Sainte Épine

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La Sainte Épine est, selon la tradition chrétienne, une épine de la Sainte Couronne posée sur la tête du Christ avant sa crucifixion. Cet instrument de la Passion fait partie des reliques attribuées à Jésus. Plusieurs centaines de sanctuaires ont revendiqué ou revendiquent en posséder une[1].

Traditions de Saintes Épines[modifier | modifier le code]

Dans la chapelle des reliquaires de la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem, celui des deux épines est en haut à droite.

Alors que les inventiones de reliques sont souvent réalisées à des moments cruciaux pour les communautés monastiques ou cathédrales, leur permettant de « sortir de difficultés financières, de réaffirmer le pouvoir d'un évêque, de défendre le bien-fondé d'une réforme, etc. », des Saintes Épines ont généralement été des dons servant aussi bien les sanctuaires (reliques qui favorisent les pèlerinages) que les intérêts d'individus, de grandes familles ou de communautés privées qui cherchent à se les approprier pour leurs usages apotropaïques[2].

Les sanctuaires suivants ont revendiqué ou revendiquent en posséder une selon des traditions souvent pluriséculaires (parfois datant seulement du XIXe siècle, lors de la période de « recharge sacrale ») : celle de la Cathédrale Saint-Maurice d'Angers, don de Pierre d'Avoir, seigneur de Château-Fromond en 1390, était une simple épine mise en contact (relique « secondaire » ou de contact ) avec la Sainte Couronne de Paris[3] ; branche d'épines dans la cathédrale de Trèves[4], une épine dans la cathédrale d'Autun ainsi que deux épines dans le grand séminaire de la ville[5], parcelles d'une épine dans l'église Sainte-Madeleine de Besançon[5], une épine dans l'église Sainte-Croix de Bordeaux, l'église Saint-Georges de Bourbon-l'Archambault, la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles et le couvent des Dominicains de Carpentras[6]. Charles le Chauve, en 877, fit don de quatre épines de la Sainte Couronne à l'abbaye Saint-Corneille de Compiègne[7]. Florence en a reçu 27, notamment à la Basilique Santa Croce et à la cathédrale Santa Maria del Fiore[8] ; une épine dans l'église Saint-Michel de Gand, une dans le trésor de la Basilique Notre-Dame-de-Bonne-Garde de Longpont-sur-Orge, quatre dans la basilique Saint-Ambroise[9] ; trois épines dans la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan, dix-neuf à Rome dont deux[10] dans la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem et deux dans la basilique Saint-Pierre[11], une épine dans l'église de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes[12], une dans la cathédrale d'Andria[13] et une dans la basilique Saint-Sernin de Toulouse[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Rohault de Fleury, Mémoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-C., Lesort, , p. 212-221
  2. Michèle Gaillard, « Les Reliques. Objets, cultes, symboles », Médiévales, vol. 20, no 40,‎ , p. 168-169
  3. Pierre Dor, Les reliquaires de la Passion en France du Ve au XVe siècle, Centre d'archéologie et d'histoire médiévales des établissements religieux, , p. 226
  4. Charles Rohault de Fleury, Mémoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-C., Lesort, , p. 213
  5. a et b Charles Rohault de Fleury, Mémoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-C., Lesort, , p. 215
  6. Charles Rohault de Fleury, Mémoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-C., Lesort, , p. 216
  7. Charles Rohault de Fleury, Mémoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-C., Lesort, , p. 217
  8. Charles Rohault de Fleury, Mémoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-C., Lesort, , p. 218
  9. Charles Rohault de Fleury, Mémoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-C., Lesort, , p. 219
  10. Reliquaire exposant les deux épines
  11. Charles Rohault de Fleury, Mémoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-C., Lesort, , p. 220
  12. Charles Rohault de Fleury, Mémoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-C., Lesort, , p. 221
  13. [1]
  14. Charles Rohault de Fleury, Mémoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-C., Lesort, , p. 222

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Articles connexes[modifier | modifier le code]