Manuscrit

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Manuscrit médiéval en latin de la Physique d'Aristote.

Un manuscrit (du latin manu scriptus) est, littéralement, un texte « écrit à la main », sur un support souple, que ce soit par son auteur (« manuscrit autographe ») ou par un copiste, avant ou après l'invention de l'imprimerie. Le terme s'applique à différents supports (papyrus, rouleaux, codex de parchemin ou de papier) mais ne s'emploie pas pour des supports rigides, comme les tablettes de cire ou les inscriptions épigraphiques ou rupestres. Avant la mise au point de l'imprimerie, au milieu du XVe siècle, tous les livres étaient des manuscrits.

Par extension, le terme désigne aujourd'hui le brouillon d'un texte original soumis à un éditeur en vue de sa publication.

On qualifie parfois ces manuscrits de « tapuscrits » quand il s'agit de documents tapés à l'aide d'un logiciel de traitement de texte.

Cote d'un manuscrit[modifier | modifier le code]

Production des manuscrits médiévaux[1].

Les manuscrits conservés en bibliothèque sont identifiés par une cote, généralement précédée de l'abréviation ms (singulier) ou mss (pluriel). La cote est composée du nom du lieu de conservation, suivi de celui de l'institution qui conserve le document, du fonds où il est conservé quand il y a lieu (fonds français, latin, etc.), et du numéro d'inventaire du manuscrit qui peut être simple (100) ou complexe (fol-lat-32).

On repère la cote des manuscrits dans les catalogues de leurs lieux de conservation (par exemple : Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France).

La Bibliothèque nationale de France comporte un département des manuscrits, divisé en deux sections: manuscrits occidentaux et orientaux.

Histoire[modifier | modifier le code]

La rédaction d'un manuscrit est confiée à une personne spécialisée, le scribe. Cette fonction était hautement considérée dans l'Égypte antique et les royaumes de Mésopotamie.

Dans les pays européens, la copie des manuscrits est restée une activité hautement spécialisée jusqu'à l'invention de l'imprimerie. Elle a longtemps été la spécialité des monastères. Certains ordres religieux affectaient à cette fin une salle appelée scriptorium, où travaillaient divers spécialistes. Outre le copiste, il fallait en effet un préparateur de copie, qui traçait les lignes sur le parchemin, un artiste qui dessinait et peignait les lettres initiales, un correcteur d'épreuve, etc.

Dans le monde musulman, la tradition manuscrite s'est maintenue bien au-delà du XVe siècle, en raison de l'interdiction de l'imprimerie par le sultan Bajazed II en 1485, et qui restera en vigueur jusqu'au début du XIXe siècle[2][2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Buringh, Eltjo; van Zanden, Jan Luiten: "Charting the “Rise of the West”: Manuscripts and Printed Books in Europe, A Long-Term Perspective from the Sixth through Eighteenth Centuries", The Journal of Economic History, Vol. 69, No. 2 (2009), pp. 409–445 (416, table 1).
  2. a et b Toby Huff, Intellectual Curiosity and the Scientific Revolution. A Global Perspective, Cambridge University Press, 2011, p. 306.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Géhin (dir.), Lire le manuscrit médiéval : observer et décrire, Paris, Armand Colin, 2005.
  • Jacques Dalarun (dir.), Le Moyen Âge en lumière, Paris, Fayard, 2002.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Dans la littérature

Liens externes[modifier | modifier le code]