Maurice Garin

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Maurice Garin
Maurice Garin au Paris-Roubaix 1897.jpg

Maurice Garin au Paris-Roubaix 1897

Informations
Surnoms
Le petit ramoneur
Le petit ramoneur italienVoir et modifier les données sur Wikidata
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 85 ans)
LensVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Royaume d'Italie ( - ), Français (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Principales victoires

1 grand tour
Tour de France 1903
3 classiques
Paris-Roubaix 1897 et 1898
Bordeaux-Paris 1902
3 étapes dans les grands tours

Tour de France (3 étapes)
Maurice Garin, toujours en 1897.

Maurice-François Garin[1] (prononcé : [mo.ʁis.fʁɑ̃.swa ɡa.ʁɛ̃] ; né le à Arvier, commune italienne francophone de la Vallée d'Aoste et mort le à Lens) est un cycliste italien, naturalisé français le 21 décembre 1901[2]. Il passe à la postérité pour avoir gagné le premier Tour de France de l'histoire, en 1903. Il récidive en 1904, toujours devant Lucien Pothier mais ils sont déclassés par la suite, en même temps que huit autres coureurs, en raison de tricherie[3],[4],[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunes années[modifier | modifier le code]

Arvier, dans la Vallée d'Aoste, lieu de naissance de Maurice Garin.

Maurice Garin naît le au hameau « Chez-les-Garin » à Arvier, un village de la Vallée d'Aoste, dans le nord-ouest de l'Italie, près de la frontière française[6]. Le hameau est ainsi dénommé car cinq des sept familles qui y vivent à l'époque portent ce nom[7],[8]. Son père Maurice-Clément Garin exerce la profession de laboureur à Arvier et sa mère Maria Teresa Ozello travaille dans l'unique hôtel du village. Il est le quatrième des neuf enfants de la famille, et le premier des cinq garçons[9].

En 1885, la famille Garin quitte Arvier pour travailler en France, de l'autre côté des Alpes, comme la plupart des Valdôtains à cette époque, poussés par le désir d'une vie meilleure[n 1]. De nombreuses spéculations entourent le déménagement des Garin, qui s'est probablement effectué clandestinement. En effet, le sous-préfet d'Aoste avait enjoint les maires des communes valdôtaines, par le biais d'une circulaire, de n'autoriser l'émigration des habitants de la région que par la délivrance d'un certificat en observant les plus diligentes précautions[10]. Une anecdote rapporte que, la famille ayant voyagé séparément, Maurice Garin, alors âgé de 14 ans, aurait été échangé contre une meule de fromage à un rabatteur qui venait au Val d'Aoste recruter des jeunes ramoneurs[11],[9].

Après avoir travaillé comme ramoneur en Savoie et alors âgé de 15 ans, il poursuit cette activité à Reims, puis à Charleroi en Belgique et enfin à Maubeuge où il s'installe en 1889[10]. Cette même année, il achète son premier vélo pour 405 francs (environ 1 400 euros en 2008[n 2]), soit le double de ce que gagne mensuellement un ouvrier[10]. À cette époque, les compétitions cyclistes n'intéressent pas Maurice Garin, qui aime cependant se promener à vélo et rouler vite, au point que les habitants de Maubeuge le surnomment « le fou »[10],[9].

Premiers succès chez les amateurs[modifier | modifier le code]

Maurice Garin dispute sa première course en 1892 lorsque le secrétaire du Vélo-club maubeugeois le persuade de participer à une course régionale, Maubeuge-Hirson-Maubeuge, disputée sur plus de 200 kilomètres. Il se classe seulement cinquième après avoir souffert de la chaleur mais décide de courir plus souvent. Tout en exerçant sa profession de ramoneur, il commence à s'entraîner quotidiennement[10]. L'année suivante, il vend son premier vélo et en achète un autre plus léger et qui possède des pneumatiques, pour la somme de 850 francs (environ 3 000 euros en 2008[n 2]).

Il remporte sa première victoire en gagnant la classique Namur-Dinant-Givet et retour, en Belgique, longue de 102 km. Il obtient ce succès non sans mal : alors qu'il se trouve en tête de la course à Dinant, il crève, pose son vélo contre le mur d'un pont puis s'empare du vélo d'un soigneur qui attendait le passage des coureurs. À l'arrivée, vainqueur avec une avance de dix minutes, il rend le vélo à son propriétaire et retrouve le sien le lendemain, là où il l'avait laissé[10],[9]. Alors que sa réputation grandit dans le nord de la France, il accroît encore sa popularité en remportant une course de 800 kilomètres à Paris en 1894[9]. Il refuse pourtant de devenir professionnel et prépare son matériel lui-même, non sans talent d'après son biographe Franco Cuaz : « Il trouva des jantes plus solides et tendit les rayons pour les rendre plus résistants, même sur les chaussées les plus déformées. Il rendit moins vulnérables les chambres à air en collant à la toile des pneus une mèche de lampe à pétrole. C'était curieux, mais efficace.[10] »

Cette même année, Maurice Garin souhaite s'engager sur une course en circuit à Avesnes-sur-Helpe mais n'est pas autorisé à concourir car celle-ci est alors réservée aux coureurs professionnels. Après le départ du peloton, il décide lui aussi de s'élancer et dépasse rapidement les autres coureurs. Malgré deux chutes, il franchit la ligne d'arrivée en vainqueur. Les organisateurs refusent de lui attribuer la prime de 150 francs destinée au gagnant de la course, mais des spectateurs présents organisent une collecte au sein de la foule enthousiaste et rassemblent la somme de 300 francs pour le récompenser. Ce succès pousse Garin à devenir professionnel[10].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Maurice Garin remporte sa première victoire professionnelle dès le mois de , les 24 heures des Arts libéraux, organisés par le journal Le Vélo. Cette épreuve sur piste se court derrière entraîneurs à bicyclette, tandem ou triplette[n 3]. Le froid particulièrement tenace en ce début d'année 1895 entraîne l'abandon de nombreux coureurs, tandis que Garin progresse avec régularité. Il s'impose en ayant parcouru 701 kilomètres au terme des 24 heures de course, battant de 49 kilomètres le seul autre coureur ayant achevé l'épreuve, l'Anglais Williams[9]. Outre sa résistance, Maurice Garin explique son succès par une meilleure alimentation que ses concurrents, en évitant notamment l'abus de vin rouge pendant l'épreuve. Lors de ces 24 heures, il déclare avoir consommé « 19 litres de chocolat chaud, 7 litres de thé, 8 œufs au madère, une tasse de café avec de l'eau-de-vie de champagne, 45 côtelettes, 5 litres de tapioca, 2 kg de riz au lait et des huîtres.[10] »

En 1894, il remporte une course de 24 heures à Liège, en Belgique, et l'année suivante il établit un record de l'heure derrière moto.

Publicité avec le vainqueur de Paris–Brest–Paris 1901 Maurice Garin sur un vélo "La Française"

À la fin du mois de , Maurice Garin quitte Maubeuge et s'installe à Roubaix où il devient agent officiel de la marque La Française qui lui confie la gestion d'un magasin, situé rue de la Gare[12]. La première édition de Paris-Roubaix a lieu en 1896. Maurice Garin se classe troisième, à quinze minutes derrière l'Allemand Josef Fischer. Il se serait classé deuxième s'il n'avait pas été renversé à la suite d'un accident entre deux tandems, l'un d'eux conduit par son entraîneur[13]. Maurice Garin « termine exténué et le docteur Butruille lui donne les premiers soins car deux machines lui sont passées sur le corps ! », raconte l'historien de la course, Pascal Sergent[14].

Le , Maurice Garin figure parmi les 32 coureurs qui prennent le départ de Paris-Mons, donné porte Maillot. Après 118 kilomètres de course, lors de la traversée de Compiègne, il passe en tête en compagnie d'Alfred Gilbert. À Saint-Quentin, ce dernier ayant lâché prise, Garin est seul à l'avant, avec une avance de huit minutes sur le Suisse Michel Frédérick. Son avance ne cesse d'augmenter et il s'impose finalement à Mons, reléguant Frédérick à près de 24 minutes[12].

En 1897, il remporte Paris-Roubaix, en battant le Néerlandais Mathieu Cordang dans les deux derniers kilomètres sur le vélodrome de Roubaix[n 4]. Sergent décrit l'arrivée :

« Il est difficile de les reconnaître. Garin arrive en premier, suivi par la figure trempée de boue de Cordang. Tout à coup, à la stupéfaction de tous, Cordang glisse et tombe sur une surface de ciment du vélodrome. Garin n'en croit pas ses yeux. Au moment où Cordang est de retour sur son vélo, il a 100 mètres de retard. Il reste six tours à couvrir. Deux kilomètres misérables pour rattraper Garin. La foule retient son souffle en regardant l'incroyable poursuite. La cloche retentit. Un tour, il reste un tour. 333 mètres pour Garin, qui a toujours une avance de 30 mètres sur le Batave.
Une victoire dans la classique est à sa portée mais il peut presque sentir le souffle de son adversaire sur son cou. Garin conserve finalement son avance de deux mètres, deux petits mètres pour une victoire légendaire. Les spectateurs explosent et ovationnent les deux hommes. Garin exulte sous les acclamations de la foule. Cordang pleure sa déception. »[14]
L'automobile de Garin, conduite par Oury, avec à ses côtés Huret (Paris-Brest 1901).

Garin déclare après la course : « J'ai gagné, mais Cordang était le plus fort »[15]. En 1900, Cordang prend sa revanche et remporte le Bol d'Or devant Garin et l'Allemand Thaddäus Robl.

Durant l'été 1897, Maurice Garin fait une nouvelle fois preuve de son talent sur les longues distances. Fin août, il s'impose sur Paris-Cabourg[16], puis au début du mois de septembre, il gagne la course Paris-Royan, au terme d'un parcours de 561 kilomètres. Son premier poursuivant, Alexandre Foureaux, compte plus d'une heure et demie de retard à l'arrivée[17].

Il s'adjuge à nouveau Paris–Roubaix en 1898, cette fois avec une avance de 20 minutes. Lors de la saison 1901, il gagne la deuxième édition de Paris-Brest-Paris, avec près de deux heures d'avance sur Gaston Rivierre, après avoir parcouru 1 208 km en 52 h 11 min 1 s[18] Lors de la course, il est en poursuite derrière le Français Lucien Lesna, qui parcout les 600 premiers kilomètres à 28 kilomètres par heure et possède une avance confortable de deux heures à Brest. À Rennes, il suit les conseils de ses entraîneurs et s'arrête pour prendre un bain et récupérer de la fatigue, la saleté et de la chaleur. Au sortir de ce bain, en raison du vent de face ou peut être victime d'une insolation, Lesna n'avance plus[19]. Garin le dépasse à Mayenne et Lesna abandonne peu de temps après, alors qu'il reste 200 km à parcourir. Garin amèliore de plus de 19 heures le temps réalisé par Charles Terront dix ans plus tôt[20].

En 1902, Garin remporte une autre grande classique de l'époque : Bordeaux-Paris, une course de 500 km dans le Sud-Ouest de la France. Maurice Garin part vivre rue de Lille à Lens dans le Pas-de-Calais en 1902 où il reste jusqu'à sa mort[11],[10].

Tour de France : premier vainqueur pour l'éternité (1903)[modifier | modifier le code]

Photographie en noir et blanc d'un homme se tenant debout à côté de sa bicyclette.
Maurice Garin au départ de la première étape.

En 1903, le Tour de France est créé par Henri Desgrange, directeur du journal L'Auto, dans le but de promouvoir les ventes de son journal et d'affaiblir son concurrent Le Vélo[21]. Le parcours comprend six étapes reliant les principales villes françaises, pour un total de 2 428 kilomètres. Maurice Garin est le premier coureur à adresser son engagement à L'Auto, ce qui lui vaut de porter le dossard no 1[22]. Henri Desgrange en fait d'ailleurs le favori de l'épreuve et lui oppose Hippolyte Aucouturier, surnommé « l'hercule de Commentry », vainqueur en 1903 de Paris-Roubaix et Bordeaux-Paris[23].

Le départ de la première étape est donné à Montgeron, dans la banlieue sud de Paris, devant le café « Le Réveil-matin », où les organisateurs ont installé le point de contrôle[24]. Alors que les coureurs approchent de Cosne-sur-Loire, après six heures de course, la plupart d'entre eux décident de s'arrêter dans une auberge pour se ravitailler, à l'exception de Maurice Garin, Émile Pagie et Léon Georget[25]. Ce dernier crève avant d'atteindre Nevers et laisse filer ses deux compagnons d'échappée. Les deux hommes mènent la course en maintenant un rythme soutenu, ce qui leur permet d'accroître régulièrement l'avance qu'ils possèdent sur leurs principaux poursuivants. Ils franchissent ensemble les différents points de contrôle, ainsi que le col du Pin-Bouchain, avant de filer à toute allure vers Lyon, terme de la première étape. Maurice Garin profite de la chute d'Émile Pagie à 200 mètres de la ligne d'arrivée pour gagner l'étape, couverte en un temps de 17 h 45 min 13 s[26]. Pagie suit à moins d'une minute, tandis que le troisième de l'étape, Léon Georget, accuse déjà un retard de près de 35 minutes[27]. Dès cette première étape, Maurice Garin semble déjà en mesure de remporter la victoire finale, d'autant que son principal concurrent, Hippolyte Aucouturier, a abandonné en cours d'étape, se plaignant de douleurs d'estomac[28].

Photographie en noir et blanc d'un coureur cycliste habillé en blanc entouré d'une foule d'autres cyclistes.
Maurice Garin au milieu de la foule en cours d'étape.

Maurice Garin connaît quelques déboires au début de la deuxième étape, crevant à Rive-de-Gier et chutant à l'entrée de Saint-Étienne, ce qui lui fait perdre beaucoup de temps sur les hommes de tête[29]. Il se classe finalement 4e à l'arrivée de l'étape à Marseille, à plus de 26 minutes du vainqueur Hippolyte Aucouturier[n 5]. Surtout, arrivé dans le sillage du premier, Léon Georget revient à moins de 9 minutes de Garin au classement général[30]. Aucouturier gagne également la troisième étape à Toulouse tandis que Maurice Garin se classe à nouveau 4e. Il conforte néanmoins son avance au classement général car souffrant de diarrhée, Léon Georget est retardé et accuse un retard de près de deux heures[31]. Dans la quatrième étape, Garin ne cède rien à ses concurrents, se classant 5e alors que le Suisse Charles Laeser se montre le plus rapide à Bordeaux[32].

Maurice Garin assomme le Tour dans la cinquième étape entre Bordeaux et Nantes. Il gagne au sprint devant Gustave Pasquier et Lucien Pothier, désormais deuxième du classement général à près de trois heures de Garin. À bout de forces, Léon Georget abandonne[33]. Quatrième de l'étape, Fernand Augereau remonte à la troisième place du classement général, mais accuse Garin de tricherie : celui-ci lui aurait demandé de lui laisser la victoire, ce qu'Augereau refuse. Garin demande alors à Pothier, son coéquipier chez La Française, de faire chuter Augereau, puis piétine son vélo, rendant sa roue arrière hors d'usage. Il aurait également offert 100 francs aux autres coureurs du groupe pour qu'ils ne lui viennent pas en aide. Cet incident, auquel le quotidien L'Auto, organisateur du Tour de France, ne consacre pas une ligne est relaté par Le Monde sportif[34].

Photographie en noir et blanc d'un cycliste se tenant debout à côté de sa bicyclette, entouré d'un homme et d'un enfant.
Maurice Garin avec son fils et son masseur.

Cet incident vaut à Maurice Garin d'être copieusement sifflé au départ de la sixième et dernière étape, à Nantes[35]. Garin mène le peloton en direction de Paris et imprime un rythme soutenu dans la vallée de Chevreuse, faisant sauter un à un les autres coureurs. C'est pourtant l'un d'entre eux, Jean Fischer, qui place une attaque que seul Fernand Augereau peut suivre. La fin d'étape est indécise : Fischer chute lourdement, Augereau crève et c'est finalement Maurice Garin qui s'impose sur la ligne d'arrivée tracée à Ville-d'Avray[36].

Vainqueur de trois étapes, Maurice Garin gagne le Tour de France en 94 h 33 min 14 s et remporte 6 125 francs de prime[37]. Spécialiste de l'épreuve, le journaliste Pierre Chany rapporte l'enthousiasme que soulève cette victoire : « Dans la ville qui a adopté Maurice Garin, à Lens, un immense défilé a été organisé avec la participation de tous les notables de la région. Avant de quitter Paris le lundi soir, le lendemain de la course, le gagnant a effectué une visite, par politesse, à Henri Desgrange et, dans un geste sans précédent, tiré une feuille de papier de sa poche. C'était un article "afin de simplifier l'interview", a t-il expliqué. Là, il a donné ses sentiments pendant la course, a donné son opinion sur la formule par laquelle la course a été courue et a félicité ses rivaux[38] ». Maurice Garin reconnaît quant à lui que sa victoire lui a coûté de nombreux efforts : « Les 2 500 km que je viens de faire me font l'effet d'une grande ligne grise, monotone, où rien ne tranche sur le reste. Pourtant j'ai peiné sur la route, j'ai eu faim, J'ai eu soif, j'ai eu sommeil, j'ai souffert, j'ai pleuré entre Lyon et Marseille, c'était le prix à payer pour gagner d'autres étapes[38]. »

Maurice Garin est accueilli en héros dans sa ville de Lens où il tient un magasin de bicyclettes rue René-Lanoy. Il défile dans les rues, acclamé par plusieurs milliers de personnes, avant d'être reçu à l'hôtel de ville par le maire de Lens, Émile Basly[39].

Deuxième victoire sur le Tour puis déclassement (1904)[modifier | modifier le code]

Après sa victoire lors de la première édition, Maurice Garin est le favori logique du Tour 1904. Il le remporte devant Lucien Pothier, comme l'année précédente, mais sa victoire lui est retirée au profit du jeune Henri Cornet. De nombreuses infractions au règlement de la course sont constatées, tandis que la course suscite une passion sans précédent parmi les spectateurs, dont les actes de chauvinisme local sont exacerbés et qui vont jusqu'à abattre des arbres pour bloquer certains concurrents ou en frapper d'autres[40]. Maurice Garin déclare d'ailleurs pendant la course : « Je vais gagner le Tour de France à condition que je ne sois pas assassiné avant d'arriver à Paris »[41].

Dès la première étape, Garin et Pothier sont agressés par quatre hommes masqués dans une voiture. Lors de l'étape suivante entre Lyon et Marseille, Alfred Faure mène l'étape qui passe par Saint-Étienne, la ville où il demeurait, lorsqu'une centaine de spectateurs tentent d'arrêter le reste du peloton pour lui permettre de gagner. La situation de crise n'est résolue qu'après l'arrivée des officiels qui dispersent la foule en tirant en l'air avec leurs revolvers. Maurice Garin, qui reçoit notamment des coups de matraque lors de ces échauffourées, est blessé à la main[42].

Les débordements deviennent monnaie courante et neuf coureurs sont disqualifiés pendant la course pour avoir utilisé des voitures[43]. Maurice Garin est également accusé d'avoir bénéficié de la bienveillance des organisateurs, qui lui permettent de s'alimenter au cours d'une étape sans que cela soit autorisé. La raison avancée par ses détracteurs est que son sponsor, l'équipe La Française possède un intérêt financier important dans la course[44].

Portrait en noir et blanc d'un homme portant un casquette.
Henri Cornet est déclaré vainqueur du Tour 1904 après disqualification de Maurice Garin.

Devant ces nombreux actes de tricherie soupçonnés ou attestés, l'Union vélocipédique de France (UVF) mène une enquête scrupuleuse. Des dizaines de concurrents et de témoins de la course sont entendus. Le 30 novembre, soit plus de quatre mois après l'arrivée du Tour, les quatre premiers du classement général, à savoir Maurice Garin, Lucien Pothier, César Garin et Hippolyte Aucouturier sont disqualifiés. Leurs victoires d'étape sont également annulées. Cinquième du classement général, Henri Cornet est déclaré vainqueur du Tour de France[45]. Maurice Garin est suspendu deux ans, tandis que Lucien Pothier est suspendu à vie[n 6]. Au total, les accusations de tricherie visent 29 coureurs[45].

Pour motiver ses décisions, l'UVF invoque des violations aux articles 5, 6, 7 et 8 du règlement du Tour. Henri Desgrange, directeur de l'épreuve qui s'était répandu en articles sanglants pendant le Tour pour stigmatiser notamment l'attitude intolérable des spectateurs, utilise alors les colonnes de son journal L'Auto pour défendre certains coureurs dont les frères Garin et Aucouturier au premier chef[46].

Le journaliste Édouard Boeglin s'interroge au sujet de la suspension de Maurice Garin : « Fut-il l'objet d'une injustice ? Ce n'est pas impossible. Mais la rigueur des sanctions s'expliquait alors par le discrédit dans lequel était (déjà !) tombé le cyclisme professionnel. Il fallait faire un exemple et donc frapper un champion. Or Maurice Garin était incontestablement le « plus fort coureur de ces années-là. » C'est donc lui qui fut frappé, prioritairement. Il avait trente-quatre ans. La suspension de deux ans qui lui fut infligée interrompit sa carrière. On ne le vit plus jamais à la tête du peloton.[10] »

Retraite[modifier | modifier le code]

Garin en 1911.

Maurice Garin se retire du cyclisme puis en 1905, il s'installe à Châlons-sur-Marne où il ouvre un magasin de bicyclettes. Peu après, il revient finalement à Lens où il achète une station essence. L'enseigne de son magasin représente un cycliste et proclame fièrement « Au champion des routiers du monde ». La station de Maurice Garin est notamment détruite par les bombardements alliés sur Lens en 1944[9]. Un écrivain anonyme qui l'a côtoyé se souvient :

« Je me souviens vraiment de Maurice Garin, je le rencontrais et lui parlais presque tous les jours car nous habitions le même quartier, à 200 mètres de distance, à Lens. Le père Garin (comme le nommaient mon père et mon grand-père), les beaux jours venus, chevauchait une chaise, appuyé sur le dossier, placée devant l'entrée du petit bureau de la station-service Garin au 116 rue de Lille à Lens, dont il était le propriétaire, à l'enseigne des carburants et lubrifiants Antar. Mon coiffeur officiait dans la maison mitoyenne, j'y allais une fois par mois me faire couper 'en brosse', c'était la mode en ce temps-là. Avec les copains, nous avions entre 7 et 10 ans et sur nos vélos à une vitesse nous nous attachions des dossards marqués au crayon à bille avec des épingles de nourrice, et ne manquions pas de passer nous montrer, en peloton serré, à Maurice Garin. C'est étrange, personne n'a jamais eu l'idée de fixer sur la pellicule ce gamin que j'étais, auprès du premier grand champion de la plus grande course cycliste du monde[47]. »

« Maurice Garin n'était nullement un héros adulé, et encore moins un champion enrichi (il a passé sa retraite à surveiller sa station-service Antar à Lens), je ne me souviens de nulle célébration spéciale en son honneur, nul débarquement d'équipes de télévisions françaises ou étrangères venues l'interviewer, avant qu'il disparaisse en 1957. Et la rue de Lille où il habitait, aujourd'hui encore n'a pas été rebaptisée rue Maurice Garin[47]. »

Après sa carrière, Garin garde son intérêt pour le cyclisme. Il retourne une seule fois dans sa ville natale, en 1949, pour voir le Tour passer. Il crée une équipe professionnelle à son nom après la Seconde Guerre mondiale. Parmi les principaux coureurs de sa formation, qui portent un maillot rouge et blanc, figure le Néerlandais Piet van Est qui gagne Bordeaux-Paris en 1950 et 1952[9]. Lors du 50e anniversaire du Tour en 1953, Garin est invité au côté d'autres anciennes gloires à l'arrivée dans le cadre d'une célébration.

Décès et commémoration[modifier | modifier le code]

Il est enterré dans une tombe de la famille avec son épouse Désirée. L'inscription sur la pierre tombale dit—
Tombe de la famille Garin
Familles Brot, Garin et Darnet.
Desirée Maille (1890-1952),
— Épouse de
Maurice Garin (1871–1957)
Mme Vve Marie Brot, (1863–1948)
Henri Darnet (1905–1970)
Denise Darnet (1904–1982)

'Cimetière Est' (section F3), Sallaumines, près de Lens[3].

En 1933, le « Stade Vélodrome Maurice Garin » est construit à Lens et est nommé en son honneur[48]. Il est néanmoins rasé et reconstruit en 1990, puis rouvert par le ministre de la Jeunesse et des Sports Roger Bambuck. Il est à nouveau détruit en 2007 dans le cadre du projet de construction du « Louvre-Lens ». En 1938, Garin recoit la médaille d'or de l'éducation physique par le ministre des Sports Léo Lagrange[1]. Garin est connu pour être un homme déterminé, même autoritaire. Avec l'âge, il devient confus et a tendance à perdre la mémoire. Son biographe, Franco Cuaz, raconte :

« ... Il [Garin] errait à travers Lens demandant : « Où est le contrôle ? Où est le contrôle ? » son esprit l'ayant ramené des années en arrière avec les images des hôtels où les coureurs signaient les feuilles de vérification dans les premiers Tours[10],[49]. »

« ... Il finit régulièrement à la station de police de la ville, d'où il est escorté jusqu'à sa maison. Souvent, il était allé loin de chez lui, sans savoir où il était, ni où il allait[11],[49]. »

En 2002, Maurice Garin fait partie des 44 coureurs retenus dans le « Hall of Fame » de l'Union cycliste internationale[50].

En 2003, une rue est renommée en son honneur à Maubeuge pour le centième anniversaire de sa victoire sur le Tour de France. En 2004, l'association Les Amis de Paris-Roubaix place un pavé sur sa tombe, une récompense traditionnelle pour les vainqueurs de Paris-Roubaix[8]. Dans Arvier, le village en Italie où il est né, il y a un monument en son honneur. Son biographe, Franco Cuaz, écrit :

« Chaque année, la municipalité m'envoie les Français qui veulent voir la maison où il est né. C'est une sorte de pèlerinage[11]. ».

Famille[modifier | modifier le code]

Ses frères François et César semblent avoir séjournés dans le nord de la France, car, avec Maurice, ils ont ouvert un magasin de cycles en bas du boulevard de Paris, à Roubaix en 1895[8]. Son frère César (16 décembre 1879, Arviers - 27 mars 1951) est également coureur cycliste professionnel de 1899 à 1906, et il vit à Paris (Seine) jusqu'à sa mort à l'âge de 71 ans. Ses meilleurs résultats sont les suivants : deuxième de Paris-Roubaix 1904, troisième de Roubaix-Bray-Dunes 1899 et deuxième d'une étape du Tour de France 1904[51]. Un autre frère, Ambroise (10 mai 1875, Arviers - 31 mars 1969) est cycliste professionnel de 1899 à 1903. Il vit à Argenteuil dans le Val-d'Oise jusqu'à sa mort à l'âge de 93 ans. Il a notamment terminé deuxième de Paris-Roubaix en 1901 et troisième en 1899 et 1902. Il s'est également classé troisième de Bordeaux-Paris en 1900 et 1902[52].

Débat sur la nationalité de Maurice Garin[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2004, il est acquis que Maurice Garin a obtenu la nationalité française en 1892, à 21 ans, juste après sa majorité[11],[53]. Or, cette année-là, le journaliste Franco Cuaz retrouve l'acte de naturalisation du coureur à Châlon-sur-Marne[9]. Il est daté de 1901, soit 9 ans plus tard que la date initiale. Si cette découverte parait anecdotique, elle signifie que les victoires de Maurice Garin obtenues avant cette date l'ont été sous le drapeau italien. Ainsi, sur Paris-Roubaix, il aura fallu attendre la quatrième édition pour voir un Français remporter la « Reine des classiques ». Petit à petit, les livres évoquant l'histoire du cyclisme ainsi que les sites officiels et spécialisés mettent à jour cette information dans les palmarès des courses[2],[54].

Style[modifier | modifier le code]

Le journaliste Jean-Louis Vespini décrit Maurice Garin comme le meilleur coureur de son époque : « Garin a tout gagné ou presque. C'est l'Eddy Merckx du début du siècle[55]. » Il est présenté comme un coureur résistant, qui supporte aussi bien le froid que la chaleur[55]. Biographe de Maurice Garin, Franco Cuaz le décrit comme « un coureur petit et trapu, à la régularité formidable » et « qui avait gagné toutes les courses qui comptaient ». Il affirme qu'il était également un coureur « intelligent, rusé, instinctif et calculateur »[49].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Palmarès sur route[modifier | modifier le code]

Palmarès sur piste[modifier | modifier le code]

  • 1893
    • 800 km de Paris
  • 1894
    • Vingt-quatre heures de Liège
  • 1895
    • Vingt-quatre heures des Arts libéraux de Paris

Résultats sur le Tour de France[modifier | modifier le code]

  • 1903 : Vainqueur
  • 1904 : disqualifié

Record[modifier | modifier le code]

  • 1895 : Recordman du monde des 500 km sur route derrière entraîneur humain : 15 h 02' 32", entre le 3 et le 4 février

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une raison pour laquelle toute la famille Garin a voyagé si loin, comme de nombreux valdôtains, jusqu'à la frontière belge, est que la région possède des mines de charbon nécessitant une main-d'œuvre abondante. Voir (en) Leslie Page Moch, Moving Europeans : Migration in Western Europe since 1650, Indiana University Press, , 273 p. (ISBN 9780253215956, lire en ligne).
  2. a et b 1 franc français équivalait à environ 3,5 euros en 1900.
  3. À cette époque, les courses sont d'une extrême difficulté, que ce soit sur les vélodromes ou sur les routes. Elles rivalisent en termes de longueurs et seuls les coureurs les plus endurants et résistants parviennent à s'imposer
  4. En 2004, Les Amis de Paris-Roubaix rendent hommage aux victoires de Maurice Garin sur Paris-Roubaix en plaçant un pavé - trophée traditionnelle pour les gagnants de la course, sur sa tombe. Voir Les Amis de Paris-Roubaix, Manifestations, 3 mars 2004, Hommage à Maurice Garin
  5. Lors du premier Tour de France, les coureurs qui abandonnaient devaient renoncer à la course au classement général mais pouvaient disputer les étapes suivantes.
  6. Lucien Pothier voit finalement sa peine réduite à trois ans de suspension. Il peut ainsi reprendre la compétition dès 1907.

Références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Maurice Garin » (voir la liste des auteurs).

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  4. Chany, Pierre (1986), La Fabuleuse Histoire du Tour de France, La Martinière, France, p. 54—55
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jacques Augendre, Petites histoires secrètes du Tour..., Solar, , 423 p. (ISBN 978-2-263-06987-1). Document utilisé pour la rédaction de l’article
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  • Thierry Cazeneuve, 1903-1939 L'invention du Tour, L'Équipe, coll. « La Grande histoire du Tour de France » (no 1), , 62 p. (ISBN 978-2-8152-0293-0).
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  • Franco Cuaz, Maurice Garin : le cyclisme du siècle dernier, Musumeci, , 165 p..
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  • Pierre Lagrue, Le Tour de France. Reflet de l'histoire et de la société, 2004, chapitres 1903 : le succès des débuts et 1904 : le Tour est mort ! (ISBN 9782747566759)
  • Jacques Seray, 1904 : Ce Tour de France qui failli être le dernier, J. Seray, , 173 p. (ISBN 978-2950850003).
  • Jean-Paul Vespini, 1903, Le Premier Tour de France, Paris, Jacob-Duvernet, , 278 p. (ISBN 978-2847244663). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]

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