Laurent Fignon

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Laurent Fignon
Laurent FIGNON.jpg

Laurent Fignon au Tour de France 1993

Informations
Surnom
« L'intello »
Naissance
Décès
(à 50 ans)
Paris +
Nationalité
Équipes professionnelles
1982-1985 Renault-Elf-Gitane
1986-1989 Système U
1990-1991 Castorama
1992-1993 Gatorade
Principales victoires

1 championnat
MaillotFra.PNG Champion de France sur route 1984
3 grands tours
Maillot jaune Tour de France 1983 et 1984
Leader du classement général Tour d'Italie 1989
2 maillots distinctifs sur un grand tour
Classement du meilleur jeune
Jersey white.svg Tour de France 1983
Classement de la montagne
Jersey green.svg Tour d'Italie 1984
13 étapes remportées dans les grands tours
Tour de France (9 étapes)
Tour d'Italie (2 étapes)
Tour d'Espagne (2 étapes)
3 classiques
Flèche wallonne 1986

Milan-San Remo 1988 et 1989

Laurent Fignon, né le dans le XVIIIe arrondissement de Paris et mort le à Paris, est un cycliste français. Professionnel de 1982 à 1993, il a remporté notamment deux Tours de France, en 1983 et 1984, le Tour d'Italie en 1989 et la classique Milan-San Remo en 1988 et 1989.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et carrière amateur[modifier | modifier le code]

Laurent Patrick Fignon[1] naît le à l'hôpital Bretonneau dans le 18e arrondissement de Paris. Son père Jacques Fignon est chef d'atelier dans une usine de tôlerie mécanique et sa mère Marthe femme au foyer. Ils vivent rue Davy dans le 17e arrondissement jusqu'en 1963, année durant laquelle ils déménagent à Tournan-en-Brie, en Seine-et-Marne[2]. Durant sa scolarité à Lagny-sur-Marne, il eut Irène Frain comme professeur de français[3]. Fignon obtient un Bac D et effectue une année en faculté[4].

Il s'initie au cyclisme en 1975, en voyant des amis pratiquer. Il débute sur le vélo de marque Vigneron de son père. Il apprécie immédiatement ce sport et parvient à suivre ses amis plus expérimentés. En 1976, il prend sa première licence à la Pédale Combs-la-Villaise[5] et alterne entre ce club et celui de Gretz-Armainvilliers, le SC Gretz-Tournan[6]. Il participe à sa première course en cadets à Vigneux-sur-Seine et la remporte. Il en gagne trois autres durant cette saison[7]. C'est en 1978, en deuxième année junior, qu'il décolle avec 13 victoires, dont le titre de champion d'Île-de-France sur route. Il remporte en 1980 le Tour de la Réunion avec sur le dos le maillot du bataillon de Joinville où il rencontre le caporal-chef Alain Gallopin, ce dernier l'accompagnant au cours de sa carrière en tant que masseur personnel et ami intime[8].

Débuts professionnels éclatants (1982-1983)[modifier | modifier le code]

Cyrille Guimard, directeur sportif de Laurent Fignon de 1982 à 1991.

Après plus de 50 victoires chez les amateurs, Laurent Fignon commence sa carrière professionnelle en 1982 dans l'équipe Renault Elf de Bernard Hinault dirigée par Cyrille Guimard. D'emblée, il s'illustre au plus haut niveau en remportant le Critérium International. Il participe ensuite au Giro, où il porte le maillot rose pendant une journée, et contribue au succès de son leader, Bernard Hinault[9].

En 1983, il débute la saison en remportant la première étape Critérium International. Puis il aide à nouveau Hinault à s'imposer dans une très difficile Vuelta. Hinault en sortira blessé au genou, Fignon ayant, lui, démontré de grandes capacités sur une épreuve de trois semaines, remportant la quatrième étape, terminant à la septième place au classement général final et accomplissant un travail qui sauve la victoire du champion breton[9]. Ainsi, lorsque Hinault déclare forfait pour le Tour 83[10], Guimard aligne une équipe sans leader où tout est ouvert, avec Laurent Fignon qui vient de remporter le Grand Prix de Plumelec[11]. Après une première partie de course très discrète, Fignon accompagne les meilleurs dans la première étape pyrénéenne menant à Luchon et se hisse à la deuxième place du classement général derrière Pascal Simon. Malchanceux, Simon chute, se brise la clavicule et doit abandonner lors de la 17e étape[12]. Fignon récupère le maillot jaune à l'Alpe d'Huez, conforte sa position en s'imposant dans le dernier contre-la-montre à Dijon et remporte son premier Tour de France avant ses 23 ans[13], devant l'Espagnol Ángel Arroyo et le Néerlandais Peter Winnen, tous deux relégués à plus de quatre minutes.

Confirmation de son talent (1984)[modifier | modifier le code]

L'année 1984 le voit prendre les pleins pouvoirs dans l'équipe Renault après le départ de Hinault chez La Vie claire. Après avoir pris la huitième place sur Liège-Bastogne-Liège, Fignon participe au Tour d'Italie, où ne figure pas Hinault, toujours convalescent. Fignon lutte face aux Italiens, notamment Francesco Moser, le récent détenteur du record de l'heure. D'entrée, ce dernier se pare de rose en remportant le prologue. Mais dès le lendemain, Fignon lui ravit le maillot de leader, grâce à la victoire de son équipe lors du contre-la-montre par équipes. Cependant le Français est victime d'une terrible défaillance lors de la cinquième étape menant au Blockhaus de la Majella, où il perd deux minutes sur Moser et la tête du classement général[14]. L'Italien va ensuite être aidé par les organisateurs[15], afin qu'il obtienne la victoire finale. En effet, au dernier moment la dix-huitième étape est modifiée, avec la suppression du col du Stelvio, haut de 2 758 mètres, pour cause de neige, alors qu'il n'y en avait pas[14]. Fignon est également pénalisé de dix secondes pour un ravitaillement illicite, alors que Moser ne prend lui que cinq secondes pour les multiples poussettes dont il a bénéficié dans les cols[14]. Devant ces faits aussi graves, Guimard veut quitter la course, mais pas son sponsor, d’autant qu’il reste encore une étape de montagne, entre Selva di Val Gardena et Arraba[14]. Le Français y reprend le maillot rose en finissant détaché après une échappée solitaire de cinquante kilomètres[14]. Mais lors de la dernière étape contre-la-montre de quarante-deux kilomètres, Moser refait son retard d'une minute et vingt et une secondes pour remporter ce Giro à nouveau suite à des controverses. En effet, disposant d'un vélo révolutionnaire avec des roues lenticulaires et avec l'aide de l'hélicoptère de la course, qui vient se placer devant Fignon pour le gêner, et derrière le transalpin pour le propulser à une vitesse extraordinaire[14].

Laurent Fignon écrase par la suite le championnat de France qui a lieu à Plouay et se présente au départ du Tour de France avec le maillot tricolore et un statut de grand favori[9]. Face à lui, le revenant Bernard Hinault, endosse le maillot jaune dès le premier jour, en remportant le prologue entre Montreuil et Noisy-le-Sec. Mais l'équipe de Fignon est redoutable, trustant les victoires d'étapes, dont le contre-la-montre par équipes entre Valenciennes et Béthune. Ce dernier se montre le plus rapide lors des trois étapes en contre-la-montre individuel de ce Tour. Dans les Alpes, il se montre intraitable. Hinault n'est plus qu'un faire-valoir, il tente des attaques désespérées qui seront raillées[15] par un Fignon insolent de facilité. En particulier lors de l'arrivée à l'Alpe d'Huez où il s'empare du maillot jaune[16], jusque là détenu depuis douze jours par son équipier Vincent Barteau. Le Parisien s'impose le lendemain en jaune à La Plagne, puis lors de la vingtième étape en Suisse, au sommet de Crans-Montana. Il gagne ainsi son deuxième Tour de France, et on lui en prédit alors beaucoup d'autres. Hinault termine deuxième à plus de dix minutes et le jeune Américain Greg Lemond complète le podium.

Période maudite (1985-1988)[modifier | modifier le code]

Laurent Fignon chez Système U.

En 1985, une douleur au tendon d'Achille, le conduit sur la table d'opération et le pousse à mettre sa saison entre parenthèses[9], malgré un bon début de saison marqué par une victoire à la Semaine cycliste internationale, et des places d'honneur dans les Ardennaises, à savoir une troisième place à la Flèche wallonne et une cinquième à Liège-Bastogne-Liège. Mais il est contraint de déclarer forfait au Tour 85 remporté par Bernard Hinault[17].

En 1986, son équipe devient Système U et malgré un début de saison encourageant, dont une victoire dans la Flèche wallonne et une septième place au classement général final du Tour d'Espagne, il ne retrouve pas son niveau de 1984. Lors du Tour de France, il remporte avec son équipe le contre-la-montre par équipes, mais de nouveau blessé, il ne prend pas le départ de la treizième étape démarrant à Pau [9].

En 1987, on le croit de retour : 3e de Paris-Nice, il se hisse ensuite sur le podium du Tour d'Espagne (3e). Son Tour 87 sera plus inconstant : méconnaissable et anonyme en début d'épreuve, il parvient grâce à ses qualités de récupération à remporter la très difficile étape de La Plagne et à terminer 7e à Paris. En novembre 1987 son équipier et ami depuis ses débuts en 1975, Pascal Jules se tue dans un accident de la route, évènement qui affectera encore plus son moral déjà fragilisé en cette période délicate.

En 1988, après avoir terminé cinquième de Paris-Nice, Fignon joue la carte des classiques. Lors de Milan-San Remo, longtemps au coude à coude avec le jeune Italien Maurizio Fondriest, il prend la mesure de son rival dans les derniers mètres pour franchir la ligne d'arrivée en vainqueur[18]. Après une deuxième place derrière le Néerlandais Erik Breukink lors du Critérium international, Fignon termine treizième du Tour des Flandres, puis troisième de Paris-Roubaix derrière le Belge Dirk Demol et le Suisse Thomas Wegmüller[19]. Hélas, le Tour 88 sera pour lui une catastrophe : lâché par ses coéquipiers dans le contre-la-montre par équipe, il est contraint à l'abandon quelques jours plus tard, lors de la douzième étape[9].

Année folle (1989)[modifier | modifier le code]

Laurent Fignon gagne au sprint l'étape de La Spezia devant Maurizio Fondriest et Phil Anderson au Tour d'Italie 1989.
Greg LeMond lors de la dernière étape du Tour de France 1989.

Fignon débute sa saison au Tour méditerranéen, puis il participe à Milan-San Remo, où il fait la différence sur les favoris dans la montée du Poggio et s'offre le doublé sur la Primavera, étant toujours le seul Français à s'être imposé à deux reprises sur cette épreuve[18]. L'Italie lui réussit à nouveau sur le Giro où il efface la déception de 1984 à la régulière en remportant l'épreuve au nez et à la barbe des Italiens.

Fignon se présente donc au départ du Tour 89 avec un statut de favori qu'il partage avec Pedro Delgado, le vainqueur sortant. Si le début de l'épreuve est cauchemardesque pour l'Espagnol, prenant le départ du prologue à Luxembourg avec deux minutes et quarante secondes de retard, puis se faisant ensuite lâché par ses coéquipiers dans le contre-la-montre par équipes. Au contraire, le Parisien assure l'essentiel en remportant cette épreuve chronométrique avec son équipe, Super U[20]. Lors de la sixième étape, un contre-la-montre individuel entre Dinard et Rennes long de 73 kilomètres , il assiste à la résurrection de Greg LeMond, qui écrase la concurrence et s'empare du maillot jaune[20]. La suite du Tour sera une passe d'armes permanente entre l'Américain et le Parisien, offrant un spectacle sportif anthologique. Lors de l’étape reine des Pyrénées, qui voit les coureurs effectuer les ascensions du Tourmalet, d'Aspin, de Peyresourde et un final à Superbagnères, Fignon prend la tête du classement général pour quelques secondes[20]. Lemond reprend son bien lors du contre-la-montre individuel en altitude entre Gap et Orcières-Merlette[20]. L’Américain ajoute 13 secondes à Briançon, portant son avance à 53 secondes au général sur Fignon et semble en bien meilleur forme que lui[20]. Néanmoins lors de la dix-septième étape menant à l'Alpe d'Huez, Lemond esseulé en montagne, sans coéquipiers, est rapidement lâché par les favoris et Laurent Fignon endosse à nouveau le maillot jaune[20]. Le Parisien croit ensuite avoir effectué le plus gros du travail pour la victoire finale, en reprenant encore du temps à l'Américain, lorsqu'il remporte l'étape entre Aix-les-Bains et L'Isle-d'Abeau[20]. Mais l'incroyable se produit sur les pavés des Champs-Élysées à Paris lors de la dernière étape contre-la-montre où Greg LeMond arrache à Fignon pour 8 secondes la plus haute place sur le podium[21]. Fignon est meurtri par cet échec qui lui semble une injustice, car LeMond utilisait un guidon de triathlète et un casque aérodynamique alors que lui-même utilisait un guidon traditionnel, portait une queue-de-cheval augmentant la « traînée du cycliste » et était diminué par un furoncle à la selle (en) qui lui cisaillait le fessier depuis la dix-neuvième étape[22].

Cependant Fignon parvient à se remotiver pour les Championnats du monde qui se courent à Chambéry. À la tête d'une équipe de France forte de talents individuels mais peu soudée[23], il mène le groupe des favoris en poursuite dans l'ultime ascension de la Côte de Montagnole malgré la présence de Thierry Claveyrolat aux avant-postes. Sous une pluie battante, LeMond remporte le sprint à Chambéry[24]. Malgré ce nouvel échec, Fignon profite de sa forme pour pulvériser le record du Grand Prix des Nations à Cannes. Au terme de cette année 1989, Fignon est no 1 au classement mondial FICP[25].

Fin en dents de scie (1990-1993)[modifier | modifier le code]

Jamais Fignon ne retrouvera son niveau de 1984 et 1989. Son Tour de France 1990 se soldera prématurément par un abandon. Sa relation avec Guimard se dégrade en 1991, sa participation au Tour 91 sera confirmée au dernier moment, Guimard favorisant le jeune Luc Leblanc au sein de l'équipe Castorama. Fignon affiche pourtant une condition très satisfaisante, il termine l'étape pyrénéenne de Val-Louron derrière le trio qui constituera le podium : Miguel Indurain, Claudio Chiappucci et Gianni Bugno. Une étape où le maillot jaune était porté par... Luc Leblanc. On le croit une nouvelle fois retrouvé. Sa traversée des Alpes sera plus irrégulière. Il terminera à la 6e place à Paris, une place derrière Luc Leblanc.

Son conflit avec Guimard le pousse à quitter l'équipe et rejoindre Gianni Bugno chez Gatorade, où il touche un salaire mensuel de 500 000 francs[4]. Il remporte en 1992 une dernière étape dans le Tour de France à Mulhouse au terme d'une échappée solitaire. Dans les Alpes, il joue à fond le rôle d'équipier pour Bugno, mais les choix tactiques de l'équipe mènent l'Italien à la déroute, notamment dans l'étape menant à l'Alpe d'Huez. En 1993, il remporte son ultime succès chez les professionnels, le Tour du Mexique. Il abandonne dans le Tour de France et met finalement un terme à sa carrière fin août au terme du Grand Prix de Plouay.

Controverse du dopage[modifier | modifier le code]

Sa carrière est entachée par deux contrôles antidopage positifs aux amphétamines : en 1987 lors du Grand Prix de Wallonie et en 1989 lors du Grand Prix d'Eindhoven. Il convient de préciser qu'il a reconnu le second contrôle positif au contraire du premier. Il imputait celui-ci à une guerre que se menaient les deux principaux laboratoires pharmaceutiques belges pour le monopole des contrôles en Belgique[15]. Il se déclarera farouchement hostile aux contrôles antidopage inopinés[26]. Il a reconnu aussi avoir pris au cours de sa carrière sportive des corticoïdes[27].

Reconversion[modifier | modifier le code]

À la fin de sa carrière sportive, Fignon s'est lancé dans l'organisation d'épreuves cyclo-sportives et cyclistes ainsi que d'événements sportif pour les entreprises avec sa société Laurent Fignon Organisation[28]. Il a notamment organisé, par le biais de « Laurent Fignon Organisation » Paris-Nice, et le Trophée des grimpeurs en 2000 et 2001, mais Amaury Sport Organisation, à qui il revendra les droits de Paris-Nice en 2002, ne lui facilite pas la tâche. Il perd 300 000 euros dans l'affaire[4].

En 2001, il crée également l'épreuve Paris-Corrèze qu'il organisait jusqu'en 2010 avec l'ancien pilote automobile Max Mamers.

En 1998, il crée l'enseigne PROFICA, une marque de vélos haut de gamme, avec ses complices Alain Prost et Jacques Cadiou, avant de la céder à Véloland quelques années plus tard. La marque de distributeur « Laurent Fignon » est détenue par Auchan qui commercialise des vélos sous cette marque.

Pendant dix ans (de 1993 à 2003), il collabore à la chaîne Eurosport en qualité de consultant sur le Tour de France, le Tour d'Italie, les grandes classiques et les championnats du monde de cyclisme sur route, aux côtés du journaliste Patrick Chassé et de son ami Jean-François Bernard[29].

En 2005, avec son associé Jérôme Prat (proche de Laurent, directeur des Prisunic dans la région puis conseiller en entreprise à Paris), il reprend à Gerde « Citécycle », un site voué au vélo, investit à perte pour en faire le « Relais des Pyrénées-centre Laurent-Fignon », hôtel-restaurant qui héberge notamment des stages cyclistes. C'est dans ce lieu qu'il épouse le 17 mai 2008 en secondes noces Valérie Vatinel, son assistante depuis 8 ans, alors qu'il a eu deux enfants, Jérémy et Tiphaine, de son premier mariage avec Nathalie Rambault de Barallon soldé par un divorce en 2006[30],[31]. Le 11 août 2011, un an après la mort de Fignon, le mobilier du centre est mis en vente aux enchères publiques qui accompagne sa liquidation judiciaire tandis que les bâtiments sont repris pour devenir le « Carré Py’Hôtel »[32].

En 2004 et 2005, il devient consultant sur le Tour de France et la course Paris-Roubaix pour la Télévision belge francophone aux côtés de Rodrigo Beenkens.

L'année suivante, il rejoint le service public de France Télévisions. Il commente le Tour de France en 2006 en compagnie d'Henri Sannier et de 2007 à 2010 en compagnie de Thierry Adam[29].

Par ailleurs, de septembre 2008 à juillet 2010, il est également consultant Europe 1 dans le Club Sports animé par Alexandre Delpérier, puis par Martial Fernandez.

Maladie et décès[modifier | modifier le code]

Image comportant trois photographie d'un même homme à différents âges.

Au printemps 2009, Laurent Fignon se voit diagnostiquer un « cancer avancé » des voies digestives. En réalité, ce premier diagnostic d'un cancer du pancréas ou de l'estomac est erroné, il s'agit de métastases issues d'un carcinome de primitif inconnu (en) qui sera diagnostiqué neuf mois plus tard en cancer primitif d’origine broncho-pulmonaire[33]. Il en informe Thierry Clopeau, directeur des sports des antennes d'Europe 1 et Daniel Bilalian, directeur des sports de France Télévisions. Il souhaite en garder le secret mais l'information a fuité et est rendue publique par Lance Armstrong qui twitte le message « J'envoie mes meilleurs vœux à Laurent Fignon chez qui on a diagnos­tiqué un cancer »[34], si bien qu'il révèle publiquement qu'il souffre d'un cancer le [35], d'abord sur Europe 1 puis sur France 2 où Daniel Bilalian ne décolère pas de ne pas avoir eu l'exclusivité de l'annonce de la maladie[36]. Il ignore si cela peut être lié aux « doses ridicules » de produits dopants qu'il a pris, « comme tout le monde », tout au long de sa carrière sportive[37],[38]. Six mois après le diagnostic, grâce aux cycles de traitements chimiothérapiques à base de cisplatine, la maladie semblait se stabiliser, voire régresser[39].

En dépit de cette épreuve, il assure pleinement son rôle de consultant du direct pour France Télévisions durant le Tour de France 2009. À nouveau, lors du Tour de France 2010, malgré l'avancement de la maladie, qui s'installe au poumon puis à la gorge, il continue à assurer son rôle de consultant. Malgré des séances d'orthophonie, sa voix est alors enrouée à cause d'un ganglion cancéreux qui appuie sur le nerf laryngé récurrent, et qui a pour conséquence un dysfonctionnement des cordes vocales[40].

Selon ses proches, son état se dégrade dès le lendemain du Tour de France où il fait un épanchement pleural. Il récidive fin août 2010 lorsqu'il commente les Championnats d'Europe d'athlétisme de Barcelone[41]. Il succombe finalement le à l'hôpital de la Salpêtrière, à l'âge de 50 ans[42].

Le , ses obsèques ont lieu au cimetière du Père-Lachaise à Paris, en présence de diverses personnalités du monde sportif et des médias[43]. Ses cendres sont déposées case 1445 de la 87e division du columbarium[44].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Principales classiques et championnats du monde[modifier | modifier le code]

Le tableau suivant présente les résultats de Laurent Fignon lors des classiques, ainsi qu'aux championnats du monde.

Année Milan-
San Remo
Tour des Flandres Paris-Roubaix Flèche wallonne Liège-
Bastogne-Liège
Paris-Tours Tour de Lombardie Championnats du monde
1982 - - - - - - 22e -
1983 118e - - - - 30e 29e 29e
1984 - - - 5e 8e - - -
1985 - - - 3e 5e - - -
1986 32e 34e - Vainqueur - 59e - -
1987 - - - 11e 6e - - -
1988 Vainqueur 13e 3e - - - - 8e
1989 Vainqueur - - - 7e 26e 25e -
1990 - - 27e - - - - -
1991 52e - 24e - - - - 16e
1992 63e 77e 39e - - - - 40e

Résultats sur les grands tours[modifier | modifier le code]

Tour de France[modifier | modifier le code]

10 participations

  • 1983 : Maillot jaune Vainqueur du classement général, Jersey white.svg vainqueur du classement du meilleur jeune et de la 21e étape (contre-la-montre), maillot jaune maillot jaune pendant 6 jours
  • 1984 : Maillot jaune Vainqueur du classement général et des 3e (contre-la-montre par équipes), 7e (contre-la-montre), 16e (contre-la-montre), 18e, 20e et 22e (contre-la-montre) étapes, maillot jaune maillot jaune pendant 7 jours
  • 1986 : non-partant (13e étape), vainqueur de la 2e étape (contre-la-montre par équipes)
  • 1987 : 7e, vainqueur de la 21e étape
  • 1988 : non-partant (12e étape)
  • 1989 : 2e, Jersey red number.svg vainqueur du prix de la combativité et des 2e (contre-la-montre par équipes) et 18e étapes, maillot jaune maillot jaune pendant 9 jours
  • 1990 : abandon (5e étape)
  • 1991 : 6e
  • 1992 : 23e, vainqueur de la 11e étape
  • 1993 : abandon (11e étape)

Tour d'Italie[modifier | modifier le code]

Maurizio Fondriest et Fignon (en maillot rose) lors du Tour d'Italie 1989.

6 participations

  • 1982 : 15e, Jersey pink.svg maillot rose pendant une journée
  • 1984 : 2e, Maillot Vert vainqueur du classement de la montagne et des 1re (contre-la-montre par équipes) et 20e étapes, Jersey pink.svg maillot rose pendant 6 jours
  • 1989 : Leader du classement général Vainqueur du classement général et de la 20e étape, Jersey pink.svg maillot rose pendant 10 jours
  • 1990 : abandon
  • 1991 : abandon
  • 1992 : 37e

Tour d'Espagne[modifier | modifier le code]

3 participations

  • 1983 : 7e, vainqueur de la 4e étape
  • 1986 : 7e
  • 1987 : 3e, vainqueur de la 19e étape

Honneurs[modifier | modifier le code]

Un « Challenge Laurent Fignon » est organisé en 1985 dans la commune de Gretz-Armainvilliers où Fignon avait débuté dans le club cycliste du SC Gretz-Tournan dans lequel il avait effectué la quasi intégralité de sa carrière professionnelle sous sa licence[6],[45]. Perdurant une dizaine d'années, le challenge est réactivé en 2010 par le président du club à la mort de Fignon[46]. Le même hommage est rendu par son autre club d'enfance la Pédale Combs-la-Villaise qui organise depuis 2011 le Critérium de Combs-la-Ville-Souvenir Laurent Fignon[47].

Le vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines, siège de la Fédération française de cyclisme, est situé 1, rue Laurent Fignon à Montigny-le-Bretonneux [48].

Le maire de Paris Bertrand Delanoë a inauguré en 2013 le sentier Laurent-Fignon (12e arrondissement de Paris) situé dans le bois de Vincennes[49].

Une sculpture en hommage à Laurent Fignon offerte par le journal L'Équipe et le Tour de France a été dévoilée le , jour de la dernière étape du Tour qui reliait Créteil aux Champs-Élysées à Paris.

Le complexe sportif du CREPS de Toulouse, inauguré le , est appelé « espace Laurent Fignon » en hommage au champion cycliste[50].

Une place de la ville de Tournan en Brie porte de nom Place Laurent Fignon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) William Fotheringham, « Laurent Fignon obituary », sur The Guardian,‎
  2. Laurent Fignon, Nous étions jeunes et insouciants, Grasset, Le Livre de poche, 2009, p. 43-45
  3. Irène Frain, « Mon élève, Fignon », sur www.humanite.fr,‎ (consulté le 18 juin 2015)
  4. a, b et c Jean-Luis Le Touzet, « Laurent Fignon, une vie de cycles », sur liberation.fr,‎ (consulté le 23 juillet 2015)
  5. Laurent Fignon, op. cit., p. 46-47
  6. a et b « Tournan pleure Laurent Fignon », sur Le Parisien,‎
  7. Laurent Fignon, op. cit., p. 48-49
  8. Valérie Fignon, Laurent, Grasset,‎ 2013, p. 21
  9. a, b, c, d, e et f Emmanuel Berretta, « Laurent Fignon - Les grandes étapes de sa carrière sportive », sur www.lepoint.fr,‎ (consulté le 17 juillet 2015).
  10. Gregory Jouin, « Tour 1983-Bernard Hinault : "Fignon vainqueur ? Pas une surprise" », sur www.francetvsport.fr,‎ (consulté le 21 juillet 2015).
  11. « Grand Prix de Plumelec 1983 », sur www.les-sports.info,‎ (consulté le 21 juillet 2015).
  12. Gregory Jouin, « Tour 1983-Pascal Simon: "Sans ma chute, j'aurais gagné" », sur www.francetvsport.fr,‎ (consulté le 21 juillet 2015).
  13. Stéphane Gillet, « Laurent Fignon remporte le Tour de France 1983 », sur www.memosport.fr (consulté le 21 juillet 2015).
  14. a, b, c, d, e et f Michel Escatafal, « Laurent Fignon et le Giro : le rose et le noir », sur www.cyclismactu.net,‎ (consulté le 22 juillet 2015).
  15. a, b et c Selon Laurent Fignon dans Nous étions jeunes et insouciants, Grasset, 2009
  16. Guillaume Coconnier, « Tour de France: l'Alpe-d'Huez en 1984, Fignon vers un second sacre », sur www.notretemps.com,‎ (consulté le 22 juillet 2015).
  17. « Tour de france 1985 », sur la-legende-du-tour.francetvsport.fr,‎ (consulté le 23 juillet 2015).
  18. a et b Régis Aumont, « Milan-San Remo 1988-89 : Fignon voit double », sur www.cyclisme-mag.com,‎ (consulté le 17 juillet 2015).
  19. « Paris-Roubaix 1988 », sur www.les-sports.info,‎ (consulté le 17 juillet 2015).
  20. a, b, c, d, e, f et g « Tour de France 1989, LeMond pour 8 secondes », sur www.histoiredusport.fr,‎ (consulté le 25 août 2015).
  21. (en) Denis Serre, « Who won the 1989 Tour de France ? », Girls Angle,‎ , p. 5-7 (lire en ligne)
  22. (en) Bill McGann, Carol McGann, The Story of the Tour de France, Dog Ear Publishing,‎ 2008, p. 190
  23. Selon Gilles Delion, membre de la sélection française de 1989
  24. « Gilles Delion, le champion inachevé », sur www.lemonde.fr,‎ (consulté le 25 août 2015).
  25. « Classement FICP 1989 », sur www.memoire-du-cyclisme.eu (consulté le 25 août 2015).
  26. Je suis absolument contre les contrôles préventifs
  27. Préface de l'autobiographie Nous étions jeunes et insouciants
  28. Valérie Fignon, op. cité, p. 71
  29. a et b Laurent Fignon. Organisateur et commentateur
  30. Valérie Fignon, op. cité, p. 30
  31. Marion Mertens, « Laurent Fignon. Son émouvant témoignage », sur Paris Match,‎
  32. Valérie Fignon, op. cité, p. 35
  33. Valérie Fignon, op. cité, p. 152
  34. Valérie Fignon, op. cité, p. 49-50
  35. Le Figaro.fr, Cyclisme : Fignon souffre d'un cancer
  36. Valérie Fignon, op. cité, p. 55
  37. « Le peloton une fois encore rattrapé par le dopage », Le Monde, 15 juin 2009.
  38. « Laurent Fignon : le Tour de force », Le Matin, 24 juillet 2010.
  39. Velo101.com, « Dernières brèves du cyclisme », sur http://www.velo101.com/ (consulté le 15 mai 2010)
  40. JeanMarcMorandini.com, Fr2 : La voix de Laurent Fignon inquiète les téléspectateurs, 3 juillet 2010
  41. Valérie Fignon, Laurent, Grasset,‎ 2013, p. 201-205
  42. « La dernière échappée de Laurent Fignon », Ouest-France, 1er septembre 2010.
  43. « Laurent Fignon inhumé au Père-Lachaise », Libération, 3 septembre 2010.
  44. Père-Lachaise - 87ème division, case 1445
  45. Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Seine-et-Marne, Petit Futé,‎ 2011, p. 32
  46. « L'émotion des parents de Laurent Fignon à Gretz », sur Le Parisien,‎
  47. Souvenir Laurent Fignon
  48. « Contacter la Ffc », sur ffc.fr
  49. Corinne Nèves, « Bois de Vincennes : Il inaugurait hier le sentier Laurent-Fignon : Bernard Delanoë interpellé par un élu à propos de l’aire d’accueil », page V (pages propres à l’« édition 75 ») in Le Parisien (support papier) n° 21380 du jeudi 6 juin 2013.
  50. « Montaudran. Le Creps rend hommage à Laurent Fignon », sur La Dépêche du Midi,‎

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Téléfilm[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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