Marguerite de France (1523-1574)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marguerite de France et Marguerite de Valois.
Marguerite de France
Marguerite de France, duchesse de Berry par François Clouet
Marguerite de France, duchesse de Berry
par François Clouet

Biographie
Naissance 15 juin 1523
Saint-Germain-en-Laye
Décès 15 septembre 1574
Turin
Père François Ier
Mère Claude de France
Conjoint Emmanuel-Philibert
Enfants Charles-Emmanuel Ier de Savoie

Marguerite de France (Saint-Germain-en-Laye, 5 juin 1523 - Turin, 15 septembre 1574), était la fille de François Ier, roi de France et de sa première épouse Claude. Elle fut par son mariage avec Emmanuel-Philibert, duchesse de Savoie.

Mariée tardivement en 1559, elle vécut longtemps à la cour de France. Sous le règne de son frère Henri II, elle protégea les écrivains et manifesta de la sympathie pour les idées nouvelles. Après son mariage, elle joua un rôle capital dans la restitution des derniers territoires occupés par les Français dans le Piémont.

Enfance[modifier | modifier le code]

Fille du roi François Ier et de sa première épouse, Claude de France, la princesse n'a pas connu sa mère morte quelques mois après sa naissance. C'est sous l'influence de sa tante et marraine la reine de Navarre Marguerite qu'elle grandit.

À la cour de France, elle se lia d'amitié avec sa belle-sœur Catherine de Médicis. À l'imitation de Marguerite de Navarre, les deux princesses écrivaient des nouvelles.

Plus tard, l'influence de ce milieu humaniste la fit s'intéresser à la réforme protestante, sans pour autant qu'elle s'y convertisse.

Elle fut également une alliée pour son frère Charles, duc d'Orléans, dans la rivalité qui l'opposait au dauphin Henri, leur frère aîné (le futur Henri II)[1].

Princesse célibataire[modifier | modifier le code]

En dépit de nombreuses propositions qui lui furent faites, ce n'est qu'à l'âge de trente-six ans que Marguerite fut mariée. Pour une princesse du XVIe siècle, c'est un mariage très tardif.

Du fait des soubresauts de la politique de son père François Ier, plusieurs projets d'alliance avaient avorté dans son enfance. Au moment de la paix de Cambrai (1529), Marguerite qui avait six ans, fut fiancée à Maximilien d'Autriche, neveu de l'empereur, qui en avait deux. Mais la guerre entre Valois et Habsbourg reprit quelques années plus tard. En 1538, le roi François Ier s'entendit de nouveau avec l'empereur pour marier Marguerite, 15 ans, mais, cette fois avec l'archiduc Philippe d'Autriche (futur Philippe II d'Espagne) qui en avait 11. Une fois encore, l'entente entre le roi et l'empereur fut de courte durée et les fiançailles furent rompues.

À sa mort en 1547, François Ier recommandait à son fils de bien marier sa sœur. Mais, très fière de son sang royal, Marguerite ne voulait épouser qu'un roi ou, à tout le moins, un souverain. Peinant à lui trouver un prétendant digne de son rang, Henri II son frère lui attribua en 1550 pour ses besoins matériels le duché de Berry.

Un mariage endeuillé (1559)[modifier | modifier le code]

Emmanuel Philibert Ier, duc de Savoie

Le projet de mariage avec Emmanuel-Philibert de Savoie est l'une des clauses du traité du Cateau-Cambrésis signé le 3 avril 1559 par la France et l'Espagne. Il fut très décrié par les hommes de guerre français car Marguerite emportait avec elle en dot le Piémont et le duché de Savoie que la France occupait depuis vingt-cinq ans.

Le mariage de Marguerite fut – sans doute – le plus triste qu'on ait jamais vu. Son frère le roi Henri II avait été blessé au cours d'un tournoi célébrant les noces par procuration de sa fille Élisabeth qui, à 14 ans, épousait le roi Philippe II d'Espagne, ancien prétendant de Marguerite, 32 ans.

Au seuil de la mort mais encore conscient, le roi avait imposé que le mariage se fît tout de suite, par peur que le duc de Savoie ne profitât de sa mort pour refuser l'alliance. La cérémonie se déroula dans les larmes . Le roi meurt le lendemain et, comme toutes les princesses de sa Maison, Marguerite revêt une tenue de deuil ... le blanc.

Ne pouvant se résoudre à quitter sa belle-sœur et ses neveux endeuillés, le départ de la nouvelle duchesse de Savoie est plusieurs fois reporté : ce n'est qu'en décembre que Marguerite rejoint Nice, possession de son mari.

La duchesse de Savoie[modifier | modifier le code]

Après trois ans de mariage, elle eut à 39 ans, son premier enfant, un fils, Charles Emmanuel Ier (1562 - 1630).

Elle joua un rôle d'intermédiaire entre sa belle-sœur la régente Catherine de Médicis et son mari le duc de Savoie et fut mêlée aux négociations touchant la restitution des dernières places fortes tenues par les Français en Italie.

Marguerite sollicita vivement le traité du 2 novembre 1562, qui remit sous la domination du duc de Savoie les villes de Turin, de Chivas, de Chieri et de Villeneuve que les Français occupaient en vertu d'une des clauses de la paix du Cateau-Cambrésis de 1559.

Elle participa également au traité qui fut signe le 14 décembre 1574 par lequel les Français évacuèrent la forteresse de Pignerol, Savigliano et la vallée de Pérouse (Ménabréa. Montmélian et les Alpes).

Ayant joué avec succès le rôle qui lui était imparti dans la réconciliation entre les Maisons de France et de Savoie, Marguerite s'était éteinte dans la paix le 15 septembre précédent à l'âge de 51 ans.

Témoignage[modifier | modifier le code]

  • Marguerite de France apparaît dans le roman de Mme de Lafayette (1634-1693) : La Princesse de Clèves : « Cette princesse était dans une grande considération par le crédit qu'elle avait sur le roi, son frère ; et ce crédit était si grand que le roi en faisant la paix, consentait à rendre le Piémont pour lui faire épouser le duc de Savoie. Quoiqu'elle eût désiré toute sa vie de se marier, elle n'avait jamais voulu épouser qu'un souverain, et elle avait refusé pour cette raison le roi de Navarre, lorsqu'il était duc de Vendôme, et avait toujours souhaité M. de Savoie ; elle avait conservé de l'inclination pour lui depuis qu'elle l'avait vu à Nice à l'entrevue du roi François premier et du pape Paul troisième. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marguerite de Valois, Mémoires et autres écrits, 1574-1614, édition critique par Éliane Viennot, Paris, Honoré Champion, 1999, p. 117.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Epithalame ou Nosses de très illustre et magnanime Emmanuel-Philibert, duc de Savoie et de très vertueuse princesse Marguerite de France, duchesse de Berry, sœur unique du roi, par Marc-Claude de Buttet, savoisien, Paris, Imp. Robert Etienne, 1559.
  • Le Tombeau de très illustre, très vertueuse et non jamais assez louée princesse Marguerite de France, duchesse de Savoie et de Berry, par Marc-Claude de Buttet, gentilhomme savoisien, Annecy, éd. Jacques Bertrand, 1575.
  • Roger Peyre, Princesse de la Renaissance : Marguerite de France, duchesse de Berry, duchesse de Savoie, Paris, E. Paul, 1902.
  • « Marguerite de France, duchesse de Savoie », in Culture et pouvoir au temps de l'humanisme et de la Renaissance. Actes du Congrès Marguerite de Savoie, Paris, Slatkine, 1978, p. 121 à 259.
  • Rosanna Gorris Camos, “Sous le signe de Pallas: paroles ailées et ascension de l'esprit dans l'Olive, in L'Olive de J. Du Bellay, Actes des Séminaires d'analyse textuelle Pasquali (Lucelle, 1er-4 décembre 2005), a cura di Campagnoli, Soncini, Lysoe, Bologne, CLUEB [coll. Bussola, atti di ricerche, seminari, convegni, n. 34], 2007, pp. 167-232
  • Rosanna Gorris Camos, « Pia ricevitrice di ogni cristiano »: poésie, exil et religion autour de Marguerite de France, duchesse de Savoie, in Actes du Colloque Chemins de l'exil, havres de paix. Migrations d'homme et d'idées au XVIe siècle, Tours, CESR, 8-9 novembre 2007, org. par Chiara Lastraioli (CESR de Tours) et Jean Balsamo (univ. de Reims), Paris, Champion, « Le Savoir de Mantice », 2009, pp. 177–223
  • Anderson Magalhães, All’ombra dell’eresia: Bernardo Tasso e le donne della Bibbia in Francia e in Italia, in Le donne della Bibbia, la Bibbia delle donne. Teatro, letteratura e vita, Atti del XV Convegno Internazionale di Studio organizzato dal Gruppo di Studio sul Cinquecento francese, Vérone, 16-19 octobre 2009, a cura di R. Gorris Camos, Fasano, Schena, 2012, pp. 159–218

Liens externes[modifier | modifier le code]