Jean Galéas Visconti

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Jean Galéas Visconti
Jean Galéas Visconti, illustration du XIXe siècle
Jean Galéas Visconti, illustration du XIXe siècle

Titre Seigneur puis Duc de Milan
(6 mai 13853 septembre 1402)
Prédécesseur Barnabé Visconti
Successeur Jean Marie Visconti
Gouvernement militaire 11 mai 1395 (créé duc de Milan)
Biographie
Dynastie Visconti
Naissance 16 octobre 1351
Milan
Décès 3 septembre 1402
Milan
Père Galéas II Visconti
Mère Blanche de Savoie
Conjoint Isabelle de Valois
Catherine Visconti
Enfants Valentine d'Orléans
Jean Marie Visconti
Philippe Marie Visconti
Carte de l'Italie du Nord en 1402.
  •      Archiduché d'Autriche
  •      Comté de Gorizia
  •      Comté de Nice
  •      Comté de Provence
  •      Comté de Savoie
  •      Diocèse de Coire
  •      Diocèse de Trente
  •      Duché de Milan
  •      États Pontificaux
  •      Marquisat de Ferrare
  •      Marquisat de Malaspina
  •      Marquisat de Mantoue
  •      Marquisat de Monferrat
  •      Marquisat de Saluces
  •      Patriarcat d'Aquilée
  •      République de Florence
  •      République de Gênes
  •      République de Venise
  •      Royaume de France
  •      Royaume de Naples
  •      Royaume de Sicile
  •      Signoria de Ravenne
  •      Signoria de Rimini
  •      Signoria d'Urbino
  •      Valais
  •      Autres États

Jean Galéas Visconti, en italien Gian Galeazzo Visconti, est un noble italien né à Milan (région de Lombardie en Italie) le 16 octobre 1351 et mort le 3 septembre 1402 à Melegnano, qui devint seigneur de Milan en 1385 et en fut le premier duc en 1395.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était le fils de Galéas II Visconti et de Blanche de Savoie. En juin 1360, l'année de ses neuf ans, son père lui fait épouser Isabelle de Valois, âgée de douze ans, fille du roi de France Jean II le Bon, mariage[1] qui consacre l'union entre Galéas II et la famille royale française[2]. Jean Galéas devient ainsi comte de Vertus (de la cité de Vertus en Champagne), titre créé par Jean II et apporté en dot par son épouse.
L'union, assurément ultérieure, est prolifique mais ne dure guère :

  • leur premier enfant Jean Galéas naît le 4 mars 1366 et meurt en 1373, âgé de sept ans,
  • le second Azzone naît en 1368 et meurt le 2 octobre 1380, âgé de 12 ans,
  • Valentine naît en 1370 ou 1371* le dernier, Carlo naît en septembre 1372 et meurt bébé ; cependant, la mère, Isabelle, meurt des suites de l'accouchement le 11 septembre 1372, âgée de seulement 24 ans.

Le père de Jean Galéas était co-seigneur de Milan avec son frère Barnabé. À la mort de son père, le 4 août 1378, son oncle Barnabé lui concède le gouvernement de la partie occidentale de la Lombardie mais, se considérant seul seigneur de Milan, il désigne ses deux fils Ludovico et Rodolfo comme ses héritiers en mars 1379.

Jean Galéas demande à l'empereur Venceslas Ier la charge de vicaire impérial à la suite de son père, charge qui lui est concédée en janvier 1380. Barnabé néglige cette formalité et reste seul au pouvoir.

Le 2 octobre 1380, pour satisfaire les projets de son oncle, Jean Galéas épouse sa cousine Catherine, fille de Barnabé. En 1385, aidé par sa mère Blanche, Jean Galéas met au point un coup d'État au détriment de son oncle beau-père.

Le 6 mai 1385, avec Jacopo dal Verme, Ottone di Mandello et Giovanni Malaspina et à la tête d'une troupe de 500 lances, il fait prisonnier Barnabé et ses deux fils Ludovico et Rodolfo et les enferme dans le château de Porta Giovia et prend le pouvoir. Barnabé meurt en prison, le 19 décembre 1385, empoisonné par les soins de Jean Galéas. Jean Galéas a attendu plus de six ans pour se venger des brimades de son oncle.

Le 7 mai, Jean Galéas se rend à la forteresse de la Porte Romaine (Porta Romana). Le Conseil général lui confère le pouvoir sur la cité et du 8 au 14 mai, il occupe toutes les villes du fief. Seules les forteresses résistent plus longtemps.

Dès lors, ses ambitions n'ont plus de limites : en 1387, il soumet Vicence et Vérone ; en 1390, c'est Padoue qui est annexée ; le 11 mai 1395 il obtient de l'empereur Venceslas Ier l'élévation au titre de duc contre 100 000 florins d'or  ; ses prétentions de soumettre toute l'Italie du Nord le lancent ensuite à la conquête de Pise, Pérouse, Assise et Sienne.

Florence, qui se sent directement menacée par les Visconti, arme une ligue qui met un terme à ses projets pan-italiens.

Jean Galéas est resté dans l'histoire pour sa folie des grandeurs. Il dépensa, par exemple, 300 000 florins d'or dans de gigantesques travaux d'endiguements pour dévier à son profit le Mincio de Mantoue et la Brenta de Padoue et enlever ainsi tous leurs moyens de défense à ces deux villes. C'est aussi à Jean Galéas que l'on doit l'église et le monastère de la Certosa à Pavie[3], le début des travaux d'édification de la cathédrale (il Duomo), faisant appel aux meilleurs artistes disponibles en Europe, ainsi que le château de Pavie commencé sous son père Galéas II et achevé par ses soins. Ce palais était alors, de loin, la plus splendide résidence princière d'Europe. Il y transféra sa célèbre bibliothèque et sa grande collection de reliques sacrées en lesquelles il avait une foi tout à fait particulière.

Avant de mourir, Jean Galéas partagea l'État entre ses fils, laissant à Jean Marie le duché, à Philippe Marie le comté de Pise et à Gabriel Marie, un enfant naturel, la seigneurie de Pise.

Il succomba à l'épidémie de peste de 1402, dans le château de Melegnano, laissant les caisses de l'État exsangues et une veuve en sérieuses difficultés financières. Après sa mort, l'état autoritaire qu'il avait maintenu avec toutes sortes de violences partit rapidement en pièces.

Descendance[modifier | modifier le code]

De son union avec Isabelle de Valois naquirent quatre enfants :

  • Jean Galéas (1366-1373), mort âgé de sept ans,
  • Azzone (1368-1380), mort âgé de 12 ans,
  • Valentine (ca. 1366-1408),
  • Carlo (1372-1372), mort en bas âge

De son union avec Catherine naquirent deux fils :

Il eut également un fils naturel, Gabriel Marie, avec sa maîtresse Agnès Mantegazza.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce mariage a comme fâcheuse conséquence la lutte de succession, à partir de 1447, à laquelle participe Charles d'Orléans, leur petit-fils.
  2. La France est, à l'époque, en grave crise économique en raison de la guerre de Cent Ans.
  3. Pour de plus amples informations et d'autres images sur la chartreuse de Pavie, consulter l'article (it) Certosa di Pavia sur la Wikipédia italophone.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]