Louison Bobet

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Louison Bobet
Louison Bobet (1951).jpg

Louison Bobet lors du Tour de France 1951.

Informations
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 58 ans)
BiarritzVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Frère
Équipes professionnelles
1947 Stella
1948-1949 Stella - Dunlop
1949 Bianchi - Ursus
1950 Stella - Dunlop
1950 Guerra - Ursus
1951 Stella - Dunlop
1951 Bottecchia - Ursus
1952 Stella - Huret
1952 Tebag
1952 Bottecchia
1953 Stella - Wolber - Dunlop
1953 Bottecchia
1954 Stella - Wolber - Dunlop
1954 Bottecchia
1955 Mercier - A. Leducq
1956-1957 L. Bobet - BP - Hutchinson
1957 Mercier - BP - Hutchinson
1957 Velo Club Bustese
1958-1959 L. Bobet - BP - Hutchinson
1959 Mercier - BP - Hutchinson
1960 L. Bobet - BP - Hutchinson
1961 Ignis
1962 Margnat - Paloma
Principales victoires
Avenue Louison Bobet au Touquet-Paris-Plage

Louison Bobet, Louis Bobet à l’état civil, est un ancien cycliste français né le à Saint-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine) et décédé le à Biarritz. Surnommé « Le Boulanger de Saint-Méen », il a remporté trois fois le Tour de France entre 1953 et 1955, égalant alors le record du Belge Philippe Thys lauréat en 1913, 1914 et 1920. Il a été aussi champion du monde sur route en 1954 et vainqueur de Paris-Roubaix en 1956.

Marié à Christiane, Louison Bobet eut deux enfants : Maryse et Philippe[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa jeunesse[modifier | modifier le code]

Louison Bobet, de son vrai nom Louis Pierre Marie Bobet[2], naît le 12 mars 1925 à Saint-Méen-le-Grand, en Ille-et-Vilaine, où ses parents tiennent la boulangerie familiale. Son père est un passionné de sport et en exerce régulièrement mais il ne pratique pas le cyclisme . C'est pourtant lui qui fait monter son fils pour la première fois sur un vélo, à l'âge de 30 mois. Louison Bobet participe au fonctionnement de la boulangerie dès l'âge de dix ans et effectue ses premières tournées à vélo pour livrer le pain à la clientèle. À douze ans, après l'obtention de son certificat d'études, il reçoit son premier vélo de course[3]. C'est sur ce vélo qu'il dispute sa première course, en 1938, alors que se tient à Saint-Méen-le-Grand le Premier pas Dunlop, une épreuve dédiée aux jeunes coureurs de 16 à 18 ans et licenciés à l'Union vélocipédique de France. Bien que n'ayant pas l'âge requis et n'étant pas licencié, Louison Bobet prend le départ de la course sans dossard et l'achève à la 17e place. Par la suite, il participe occasionnellement à des courses de villages et ne considère le cyclisme que comme un loisir. Son père l'incite à pratiquer d'autres sport et l'entraîne tantôt au tennis de table, un sport dans lequel Louison Bobet devient l'un des meilleurs juniors français et remporte le titre de champion de Bretagne, tantôt au football[4].

En raison de la mobilisation des soldats pour la Seconde Guerre mondiale, les ouvriers boulangers se font rares et Louison Bobet est engagé dès l'âge de quatorze ans par son père comme brigadier. Il apparaît souvent affaibli car, encore adolescent, il n'a pas encore les qualités physiques que requiert le travail en boulangerie : il doit par exemple soulever fréquemment des sacs de farine de 100 kg[4]. Bien qu'il n'effectue que de rares sorties à vélo, Louison Bobet se passionne alors peu à peu pour le cyclisme. Il suit les différentes épreuves dans la presse ou à la radio et assiste parfois à des courses régionales. Il s'initie également à la mécanique en portant une attention particulière à l'entretien de son vélo de course[5].

Premières performances[modifier | modifier le code]

Louison Bobet se tourne vers le cyclisme sous l'influence de son oncle Raymond, président d'un club cycliste à Paris et qui pense alors que son neveu présente des dispositions intéressantes en vue d'une carrière cycliste[6]. Il commence sa carrière chez les juniors en terminant à la 6e place du Premier pas Dunlop couru à Montluçon en 1943, dont le vainqueur est Raphaël Géminiani[7], qui deviendra des années plus tard son coéquipier dans le Tour de France.

Pendant les derniers mois de l'Occupation, il devient FFI, transportant des messages pour la Résistance, et intègre l'armée du 41e régiment d'infanterie après le débarquement allié de 1944[8]. Démobilisé en octobre 1945, il reprend alors l'entraînement puis la compétition. Battu d'un rien lors du championnat de Bretagne, il remporte le titre de champion de France amateur le 11 août 1946 à Vincennes[9]. Il gagne cette même année le Prix de Carnac[10].

La carrière du champion (1947-1962)[modifier | modifier le code]

Il est cycliste professionnel de 1947 à 1962, enregistrant cent vingt-deux victoires durant cette période. Au début de l'année 1947, Louison Bobet séjourne comme bon nombre de coureurs pendant deux semaines sur la Côte d'Azur afin de préparer sa première saison professionnelle[11]. Il se révèle au grand public lors des Boucles de la Seine. Il s'échappe en début de course au sein d'un groupe d'une quinzaine de coureurs, parmi lesquels le champion de France Louis Caput. Le rythme soutenu entraîne la défaillance de certains coureurs. Ils ne sont plus que sept en tête après la ravitaillement de Vernon, puis quatre au pied de la côte de Meulan. Louison Bobet attaque une première fois, puis une seconde afin de décrocher Louis Thiétard, le dernier coureur à le suivre. Il se retrouve seul en tête alors qu'il reste 70 kilomètres à parcourir. Louison Bobet ne faiblit pas et remporte une victoire de prestige sur le vélodrome Buffalo avec près de six minutes d'avance sur Lucien Teisseire, deuxième de la course[12].

Outre le maillot de l’équipe de France qu’il porte au Tour de France ou aux championnats du monde, il est membre de plusieurs équipes : Stella de 1948 à 1955, Mercier de 1955 à 1960 puis Ignis en 1961.

Louison Bobet possède le plus beau palmarès du cyclisme français derrière Bernard Hinault et Jacques Anquetil. Avec Fausto Coppi, il domine son sport dans la première moitié des années 1950, période que beaucoup considèrent comme l'âge d'or de la petite reine[13].

Son premier Tour de France en 1947, comme coéquipier de René Vietto, se termine par un abandon dans la vallée du Guil, après neuf étapes.

Dès l'édition suivante en 1948, il brille au meilleur niveau. Il endosse le premier maillot jaune de sa carrière après une échappée de 240 km lors de la troisième étape Dinard-Nantes remportée par Guy Lapébie. Il gagne ensuite à Biarritz — où il récupère la tunique de leader — et à Cannes et ne perd le maillot jaune au profit du futur vainqueur Gino Bartali, que lors de la 14e étape Briançon-Aix les Bains. Il finit quatrième au général. Alfredo Binda, le directeur technique italien dira : « Si je l'avais dirigé, c'est lui, Bobet, qui aurait gagné le Tour ». Tout s'est pourtant passé, en pratique, comme si l'équipe de France n'avait pas cru à sa possible victoire : elle n'a pas su, ou pas voulu, le reconnaître à temps comme son leader.

Au Tour de France 1949, après dix jours de course, il abandonne en compagnie de quatre coéquipiers entre Saint-Sébastien et Pau, souffrant d'un anthrax à la cuisse.

En 1950, maillot tricolore sur les épaules, il gagne l'étape de Briançon avec un premier passage en tête au sommet de l'Izoard, empoche le Prix du meilleur grimpeur et monte sur la troisième marche du podium derrière Ferdi Kübler et Stan Ockers. En 1951, il ne termine que vingtième, malgré un succès dans la 17e étape Montpellier-Avignon. Il déclare forfait en 1952, souffrant d'une induration.

Champion populaire et courageux dans l'effort, Louison Bobet arrive à ses fins en 1953, en remportant le Tour de France à sa sixième tentative, malgré l'absence de Fausto Coppi. Il bâtit son succès dans l'étape Gap-Briançon en lançant une offensive dans le col de Vars où il lâche Gilbert Bauvin, et termine son récital dans le col d'Izoard. En 1954, la même escalade lui permettra à nouveau de remporter l'étape de Briançon et de consolider définitivement sa première place au classement général devant le Suisse Ferdi Kübler.

Triple vainqueur du Tour de France de 1953 à 1955 (cette année-là, il gagne l'étape reine du Mont-Ventoux), champion du monde sur route à Solingen en Allemagne en 1954, il est également l'auteur du doublé Milan-San Remo-Tour de Lombardie en 1951 et lauréat du Tour des Flandres en 1955 et de Paris-Roubaix en 1956. Louison Bobet remporte aussi deux années de suite le titre national sur route à Montlhéry au sud de Paris, en 1950 et 1951. Dans l'exercice du chronomètre, il gagne le Grand Prix des Nations en 1952, mais échoue dans sa tentative de battre le record de l'heure détenu par Fausto Coppi. Enfin, outre le Giro, il brille dans d'autres courses par étapes comme Paris-Côte d'Azur en 1952 et le Critérium du Dauphiné libéré en 1955. Son dernier grand succès est Bordeaux-Paris en 1959.

Louison Bobet a participé à 4 Tour d'Italie. En 1951, il s'échappe avec Coppi lors de la première étape des Dolomites Trieste - Cortina d'Ampezzo et le bat au sprint, remporte le Grand Prix de la montagne et termine septième au général. En 1954, il abandonne. Mais c'est en 1957 que sa déception est la plus grande. Louison Bobet y échoue pour 19 secondes derrière Gastone Nencini, alors que, maillot rose 7 jours et vainqueur de la 15e étape (Saint-Vincent - Sion), il a souvent dominé le champion italien. Certes, à la différence de son rival, il n'a bénéficié dans les cols ni de poussettes des tifosi ni de la collaboration de l'ange de la montagne, le Luxembourgeois Charly Gaul. Enfin, il termine quatrième de l'édition 1958 du Giro.

Après une septième place dans le Tour de France en 1958, il participe l'année suivante à sa dernière Grande Boucle. Il craque une première fois sur la route d'Aurillac dans la côte de Montsalvy puis abandonne quelques jours plus tard lors de la 18e étape, au sommet du col de l'Iseran.

Comme beaucoup d'autres champions cyclistes, il dira ne pas souhaiter que son fils Philippe tente de le devenir à son tour, « trop dur » disait-il.

La reconversion dans la thalassothérapie[modifier | modifier le code]

Le 15 décembre 1961, de retour de Bruxelles avec son frère Jean, Louison Bobet est victime d'un grave accident de la route. Pendant sa rééducation, il est soigné durant deux semaines par le docteur René Bagot à l'institut de thalassothérapie de Roscoff. À l'issue de sa convalescence, il tentera de retrouver son niveau sportif d'avant l'accident, période au cours de laquelle il sera suivi par les reporters de l'émission Les Coulisses de l'exploit pour un sujet réalisé par Robert Chapatte.

Il est contraint de mettre un terme à sa carrière professionnelle le 10 août 1962. Surpris par les résultats de l’eau de mer sur son organisme après sa cure, Il accepte une proposition de partenariat avec le Docteur Raymond Denniel - pionnier des médecines naturelles qui avait conçu et était en train de faire construire le premier centre moderne de thalassothérapie à Quiberon, à la pointe de Goulvars ; il devient le premier directeur de ce Centre et, par son travail remarquable à ce poste, il assurera rapidement la renommée de l'Institut. L'institut ouvre ses portes le 15 avril 1964 et est inauguré officiellement le 11 mai 1964. Le monde de la politique, des arts, du spectacle et des lettres se précipite alors à Quiberon. Dans la foulée de ce succès, deux autres centres vont être construits : l'un à Biarritz puis un second à Marbella en Espagne qui ouvrira ses portes peu de temps après le décès du champion.

Par ailleurs, Louison Bobet reste un suiveur assidu de son sport, s'enthousiasmant notamment de la victoire de Bernard Thévenet sur Eddy Merckx au Tour 1975 ou du succès de Bernard Hinault dans Paris-Roubaix en 1981. Mais la maladie le rattrape. Il meurt d'un cancer au lendemain de son 58e anniversaire, le 13 mars 1983 à Biarritz. Il est inhumé à Saint-Méen.

La postérité de Louison Bobet[modifier | modifier le code]

Une stèle à sa mémoire, à côté de celle de Fausto Coppi, se trouve au lieu-dit la Casse Déserte dans le col d'Izoard, ascension où il a tant brillé dans les Tours 1950, 1953 et 1954.

Un musée le concernant a été créé en 1994 dans sa commune natale de Saint-Méen-le-Grand, rue de Gaël. Celui-ci a été entièrement rénové en 2013 et porte désormais le nom Espace Tous à Vélo avec Louison Bobet - Site Officiel. «L’ancien musée montrait la vie de Louison Bobet, le nouveau la raconte», déclarait Jean Bobet, son frère, lors de l'inauguration le 6 juillet 2013, en présence de Maryse et Philippe (les enfants de Louison) et de Mado (Madeleine, sa sœur).

Le nouvel espace scénographique retrace la carrière du cycliste breton au travers de différentes photos. Tous les maillots que Louison Bobet a porté sont exposés ainsi que différents accessoires utilisés par le champion. Des écrans permettent de refaire les courses auxquelles Louison a participé. Lorsqu’il avait pris sa retraite sportive, Louison Bobet avait alors déclaré «Je ne serai plus dans les pelotons mais nous communiquerons par la pensée, j’en suis certain». Grâce à ce musée, c’est chose faite.

En juillet 2015, à l'occasion du passage du Tour de France par Saint-Méen-le-Grand, une fresque monumentale à son effigie est réalisée par l'artiste Frédéric Gracia sur le fût d'un château d'eau à l'entrée de la ville.

Louison Bobet représenté sur le château d'eau de Saint-Méen-le-Grand, ville natale du champion cycliste. Fresque réalisée par l'artiste Frédéric Gracia

Son frère Jean Bobet, de cinq ans son cadet, remporta Paris-Nice en 1955, Gênes-Nice en 1956, le Circuit du Morbihan en 1953, et fut troisième de Milan-San Remo en 1953. Il a été également journaliste à L'Équipe.

Surnoms[modifier | modifier le code]

Le sport cycliste regorge de surnoms et le triple vainqueur du tour n'y échappe pas. Parmi les plus connus, il y a "Louison" ou "le Boulanger de Saint-Méen". De son côté, Raphaël Géminiani a appelé le champion breton "La Babette", "la Pleureuse" ou "Zonzon" car il ne supportait pas d'entendre Louison Bobet se plaindre pour des raisons parfois imaginaires. Jean Robic, pour les mêmes raisons, le surnommait "Louisette Bonbon".

Anecdotes[modifier | modifier le code]

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Louison Bobet, superstitieux, est fasciné par le numéro 41. Avant chaque course, il se renseigne pour savoir qui porte cette chasuble. Le 41 a une signification particulière pour lui car il a obtenu sa première victoire de cycliste en 1941 dans une course locale. Et enfin, parce qu'il a été incorporé au 41e régiment d'infanterie avant de s'installer à Fontenay-sous-Bois, au 41 de la rue Roublot…

Comme Fausto Coppi, Louison Bobet est l'un des premiers coureurs à employer un soigneur personnel, un physiothérapeute de Saint-Brieuc appelé Raymond Le Bert. Ce dernier, tout en demeurant soigneur du Stade rennais, était devenu à la fois son soigneur, son secrétaire et son chauffeur[14].

Au cours du Tour de France 1953, lors de l'ascension de l'Izoard où il construit sa première victoire, Bobet doit ses derniers coups de reins aux encouragements de prestigieux spectateurs-surprise : Fausto Coppi et la "Dame blanche" lui apportent un soutien moral décisif à l'approche du sommet, avec l'ancien champion d'Italie Renato Novaretti et les frères Roman (cf. "l'Équipe" du 23 07 1953).

Lors du Tour de France 1955, l'équipe tricolore reçoit des lettres mystérieuses annonçant de grands dangers pour les coureurs. D'après l'auteur anonyme (le corbeau) de ces missives, Louison Bobet risque de chuter dans la descente du col d'Aubisque. Apeuré par ce mauvais présage, le coureur français passe son temps à freiner. Son frère Jean racontera plus tard : « Il avait le corbeau sur le porte-bagage tout au long de la descente de l'Aubisque ».

Le Belge Philippe Thys, trois fois vainqueur de la Grande Boucle en 1913, 1914 et 1920, alors âgé de 64 ans en 1955, a accompli un tour d'honneur avec Louison Bobet au Parc des Princes, pour le féliciter de l'avoir rejoint comme triple vainqueur du Tour.

Louison Bobet a publié en 1959 dans la collection Bibliothèque verte un livre pour enfants intitulé Champion cycliste.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Christiane Tardiff, née le 4 novembre 1922 à Locoal-Mendon dans le Morbihan, travaille au magasin l'Économat, tenu par ses parents dans cette même ville. En 1945, Louison Bobet, qui est alors stationné dans la commune au 41e régiment d'infanterie pour contenir la poche de Lorient, fait sa rencontre en allant régulièrement au magasin. Ils se marient en 1946 et ont deux enfants, Maryse et Philippe[15].

Style[modifier | modifier le code]

« Le plus grand perfectionniste que le cyclisme français ait connu. »

— Jean-Paul Ollivier[16]

Selon le journaliste Jacques Augendre, Louison Bobet est un coureur « exemplaire par sa conscience professionnelle, son ambition, son courage, son panache, mais également par son éducation, sa discipline de vie et son esprit chevaleresque. Au nombre des qualités de cet homme courtois et distingué, il ajoute la volonté, la persévérance et une forme de patience qui s'est accommodée d'un caractère impulsif.[16] » Pierre Chany souligne que Louison Bobet « était devenu l'archétype du coureur complet et parvint à s'imposer aux champions de cette haute époque du cyclisme, après avoir subi durant plusieurs années, sans aucun découragement, la férule des Coppi, Bartali, Kubler, Koblet, Van Steenbergen, autant de « monstres sacrés » auxquels il s'identifia et finit par imposer sa loi, s'assurant leur estime[17]. » À ce titre, Gino Bartali affirme que « Bobet a été le meilleur de [ses] adversaires dans le Tour de France[16]. »

Louison Bobet mesurait 1,79 mètre et pesait de 70 à 74 kg pendant la saison cycliste et de 77 à 80 kg pendant l'intersaison[18]. Inspiré par les idées novatrices apportées par les coureurs italiens et plus particulièrement Fausto Coppi sur la diététique et les méthodes d'entraînement, Louison Bobet prend conscience de la nécessité de suivre une préparation méticuleuse pour atteindre ses objectifs. Il se place ainsi sous la houlette d'un masseur, Raymond Le Bert, qui a également occupé le poste de masseur de l'équipe de football du Stade rennais. Les deux hommes se sont rencontrés sur le Tour de l'Ouest en 1946 par l'intermédiaire de l'ancien coureur Paul Le Drogo. À partir de 1948, Raymond Le Bert suit quotidiennement son coureur et lui permet d'accroître ses facultés de récupération et de stabiliser son poids. Il apporte également un soutien psychologique à Louison Bobet[19].

Bien que Louison Bobet ait souvent remporté des courses par étapes, comme en atteste ses deux victoires dans le Tour de France, les classiques semblent mieux lui correspondre selon son frère Jean, également coureur cycliste : « La course d'un jour répondait exactement aux qualités de Louison. Hypernerveux, il jetait toutes ses forces d'un coup dans la bataille. Quand il gagnait, il gagnait par K.-O. Intelligent en course, il saisissait toutes les subtilités, devinait la tournure des évènements. Concentré, il s'attachait à tous les détails, jaugeait ses forces et celles de ses rivaux. Il aimait les classiques[20]. »

La rivalité entre Louison Bobet et Jean Robic, tous les deux bretons et vainqueurs du Tour de France, marque la carrière du champion. Pour Jacques Augendre, Louison Bobet est d'ailleurs la « bête noire » de Jean Robic : « Leur rivalité, entretenue par des déclarations assassines et la presse qui trouvait là un sujet inépuisable, domina la première moitié des années 1950. Elle fut d'autant plus attractive que les deux adversaires avaient du talent, de la personnalité et un sens journalistique contrasté. Bobet donnait dans la séduction et Robic dans la provocation : « Nous sommes bretons tous les deux, mais je suis un Breton authentique alors que Bobet est un Breton de l'extérieur. » Bobet répondait courtoisement aux journalistes, des « emmerdeurs » selon son rival qui leur reprochait « de poser des questions stupides et d'écrire n'importe quoi »[21]. »

Palmarès[modifier | modifier le code]

Palmarès année par année[modifier | modifier le code]

Résultats sur les grands tours[modifier | modifier le code]

Tour de France[modifier | modifier le code]

  • 1947 : abandon (9e étape)
  • 1948 : 4e du classement général, vainqueur de deux étapes et Jersey yellow.svg pendant 8 jours
  • 1949 : abandon (10e étape)
  • 1950 : 3e du classement général, vainqueur d’une étape et leader du classement du Grand Prix de la Montagne Mountains.svg
  • 1951 : 20e du classement général et vainqueur d’une étape
  • 1953 : Jersey yellow.svg du classement général et vainqueur de deux étapes
  • 1954 : Jersey yellow.svg du classement général et vainqueur de trois étapes
  • 1955 : Jersey yellow.svg du classement général et vainqueur de deux étapes
  • 1958 : 7e du classement général
  • 1959 : abandon (18e étape)

Tour d'Italie[modifier | modifier le code]

  • 1951 : 7e du classement général et vainqueur d’une étape et meilleur grimpeur Mountains.svg
  • 1953 : abandon
  • 1957 : 2e du classement général, vainqueur d’une étape
  • 1958 : 4e du classement général

Distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Dans son livre Je me souviens, Georges Perec énonce : « Je me souviens avoir obtenu, au Parc des Princes, un autographe de Louison Bobet » (souvenir no 27).

Musique[modifier | modifier le code]

  • Le groupe Ludwig von 88 a rendu hommage à Louison Bobet avec le titre : Louison Bobet for Ever.

Cinéma[modifier | modifier le code]

En 1948, Louison Bobet joue son propre rôle aux côtés de Fausto Coppi, Gino Bartali et d'autres sportifs, dont le pilote automobile Tazio Nuvolari dans le film italien Totò al giro d'Italia de Mario Mattoli.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roger St. Pierre, Louison Bobet, Kennedy Brothers, , p. 34
  2. Séverine Bastin, « Louison Bobet », sur franceinter.fr, France Inter,‎ (consulté le 18 juillet 2016).
  3. Jean Bobet, p. 24-25.
  4. a et b Jean Bobet, p. 26-27.
  5. Jean Bobet, p. 28.
  6. « Louison Bobet, virtuose fragile et consciencieux », sur francebleu.fr, France Bleu,‎ (consulté le 18 juillet 2016).
  7. Jean-Paul Ollivier, Roger Walkowiak : Le maillot jaune assassiné, Glénat, , 188 p. (ISBN 2-7234-1932-0), p. 15.
  8. Gérard Ejnès, L'Équipe, 60 ans : 1946-2006, soixante ans de la vie d'un journal, L'Équipe, , p. 39.
  9. Jean Bobet, p. 31.
  10. « Palmarès de Louison Bobet », sur memoire-du-cyclisme.net (consulté le 18 juillet 2016).
  11. Jean Bobet, p. 37.
  12. Jean Bobet, p. 40-42.
  13. Surnom populaire de la bicyclette, les origines de cette expression en vidéo sur le site netprof.fr
  14. Jean-Paul Ollivier, L'histoire du cyclisme breton, J. Picollec, , p. 106
  15. « La première femme de Louison Bobet est décédée », sur ouest-france.fr, Ouest-France,‎ (consulté le 18 juillet 2016).
  16. a, b et c Augendre 2015, p. 79-81.
  17. Pierre Chany, « Bobet Louison (1925-1983) », Encyclopædia Universalis (consulté le 20 juillet 2016) (inscription nécessaire).
  18. Jean Bobet, p. 96.
  19. Jean Bobet, p. 92-98.
  20. Jean Bobet, p. 42.
  21. Augendre 2015, p. 348.
  22. Les noms qui ont fait l'histoire de Bretagne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Augendre, Petites histoires secrètes du Tour..., Solar, , 423 p. (ISBN 978-2-263-06987-1)
  • Jean Bobet, Louison Bobet : Une vélobiographie, La Table Ronde, coll. « La Petite Vermillon », (réimpr. 2016) (1re éd. 1958 (Gallimard)), 223 p. (ISBN 978-2710325819)
  • Louison Bobet Champion cycliste, éd. Hachette coll. "bibliothèque verte", 1961
  • L'Équipe, Tour de France 100 ans en 3 volumes. 2002.
  • Dictionnaire international du cyclisme de Claude Sudres (édition du centenaire du Tour). 2003
  • Les histoires secrètes du Tour, Henri Sannier (Ed. du Rocher).
  • La Légende de Louison Bobet, Jean-Paul Ollivier (Ed. Flammarion).
  • Emmanuel Salmon-Legagneur (dir.) et al. (préf. Yvon Bourges, anc. ministre, prés. du conseil régional de Bretagne), Les noms qui ont fait l'histoire de Bretagne : 1 000 noms pour les rues de Bretagne, Spézet, Coop Breizh et Institut culturel de Bretagne, , 446 p. (ISBN 978-2-84346-032-6), p. 51-52
    Notice d'Emmanuel Salmon-Legagneur.

Liens externes[modifier | modifier le code]