Lucien Mias

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Lucien Mias

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Fiche d'identité
Naissance (85 ans)
à Saint-Germain-de-Calberte (France)
Taille 1,89 m (6 2)
Surnom Docteur Pack
Position deuxième ligne
Carrière en senior
Période Équipe M (Pts)a
????-????
 ????-????
RC Narbonne
SC Mazamet
? (?)
 ? (?)
Carrière en équipe nationale
Période Équipe M (Pts)b
1951-1959 Drapeau : France France 29 (0)

a Compétitions nationales et continentales officielles uniquement.
b Matchs officiels uniquement.

Lucien Mias dit Docteur Pack, né le à Saint-Germain-de-Calberte (Lozère), est un joueur de rugby à XV mazamétain qui joue au poste de deuxième ligne. Il joue en équipe de France de 1951 à 1959, obtenant 29 sélections, dont six en tant que capitaine. En club, il joue à RC Narbonne puis effectue l'essentiel de sa carrière au SC Mazamet, club dont il occupe le poste de capitaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière sportive[modifier | modifier le code]

Lucien Mias a joué avec le Sporting club mazamétain, dans le Tarn, après être passé par Narbonne au début des années 1950. Joueur charismatique, grand meneur d'hommes, cette gueule cassée du rugby a une carrière scindée en deux parties distinctes, car il cesse d'être instituteur dans l'Aude pour démarrer tardivement des études de médecine (il termine major de sa promotion à la faculté de Médecine de Toulouse).

Il est l'instigateur de l’application de deux innovations techniques majeures en équipe de France : la touche longue en mouvement et le demi-tour contact, favorisant le jeu d’avants. Il est aussi un « grand animateur de troisième mi-temps » (Et la fête continue, a-t-il coutume de lancer à la cantonade).

Il échoue dans sa tentative de remporter un titre de champion de France. Toutefois, il dispute la finale du championnat 1957-1958 qui oppose son club au FC Lourdes de Jean Prat. Celui-ci remporte son sixième et dernier titre. Mais c'est surtout l'affrontement entre ces deux personnages du rugby qui marque les esprits : « Tu n'es pas Monsieur Rugby, tu es Monsieur Anti-Rugby » hurle Mias. Prat lui répond : « Et toi, si on t'enlève ta gueule, il ne te reste plus rien ! »[1].

Lucien Mias est l'un des héros du livre écrit par Denis Lalanne, Le Grand Combat du quinze de France, racontant l'épopée de la tournée en Afrique du Sud de 1958. Lors de celle-ci, il reprend le brassard de Michel Celaya, blessé lors de la première rencontre face à la Rhodésie. Mias est le seul à avoir subi la défaite six ans plus tôt à Colombes face à ces mêmes Springboks, lors de la tournée de ceux-ci en Europe, défaite 25 à 3, avec six essais encaissés pour aucun marqué[2]. Après une interruption avec l'équipe de France, en raison de la reprise de ses études de médecine, il fait son retour en décembre 1957 face à la Roumanie.

Lors de la tournée de 1958, Mias dispute sept des dix rencontres disputées, dont les deux tests. Le premier de ceux-ci voit les deux équipes se séparer sur un score nul de 3 à 3. Lors du deuxième test-match, les Français l'emportent 9 à 5[3]. La prestation de Lucien Mias durant ce match est telle que la presse sud-africaine le qualifie de « the best international forward ever to be seen in South Africa » — en français : « le meilleur avant international ayant jamais joué sur le sol sud-africain »[4]. Lors de cette rencontre, Lucien Mias joue, selon Denis Lalanne, « un match comme on n'en joue qu'un dans une vie »[5]. Plus tard, Robert Vigier déclare à propos de la prestation de son capitaine: « Il fut si grand cette fois-là que je m'arrêtais de jouer pour l'admirer »[6]. Or, la veille de la rencontre, Denis Lalanne le croise dans un couloir de l'hôtel, complètement saoul car le capitaine de l'équipe de France vient de boire une demi-bouteille de rhum pour soigner les sinus[5].

Lucien Mias participe encore une saison avec le XV de France. Malgré le récent exploit en Afrique du Sud, des tentatives de démembrer le pack vainqueur des Springboks l'été précédent sont faites, avec plusieurs matchs de sélections puis avec les sélections d'Amédée Domenech, Michel Celaya et Michel Crauste pour le premier match du tournoi des Cinq Nations 1959[7]. Ces trois derniers déclarent finalement forfait sur blessure pour le premier match contre l'Écosse[7]. Le pack français est dominateur dans cette rencontre, le Sundays Times déclarant : « faites attention à la France et à l'un des meilleurs packs d'avants qui aient jamais été vus dans le championnat international ! »[8]. Blessé au genou, il est forfait pour le match face aux Anglais et laisse son rôle de capitaine à Jean Barthe[9]. Mias est de retour pour une victoire 11 à 3 face aux Gallois[10]. Pour le dernier match, face aux Irlandais à Dublin, le XV de France est amoindri par de nombreuses absences sur blessures. Les Français s'inclinent finalement 9 à 5[10]. Malgré cette défaite, les Français terminent à la première place du tournoi. C'est la première fois que ceux-ci remportent seuls le Tournoi[10],[11].

En 1984, il assure les commentaires des tests internationaux sur Antenne 2 aux côtés de Pierre Salviac[12].

En dehors du rugby[modifier | modifier le code]

Il ouvre son cabinet médical à Mazamet, tout en travaillant à l’hôpital général de la ville comme chef du service de gériatrie[13]. Dans ce service, il est à l'origine d'un projet gériatrique prônant la personne âgée comme un « être bio-psycho-socio-culturel » et non un « être bio-mécanique. » Il est l'un des premiers à utiliser le terme d'« humanitude » (inventé par le professeur Albert Jacquard). Son site internet papidoc[13],[14] est une source incontournable de la gériatrie humaniste moderne.

En 2011, il entame une collaboration avec Factotum (Le journal des jeunes, des femmes et des mémés qui aiment la castagne).

En 2014, un drame survient, il perd sa petite-fille, institutrice, poignardée mortellement par un parent d'élève[15].

Palmarès[modifier | modifier le code]

en club[modifier | modifier le code]

Avec son club du SC Mazamet, il dispute la finale du championnat de France de l'édition 1957-1958 qui oppose son club au FC Lourdes. Il remporte le Challenge Yves du Manoir, en 1958 face au Stade montois, compétition dont il est finaliste en 1955 et demi-finaliste en 1960.

En équipe nationale[modifier | modifier le code]

Lucien Mias a remporté deux Tournois en 1954 et 1959. Il termine une fois deuxième et une fois à la troisième place.

Détails du parcours de Lucien Mias dans le Tournoi des Cinq Nations
Édition Rang Résultats France Résultats Mias Matchs Mias
Cinq Nations 1951 2 3 v, 0 n, 1 d 3 v, 0 n, 1 d 4/4
Cinq Nations 1952 4 1 v, 0 n, 3 d 0 v, 0 n, 3 d 3/4
Cinq Nations 1953 4 1 v, 0 n, 3 d 1 v, 0 n, 2 d 3/4
Cinq Nations 1954 1 3 v, 0 n, 1 d 2 v, 0 n, 1 d 3/4
Cinq Nations 1958 3 2 v, 0 n, 2 d 2 v, 0 n, 4 d 4/4
Cinq Nations 1959 1 2 v, 1 n, 1 d 2 v, 0 n, 1 d 3/4

Légende : v = victoire ; n = match nul ; d = défaite ; la ligne est en gras quand il y a Grand Chelem.

Statistiques en équipe nationale[modifier | modifier le code]

De 1951 à 1959, Lucien Mias dispute 29 matchs au poste de deuxième ligne avec l'équipe de France au cours desquels il marque 1 essai (3 points)[16].

Lucien Mias débute en équipe nationale à 20 ans le contre l'Écosse[16]. Ses 29 sélections sont formées de deux parties, 17 capes de 1951 à 1954 et 12 entre 1957 et 1959[17]. Il dispute son dernier match le contre l'Irlande. Il est désigné capitaine à six reprises[18].

Il participe à six éditions du Tournoi des Cinq Nations, de 1951 à 1954, puis en 1958 et 1959, remportant les éditions de 1954 et de 1959[19].,[20]. Il dispute 20 matchs, pour un bilan de dix victoires et dix défaites et un essai marqué[20].

Il fait partie de la Tournée en Afrique du Sud en 1958, occupant le rôle de capitaine lors des deux tests, 3 à 3 au Newlands du Cap, puis lors de la victoire 9 à 5 dans l'antre des Springboks à l'Ellis Park Stadium de Johannesburg le . La France devient la première nation à vaincre l'Afrique du Sud dans une série de tests sur le sol sud-africain depuis le début du siècle[7].

Reconnaissances[modifier | modifier le code]

Lucien obtient l'Oscar du Midi olympique (meilleur joueur français du championnat) à deux reprises, en 1954 (première édition), et 1959. Cette année-là, il est le lauréat du Prix Henri Deutsch de la Meurthe de l'académie des sports pour son exploit comme capitaine du XV de France dans le Tournoi des 5 Nations[21] (il sera par la suite encore lauréat de cette même académie en 1992, cette fois pour sa réussite professionnelle (Prix Alain Danet)[22]; il a aussi obtenu la médaille de l'Académie des sports en 1958[23]).

Il est également reconnu à l'étranger. En 2011, il est introduit, avec Jean Prat, les frères Guy et André Boniface, et Serge Blanco au sein du Temple de la renommée IRB[24].

En 1959, il est désigné Champion des champions français de L'Équipe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lalanne 1993, p. 57.
  2. « 16 août 1958 : « le grand combat du XV de France » », sur rugby-nomades.qc.ca (consulté le 30 octobre 2009).
  3. (en) « South Africa (5) 5 - 9 (3) France (FT) », sur www.scrum.com (consulté le 30 octobre 2009).
  4. (en) « Mias inspires a famous French victory », sur www.scrum.com (consulté le 29 octobre 2009).
  5. a et b Lalanne 1993, p. 210.
  6. Denis Lalanne, « 16 août 1958 : « le grand combat du XV de France » », sur rugby-nomades.qc.ca (consulté le 21 octobre 2009).
  7. a, b et c Garcia 2011, Défi des sud-africains, p. 458-460.
  8. Garcia 2011, Les avants en démonstration, p. 460-461.
  9. Garcia 2011, L'absence de Mias, p. 461.
  10. a, b et c Garcia 2011, Le couronnement, p. 463-465.
  11. « Lucien Mias raconte », sur ladepeche.fr,‎ (consulté le 4 juin 2016).
  12. Garcia 2011, La filière française, p. 650.
  13. a et b « Agevillage: Société, Un entretien exclusif avec Lucien Mias, ancien capitaine de l'équipe de France de rugby et ancien chef du service gériatrie de l'hôpital de Mazamet », sur www.agevillage.com,‎ (consulté le 3 juin 2016).
  14. « http://papidoc.chic-cm.fr/ », sur papidoc.chic-cm.fr (consulté le 3 juin 2016).
  15. «Elle voulait vraiment cette école», sur La Dépêche du Midi'',‎ .
  16. a, b et c (en) « Lucien Mias », sur espnscrum.com, ESPN (consulté le 28 juillet 2015).
  17. Prévôt 2006, p. 84-88.
  18. (en) « Lucien Mias : As captain », sur espn.co.uk (consulté le 4 juin 2016).
  19. « Mias Lucien », sur ffr-php4.as2.io, fédération française de rugby à XV (consulté le 28 juillet 2015).
  20. a et b (en) « Lucien Mias : Five/Six Nations », sur espn.co.uk (consulté le 4 juin 2016).
  21. « Prix Henri Deutsch de la Meurthe », sur academie-sports.com.
  22. « Prix Alain Danet », sur academie-sports.com.
  23. « Médaille de l'Académie des sports », sur academie-sports.com.
  24. « IRB: Cinq Français honorés », sur rugbyrama.fr,‎ .

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Prévôt 2006] Jérôme Prévôt, Messieurs Rugby : les grands joueurs français, éditions Midi Olympique - Société Occitane de Presse, , 183 p. (ISBN 2-9524-731-3-7), p. 84-87 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Collectif 2007] Collectif Midi olympique, Cent ans de XV de France, Midi olympique, , 239 p., relié (ISBN 2-9524-7310-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Denis Lalanne, Le grand combat du XV de France, Lagny sur Marne, La Table Ronde, (1re éd. 1959), 241 p., relié (ISBN 9782710305903), p. 57 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Lalanne 1961] Denis Lalanne, La mêlée fantastique, Lagny sur Marne, La Table Ronde, , 1e éd. (1re éd. 1961), 243 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Henri Garcia, La fabuleuse histoire du rugby, La Martinière, (ISBN 9782732445281) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]