Hôpital de la Salpêtrière

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Hôpital de la Pitié-Salpêtrière
Pavillon central de l'hôpital de la Salpêtrière à Paris.
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Antoine Duval (d), Libéral Bruand, Louis Le Vau, Pierre Le Muet, Henri Prudhomme (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (précédemment à cet endroit hôpital de la Salpêtrière) est un hôpital de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) situé 47-83, boulevard de l'Hôpital dans le 13e arrondissement de Paris.

Depuis et sa fusion avec l'hôpital de la Pitié reconstruit en 1911 à ses côtés, ils forment aujourd'hui l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, faisant partie du groupe hospitalier de la Pitié-Salpêtrière - Charles-Foix depuis 2011. L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière n'existe donc administrativement plus depuis 2011, alors que son implantation physique n'a pas varié.

Historique[modifier | modifier le code]

L'hospital de la Salpeterière sur le plan de Jouvin de Rochefort, en 1672.

Une salpêtrière où l'on fabriquait la poudre pour les munitions fut établie en 1634 par le sieur Rebattier sur des parcelles acquises de l’abbaye Saint-Victor, terrains de chantiers de bois et de carrières sur la rive opposée au petit Arsenal du faubourg Saint-Antoine qui avait subi des explosions meurtrières en 1538 et en 1563. L’entreprise vraisemblablement peu rentable, est cédée en 1639 au Sieur du Fay qui la revend au roi. En 1656, Louis XIV confia à l'architecte Libéral Bruand la construction, à partir des bâtiments désaffectés de la salpêtrière, d'un hôpital à l'emplacement du petit arsenal,. Les travaux de construction débutèrent en 1658 sous la direction de l'architecte Antoine Duval et furent interrompus faute de financement. En 1669, ils furent repris sous les ordres de Louis Le Vau[1].

La Salpêtrière fut le premier et le plus grand des établissements de l'Hôpital général de Paris, institution voulue par les dévots du Saint-Sacrement, et destinée au « renfermement » des mendiants.

L'hospital de la Salpeterière sur le plan de Turgot, en 1739.

Entre 1663 et 1673 plus de 770 jeunes femmes parties de France débarquèrent à Québec, envoyées par Louis XIV pour prendre mari et contribuer au peuplement de la Nouvelle-France. On les appela « Les Filles du Roi ». 240 d'entre elles parmi les 327 de Paris et sa région quittèrent l'enclos de la Salpêtrière. En 1684, on ajouta à cet établissement une maison de force, une prison, destinée à 300 femmes, condamnées pour faits de droit commun et femmes d'une débauche et d'une prostitution publique et scandaleuse qui attendaient leur départ pour les Amériques. Ce lieu fait pour loger les femmes, fit de la Salpêtrière un lieu de concentration, de répression et de détention pour femmes. L'endroit est un lieu-dit « des Deux-Moulins », situé sur la commune d'Ivry, qui deviendra un hameau qui prendra le nom de « village des Deux-Moulins ».

L'hôpital de la Salpétrière sur le plan de Vaugondy, en 1760.

La supérieure de la Salpêtrière, en général une femme proche des milieux parlementaires jansénistes, était également l'éminente de l'Hôpital général. La nomination, en 1749, d'une femme proche de l'archevêque de Paris, entraîna l'affaire de l’Hôpital général, une révolte des magistrats laïcs du Parlement de Paris qui n'eurent de cesse de retrouver la mainmise exclusive sur l'établissement[2]. À la veille de 1789, l'hôpital, qui était le plus grand hospice du monde, abritait dix mille personnes ; la prison comptait plus de trois cents détenus.

L'Hospital de la Salpeterière, gravure d'Adam Pérelle, vers 1660.

Durant la Révolution, en particulier les 3 et faisant partie de l'épisode massacres de Septembre, des scènes sanglantes se déroulèrent dans la prison où les aliénées indigentes avaient été entassées.

Médicalisation de la Salpêtrière[modifier | modifier le code]

Jusque vers le XVIIIe siècle, la Salpêtrière n'eut aucune fonction médicale : ses malades étaient envoyées à l'Hôtel-Dieu. Cet établissement n'ayant plus la capacité de les recevoir, les lettres patentes du 22 juillet 1780 y interdisent leur admission et l'architecte Payen en poste à l'hôpital général construit une infirmerie achevée en 1787. Ce long bâtiment placé dans l'axe sud de la chapelle avec des ailes en retour comptait en moyenne 300 lits.

Charles François Viel œuvre de 1781 à 1801 à la transformation de l'hospice en hôpital de soins. La Salp̩êtrière devient un hospice pour vieilles femmes avec une population ramenée en 1801 à 4 000 personnes au début du XIXe siècle et un asile pour aliénées avec des médecins tels que Pinel et Esquirol qui mettent en application leurs théories sur le traitement moral, la suppression de l'enchainement et la création de divisions spécialisées selon la nature de la folie[3].

De 1882 à 1892, l'École de la Salpêtrière, menée par Jean-Martin Charcot, fut, avec l'École de Nancy, l'une des deux grandes écoles de l'« âge d'or » de l'hypnose en France.

À la fin du XIXe siècle, au moment de la Mi-Carême, était organisé chaque année à l'hospice de la Salpêtrière un célèbre bal : le bal des folles, ainsi qu'un bal des enfants épileptiques. De nombreuses personnalités y assistaient et la presse parisienne en rendait compte.

Quelques documents historiques

Après la démolition en 1896 de l'ancien hôpital de la Pitié, le nouveau fut installé en 1911 sur un site jouxtant celui de la Salpêtrière (sur l'ancien site se trouve aujourd'hui la grande mosquée de Paris)[4]. Les deux hôpitaux fusionnèrent en mars 1964. Ils forment aujourd'hui l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, faisant partie du groupe hospitalier de la Pitié-Salpêtrière - Charles-Foix depuis 2012.

Le , l'hôpital fait l'objet d'une double protection au titre des monuments historiques : un classement pour le pavillon d'entrée et les bâtiments Hemey, Jacquart, Lassey, Mazarin, Montyon, ancienne Force, lingerie, pharmacie, bâtiment des Archers, pavillon Chaslin, pavillon de la prothèse dentaire de la section Pinel ; une inscription pour Les sols des cours Mazarin, Lassey, Saint-Louis, Sainte-Claire, des Quinconces et de la rue des Archers[5].

L'hôpital accueille l'Institut du cerveau et de la moelle épinière depuis sa création en .

Description[modifier | modifier le code]

Cet ensemble hospitalier dispose d'une chapelle dédiée, la chapelle Saint-Louis, construite sous Louis XIV.

Érigée entre 1670 et 1677 par Libéral Bruand, la chapelle est implantée exactement au centre des bâtiments hospitaliers. Elle forme une croix grecque dont les bras ont 70 m de long qui se croisent dans un rotonde qui supporte une coupole de 65 m de haut. L’intérieur se compose de quatre nefs. L’autel est placé au centre de la rotonde de façon à ce qu’il soit visible des quatre nefs. Cette disposition permet aux assistants de suivre les offices par groupes séparés en empêchant toute promiscuité. D’autres chapelles sont réparties autour de la rotonde, aux angles de la croisée[6].

Chapelle Saint-Louis

Curiosités[modifier | modifier le code]

  • Sous le porche de l’entrée principale, subsiste une ancienne inscription (à peine lisible) indiquant : « Les cochers doivent mener leurs chevaux dans l’intérieur de l’hôpital »[7].
  • Trois pavillons, les Petites Loges, où étaient enfermées les « folles »[8].
  • Maison de la Force, où se déroulèrent les massacres de Septembre.

Architectes de la Salpêtrière[modifier | modifier le code]

Médecins célèbres[modifier | modifier le code]

Pinel délivrant les aliénés à la Salpêtrière en 1795 par Tony Robert-Fleury.
La Salpêtrière avec, au premier plan, un monument à Philippe Pinel.
Jean-Martin Charcot, l'un des fondateurs de la neurologie et le médecin le plus célèbre de l'hôpital. Tableau Une leçon clinique à la Salpêtrière.

Plusieurs médecins de renom ont exercé à la Salpêtrière, parmi lesquels :

Cinéma[modifier | modifier le code]

La Salpêtrière a servi de lieu de tournage pour les films :

Télévision

Romans[modifier | modifier le code]

  • Le bal des folles, Victoria Mas, éditions Albin Michel, 2019.
  • Blanche et Marie, Per Olov Enquist, Actes sud, 2005.
  • Réparer les vivants, Maylis de Karengal, éditions Verticales, 2014.

Accès[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par les stations de métro Saint-Marcel et Chevaleret.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Sainte-Fare Garnot, 13e arrondissement. Une ville dans Paris, Paris, Délégation à l’action artistique de la ville de Paris, , 253 p. (ISBN 2 905 118 47 4), p. 113-114
  2. Ibid., chapitres 3 et 4.
  3. Nicolas Sainte-Fare Garnot, 13e arrondissement. Une ville dans Paris, Paris, Délégation à l’action artistique de la ville de Paris, , 253 p. (ISBN 2 905 118 47 4), p. 118-119
  4. 400 ans de la Pitié
  5. Notice no PA00086592, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  6. Bernard Champigneulle, Paris: architectures, sites et jardins, Seuil, (ISBN 978-2-02-002916-2).
  7. Dominique Lesbros, Curiosités de Paris: inventaire insolite des trésors minuscules, Parigramme, (ISBN 978-2-84096-735-4).
  8. Philippe Krief, Paris en histoires, Massin, (ISBN 978-2-7072-0575-9).
  9. (en) Andrew Ayers, The architecture of Paris
  10. Lou Hupel, « Captives : Mélanie Thierry s’infiltre au bal des folles, pour Arnaud des Pallières », sur Premère,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]