Florence Arthaud

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Arthaud.
Florence Arthaud Sailing pictogram.svg
Florence Arthaud dédicace.JPG
Florence Arthaud dédicaçant son livre Un vent de liberté à Paimpol, en août 2009
Contexte général
Sport Voile
Période active de 1978 à 2007
Biographie
Nom complet Florence Monique Arthaud
Nationalité sportive Drapeau de la France France
Naissance
Lieu de naissance Boulogne-Billancourt (France)
Décès (à 57 ans)
Lieu de décès Villa Castelli (Argentine)
Surnom La petite fiancée de l'Atlantique

Florence Arthaud, surnommée « la petite fiancée de l'Atlantique[1] », née le à Boulogne-Billancourt et morte le près de Villa Castelli en Argentine, est une navigatrice française, victorieuse de la Route du Rhum en 1990.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

La navigatrice Florence Arthaud est la fille de Jacques Arthaud, directeur de la maison d'édition grenobloise Arthaud durant les années 1970, qui a édité notamment les récits de Bernard Moitessier et d'Éric Tabarly[2],[3]. Elle grandit dans le cocon d'une famille issue de la haute bourgeoisie, et elle eut donc accès très jeune à des séjours vers la mer Méditerranée, ou l'océan Atlantique, tout comme des accès à des voiliers[réf. nécessaire]. Elle commence très jeune à naviguer avec son frère Jean-Marie et son père, elle s'aguerrit au club de voile d’Antibes. En 1974, à 17 ans, Florence Arthaud est victime d'un grave accident de voiture, soldé par un coma et une paralysie. Elle reste six mois à l'hôpital et met deux ans à se remettre complètement[4],[5].

Pendant sa convalescence, elle effectue sa première traversée de l'Atlantique à 18 ans avec Jean-Claude Parisis[6],[7].

Carrière sportive[modifier | modifier le code]

Florence Arthaud prend part à la Route du Rhum dès la première édition, qui a lieu en 1978, et se classe 11e. En 1986, elle se déroute pour porter assistance à Loïc Caradec. Elle retrouvera le catamaran Royale retourné sans trace du marin[2],[8]. Le promoteur immobilier Christian Garrel finance la construction de son trimaran Pierre Ier de Serbie[9][6]. En août 1990, elle s'attaque au record de la traversée de l'Atlantique Nord à la voile en solitaire, détenu par Bruno Peyron. En 9 jours 21 heures et 42 minutes, elle améliore la performance de près de deux jours[4]. En novembre de la même année, elle remporte la Route du Rhum, rejoignant Pointe-à-Pitre après 14 jours 10 heures et 10 minutes[2],[10]. Elle ne parvient toutefois pas à faire construire un nouveau trimaran, en raison de la crise immobilière dont souffre son sponsor[6],[7].

En 1997, Arthaud remporte la Transpacifique comme équipière de Bruno Peyron[6] et dispute la solitaire du Figaro[11]. En 2002, elle souhaite s'attaquer au record du tour du monde en solitaire et tente de rassembler des fonds pour racheter le trimaran Sport-Elec, sur lequel a couru Olivier de Kersauson[12]. Elle participe en 2004 à la transat en double Lorient-Saint-Barth avec Lionel Péan. Elle court avec Luc Poupon, le frère de Philippe Poupon, ils participent, en 2006, à l'Odyssée Cannes - Istanbul sur monotype Bénéteau Figaro II. L'année suivante, ils disputent la Transat Jacques-Vabre sur un Class40[6].

En 2010 pour le vingtième anniversaire de sa victoire, elle ne réussit pas à trouver de sponsor : « J'étais un peu dégoûtée. Ils avaient rouvert la course aux grands voiliers. C'était le 20e anniversaire de ma victoire et j'avais l'intention d'y participer sur un immense trimaran, Oman (30 m). Mais je n'ai pas réussi à avoir ce bateau, ils ont préféré le donner à un homme (Sidney Gavignet qui a abandonné sur avarie). Ça m'a définitivement dégoûtée et je me suis dit "bon, j'arrête !" »[13].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1993, elle met au monde Marie, née de sa liaison avec Loïc Lingois, un navigateur professionnel né en 1966. En 2005 elle se marie avec Eric Charpentier, mais l'union sombre très rapidement. Dans son autobiographie, publiée en 2009, Florence ne cache rien des jours difficiles, de l'alcool qui lui coûtera son permis de conduire en 2010, de la défection des sponsors qui anéantit tous ses projets[14]. Elle trouvera du réconfort auprès de l'association La roue tourne qui vient en aide aux célébrités dans le besoin ou qui ont des difficultés.

Le 29 octobre 2011, elle tombe de son bateau en pleine nuit au large du Cap Corse. Disposant par chance d'une lampe frontale et d'un téléphone portable étanche, elle parvient à appeler sa mère qui prévient son frère. Le CROSS-Med est alors alerté, et trois heures vingt après son appel de détresse, elle est récupérée par le biais de la géolocalisation de son téléphone portable. Consciente mais en état d'hypothermie, elle est hélitreuillée vers l'hôpital de Bastia, d'où elle sort le lendemain[7],[2].

Mort[modifier | modifier le code]

Florence Arthaud meurt le lundi dans un accident d'hélicoptère survenu en Argentine durant le tournage de l'émission de télévision Dropped[7]. Elle avait achevé son dernier livre, titré Cette nuit, la mer est noire, sorti pour le Salon du livre le 19 mars 2015[15]. La nageuse Camille Muffat et le boxeur Alexis Vastine sont, entre autres, également décédés dans cet accident.

Inhumation[modifier | modifier le code]

Selon ses dernières volontés, Florence Arthaud est inhumée sur l'Île Sainte-Marguerite, en face de Cannes.

Autres activités[modifier | modifier le code]

En 1989, elle participe au disque Quelque part... c'est toujours ailleurs de Pierre Bachelet. Les trois chansons en duo (Flo, Typhon[16] et Quelque part… c'est toujours ailleurs) décrivent la relation de Florence avec la mer[2].

Son autobiographie, Un vent de liberté, préfacé par Olivier de Kersauson[17], paraît en 2009[18]. Avant sa mort, Florence Arthaud travaille sur un projet de course réservée aux femmes, dont la première édition doit se dérouler en Méditerranée durant l'été 2015[7].

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Élue Championne des champions français par le journal L'Équipe, en 1990[2], elle est la seule sportive avec Marielle Goitschel à obtenir, à deux reprises (en 1978 et 1990), le Prix Monique Berlioux de l'Académie des sports[19], récompensant la meilleure performance féminine sportive de l'année écoulée.

Palmarès[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Fiancée de l'Atlantique, Éditions du Pen-Duick, 1982
  • Océane, FlammarionArthaud, 2008
  • Un vent de liberté, Flammarion/  Arthaud, 2009
  • Cette nuit, la mer est noire, Arthaud, 2015

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Photos. Florence Arthaud, "la petite fiancée de l'Atlantique"
  2. a, b, c, d, e et f Hervé Guilbaud, « Florence Arthaud, éternelle «Petite Fiancée de l'Atlantique» », AFP,‎
  3. « Florence Arthaud », whoswho.fr.
  4. a et b « Biographie de Florence Arthaud », Le Parisien
  5. « Florence Arthaud et son parcours de navigatrice » [vidéo], sur ina.fr
  6. a, b, c, d et e Bertrand d'Armagnac, « L'éternelle fiancée », Le Monde,‎
  7. a, b, c, d et e Charlotte Chabas, « Mort de la « petite fiancée de l’Atlantique », Florence Arthaud », Le Monde,‎
  8. « Le catamaran de Caradec s'est retourné » [vidéo], sur ina.fr
  9. http://sport24.lefigaro.fr/voile/actualites/florence-arthaud-une-vie-de-defis-et-de-convictions-740795
  10. « Florence Arthaud au journal télévisé d'Antenne 2 du 19 novembre 1990 » [vidéo], sur ina.fr
  11. Luc Le Vaillant, « Florence Arthaud revient », Libération,‎
  12. Claire Raynaud-Gastineau, « Voile : Le grand retour de Florence Arthaud », Le Parisien,‎
  13. « Florence Arthaud éternelle fiancée de l'Atlantique », sur L'Équipe,‎
  14. Quand Florence Arthaud écrivait : "Je pars embarquer" - Marie Guichoux, L'Obs, 10 mars 2015
  15. http://www.lexpress.fr/actualite/societe/la-mort-de-florence-arthaud-ce-soir-la-mer-est-noire_1659731.html#lebovKiIuesc2mck.99
  16. Dans l'album Les Corons en 1982, Pierre Bachelet chante cette chanson comme s'il était un marin. Dans la version de 1989, Florence Arthaud est prise dans le typhon, Pierre Bachelet fait la voix de son ancien amour.
  17. « Crash mortel en Argentine - Olivier de Kersauson : "C'est un choc" », sur Le Point,‎
  18. Olivier Chapuis, « Florence Arthaud : la vie cabossée d’une fée qui n’avait pas peur des bosses », Voiles et Voiliers,‎
  19. [1] Prix féminin de l'Académie des Sports
  20. « Edition 2007 - Une Jacques-Vabre d'anthologie », Transat Jacques-Vabre (consulté le 18 mai 2011)
  21. « Les brèves de la course », Matondo Congo - Route de l'équateur (consulté le 18 mai 2011)
  22. « 2004 : 7ème Transat AG2R La Mondiale », Transat AG2R (consulté le 18 mai 2011)
  23. « 2000 : 5ème Transat AG2R La Mondiale », Transat AG2R (consulté le 18 mai 2011)
  24. « 1998 : 4ème Transat AG2R La Mondiale », Transat AG2R (consulté le 18 mai 2011)
  25. « 1996 : 3ème Transat AG2R La Mondiale », Transat AG2R (consulté le 18 mai 2011)
  26. « 1990 : L'année d'une femme ! », Route du Rhum (consulté le 18 mai 2011)
  27. « Florence Arthaud » (consulté le 21 juillet 2015)
  28. « 1986 : Une année coups de chien ! », Route du Rhum (consulté le 18 mai 2011)
  29. « 1982 : Cinquante-deux bateaux au départ ! », Route du Rhum (consulté le 18 mai 2011)
  30. « 1978 : La Transat de la Liberté ! », Route du Rhum (consulté le 18 mai 2011)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :