Basilique Saint-Sernin de Toulouse

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Basilique
Saint-Sernin de Toulouse
Image illustrative de l'article Basilique Saint-Sernin de Toulouse
Présentation
Culte Catholique romain
Type Basilique
Rattachement Archidiocèse de Toulouse
Début de la construction XIe siècle
Fin des travaux XIIe siècle
Style dominant Roman
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
 Patrimoine mondial (1998)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Haute-Garonne
Commune Toulouse
Coordonnées 43° 36′ 30″ N 1° 26′ 31″ E / 43.6084, 1.442 ()43° 36′ 30″ Nord 1° 26′ 31″ Est / 43.6084, 1.442 ()  

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La basilique Saint-Sernin de Toulouse est un sanctuaire bâti pour abriter les reliques de saint Saturnin, premier évêque de Toulouse, martyrisé en 250. Devenu l'un des plus importants centres de pèlerinage de l'Occident médiéval, elle fut desservie, depuis le IXe siècle au plus tard et jusqu'à la Révolution française, par une communauté canoniale. Saint-Sernin est la plus grande église romane conservée en Europe.

La rue du Taur qui mène de la place du Capitole à la basilique tire d'ailleurs son nom des circonstances du martyre. Saint Saturnin est capturé par les prêtres païens dans le forum au pied du Capitolium antique (actuelle place Esquirol). Il est, selon la légende, sommé de se prosterner devant les statues païennes, mais refusant de renier sa foi, il est condamné à mort et ses pieds sont attachés à un taureau de sacrifice. Devant les cris de la foule, le taureau furieux prend la fuite le long du cardo, franchit la porte Nord puis la corde rompt et le corps inerte reste sur ce qui était alors une route sortant de la ville. La basilique conserve 260 chapiteaux romans[1] et est le symbole de l'architecture romane méridionale. Toulouse recevait alors la visite de nombreux pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, ou venus honorer les reliques de saint Saturnin.

La basilique Saint-Sernin fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[2]. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998.

L’histoire de la basilique Saint-Sernin[modifier | modifier le code]

De l'oratoire à la basilique[modifier | modifier le code]

Église primitive, actuellement crypte de Saint-Sernin.

À l'origine, l'emplacement de la tombe de saint Saturnin était situé, selon une ancienne tradition, à l'emplacement de l'actuelle église Notre-Dame du Taur. Cependant, le lieu exact de ce premier emplacement reste un mystère (voir l'histoire de Notre-Dame du Taur) mais ce qui est certain est qu'il existait bel et bien un premier monument de pèlerinage au-dessus de la tombe, avec une voûte en briques et une petite église en bois. Ce monument fut construit à l'époque de saint Hilaire, troisième évêque de Toulouse, qui vécut probablement au IVe siècle[C 1], lorsque l'édit de Constantin Constantin Ier (empereur romain)#L.27empereur pa.C3.AFen converti autorisait en 313, la religion chrétienne. La Passio sancti Saturnini (Passion de Saint Saturnin) raconte que 'tout cet endroit avait été rempli d'une multitude (de) corps ensevelis'[3]. En d'autres termes, de nombreux chrétiens venaient s'y faire inhumer pour bénéficier de l'intercession du Saint. Devant l'afflux des pèlerins, au Ve siècle, les évêques Sylve et Exupère font construire une première église paléochrétienne[C 2] en marbre[4]. Nous savons qu'une première communauté religieuse, monastique ou canoniale y est installée à cet emplacement au plus tard au IXème siècle[C 3].

La construction de l'actuelle basilique a été décidée à la fin du XIe siècle car la basilique primitive était trop petite pour accueillir les chrétiens qui venaient en pèlerinage. Elle débuta par le chevet, aux environs de 1070, au-dessus de la chapelle. L'église primitive a hélas disparue, mais il est encore possible aujourd'hui de voir dans les cryptes, les fondations romaines et une colonne de marbre lui ayant appartenue. Elle accueille quelques reliques sacrées[5].

Environ vingt-six ans après le début de la construction, en 1096, sur le chemin de Clermont où il s'apprête à prêcher la première croisade, le pape Urbain II consacre l'église nouvelle et célèbre sa dédicace[6] ainsi que l'autel sculpté par Bernard Gilduin avec l'assistance des archevêques d'Albi et de Tolède notamment. Des travaux continuèrent néanmoins. L'achèvement du transept et du rez-de-chaussée de la nef est daté de 1118. La couverture de la nef par un toit "en tonnelle" ainsi que l'achèvement des derniers étages de la tour-clocher ne seront effectifs qu'en 1300...en pleine époque gothique.

En 1463, la ville de Toulouse subit un grand incendie. Après y être arrivé, le roi Louis XI (1423-1461-1483) octroya à l'abbaye de Saint-Sernin une rente annuelle de 100 livres tournois, par ses lettres patentes, afin de soutenir sa restauration[7].

Les reliques de Saint Jacques le Majeur[modifier | modifier le code]

La basilique Saint-Sernin croyait conserver depuis 1354 la tête et le corps de Saint Jacques-le-Majeur. Le 15 octobre 1385, le corps de saint Jacques fut transféré dans une luxueuse arche en forme d'église, cadeau de Duc de Berry et de Jean de Cardaillac. Il était accompagné d'un buste reliquaire aussi remarquable. C'était les plus somptueux reliquaires avec celui de Saint-Sernin.

Ces reliques provenaient de l'église Saint-Jacques qui était située près de la Cathédrale Saint-Étienne de Toulouse et qui aurait été bâtie par Charlemagne pour y recevoir les reliques qu'il avait rapportées de Galice lors de son expédition contre les Sarrasins. Toutefois, ces reliques s'y seraient encore trouvées en 1490, selon la transcription en français de 1547 d'un procès-verbal établi par un certain Jean Badet pour vérifier l'authenticité des reliques de l'Apôtre Jacques. On interrogea des témoins sur l'origine historique, les signes de présence des reliques et leurs découverte. Les personnes rapportent qu'ils avaient entendu dire que Charlemagne avait rapporté ces reliques et qu'il avait fait construire l'église Saint-Jacques à Toulouse; "la teste" y avait été déposée sous un pilier "vers main droicte et aupres l'autel madame saincte Quiterie". L'empereur aurait fait peindre "la figure de la teste mons. saint Jacques ; et ...une coquille..."

La basilique mineure[modifier | modifier le code]

À la Révolution, le chapitre séculier de Saint-Sernin fut totalement supprimé. Mais la basilique ne fut ni modifiée ni saccagée. L'église fut un peu modifiée à l'époque gothique et à la Renaissance, puis une restauration est ordonnée au XIXe siècle et effectuée par Alexandre du Mège. Mais le résultat est médiocre et la restauration est poursuivie par Viollet-le-Duc. Il rétablit alors l'étagement supposé des toits des bas-côtés et de la nef principale qui aurait été supprimé au XIVe siècle (aucune source ne permet de connaître l'état initial antérieur au XIVe siècle). Viollet-le-Duc conçoit et dessine les restaurations, mais il ne suit que partiellement la réalisation, celle-ci étant faite par l’architecte Paul Abadie. À la fin du XXe siècle, la dégradation des restaurations a nécessité une nouvelle restauration. On a choisi de supprimer l'étagement de Viollet-le-Duc pour le remplacer par l'état du XIVe siècle. Saint-Sernin resta une « simple » église collégiale jusqu'en 1878, date à laquelle elle fut à nouveau consacrée et reçut le titre honorifique de basilique mineure par le pape Léon XIII.

Organisation de la basilique[modifier | modifier le code]

Comme la grande majorité des églises, la basilique est orientée d'Est en Ouest. Pour plus d'explication, se reporter à l'explication général des édifices églises. La basilique est construite en brique de Toulouse et en pierre blanche ou légèrement verdâtre. La pierre blanche est du calcaire extrait de carrières situées assez loin du chantier (comme par exemple Boussens). La pierre verdâtre est une marne qui était extraite directement des rives de la Garonne. L'extérieur est massif et dominé par le clocher octogonal pointant à 65 mètres de haut. Elle est organisée autour d'un transept assez imposant long de 65 mètres dont chaque bras possède deux absidioles orientées.

Plan[modifier | modifier le code]

Plan de la basilique Saint-Sernin
  1. Porte des Comtes
  2. Enfeu des Comtes
  3. Ancien portail de l'abbaye
  4. Porte Miégeville
  5. Portail occidental
  6. Emplacement de l'ancien cloître
  7. Chapelle Saint-Pierre
  8. Sacristie
  9. Chapelle du Crucifix
  10. Chapelle des âmes du purgatoire
  11. Chapelle de l'Immaculée Conception
  12. Chapelle Saint-Georges
  13. Chapelle Saint-Esprit
  14. Chapelle Saint-Martial, Saint-Cyr et Sainte-Julitte
  15. Chapelle Saint-Sylve
  16. Chapelle de la Vierge
  17. Chapelle Sainte-Germaine
  18. Maître-autel
  19. Peinture romane : Noli me tangere
  20. Cycle de la Résurrection
  21. Peinture représentant saint Augustin
  22. Restes de peintures : la crucifixion

Nef[modifier | modifier le code]

La nef est longue de 115 mètres. Elle est composée de 5 vaisseaux et son vaisseau principal est large de 8 mètres. La nef présente des tribunes sur les collatéraux. La hauteur de la voûte en plein cintre est de 21 mètres. Elle couvre la nef et le transept grâce à des contrebutées latérales constituées de voûtes en quart-de-cercle disposées au-dessus des tribunes. La croisée du transept est surmonté d'une coupole sur trompes juste en dessous du clocher. Les piliers centraux ont été de nombreuses fois renforcés pour soutenir le clocher qui a pris de l'élévation au cours des siècles. Ce renforcement casse légèrement les perspectives de la nef et du chevet.

Dans le collatéral nord se situe une série de bustes dédiés à Sainte Agathe, Saint Grégoire le Grand, Saint Phébade et Saint Vincent de Paul. C'est aussi à cet endroit qu'est installée la crèche de Noël.

Les orgues[modifier | modifier le code]

Orgues de la Basilique

Les grandes orgues de la basilique Saint-Sernin, réputées dans le monde entier, ont été achevées en 1889 par la maison Aristide Cavaillé-Coll. Inauguré le 3 avril 1889 par Alexandre Guilmant, l'instrument compte cinquante-quatre jeux répartis sur trois claviers et un pédalier (soit exactement 3 458 tuyaux). De nombreux tuyaux proviennent de l'orgue précédent, construit par Daublaine et Callinet. De 1992 à 1996, il est restauré par les facteurs d'orgue Jean-Loup Boisseau, Bertrand Cattiaux et Patrice Bellet.

I Grand-Orgue
Montre 16′
Bourdon 16′
Montre 8′
Gambe 8′
Bourdon 8′
Salicional 8′
Flûte harmonique 8′
Prestant 4′
Flûte octaviante 4′
Quinte 22/3
Doublette 2′
Fourniture V
Cymbale IV
Cornet V
Bombarde 16′
Trompette 8′
Clairon 4′
Clairon-doublette 2′
Trompette-en-chamade 8′
Clairon-en-chamade 4′
II Positif
Montre 8′
Cor de nuit 8′
Salicional 8′
Unda maris 8′
Prestant 4′
Flûte douce 4′
Carillon III
Trompette 8′
Basson-Hautbois 8′
Clairon 4′
III Récit expressif
Quintaton 16′
Diapason 8′
Flûte harmonique 8′
Viole de Gambe 8′
Voix céleste 8′
Flûte octaviante 4′
Octavin 2′
Cornet V 8′
Bombarde 16′
Trompette 8′
Basson-Hautbois 8′
Clarinette 8′
Voix humaine 8′
Clairon harmonique 4′
Pédale
Principalbasse 32′
Contrebasse 16′
Soubassse 16′
Grosse Flûte 8′
Violoncelle 8′
Flûte 4′
Contre Bombarde 32′
Bombarde 16′
Trompette 8′
Clairon 4′

Transepts[modifier | modifier le code]

Croisillon nord du transept.

Le transept de la basilique s'étend de la porte des Comtes aux chapelles du Sacré-Cœur et de Saint-Exupère, anciennement porte royale ouverte sur le monastère, au nord de l'église.

En face de la porte des comtes se trouvent, sur un des piliers, des pieds de Saint-Christophe sculptés et, sur la face orientale du transept Sud, les chapelles de Sainte-Germaine et de la Vierge Marie.

Dans la partie nord du transept se trouvent, à l'ouest, plusieurs fresques peintes dont un Agnus Dei au plafond et une représentation du cycle de la résurrection; à l'est, se situent la chapelle du Crucifix avec, en face de laquelle, au plafond, un agneau pascal supporté par huit anges ainsi que la chapelle des âmes du purgatoire.

Croisée du transept : Maître-autel, tombeau de Saint-Saturnin et chœur[modifier | modifier le code]

Le chœur de la basilique abrite le tombeau de Saint-Saturnin : un baldaquin de style baroque dans lequel se trouve une statue à la gloire du Saint, sa sépulture, ainsi qu'une représentation de son supplice dans un bas-relief de plomb doré . Ce tombeau, auquel participa notamment le sculpteur Marc Arcis a été réalisé entre 1718 et 1759[S 1].

Un clocher octogonal[modifier | modifier le code]

Juste au-dessus de la croisée du transept, où se trouve le maitre autel, se dresse un clocher de 67 mètres de haut et de forme octogonale. Il est constitué de 5 niveaux :

  • le niveau le plus bas est au niveau de la coupole et est constitué sur chaque face de deux baies aveugles couvertes d'arcs en plein cintre ;
  • les deux niveaux suivants, correspondant au beffroi, en léger retrait par rapport au précédent sont constitués de deux baies sur chaque face, également couvertes d'arcs en plein cintre ;
  • les deux niveaux suivants ont été bâtis dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Ils se caractérisent sur chaque face par deux fenêtres couvertes d'arcs en mitre ;
  • enfin, en 1478, une flèche fut construite en maçonnerie pour porter un globe terminal couronné par une croix ;
  • le clocher abrite un carillon composé de 18 cloches au clavier et 6 au banc du sonneur[8].

En 1862, le peintre Léon Soulié se suicida en se précipitant du clocher.

Déambulatoire[modifier | modifier le code]

Le transept est suivi d'un chevet à déambulatoire à chapelles rayonnantes. Ces chapelles sont le lieu d'exposition des reliquaires de l'abbaye. Le déambulatoire est décoré de sept bas-reliefs en marbre encastrés dans le mur, avec au centre un Christ encadré par un chérubins, un séraphin, deux apôtres et deux anges. Ils sont l'œuvre de Bernard Gilduin.

Chapelle du Crucifix[modifier | modifier le code]

Chapelle des âmes du purgatoire[modifier | modifier le code]

Chapelle de l'Immaculée Conception[modifier | modifier le code]

Chapelle Saint-Georges[modifier | modifier le code]

Chapelle Saint-Esprit[modifier | modifier le code]

Chapelle Saint-Martial, Saint-Cyr et Sainte-Juliette[modifier | modifier le code]

Chapelle Saint-Sylve[modifier | modifier le code]

Chapelle de la Vierge[modifier | modifier le code]

Chapelle Sainte-Germaine[modifier | modifier le code]

Crypte[modifier | modifier le code]

Sous l'abside se trouve une crypte renfermant le tombeau de saint Saturnin. Le sol de l'abside est d'ailleurs surélevé par rapport au niveau du déambulatoire où s'ouvrent deux passages permettant d'accéder à la crypte. Ces deux passages étaient utilisés pour la circulation des pèlerins, l'un servant d'entrée et l'autre de sortie. Le déambulatoire est décoré d'éléments liturgiques baroques.

Porte Miègeville[modifier | modifier le code]

Article détaillé : porte Miègeville.

Porte des Comtes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : porte des Comtes.

La communauté canoniale de Saint-Sernin[modifier | modifier le code]

À partir de 1083, après une brève période d'obédience monastique sous l'autorité des abbés de Cluny et de Moissac, la basilique devint une collégiale, c'est-à-dire une église tenue par un collège de chanoines réguliers dirigés par un prévôt, puis par un abbé.

L'adoption de la vie canoniale régulière doit être distinguée de celle de la règle de saint Augustin, plus tardive.

Depuis l'époque carolingienne, la vie communautaire semble avoir été réglée par la règle de Chrodegang de Metz.

En 1070 et 1076 encore, la vie régulière n'est pas réglée par une seule règle précise, mais se résume au principe de l'habitat commun. Guillaume de Cahors décide ainsi de "vivre canoniquement [sous la dépendance de Saint-Sernin] en conformité aux décrets des Pères, à savoir Augustin, Jérôme et les autres"[9].

En 1096, à l'occasion de la dédicace de l'abbatiale, Urbain précise les conditions de la vie régulière (mise en commun des biens, obligation de résidence, etc.), mais ne mentionne pas la nature de la règle, alors que le formulaire diplomatique de ses actes ne manque pas de le faire pour d'autres communautés.

Le 21 mars 1141, le pape Innocent II place la communauté sous la règle de saint Augustin[10].

En 1216, à la suite du concile de Latran IV, le pape Innocent III confirme les privilèges accordés par ses prédécesseurs et mentionne à nouveau la règle de saint Augustin.

Au cours du XIIIe siècle s'y ajoutèrent des "Statuts" encore inédits, connus par une copie tardive.

L'abbé de Saint-Sernin était à la tête d'un patrimoine immobilier considérable dans Toulouse et jusqu'au pied des Pyrénées qui le conduisit à de fréquents conflits avec l'évêque de Toulouse, dont la cathédrale Saint-Étienne, avait beaucoup moins de rayonnement que Saint-Sernin. La communauté s'agrandit et une abbaye fut construite autour de l'église.

À partir du milieu du XVe siècle, l'abbé régulier est remplacé par un abbé commendataire. Le 25 septembre 1526, une bulle pontificale ordonne la sécularisation de l'abbaye qui abandonne la vie régulière.

Disparition des bâtiments de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Bâtiment du musée Saint-Raymond.

Après la Révolution et avec l'abandon des bâtiments de l'abbaye, il est décidé de dégager la basilique et de rendre accessibles son parvis et ses différentes portes. Ce projet sera mis à exécution au début du XIXe siècle. De 1804 à 1808, le cloître de l'ancienne abbaye fut démantelé et quelques chapiteaux furent conservés et exposés au musée des Augustins. Puis, par expropriation et rachats, les bâtiments et édifices sont détruits tout autour de l'église sous l'impulsion de Jacques-Pascal Virebent, architecte en chef de la ville, afin de former une place elliptique. Le musée Saint-Raymond, ancien collège du même nom, primitivement un hôpital géré par l'abbaye, est le seul ancien bâtiment subsistant du complexe abbatial.

Prévôts de Saint-Sernin[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1119, l'abbaye n'est pas gouvernée par des abbés mais par des prévôts.

Abbés de Saint-Sernin[modifier | modifier le code]

Selon la Gallia christiana, t. 13,col. 94, l'institution abbatiale daterait de 1117. La liste de la Gallia christiana, est fautive et doit être corrigée par confrontation avec les archives subsistantes; voir notamment Histoire générale du Languedoc, t. 4/2, Toulouse, Privat, 1872, n. 103, p. 523-527.

Un lieu de savoir[modifier | modifier le code]

La troisième travée d'une galerie de la basilique, au-dessus du collatéral extérieur nord de l’édifice, abrite deux cartes du ciel, peintes au XIIIe siècle sans doute à des fins didactiques. La première carte, fort endommagée et difficilement lisible, permet de distinguer des cercles concentriques, des signes comme le vent, les nuages. Elle pourrait être une représentation du macrocosme et du microcosme montrant symboliquement l'interaction entre l'homme et l'univers[14].

La deuxième carte représente l'univers. La terre est divisée en trois continents : Europe, Afrique, Asie. Elle est au centre de l'univers figuré par douze cercles concentriques[15]. Cette représentation illustre la conception géocentrique héritée du modèle grec. Elle avait sans doute pour but de faire comprendre la structure de l'univers et le mouvement des planètes et des étoiles, tels que communément admis avant Copernic[16].

Références[modifier | modifier le code]

  • Quitterie et Daniel Cazes, Saint-Sernin de Toulouse : De Saturnin au chef-d’œuvre de l'art roman, éditions Odyssée,‎ 2008, 348 p. (ISBN 978-2909478234)
    (photographies de Michel Escourbiac)
  1. Cazes 2008, p. 18
  2. Cazes 2008, p. 20-43
  3. Cazes 2008, p. 44
  • Corinne Clément et Sonia Ruiz, Toulouse secret et insolite : Les trésors cachés de la ville rose, Les Beaux jours / Compagnie Parisienne du livre,‎ septembre 2007, 184 p. (ISBN 978-2-35179-015-1)
  1. Clément et Ruiz 2007, p. 27
  • Autres sources
  1. Georges Duby, Jean-Luc Daval, La sculpture, ..., page 276
  2. « Notice no PA00094524 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Patrice Cabau, "Opusculum de Passione ac translatione sancti Saturnini, episcopi Tolosanae civitatis et martyris". Edition et traduction provisoires" Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, Tome LXI, 2001, pp. 59-77
  4. "La Haute-Garonne, encyclopédie illustrée", Éditions Privat, page 280 (ISBN 2-7089-5811-9)
  5. L'église primitive accueillit aussi les reliques de Saint-Honest, jusqu'en 1526 où elles furent transférées à l'église Saint-Honest de Yerres.
  6. Bulle d'Urbain II, de 1096, en faveur des chanoines de Saint-Sernin, cf. PL 151, 479-480 : « quoniam largiente Domino beati Saturnini ecclesiam nostris manibus consecravimus et sanximus et sancimus ne [...] ... in ecclesiae dedicatione nobis praesentibus..."
  7. http://books.google.fr/books?id=4-ZZAAAAYAAJ&pg=PA690 Lettres patentes de Louis XI, Toulouse, le 6 juin 1463
  8. Carillon de la basilique
  9. C. Douais éd., Le cartulaire de saint Sernin, § 295, p. 210 : "...Deliberavi ibi canonice vivere, secundum patrum decreta, id est Augustini, Ieronimi, et ceterorum." ; voir aussi § 293
  10. Douais, Le cartulaire de Saint-Sernin, Toulouse, 1887, p. 481 §6: "In primis si quidem statuentes ut ordo canonicus secundum beati Augustini regulam perpetuis ibi temporibus inviolabiliter conservetur."
  11. Note 102 à Claude de Vic, Joseph Vaisseyte, Histoire générale de Languedoc, t. 4/2, Toulouse, 1872, p. 525 : « XVII kal. decembris obiit Amelius abbas Sancti Sernini ») et non 3.12.1337, date de la désignation de son successeur Jean des Prés (Eubel).
  12. Gallia christiana, t. 13, col. 97
  13. Pour la date de décès, cf. extrait du nécrologe de Saint-Étienne de Toulouse, dans Paris, BnF, Coll. Baluze, vol. 75, fol. 197v. Nota bene : Contrairement à ce qu'affirme la Gallia Christiana, Bernard de Rozergue ou de Rozier n’a jamais été abbé de Saint-Sernin comme l’atteste un ajournement au parlement de Toulouse en 1476 qui montre que Jean Jouffroy a immédiatement succédé à Jean de Juniac; voir Gaspard Caussé, « Un document inédit sur l’abbaye de Saint-Sernin », Mémoires de la Société archéologique du midi de la France, 8 (1861-1865), p. 399-498, ici p. 407.
  14. http://www.societes-savantes-toulouse.asso.fr/samf/geo/31/toulouse/stsernin/bducou98.htm
  15. http://www.musees-midi-pyrenees.fr/encyclopedie/themes/patrimoine-et-techniques/deux-cartes-du-ciel-a-la-basilique-saint-sernin-a-toulouse-une-representation-unique-au-monde/
  16. film réalisé à l'occasion d'une exposition

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Quitterie et Daniel Cazes, Saint-Sernin de Toulouse : De Saturnin au chef-d’œuvre de l'art roman, éditions Odyssée,‎ 2008, 348 p. (ISBN 978-2909478234)Document utilisé pour la rédaction de l’article
    (photographies de Michel Escourbiac)
  • Célestin Douais éd., Cartulaire de l'abbaye de Saint-Sernin de Toulouse (844-1200), Paris, Toulouse, Picard, Privat, 1887
  • Pierre et Thérèse Gérard éds., Cartulaire de Saint-Sernin de Toulouse, 4 vol., Toulouse, 1999
  • Patrice Cabau, « Les évêques de Toulouse (IIIe ‑ XIVe siècles) et les lieux de leur sépulture », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, 59 (1999), p. 123-162
  • Saint-Sernin de Toulouse. Basilique romane de Jean Rocacher, Mosé Biagio Moliterni, Éditions Privat, (ISBN 2708990748).
  • Henri Pradalier, Saint-Sernin gothique, Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, tome 63, 2003, p. 89-108. [1]
  • Henri Pradelier, Saint-Sernin de Toulouse au Moyen Âge, p. 256-301, dans Congrès archéologique de France. 154e session. Monuments en Toulousain et Comminges. 1996, Société Française d'Archéologie, Paris, 2002
  • Marcel Aubert, Saint-Sernin, p. 9-68, dans Congrès archéologique de France. 92e session. Toulouse. 1929, Société Française d'Archéologie, Paris, 1930
  • Marcel Durliat, Haut-Languedoc roman, La Pierre-Qui-Vire, éditions Zodiaque, coll. « la nuit des temps » (no 49),‎ 1978, p. 47-137.
  • Abbé Jean Rocacher, Saint-Sernin, éd.Zodiac, 1982, 96. p.Nomb.Ill.

Liens externes[modifier | modifier le code]