Egan Bernal

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Bernal Gómez est un nom espagnol. Le premier nom de famille, paternel, est Bernal ; le second, maternel, souvent omis, est Gómez.
Egan Bernal
Egan Bernal en el campeonato nacional de ciclismo en ruta de Colombia 2018.png
Egan Bernal lors du championnat de Colombie sur route 2018
Informations
Nom de naissance
Egan Arley Bernal GómezVoir et modifier les données sur Wikidata
Naissance
Nationalité
Équipe actuelle
Spécialité
Grimpeur[1]
Équipes professionnelles
Principales victoires

Egan Arley Bernal Gómez, né le , est un coureur cycliste colombien, membre de l'équipe Ineos. Spécialiste des courses par étapes, il a remporté le Tour de Californie en 2018 ainsi que Paris-Nice et le Tour de Suisse en 2019.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et débuts[modifier | modifier le code]

Egan Bernal naît le à Zipaquirá (département de Cundinamarca), une ville situé à 2 600 mètres d’altitude. Il commence le cyclisme à l'âge de huit ans, incité par son père German, gardien de la cathédrale de sel de Zipaquirá, qui a également pratiqué ce sport. Alors qu'il est intéressé par le métier de journaliste et commence des études de communication, ses parents le poussent à miser davantage sur le cyclisme[2].

Il s'illustre en catégorie junior en VTT, avec des médailles d'argent et de bronze aux championnats du monde de cross-country de sa catégorie, en 2014 et 2015, ainsi qu'un titre de champion panaméricain de cross-country juniors en 2015[2]. En septembre 2015, il se rend en Italie avec une sélection nationale colombienne et y remporte la seule course sur route qu'il dispute, le Trofeo di Autunno del Monte Pisano-Sognando il Giro delle Fiandre[3],[4], le petit Tour des Flandres des juniors en Toscane.

2016-2017 : Androni Giocattoli[modifier | modifier le code]

Par l'intermédiaire de son directeur d'équipe de VTT Pablo Mazuera, et de l'ancien coureur Paolo Alberati, qui devient son agent, il entre en contact avec Gianni Savio, qui le recrute pour quatre ans malgré son jeune âge[4],[2]. Egan Bernal passe ainsi au cyclisme sur route en 2016 et devient coureur professionnel, à 19 ans, au sein de l'équipe Androni Giocattoli-Sidermec. Il est entraîné par Michele Bartoli, ancien double vainqueur de Liège-Bastogne-Liège[5]. Il fait bonne impression lors de ses débuts, notamment au Tour du Trentin, où il est neuvième d'étape à Mezzolombardo, arrivant parmi les favoris, et termine seizième et meilleur jeune du classement général[2]. Il est également meilleur jeune de la Semaine internationale Coppi et Bartali (17e du classement général) et du Tour de Slovénie (4e). En mai, il remporte le Tour de Bihor, en Roumanie[6]. Avec l'équipe de Colombie espoirs, il prend la quatrième place du Tour de l'Avenir.

En 2017, Egan Bernal remporte le Tour de Savoie Mont-Blanc et le Sibiu Cycling Tour. Ses places d'honneurs lors des courses italiennes (2e du Tour des Apennins, 3e du Mémorial Marco Pantani, 4e de la Semaine Coppi et Bartali, 5e du Tour de Toscane, 9e du Tour des Alpes) lui permettent de prendre la deuxième place de la Coupe d'Italie, et d'en être le meilleur espoirs. En fin de saison, il s'illustre avec l'équipe de Colombie espoirs en remportant le classement général et deux étapes de montagne du Tour de l'Avenir, épreuve phare du calendrier des moins de 23 ans[7]. Ses performances attirent l'attention d'équipes du World Tour, dont Movistar et Sky[8]. Il s'engage pour la saison 2018 avec cette dernière, qui indemnise de 300 000 euros l'équipe Androni Giocattoli pour racheter le contrat en cours[9],[10],[11].

Depuis 2018 : Team Sky/Ineos[modifier | modifier le code]

2018 : victoire sur le Tour de Californie[modifier | modifier le code]

Egan Bernal fait ses débuts avec Sky en janvier 2018. Xabier Artetxe devient son entraîneur[5]. Au Tour Down Under, il est sixième et meilleur jeune du classement général. Dans la foulée, il décroche le titre de champion de Colombie du contre-la-montre. Il dispute ensuite Colombia Oro y Paz, nouvelle course par étapes colombienne, dont il remporte le classement général devant Nairo Quintana et Rigoberto Uran[12]. Lors du Tour de Catalogne, il épate une nouvelle fois les suiveurs, en étant le seul à pouvoir suivre Alejandro Valverde lors de l'étape reine dont il se classe deuxième[13]. Au départ de la dernière étape, il occupe la deuxième place du classement général et est en passe de monter sur son premier podium sur une course World Tour. Il est néanmoins contraint de se retirer de la course à seulement six kilomètres de la ligne d'arrivée en raison d'une violente chute[14], souffrant d'une double fracture[15]. Ayant récupéré, il remporte le contre-la-montre en côte et termine à la seconde place du Tour de Romandie, son premier podium sur une course World Tour. Il s'engage ensuite en tant que leader de son équipe sur le Tour de Californie. Il s'y adjuge les deux étapes arrivant au sommet et remporte le classement général devant l'Américain Tejay van Garderen, vainqueur du contre-la-montre, et un autre jeune Colombien, Daniel Martínez. À 21 ans, il devient le plus jeune vainqueur de l'épreuve.

Alors qu'il était prévu qu'il fasse ses débuts en grand tour lors du Tour d'Espagne, ses performances convainquent les dirigeants de Sky de l'aligner sur le Tour de France comme équipier de Christopher Froome et de Geraint Thomas[10]. Il en est le plus jeune participant[16]. Lors de la douzième étape, dans la montée de l'Alpe d'Huez, alors qu'il emmène ses coéquipiers Geraint Thomas et Christopher Froome, il impose un rythme soutenu et fait craquer de nombreux coureurs[16]. Il prend ainsi une part active dans le succès de Sky sur ce Tour, remporté par Geraint Thomas et dont il prend la seizième place. Une semaine après la fin du Tour, il chute et se blesse au visage lors de la Classique de Saint-Sébastien. Il ne court plus pendant deux mois et manque notamment les championnats du monde. De retour sur les routes italiennes en octobre, il termine sa saison avec une dixième place sur Milan-Turin et une douzième au Tour de Lombardie[10]. À l'issue de cette première saison réussie dans le World Tour, les dirigeants de Sky voient en lui le futur leader de l'équipe et prolongent son contrat jusqu'en 2023, une durée inhabituellement longue dans le cyclisme professionnel[10],[17].

2019 : victoires sur Paris-Nice et le Tour de Suisse[modifier | modifier le code]

Bernal avec le maillot jaune sur le Paris-Nice 2019.

Il commence la saison un peu plus tard qu'en 2018, en vue de sa participation au Tour d'Italie en tant que leader de la Team Sky. Il effectue sa reprise sur les championnats nationaux, où il termine troisième du contre-la-montre. Il termine ensuite quatrième du Tour Colombia à la mi-février. En mars, il fait ses débuts en Europe lors de Paris-Nice, où il doit aider le Polonais Michał Kwiatkowski. Cependant, au fil des étapes, il reste au contact des premiers. Lors de la septième étape, la seule de haute montagne qui se termine au Col de Turini, il prend le maillot jaune du leader et le défend avec succès le dernier jour, malgré une attaque lointaine de son compatriote Nairo Quintana. Bernal remporte sa première grande victoire sur le sol européen devant Quintana et Kwiatkowski. Fin mars, il est troisième du Tour de Catalogne après avoir tenté de lâcher jusqu'au bout le Britannique Adam Yates, finalement deuxième, et son compatriote Miguel Ángel López, vainqueur de la course. En mai, alors que l'équipe Sky est devenue Ineos, il est victime d'une fracture de la clavicule à l'entraînement et doit déclarer forfait pour le Tour d'Italie[18].

Il reprend la compétition au Tour de Suisse. Il prend le maillot de leader lors de la 6e étape à l'arrivée à Flumserberg, en terminant 2e derrière Antwan Tolhoek. Il consolide son avance en remportant l'étape suivante au sommet du col du Saint-Gothard. Après avoir résisté lors du contre-la-montre du lendemain et lors de la dernière étape, il remporte ce Tour de Suisse devant Rohan Dennis et Patrick Konrad.

Style et caractéristiques[modifier | modifier le code]

Issu du VTT, il bénéficie d'une vélocité importante, combinée à une très grande résistance naturelle. Selon son premier entraîneur Michele Bartoli, ses changements de rythme en montagne sont « dévastateurs » et il a la génétique d'un Hinault ou d'un Indurain[5].

Considéré comme un grimpeur, il est très tôt attiré par les courses par étapes et notamment les grands tours. En revanche, il court moins les classiques, même s'il a l'explosivité nécessaire pour bien y figurer[5]. En contre-la-montre, il développe les mêmes puissances que lorsqu'il est en montée avec un vélo traditionnel, ce qui lui permet d'obtenir des bons résultats[5].

Palmarès sur route[modifier | modifier le code]

Par années[modifier | modifier le code]

Egan Bernal, vêtu du maillot de champion de Colombie du contre-la-montre, lors du Tour de France 2018.
Egan Bernal, vainqueur du classement général du Paris-Nice 2019.

Résultats sur les grands tours[modifier | modifier le code]

Tour de France[modifier | modifier le code]

1 participation

Classements mondiaux[modifier | modifier le code]

Année 2016 2017
UCI Europe Tour 236e[19] 5e[20]

Palmarès en VTT[modifier | modifier le code]

Championnats du monde[modifier | modifier le code]

Championnats panaméricains[modifier | modifier le code]

  • Londrina 2014
    • Médaille de bronze, Amérique Médaillé de bronze du cross-country juniors
  • Cota 2015
    • Médaille d'or, Amérique Champion panaméricain de cross-country juniors

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Egan Bernal », sur teamsky.com (consulté le 23 juillet 2018)
  2. a b c et d (it) « Bernal, dalla penna alla strada ispirato da Nibali », sur gazzetta.it, (consulté le 19 janvier 2017)
  3. (it) « 3^ Sognando Il Giro delle Fiandre - Navacchio (Pi) », sur ciclismoweb.net, (consulté le 19 janvier 2017)
  4. a et b (it) « Alla Androni il giovane talento colombiano Bernal », sur gazzetta.it, (consulté le 19 janvier 2017)
  5. a b c d et e Vélo Magazine du 4 avril 2019 : « Il a tout d'un grand ! »
  6. (it) « Androni: Poker di Maglie Bianche per Egan Bernal », sur ciclismoweb.net, (consulté le 19 janvier 2017)
  7. (en) « Egan Bernal: I don't want to be one of those riders who disappears at 27 », sur cyclingnews.com, (consulté le 12 février 2018)
  8. (en) « Bernal shows why Team Sky and Movistar want to sign him for 2018 », sur cyclingnews.com, (consulté le 12 février 2018)
  9. (en) « Egan Bernal signs for Team Sky », sur cyclingnews.com, (consulté le 12 février 2018)
  10. a b c et d (en) « Top 7 transfer successes of 2018 », sur cyclingnews.com, (consulté le 9 novembre 2018)
  11. « "Personne ne voulait d'Egan Bernal il y a deux ans" », sur rtbf.be, (consulté le 9 novembre 2018)
  12. (en) « Bernal and Sky pull off Oro y Paz heist to seal overall victory », sur cyclingnews.com, (consulté le 12 février 2018)
  13. Egan Bernal, la pépite du cyclisme colombien, surprend sur le Tour de Catalogne
  14. Egan Bernal (Sky) chute et abandonne à quelques kilomètres de l'arrivée du Tour de Catalogne
  15. L'Équipe du 28 mars 2018
  16. a et b (en) « Colombia's Egan Bernal Is the Tour De France's Budding Star », sur nytimes.com,
  17. (en) « Bernal signs new five-year contract with Team Sky », sur cyclingnews.com, (consulté le 9 novembre 2018)
  18. Clavicule cassée à l'entraînement pour Egan Bernal (Ineos), qui ne disputera pas le Giro
  19. (en) « UCI Europe Tour Ranking - 2016 - Individual », sur dataride.uci.ch, UCI (consulté le 15 août 2017)
  20. (en) « UCI Europe Tour Ranking - 2017 - Individual », sur dataride.uci.ch, UCI (consulté le 29 octobre 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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