont la tripartition du corps est bien attestée est Philippe III de France puisque la destinée du cœur de Saint Louis n'est pas connue.
  7. Dans la pratique, beaucoup bénéficieront de bulles d'exemption de la part des papes successifs pour pouvoir pratiquer la dilaceratio corporis.

Références[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Sources imprimées[modifier | modifier le code]

Unique représentation du roi considérée comme fidèle à la réalité, 1866, d'après une vignette de 1316.
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographies[modifier | modifier le code]

Aspects particuliers[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

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Philippe III