Guyenne

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43° 58′ 37″ N 0° 10′ 34″ O / 43.977, -0.176 ()

Page d'aide sur l'homonymie Ne doit être confondu ni avec la Guyane (Région-département française située en Amérique du Sud), ni avec le Guyana (ancienne Guyane anglaise située également en Amérique du Sud), ni avec la Guinée (république d'Afrique de l'Ouest).

Guyenne

Blason
Blason de la Guyenne.
Description de cette image, également commentée ci-après

La province de Guyenne dans ses limites du XVIIIe siècle et les communes et départements actuels. Les différents pays qui la composent sont délimités en pointillés.

La Guyenne en français (prononcé [gijɛnə]), la Guiana en occitan (prononcé [ˈgijanɔ]), est une ancienne province, située dans le sud-ouest de la France. Ses limites ont fluctué au cours de l'histoire sur une partie des territoires des régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et Poitou-Charentes.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Son nom provient d'une évolution populaire du mot Aquitaine qui est passé par le stade « Aguiaina » (en gascon ou anglais) aux XIIe et XIIIe siècles, le « a » initial disparaissant peu à peu : Aquitania → *Aguidaina → l'Aguienne → la Guienne. La graphie « Guyenne » n'apparaît qu'après le rattachement au royaume de France[1].

Guyenne est la forme du nom « Aquitaine » qui fut de loin la plus usitée par les populations locales du XIIIe siècle au XVIIIe siècle. Aquitaine apparaissait comme un terme plus archaïsant et plus cultivé quand Guyenne était le nom courant de la province. Cette ancienne province du sud-ouest de la France avait pour capitale Bordeaux et se confond avec l'Aquitaine en tant que région au nord-est de la Gascogne. Le terme désigna ensuite l'ensemble des possessions françaises du roi d'Angleterre, après le traité de Paris (1259).

Langue[modifier | modifier le code]

La langue vernaculaire de la Guyenne est l'occitan, plus précisément le gascon sur les terres qui recoupent la Gascogne (l'ouest de la Gironde, une partie du Lot-et-Garonne), et le languedocien sur le reste du territoire : l'Agenais (Lot-et-Garonne), le Bergeracois et le Périgord noir (Sarladais) (Dordogne), le Quercy (Lot et Tarn-et-Garonne) et le Rouergue (Aveyron).

Si le nord de la Dordogne est limousin, le sud-ouest du Cantal jusqu'à la Bertrande (val de la Cère) et le coin sud-est de la Corrèze prolongent la Guyenne, dans ses limites du XVIIIe siècle.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les armes de l'ancienne province de Guyenne se blasonnent ainsi : de gueules (fond rouge) à un léopard (un lion qui a la tête de face) d'or (jaune), armé (avec les griffes) et lampassé (la langue) d'azur (bleu).

La Guyenne girondine[modifier | modifier le code]

L'acception ci-dessus est distincte de la Petite Guyenne (ou Guyenne girondine) correspondant au Bordelais et à l'Entre-deux-Mers, linguistiquement languedociens. C'est à cette Guyenne girondine que se réfèrent les dénominations Sauveterre-de-Guyenne, Miramont-de-Guyenne et Lévignac-de-Guyenne.

La Guyenne dans l'Histoire[modifier | modifier le code]

Le duché de Guyenne sur la carte de l'Europe au XIIIe siècle.
La Guyenne fait fréquemment référence aujourd'hui au duché héréditaire de la couronne d'Angleterre issu du traité de Brétigny (1360).

L'histoire ancienne de la Guyenne se confond avec l'histoire de l'Aquitaine. Pendant l'union anglo-gasconne, les limites du duché de Guyenne varièrent suivant les traités de paix passés entre les rois d'Angleterre et les rois de France, puis les vicissitudes de la guerre de Cent Ans. Par la suite, la province ou gouvernement de Guyenne fut la plus grande des provinces du royaume de France puisqu'elle comprenait aux XVIe et XVIIe siècles le Bordelais, le Bazadais, le Limousin, le Périgord, le Quercy, le Rouergue, l'Agenais, la Saintonge, l'Angoumois et la Gascogne, laissant de côté le Béarn et la Basse-Navarre.

Il faut attendre le milieu du XVIIe siècle pour voir distinguée la Gascogne de la Guyenne, alors qu'auparavant la Gascogne était toujours considérée comme une partie de la Guyenne. Dès lors, la Guyenne proprement dite fut considérée comme étant composée du Bordelais, du Périgord, de la Saintonge, du Limousin, du Quercy et du Rouergue, le reste du gouvernement étant considéré comme étant la Gascogne. Par la suite, la Saintonge et le Limousin furent détachés de ce gouvernement pour en faire des gouvernements séparés donnant au gouvernement de Guyenne et Gascogne la physionomie qu'il avait en 1789.

Le duché de Guyenne[modifier | modifier le code]

Le nom de duché de Guyenne fut donné au duché d'Aquitaine lorsqu'il fut amoindri par les conquêtes des souverains français. Ce nom apparaît pour la première fois dans le traité de Paris, conclu le entre Saint Louis et Raymond VII comte de Toulouse, qui cédait la plus grande partie du Languedoc à la France et mettait fin au conflit albigeois.

Possession des rois d’Angleterre de 1188 à 1453, la Guyenne est réunie au domaine du roi de France après la bataille de Castillon, qui mit fin à la guerre de Cent Ans. Donné en apanage à son frère Charles de Valois par Louis XI en 1469, le duché revint définitivement à la couronne française à la mort de celui-ci en 1472.

La province de Guyenne[modifier | modifier le code]

En 1561, la province est érigée en gouvernement de Guyenne avec pour siège Bordeaux. C'est alors le gouvernement militaire le plus vaste de France (6 744 500 hectares — Béarn et Pays basque non compris — soit environ 1/8 de tout le pays) : il s'étend vers le sud jusqu'à l'Espagne ; ses limites au nord et à l'est sont constituées par la Saintonge, l'Angoumois, le Limousin, le Quercy et le Rouergue. La province de Guyenne rassemblait le Bordelais ou « Petite Guyenne », la partie septentrionale du Bazadais, le Périgord, la Saintonge, l'Angoumois, le Limousin, l'Agenais, le Condomois, le Quercy et le Rouergue.

Lors de la création des généralités, la première généralité de Bordeaux est créée en 1523. Elle perdit successivement des pays et élections avec la création de la généralité de Montauban (Quercy et Rouergue ou Haute-Guyenne) en 1655 et de la généralité d'Auch en 1716 (la Gascogne, qui comprenait presque tout le territoire situé entre la Garonne et son estuaire, et la ligne de crête des Pyrénées, notamment l'Armagnac, les Landes de Gascogne et le Marsan).

En 1790, la province de Guyenne est divisée en six départements à peu près complets : Gironde (à l'est de la Garonne), Dordogne, Lot-et-Garonne, Lot, Landes et Aveyron. À ceux-ci s'ajoutera le Tarn-et-Garonne, créé en 1808, et pour lequel la Guyenne contribuera pour les trois-quarts. Ce morcellement achèvera de détruire les derniers liens qui réunissaient la Basse-Guyenne, la Haute-Guyenne et la Gascogne.

La Guyenne contemporaine[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, le terme de Guyenne n'a plus de réalité ni administrative, ni politique. Seul le Haut-Agenais, à la recherche d'une identité, a tenté d'exploiter le capital historique « Guyenne » en promouvant le « Pays de Guyenne » dans la partie Lot-et-Garonnaise de la vallée du Dropt. Cependant, cette acception est aujourd'hui détrônée par « Pays du Dropt » terme à vocation plus touristique.

Le terme de Guyenne survit par ailleurs : dans des raisons sociales : Guyenne et Gascogne (grande distribution - partenaire de Carrefour), Nouvelle Guyenne (réseau de villes de Guyenne) ou dans des dénominations d'associations, des clubs, etc. : ligue de Guyenne (tennis), comité de Guyenne (bridge).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. L'histoire oubliée de l'Aquitaine, Xavier Beltour, éd. Princi Negre 1995, p. 74 : « Optant pour la paix, Henri [III d'Angleterre] signe avec le roi de France, Louis IX le traité de Paris (1259) selon lequel il devient vassal des Français pour l'Aquitaine, appelée simultanément depuis ce traité la Guyenne (altération du nom). ». Selon cet auteur, ce serait l'altération du nom l'Aquitaine en anglais, le « t » disparaissant.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guilhem Pépin, « Les cris de guerre “Guyenne!” et “Saint George!”. L’expression d’une identité politique du duché d’Aquitaine anglo-gascon », Le Moyen Âge, cxii, 2006, p. 263-281.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]