Luis Ocaña

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Luis Ocaña
Luis Ocaña.jpg

Luis Ocaña lors du Tour de France 1973.

Informations
Nom de naissance
Jesús Luis Ocaña PerníaVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
l'Espagnol de Mont-de-Marsan
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 48 ans)
Mont-de-MarsanVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Spécialité
Distinction
Médaille d'or de l'ordre royal du mérite sportif (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Équipes professionnelles
1968 Fagor - Fargas
1969 Fagor
1970-1974 Bic
1975-1976 Super Ser
1977 Frisol - Thirion - Gazelle
Principales victoires
Championnats
MaillotEspaña.PNG Champion d'Espagne sur route 1968 et 1972
2 grands tours
Leader du classement général Tour de France 1973
Leader du classement général Tour d'Espagne 1970
1 classement annexe de grand tour
Leader du classement de la montagne Grand Prix de la montagne du Tour d'Espagne : 1969
15 étapes de grands tours
Tour de France (9 étapes)
Tour d'Espagne (6 étapes)
Courses à étapes
Critérium du Dauphiné libéré 1970, 1972 et 1973
Tour de Catalogne 1971
Tour du Pays basque 1971 et 1973
Autre compétition
Grand Prix des Nations 1971

Jesús Luis Ocaña Pernía (né le à Priego, Espagne – mort le à Mont-de-Marsan) est un coureur cycliste espagnol. Durant sa carrière professionnelle, il remporte 110 victoires.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et carrière amateur[modifier | modifier le code]

Luis Ocaña naît le 9 juin 1945 à Priego en Nouvelle-Castille, entre Cuenca et Tolède, dans l'Espagne franquiste[b 1]. Luis passe sa petite enfance dans le Val d'Aran, dans le hameau de Vila, à proximité du col du Portillon et de la frontière française[b 2], où son père a trouvé un travail de mineur[o 1]. Luis parcourt à pied sept kilomètres à travers champs, afin de se rendre à l'école des Frères de la Saille, située à Vielha e Mijaran[b 3]. Toute la famille Ocaña immigre en France en 1957 à Mont-de-Marsan dans les Landes, où le père de Luis a trouvé un travail de bûcheron[1]. À 14 ans, il quitte l'école et devient apprenti dans une menuiserie chez Monsieur Ducos à Aire-sur-l'Adour[o 2]. Luis apprend à faire de la bicyclette, sur celle de sa cousine Carmen[b 4]. Passionné par la pratique vélo, il travaille beaucoup pour se payer dans un magasin à Barcelonne-du-Gers, son premier vélo jaune marbré de marque Automoto, qui a équipé de grands coureurs comme Lucien Petit-Breton, Henri Pélissier ou Ottavio Bottechia[o 2]. Grâce à son patron menuisier, Ocaña signe à 16 ans sa première licence cycliste à l'Avenir aturin, société sportive à Aire-sur-l'Adour[2]. Le jeune coureur a besoin d'un véritable vélo de course afin de participer aux compétitions. Le prix étant trop élevé, c'est Monsieur Ducos qui le finance, moyennant un remboursement en cinq mensualités[o 3]. Il signe sa licence sous le nom francisé de « Louis Ocagna », car la tilde sur le n de son nom n'existe pas dans les caractères d'imprimerie française[o 4]. Ocaña remporte sa première victoire amateur le 1er avril 1962, lors du Grand Prix du Printemps à Mimizan[b 5]. Après six victoires en 1962 et sept autres en 1963[o 5], il intègre le club de Mont-de-Marsan, portant un maillot jaune à épaulettes noires, orné de la silhouette d'un petit écureuil[b 6]. Le président du club, Pierre Cescutti, dénicheur de talents, parle de Luis Ocaña en ces termes : « Sous ses allures de chien fou, j'ai vite repéré que le gamin avait un gros moteur. J'avais entre les mains un joyau, à la fois talentueux et fragile. »[1]. En 1964, il s'impose pour la première fois sous nouvelles couleurs, lors du Prix Martini à Mont-de-Marsan[o 6]. Quelques jours plus tard, il l'emporte à Bagnères-de-Bigorre, par une température en dessous de zéro, avec plus de six minutes d'avance sur le deuxième[b 7]. L'année suivante, sa licence comporte le label « indépendant hors catégorie », ce qui lui permet de se confronter aux coureurs professionnels. En mai, il participe à la Course de côte du mont Faron, épreuve en contre-la-montre individuel, qu'il termine à la cinquième place, à deux minutes du vainqueur, Jacques Anquetil. Il prend ensuite la deuxième place lors du Grand Prix de France, puis la septième place lors du Grand Prix des Nations[o 7]. Il continue de triompher dans la catégorie amateur les années suivantes, à Bretagne-de-Marsan, au Tour de la Bidassoa, au Tour du Béarn, au Tour du Roussillon et au Grand Prix des Nations amateurs[3]. Ses bonnes performances le font connaître et le milieu cycliste lui donne le surnom de « l'Espagnol de Mont-de-Marsan »[2]. Malgré ces bons résultats en amateur et en tant qu'indépendant chez les professionnels, aucune équipe française ne veut le faire signer. Il répond alors aux sollicitations d'une équipe espagnole, Fagor, qui lui impose de conserver sa nationalité espagnole, alors que des démarches pour une naturalisation française avaient été entamées. Il devient donc coureur professionnel pour un salaire mensuel de 15 000 Pesetas (soit 1 200 Francs) et abandonne son métier de menuisier ébéniste[1],[o 8].

Carrière professionnelle (1968-1977)[modifier | modifier le code]

Débuts prometteurs (1968)[modifier | modifier le code]

En 1968, pour sa première saison professionnelle, il remporte sa première victoire lors du GP Llodio, devant son compatriote José Antonio Momeñe[1]. Fin avril, il participe au Tour d'Espagne, qu'il abandonne lors de la douzième étape. Il participe ensuite à son deuxième grands tours, lors du Tour d'Italie. Ocaña fait partie de la bonne échappée lors de la dix-neuvième étape, mais ne peut contester au sprint la victoire à l'Italien Luciano Dalla Bona[4]. Lors de l'avant-dernière étape, l'Espagnol s'échappe à nouveau et franchit la ligne d'arrivée au sommet du Blockhaus de la Majella, à la quatrième place[5]. Il termine trente-quatrième au classement général de l'épreuve transalpine, remportée par le Belge Eddy Merckx. Ocaña devient ensuite champion d'Espagne devant Antonio Gómez del Moral et Jesús Aranzabal. Le soir même, il offre son maillot sang et or à son père mourant[b 6]. Ce dernier décède le 31 août, alors que son fils participe pour la première fois aux championnats du monde à Imola en Italie[o 9]. En septembre, Ocaña est troisième du Grand Prix des Nations, à plus de quatre minutes du vainqueur, l'Italien Felice Gimondi[6]. Il conclut sa saison par une cinquième place lors d'À travers Lausanne[7], avant de terminer troisième avec son compatriote Jesús Aranzabal au Trophée Baracchi, remporté par Felice Gimondi et Jacques Anquetil[8].

Confirmation de son talent (1969)[modifier | modifier le code]

Luis Ocaña commence sa saison 1969 par une victoire à la Semaine catalane[9]. Un mois plus tard, lors du Tour du Pays basque, malgré sa victoire lors de la troisième étape, il ne termine qu'à la sixième place du classement général final, remporté par le vétéran Jacques Anquetil (35 ans)[o 10]. En avril, lors de la Vuelta 1969, il remporte le prologue inaugural de 6,5 kilomètres à Badajoz, lui permettant de se parer du maillot jaune de leader du classement général. Il perd sa tunique, dès le lendemain, au profit du Britannique Michael Wright. Il parvient ensuite à suivre les favoris dans les étapes au profil accidenté. L'Espagnol conclut l'épreuve par deux victoires en contre-la-montre individuel à Saint-Sébastien et à Bilbao. Cela lui permet de terminer à la deuxième place au classement général final, à une minute et cinquante-quatre secondes du vainqueur, Roger Pingeon. Ocaña remporte également le Grand Prix de la montagne[10],[o 11]. En juin, il prend à Nîmes, le départ du Grand Prix du Midi libre, épreuve courue en six étapes réparties sur quatre jours. Alors qu'il est troisième au classement général, à l'amorce de la dernière journée de course, qui est scindée en deux étapes. Sur la courte étape de 83 kilomètres entre Quillan et Font-Romeu, proposant plusieurs ascensions, Ocaña crée une échappée avant la montée du col de la Quillane. Les fuyards ne sont pas repris, l'Espagnol termine deuxième de l'étape et se pare du maillot de leader. Lors de la dernière étape menant à Perpignan, il conserve son avance et remporte le Grand Prix du Midi libre[11],[o 12]. Il devient leader de son équipe pour le Tour 1969 qui démarre de Roubaix et se présente avec un rôle d'outsider pour la victoire finale, face au grand favori, Eddy Merckx[12]. Les espoirs d'Ocaña de bien figurer sur l'épreuve sont rapidement déçus. Lors du contre-la-montre par équipes à Woluwe-Saint-Pierre en Belgique, l'équipe Fagor termine onzième, à plus de cinq minutes de l'équipe victorieuse, la Faema de Merckx. De plus, lors de la sixième étape menant au Ballon d'Alsace, Ocaña chute lourdement dans la descente du col du Herrenberg[13]. Blessé, couvert de pansements, il lutte pendant deux jours. Mais à bout de force, ne parvenant plus à suivre le rythme du peloton, il est contraint à l'abandon à Bas-Mornex, lors du deuxième tronçon de la huitième étape[14],[o 13]. Sélectionné afin de participer aux championnats du monde organisés à Zolder en Belgique, l'Espagnol manque la bonne échappée et ne parvient pas à faire un retour sur l'avant de la course, malgré une tentative sur plusieurs tours du circuit en compagnie du Français José Catieau et du Belge Roger Swerts. Le Néerlandais Harm Ottenbros l'emporte et se pare du maillot arc-en-ciel[15].

Victoire au Tour d'Espagne (1970)[modifier | modifier le code]

En 1970, Maurice De Muer dirigeant de l'équipe Bic, engage Luis Ocaña en remplacement de Lucien Aimar. Dans la formation française, il partage le rôle de leader avec le Néerlandais Jan Janssen[2]. La cohabitation avec le vainqueur du Tour 1968 ne pose aucun problème, car ce dernier privilégie l'intérêt du groupe[o 14]. Sous ses nouvelles couleurs oranges et blanches, Ocaña se confronte en début de saison à Eddy Merckx lors de Paris-Nice[16]. Même s'il se montre très offensif durant l'épreuve, il ne peut rien face au « Cannibale » et termine deuxième au classement général final, à deux minutes et quatorze secondes du Belge[17]. Lors de la Vuelta 1970, en l'absence d'Eddy Merckx, Felice Gimondi, Roger Pingeon et Raymond Poulidor, Ocaña qui a fait de l'épreuve ibérique son principal objectif de la saison[o 15], endosse le rôle de favori pour la victoire finale. Ses adversaires sont le Belge Herman Van Springel, l'Allemand de l'Ouest Rolf Wolfshohl et le Néerlandais Marinus Wagtmans[18]. D'entrée, l'Espagnol remporte le prologue de 6 kilomètres à Cadix[19]. La suite de l'épreuve est une lutte acharnée entre Ocaña, Van Springel et les Espagnols Agustín Tamames et Jesús Manzaneque. La dernière étape est un contre-la-montre individuel de 29 kilomètres sur un parcours vallonné, Tamames est porteur du maillot de leader du classement général, mais les trois autres coureurs ne pointent qu'à quelques secondes. Luis Ocaña se montre le plus fort durant l'effort solitaire, il reprend plus d'une minute à tous ses adversaires et arrache la victoire finale[o 16]. Il remporte le premier grand tour de sa carrière[20].

Son directeur convainc Ocaña de participer au Critérium du Dauphiné libéré. Dans l'étape Lyon-Sallanches, il s'empare du maillot de leader. Même son équipier Jean-Claude Genty l'en dépossède le lendemain, l'Espagnol reprend la tête du classement général après sa victoire lors du contre-la-montre individuel entre Privas et Vals-les-Bains comprenant l'ascension du col de l'Escrinet. Il remporte l'épreuve devant Pingeon et Van Springel[o 17]. Grâce à ces performances, Ocaña semble le seul coureur capable d'empêcher l'intraitable Merckx de remporter le Tour 1970[21]. Il déclare à la presse : « Oui, si j'ai la chance de conserver la remarquable condition physique m'ayant permis de gagner la Vuelta et les Six Provinces, entre Merckx et moi, ce sera la guerre. »[o 18]. Cependant, dès le prologue inaugural de l'épreuve à Limoges long de 7,4 kilomètres, l'Espagnol concède quinze secondes au Belge[22]. L'écart continue d'augmenter, après la contre-performance de l'équipe Bic dans le contre-la-montre par équipes à Angers[o 19]. Ocaña perd ensuite régulièrement du temps les étapes suivantes, puis subit une grosse déconvenue entre Belfort et Divonne-les-Bains, sous une forte chaleur, il termine à plus de douze minutes de Merckx[23]. Entre Grenoble et Gap, Ocaña en souffrance dans le col du Noyer est proche de l'abandon, mais grâce au soutien de son équipier Charly Grosskost, il parvient à rejoindre l'arrivée dans le Gruppetto, vingt-cinq après le vainqueur de l'étape, l'Italien Primo Mori[o 20]. Après avoir été moribond dans le massif des Alpes, l'Espagnol qui ne peut plus prétendre à un bon résultat au classement général, passe à l'offensive lors de la dix-septième étape. Parti seul à trente kilomètres de l'arrivée, il s'impose en solitaire à Saint-Gaudens[24]. Ocaña prend ensuite la deuxième place du contre-la-montre individuel lors de la dernière étape entre Versailles et Paris. Mais il conclut l'épreuve à la trente-et-unième place au classement final, loin du vainqueur, Eddy Merckx[25].

Tour de France dramatique (1971)[modifier | modifier le code]

En ce début de saison 1971, Ocaña participe à Paris-Nice qu'il termine à la troisième place, derrière Eddy Merckx et le Suédois Gösta Pettersson[26]. Même si L'Espagnol est battu par Raymond Poulidor lors de la Semaine Catalane il enchaîne ensuite les victoires au Subida a Arrate, puis au Tour du Pays basque[o 21]. Il est le grand favori pour le Tour d'Espagne. Cependant, Ocaña n'est pas très enthousiaste afin de participer à cette épreuve, déclarant à la presse : « Le Tour d'Espagne 1971 manque d'intérêt pour moi ». Il ne souhaite pas trop se fatiguer, car son objectif principal de la saison est le Tour de France[27]. Son manque d'envie se caractérise par le fait qu'il ne gagne que la douzième étape entre Bilbao et Vitoria[28], puis il conclut cette Vuelta sur la troisième marche du podium, derrière les Belges, Ferdinand Bracke et Wilfried David[29]. Ocaña reprend la compétition au Critérium du Dauphine libéré et souhaite remporter le classement final face à Eddy Merckx. Le Belge s'empare dès le premier jour du maillot de leader, après la victoire de sa formation lors du contre-la-montre par équipes. Lors de l'étape entre Grenoble et Annecy, l'Espagnol tente à plusieurs reprises de décramponner Merckx, en vain. Il prend la deuxième place au classement général final, battu par Merckx, pour cinquante-quatre secondes[30],[o 22].

Photographie d'une plaque commémorative posée sur un rocher
Plaque commémorative en l'honneur de Luis Ocaña au col de Menté.

Ocaña est désigné comme le grand rival d'Eddy Merckx dans le Tour 1971. L'Espagnol fait partie de l'échappée royale lors de la deuxième étape menant à Strasbourg. Ce groupe composé des principaux favoris de l'épreuve relègue à l'arrivée le peloton à plus de neuf minutes[31]. Ocaña se montre ensuite à son avantage en s'imposant au sommet du Puy de Dôme, après avoir décroché tous ses adversaires dont Merckx à quelques kilomètres de l'arrivée. Cette victoire lui permet de revenir à trente-sept secondes du Belge au classement général[32]. Deux jours plus tard, Ocana porte un nouveau coup d'estoc dans le massif des Alpes, profitant d'une crevaison du maillot jaune pour attaquer. Merckx est incapable de revenir sur le groupe de tête dans le col de Porte, concède une minute et trente-six à l'arrivée à Grenoble et doit abandonner la tête du classement général au Néerlandais Joop Zoetemelk[33]. Le lendemain, sur une courte étape montagneuse de 134 kilomètres, Ocaña suit l'offensive du Portugais Joaquim Agostinho dès la première difficulté du jour, la côte de Laffrey. Zoetemelk et le Belge Lucien Van Impe se joignent aux deux attaquants, alors que Merckx est décramponné. Dans le col du Noyer, l'Espagnol se dresse sur ses pédales et se débarrasse de ses trois compagnons d'échappée. Il ne faiblit pas dans la suite de sa chevauchée et franchit la ligne d'arrivée en solitaire à Orcières-Merlette. Van Impe termine deuxième à presque six minutes et Merckx, qui s'est manigfiquement battu, concède huit minutes et quarante-deux secondes. Ce dernier déclare à la presse : « Aujourd'hui Ocaña nous a maté comme El Cordobès dans l'arène mate ses taureaux. »[o 23]. Ocaña endosse pour la première fois de sa carrière le maillot jaune et possède une avance confortable sur ses adversaires[34],[35]. L'étape suivante, Merckx, revanchard, provoque une échappée dès la ligne de départ. À l'arrivée à Marseille, il réussit à reprendre plus de deux minutes à Ocaña. Après la journée de repos, le Belge reprend encore onze secondes à l'Espagnol lors du contre-la-montre individuel à Albi[36]. Lors de la quatorzième étape entre Revel et Luchon, le duel entre les deux coureurs prend fin de façon dramatique. Une averse de grêle s'abat sur les coureurs qui s'élancent dans la descente du col de Menté. Ocaña manque un virage à cause de la boue et chute en compagnie de Merckx. Ce dernier parvient à repartir, alors qu'Ocaña est percuté violemment par Zoetemelk. À demi-inconscient sur le bas côté, l'Espagnol souffre des côtes et de la colonne vertébrale et doit abandonner la course[37]. Le lendemain, Merckx qui vient de récupérer la tête du classement général, refuse de porter le maillot jaune. Il remporte son troisième Tour de France et déclare sur les Champs-Élysées : « J'aurais préféré terminer deuxième et livrer une bataille jusqu'au bout. »[1]. « Un jour de juillet, le maillot jaune m'est entré dans la peau » écrira Ocaña plus tard. Antoine Blondin, dans les colonnes de L'Équipe, écrira à propos de cet événement : « Luis Ocaña n’était peut-être pas intrinsèquement le meilleur de la course, mais il en était le soleil »[38].

Les championnats du monde organisés à Mendrisio en Suisse, sur un parcours accidenté, est placé sous le signe de la revanche entre Merckx et Ocaña[39]. Mais le « Cannibale » l'emporte à nouveau et se pare du maillot arc-en-ciel[40]. La fin de saison d'Ocaña est ensuite tonitruante. Il remporte successivement le Tour de Catalogne, À travers Lausanne devant Merckx[41], puis le grand Prix de Lugano[42]. Il s'impose ensuite nettement au Grand Prix des Nations, reléguant le deuxième, Joop Zoetemelk, à trois minutes[43]. L'Espagnol conclut l'année en remportant le Trophée Baracchi en compagnie du Danois Leif Mortensen et termine deuxième du Trophée Super Prestige Pernod derrière Merckx[44].

Nouvelle déconvenue au Tour de France (1972)[modifier | modifier le code]

Photographie en noir et blanc, d'un homme portant un maillot avec l'inscription "Molteni Arcore"
Eddy Merckx (ici en 1973), grand rival de Luis Ocaña.

En 1972, Luis Ocaña et son éternel rival, Eddy Merckx, se retrouvent lors de Paris-Nice[45]. Le Belge remporte le prologue à Dourdan, Ocaña termine cinquième à dix secondes[46]. Lors de l'étape entre Saint-Étienne et Valence, alors que Merckx est diminué à la suite d'une chute survenue la veille, l'Espagnol tente plusieurs offensives dans le col de la République, mais Merckx s'accroche et revient dans la descente[47]. Lors de la cinquième étape menant à Manosque, Ocaña termine deuxième à cinq secondes de Merckx, qui s'impose au sommet de la côte du Mont d'Or et ses forts pourcentages[48]. La dernière étape est un contre-la-montre individuel de 9,5 kilomètres sur les pentes du col d'Èze. Le vétéran Raymond Poulidor (35 ans) crée la surprise en détrônant Merckx, alors qu'Ocaña termine sur la troisième marche du podium du classement général final, à cinquante-deux secondes du vainqueur. Blessé au genou, il renonce à participer à Milan-San Remo et préfère se soigner chez lui[49]. Ocaña poursuit sa saison par une deuxième place aux Quatre Jours de Dunkerque derrière Yves Hézard. L'Espagnol participe ensuite au Critérium du Dauphiné libéré. Lors de la courte étape entre Chambéry et Grenoble (68 kilomètres), Ocaña part seul dès la première difficulté du jour, le col du Granier. Sous la chaleur, il poursuit son effort dans les cols du Cucheron et de Porte, parvenant à résister au retour de Bernard Thévenet et Lucien Van Impe. Il scelle sa domination sur l'épreuve en remportant le contre-la-montre de 31,5 kilomètres entre Valence et Crest. Il s'impose au classement général final Critérium du Dauphiné libéré, avec trois minutes et cinq secondes d'avance sur le deuxième, Bernard Thévenet[o 24]. En juin, il remporte le titre de champion d'Espagne à Ségovie, reléguant le deuxième, Domingo Perurena, à plus de deux minutes et trente secondes[50].

Le départ du Tour 1972 est donné à Angers, offrant une nouvelle confrontation entre Ocaña et Merckx. La presse rapporte des propos exacerbés de l'un envers l'autre et ne se gêne pas pour jeter de l'huile sur le feu[o 25]. L'Espagnol effectue une bonne entame de l'épreuve, en faisant partie de la bonne échappée en compagnie d'Eddy Merckx, Bernard Thévenet, Felice Gimondi et Cyrille Guimard, lors de la quatrième étape menant à Royan. Alors que Raymond Poulidor, Lucien Van Impe et Joop Zoetemelk concèdent plus de trois minutes à l'arrivée[51]. Ces derniers critiquent Ocaña, qui a grandement collaboré avec le Belge durant cette étape et lui reprochent de vouloir se lancer dans un combat singulier. L'Espagnol répond à la presse qui lui rapporte ces propos à son égard : « Je ne cours pas le Tour pour faire deuxième. Ce sera tout ou rien. Je gagnerai ou je me coucherai. »[o 26]. Lors de la première étape pyrénéennes entre Bayonne et Pau, Ocaña chute dans la descente du col du Soulor et franchit la ligne d'arrivée avec une minute et quarante-neuf secondes de retard sur les favoris[52]. Le lendemain, il termine sur les talons de Merckx au sommet du col de Peyresourde et se replace à la troisième place du classement général[53]. La onzième étape se conclut par l'ascension du Mont Ventoux, où Ocaña tente plusieurs attaques afin de décrocher Merckx, porteur du maillot jaune, en vain. Ce dernier parvient même à distancer son adversaire de cinq secondes à l'arrivée, mais l'Espagnol s'empare de la deuxième place au classement général[54]. Luis Ocaña ne peut mener la lutte face à Merckx jusqu'au bout de l'épreuve, car souffrant d'une infection broncho-pulmonaire gauche, il est contraint d'abandonner à Aix-les-Bains[55]. Mettant plusieurs semaines afin de se rétablir, sa fin de saison est compromise et il n'obtient plus aucun résultat notable[56].

Consécration sur le Tour de France (1973)[modifier | modifier le code]

En ce début de saison 1973, Luis Ocaña se fixe pour objectif principal de remporter le Tour de France. Pour cela, il expérimente un vélo avec un cadre en titane fabriqué par la société britannique Speedwell. Grâce à ce cadre, le vélo ne pèse plus que 7,800 kilogrammes, soit deux de moins que les autres montures. De plus, afin d'épauler l'Espagnol en montagne, l'équipe Bic recrute le Portugais Joaquim Agostinho[o 27]. Même si Ocaña ne termine que sixième de Paris-Nice, à trente-sept secondes du vainqueur, Raymond Poulidor[57]. Il s'impose ensuite lors de la Semaine Catalane, puis au Tour du Pays basque[o 27]. Il participe ensuite à la Vuelta 1973, où il retrouve son éternel rival, Eddy Merckx[58]. L'épreuve n'est pas assez montagneuse pour l'Espagnol et Merckx profite des nombreuses bonifications pour s'emparer du commandement et annihiler les velléités de ces adversaires. Le Belge s'impose pour la première fois de sa carrière sur le Tour d'Espagne, devant Ocaña qui termine à trois minutes et quarante-six secondes[o 27]. Lors du Critérium du Dauphiné libéré, Ocaña déjà double vainqueur de l'épreuve, effectue un dernier test avant le Tour de France. Lors de l'étape de montagne entre Grenoble et Briançon, comprenant les ascensions des cols de la Croix-de-Fer, du Télégraphe et du Galibier, Bernard Thévenet attaque à plusieurs reprises et seul Luis Ocaña parvient à le suivre. Le Français s'impose au sprint à l'arrivée, endosse le maillot de leader pour six secondes devant l'Espagnol. Les autres coureurs pointent à près de neuf minutes. Lors du contre-la-montre individuel entre Montceau-les-Mines et Le Creusot, Ocaña se montre le plus rapide, il relègue Thévenet à une minute et treize secondes et prend les rênes de l'épreuve. Le lendemain, à Saint-Étienne, il remporte pour la troisième fois le Critérium du Dauphiné libéré, rejoignant Nello Lauredi au record des victoires[o 27].

Au départ du Tour 1973, qui présente un profil très montagneux avec vingt-neuf cols à franchir, Luis Ocaña fait figure de favori avec Bernard Thévenet pour la victoire finale. Surtout en l'absence d'Eddy Merckx, qui a préféré se reposer après ses victoires cette saison sur la Vuelta et le Giro[59]. Ocaña effectue une bonne entame, en prenant la cinquième place du Prologue, à deux secondes du vainqueur, le Néerlandais Joop Zoetemelk. Le lendemain, le sort semble une nouvelle s'acharner contre l'Espagnol, qui chute à cause d'un chien dans l'étape entre Scheveningen et Rotterdam, lui occasionnant des contusions aux côtes. Lors de la troisième étape entre Roubaix et Reims proposant plusieurs secteurs pavés, Ocaña passe à l'offensive dans l'un d'eux au niveau de Querenaing. Il est accompagné de quelques coureurs dont quatre équipiers, à savoir José Catieau, Sylvain Vasseur, Johny Schleck et Leif Mortensen[o 28]. Après une passe d'armes de 141 kilomètres, Cyrille Guimard règle le sprint de l'échappée, qui franchit la ligne d'arrivée avec deux minutes et trente secondes d'avance sur le peloton, permettant à Ocaña de réaliser une opération payante contre ses adversaires directs pour la victoire finale[60]. Dès la première alpestre, l'Espagnol l'emporte en solitaire à Gaillard et endosse le maillot jaune. Dans le second secteur d'étape de la journée, il gère les multiples offensives de José Manuel Fuente dans la montée vers Méribel et termine à proximité de Bernard Thévent, vainqueur à l'arrivée[61]. Le lendemain, une étape dantesque se profile, avec la succession des cols de la Madeleine, du Télégraphe, du Galibier, de l'Izoard et la montée finale vers Les Orres. Sous l'impulsion de Fuente, le peloton éclate dans les premières difficultés, puis à la suite d'une nouvelle attaque de ce dernier dans le Galibier, seul le maillot jaune parvient à le suivre. Au sommet de l'Izoard, les deux Espagnols ont avance importante sur leurs adversaires. Après une crevaison de Fuente dans la descente du col, Ocaña effectue seul la dernière montée et franchit la ligne d'arrivée avec cinquante-huit secondes d'avance sur son compatriote, Thévenet termine à sept minutes[o 29]. À l'amorce des Pyrénées, Ocaña creuse encore les écarts, en s'imposant lors du contre-la-montre de 28,3 kilomètres à Thuir[o 30]. Lors de la treizième étape, le maillot jaune effectue une nouvelle démonstration, il maîtrise les offensives de Fuente, puis rejoint et dépose Zoetemelk dans le col du Portillon, avant de plonger vers l'arrivée à Luchon, où il l'emporte[62]. Insatiable, l'Espagnol s'impose à nouveau au sommet du Puy-de-Dôme, puis lors du dernier contre-la-montre de 16 kilomètres à Versailles, alors qu'il souffre d'une blessure à la selle. Le Tour de France se conclut au vélodrome de la Cipale à Paris, Luis Ocaña remporte le classement général final devant Bernard Thévenet à quinze minutes et cinquante-et-une secondes et José Manuel Fuente à dix-sept minutes et quinze secondes[o 31],[63].

Luis Ocaña est le leader de la sélection ibérique pour les Championnats du monde se déroulant à Montjuich en Espagne. Présent dans le final de l'épreuve avec les Belges Eddy Merckx, Freddy Maertens et l'Italien Felice Gimondi, Ocaña lance son sprint trop tardivement et échoue sur la troisième marche du podium, tandis que Gimondi endosse le maillot arc-en-ciel[o 32],[64].

Année noire (1974)[modifier | modifier le code]

Luis Ocaña commence la saison 1974 avec un manque de préparation physique durant l'hiver, car il s'est consacré à l'exploitation agricole qu'il vient d'acquérir à Caupenne-d'Armagnac. Pourtant il s'est lancé comme défi de participer au trois grands tours. Il effectue sa rentrée à la Semaine Catalane, où il tombe malade lors de la dernière étape. Il termine ensuite troisième du Tour du Pays basque, mais ses problèmes de santé persistent. Au Tour d'Espagne, alors que l'épreuve est courue sous des conditions météorologiques épouvantables, il souffre de problèmes respiratoires, mais s'obstine à poursuivre la course. Il termine quatrième du classement général final à Saint-Sébastien, pointant à une minute et cinquante-huit secondes du vainqueur, José Manuel Fuente[o 33].

Ocaña décide de ne pas se présenter au départ du Tour d'Italie pour se reposer. En juin, il parvient à retrouver de bonnes sensations lors du Critérium du Dauphiné libéré, en réussissant à accompagner les meilleurs dans l'étape de montagne entre Grenoble et Gap. Il termine la course à la sixième place du classement général, à plus de six minutes du vainqueur, Alain Santy. Afin de parfaire sa condition physique pour le Tour de France, il participe au Tour de l'Aude, mais à cause d'une chute, il se fracture le coude et doit renoncer à défendre son titre sur la Grande Boucle. Sa fin de saison est anecdotique, ses résultats ne sont pas à la hauteur de ses attentes ni de celles des dirigeants de l'équipe Bic. Ces derniers lui reprochent la conduite de sa saison et le licencie à la fin de l'année[o 34].

Saison décevante (1975)[modifier | modifier le code]

En 1975, la Société espagnole Super Ser, spécialisée dans l'électroménager, contacte Luis Ocaña afin de bâtir une équipe autour de lui. L'Espagnol fait venir dans sa nouvelle formation, trois anciens équipiers de chez Bic, Jean-Jacques Fussien, Roland Berland et Sylvain Vasseur. Ocaña veut faire oublier les échecs de la saison précédente et dès le Tour d'Andalousie il remporte le contre-la-montre individuel et termine deuxième de l'épreuve derrière Freddy Maertens. Cependant, lors de Paris-Nice, il subit une défaillance sur les pentes du col d'Èze et ne termine qu'à la neuvième place au classement général final, à quatre minutes et trente secondes du vainqueur, Joop Zoetemelk[o 35],[65]. Il prend ensuite la deuxième place de la Semaine Catalane, à dix-neuf secondes d'Eddy Merckx. Lors de la Vuelta, il fait figure de favori pour la victoire finale. Ses adversaires principaux sont les Espagnols José Manuel Fuente, Miguel María Lasa, Domingo Perurena et le Néerlandais Hennie Kuiper. Lors de la première étape de montagne, Ocaña effectue un travail d'usure pour lâcher ses adversaires, mais c'est son équipier Agustín Tamames qui en profite pour s'imposer. Ce dernier remporte le classement général final lors de la dernière étape, Ocaña termine la course à la quatrième place, à une minute et trente-quatre secondes[o 35].

En juin, Ocaña participe au Critérium du Dauphiné libéré. Dans l'étape entre Romans-sur-Isère Grenoble, il se montre incapable de suivre le rythme du peloton dans le col du Granier. Le lendemain, il subit la même déconvenue dans la succession des cols de la Croix-de-Fer, du Télégraphe et du Galibier. À la presse il déclare : « Je n'ai plus de jus. Je suis comme une batterie à plat. »[o 36]. Son manque de forme se remarque dès le prologue du Tour 1975 à Charleroi, où il concède en 6,250 kilomètres, quarante-cinq secondes au vainqueur, l'Italien Francesco Moser[66]. Mais l'Espagnol s'accroche, tente à plusieurs reprises de s'échapper dans les étapes suivantes et réalise des performances honorables sur les épreuves chronométrées de Merlin-Plage, puis entre Fleurance et Auch. Lors de la première étape pyrénéenne, il parvient à rallier l'arrivée à Pau avec le groupe des favoris. Le lendemain, dans une redoutable étape, proposant les ascensions du Tourmalet, d'Aspin et du Pla d'Adet, Ocaña franchit la première difficulté dans un groupe de sept coureurs avec Eddy Merckx, Lucien Van Impe, Bernard Thévenet, Joop Zoetemelk, Joseph Deschoenmaecker et Francisco Galdós. Dans la montée finale, Ocaña lâche prise une première fois, mais parvient à revenir sur Merckx, Van Impe et Zoetemelk. Mais une nouvelle accélération de ce dernier, le décramponne définitivement et il franchit la ligne d'arrivée avec un retard de plus de deux minutes sur le Néerlandais[o 37]. Cependant, à l'issue de cette étape, il récupère la cinquième place du classement général[67]. Malheureusement, à cause d'une blessure à la selle, il est obligé de pédaler de travers pour atténuer ses souffrances. Cela lui occasionne alors une vive douleur au genou. Ne pouvant plus poser le pied sur le sol, il est contraint de ne pas prendre le départ de la treizième étape à Albi[o 38].

Suite de carrière (1976-1977)[modifier | modifier le code]

Il enchaînera les prestations moyennes les années suivantes et ne retrouvera jamais son niveau d'antan. Il arrête en 1977. Luis Ocaña compte 110 victoires professionnelles au total, de nombreuses courses par étapes.

Après carrière et décès[modifier | modifier le code]

Sa carrière de coureur achevée, il fut directeur sportif de la formation nationale espagnole, et se reconvertit en exploitant agricole à Caupenne-d'Armagnac dans le Gers.

En marge du Tour de France 1979, il participe avec le pilote Jean Sarrazin à un gymkhana à la station des Menuires. Ils subissent un accident et Luis Ocaña souffre de nombreuses fractures. Il gardera de longues années des séquelles et il devra faire des transfusions sanguines.

Dans les années 1980, il apporte son soutien à Jean-Marie Le Pen[68], puis participe activement à la campagne pour la présidentielle 1988 du leader du Front national.

Il est atteint d'une hépatite C à la suite d'une transfusion sanguine, hépatite conduisant ensuite à un cancer du foie. Peu de temps avant sa mort, il déclare au journaliste Patrick Leroux de Libération : « Ce n'est pas que je sois malheureux dans ma vie actuelle, mais elle ne me procurera jamais les sensations et les émotions que j'ai vécues sur le vélo ! »[1]. Se sachant condamné à brève échéance, il se suicide par arme à feu à son domicile du Gers le et meurt quelques heures plus tard à l'hôpital de Mont-de-Marsan[69]. Le journal L'Équipe titre alors : « La mort d'un seigneur »[70].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Luis Ocaña remporte 110 victoires durant sa carrière professionnelle.

Palmarès amateur[modifier | modifier le code]

Palmarès professionnel[modifier | modifier le code]

Résultats sur les grands tours[modifier | modifier le code]

Tour de France[modifier | modifier le code]

Photographie en noir et blanc, d'un homme faisant du vélo, comportant une plaque de cadre avec le numéro 41
Luis Ocaña sur le Tour de France 1976.

8 participations

  • 1969 : abandon (8eb étape)
  • 1970 : 31e, vainqueur de la 17e étape
  • 1971 : abandon à la 14e étape, vainqueur des 8e et 11e étape, Jersey yellow.svg porteur du maillot jaune pendant 3 étapes
  • 1972 : abandon (15e étape)
  • 1973 : Leader du classement général Vainqueur du classement général, Jersey red number.svg du prix de la combativité et des 7ea, 8e, 12ea (contre-la-montre), 13e, 18e et 20ea (contre-la-montre) étapes, Jersey yellow.svg porteur du maillot jaune pendant 18 étapes
  • 1975 : non-partant (13e étape)
  • 1976 : 14e
  • 1977 : 25e

Tour d'Espagne[modifier | modifier le code]

9 participations

  • 1968 : abandon (12e étape)
  • 1969 : 2e, vainqueur du Leader du classement de la montagne classement de la montagne, des 1rea (contre-la-montre), 16e (contre-la-montre) et 18eb (contre-la-montre), Jersey gold.svg porteur du maillot jaune pendant 1 étape
  • 1970 : Leader du classement général Vainqueur du classement général, vainqueur du prologue et de la 19eb étape (contre-la-montre), Jersey gold.svg porteur du maillot jaune pendant 5 étapes
  • 1971 : 3e, vainqueur de la 12e étape
  • 1973 : 2e
  • 1974 : 4e
  • 1975 : 4e
  • 1976 : 2e
  • 1977 : 22e

Tour d'Italie[modifier | modifier le code]

1 participation

Résultats sur les principales courses par étapes[modifier | modifier le code]

Luis Ocaña a remporté à trois reprises le Critérium du Dauphiné libéré, détenant le record de victoires sur l'épreuve avec les Français Nello Lauredi, Bernard Hinault, Charly Mottet et le Britannique Christopher Froome. Il remporte également à deux reprises le Tour du Pays basque et la Semaine Catalane, puis à une reprise le Tour de Catalogne.

Résultats de Luis Ocaña lors des principales courses à étapes.
Année Paris-Nice Tour de Catalogne Tour du
Pays basque
Semaine Catalane Quatre Jours
de Dunkerque
Critérium du
Dauphiné libéré
1968 - 4e - 15e - -
1969 - - 6e Vainqueur - -
1970 2e 10e - 3e - Vainqueur
1971 - Vainqueur Vainqueur 3e - 2e
1972 3e - - - 2e Vainqueur
1973 6e 4e Vainqueur Vainqueur - Vainqueur
1974 19e 10e 3e - - 6e
1975 9e 7e - 2e - 16e
1976 3e - 9e - - 11e
1977 - - - - - -

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Références extraites d'ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La Véridique Histoire de Luis Ocaña
  1. Ollivier 1999, p. 10.
  2. a et b Ollivier 1999, p. 16-17.
  3. Ollivier 1999, p. 18.
  4. Ollivier 1999, p. 19.
  5. Ollivier 1999, p. 21.
  6. Ollivier 1999, p. 24.
  7. Ollivier 1999, p. 26.
  8. Ollivier 1999, p. 36-37.
  9. Ollivier 1999, p. 42.
  10. Ollivier 1999, p. 43.
  11. Ollivier 1999, p. 44-45.
  12. Ollivier 1999, p. 46-47.
  13. Ollivier 1999, p. 49-54.
  14. Ollivier 1999, p. 57.
  15. Ollivier 1999, p. 58.
  16. Ollivier 1999, p. 60-61.
  17. Ollivier 1999, p. 62-63.
  18. Ollivier 1999, p. 65.
  19. Ollivier 1999, p. 68.
  20. Ollivier 1999, p. 70-71.
  21. Ollivier 1999, p. 77.
  22. Ollivier 1999, p. 80-81.
  23. Ollivier 1999, p. 94.
  24. Ollivier 1999, p. 115-117.
  25. Ollivier 1999, p. 118.
  26. Ollivier 1999, p. 120-121.
  27. a, b, c et d Ollivier 1999, p. 139-144.
  28. Ollivier 1999, p. 145.
  29. Ollivier 1999, p. 148-149.
  30. Ollivier 1999, p. 151.
  31. Ollivier 1999, p. 154.
  32. Ollivier 1999, p. 155-156.
  33. Ollivier 1999, p. 159-162.
  34. Ollivier 1999, p. 153-165.
  35. a et b Ollivier 1999, p. 167-168.
  36. Ollivier 1999, p. 169.
  37. Ollivier 1999, p. 171.
  38. Ollivier 1999, p. 172.
  • Tombeau pour Luis Ocaña
  1. Bougel 2014, p. 9.
  2. Bougel 2014, p. 19.
  3. Bougel 2014, p. 11.
  4. Bougel 2014, p. 52.
  5. Bougel 2014, p. 55.
  6. a et b Bougel 2014, p. 29-30.
  7. Bougel 2014, p. 58.

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Luis Ocaña un Grand d'Espagne », sur www.francebleu.fr, (consulté le 8 décembre 2016).
  2. a, b et c « Luis Ocana s'est donné la mort », sur www.humanite.fr, (consulté le 8 décembre 2016).
  3. « Grand Prix des Nations », Journal de Genève,‎ (lire en ligne).
  4. « Sur les routes d'Italie roule un monotone Giro », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  5. « Merckx, souverain, a encore augmenté son avance », Journal de Genève,‎ (lire en ligne).
  6. « Grand Prix des Nations, exploit de Gimondi », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  7. « Merckx a souverainement dominé À travers Lausanne », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  8. « Anquetil et Gimondi ont gagné le Baracchi », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  9. « La Semaine catalane », Journal de Genève,‎ (lire en ligne).
  10. « Tour d'Espagne, victoire finale de Pingeon », Journal de Genève,‎ (lire en ligne).
  11. « L'Espagnol Ocana, beau vainqueur », Journal de Genève,‎ (lire en ligne).
  12. « La personnalité de Merckx domine le 56e Tour de France », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  13. « Luis Ocaña, l’insoumis », sur www.francetvsport.fr (consulté le 8 décembre 2016).
  14. « Merckx augmente encore son avance », Journal de Genève,‎ (lire en ligne).
  15. « Merckx battu par Ottenbros », Journal de Genève,‎ (lire en ligne).
  16. « Merckx déjà grand favori », Journal de Genève,‎ (lire en ligne).
  17. « Merckx s'impose dans Paris-Nice », Journal de Genève,‎ (lire en ligne).
  18. « Ocana, Van Springel, Wolfshohl favoris », Journal de Genève,‎ (lire en ligne).
  19. « Ocana en tête au Tour d'Espagne », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  20. « Ocana a gagné le Tour d'Espagne », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  21. « 150 coureurs répartis en quatorze équipes ont 23 étapes pour battre Eddy Merckx », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  22. « Merckx prend le maillot jaune lors du prologue du Tour de France », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  23. « Avec la grosse chaleur, il valait mieux rouler devant que derrière », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  24. « Victoire d'Ocana, le miraculé », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  25. « Tour de France : classement de la 23e et dernière étape », Journal de Genève,‎ (lire en ligne).
  26. « Merckx, comme prévu gagne Paris-Nice », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  27. « Ocana grand favori de la Vuelta qui prend son départ aujourd'hui », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  28. « Luis Ocana revient fort », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  29. « La 26e Vuelta à F.Bracke », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  30. « Merckx a mis brillamment fin à la course du Dauphiné libéré », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  31. « Merckx et les grands creusent un écart considérable », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  32. « Luis Ocana exploite une erreur d'Eddy Merckx », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  33. « Ocana attaque Eddy Merckx et Zoetemelk le détrône », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  34. « Tour 1971 : Orcières-Merlette et le duel Merckx-Ocaña », sur www.velo101.com, (consulté le 16 décembre 2016).
  35. « Tour : chevauchée fantastique de Luis Ocana », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  36. « Tour de France : en deux étapes Merckx reprend 2'23 au leader Ocana », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  37. « Eddy Merckx reprend le maillot jaune », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  38. L'Équipe, édition du 13 juillet 1971,
    cité également dans La Véridique Histoire de Luis Ocaña de Jean-Paul Ollivier
  39. « Sous le signe de la revanche Ocana-Merckx », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  40. « Le roi Eddy a terrassé ses rivaux », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  41. « À travers Lausanne : Luis Ocana dame le pion à Eddy Merckx », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  42. « Doublé suisse d'Ocana vainqueur à Lugano », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  43. « L'Espagnol Ocana ne fait pas de détails », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  44. « Merckx a crevé le plafond du trophée super-prestige », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  45. « Pour leurs retrouvailles, Merckx et Ocana se livreront un duel à fleurets mouchetés », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  46. « Et de une pour Merckx », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  47. « Blessé, Merckx résiste à l'énergie », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  48. « Paris-Nice : fourches caudines pour les antimerckxistes », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  49. « Le roi Merckx détrôné par l'espoir Poulidor ! », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  50. « Espagne: Ocana seul », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  51. « Tour de France : Poulidor lâché ! », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  52. « Luis Ocana peut rétablir aujourd'hui une situation pas trop compromise », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  53. « À Merckx les Pyrénées », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  54. « Match nul entre Ocana et Merckx », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  55. « Malade, Ocana abandonne », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  56. « Ocana pourra poursuivre sa carrière », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  57. « Paris-Nice : Poulidor enfin ! », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  58. « Duel Merckx-Ocana à la Vuelta », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  59. « La montagne départagera les nombreux favoris », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  60. « Guimard et Ocana : attaque payante », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  61. « Tour de France : Ocana prend le maillot jaune », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  62. « Ocana mate les Pyrénées... », Journal de Genève,‎ (lire en ligne).
  63. « Luis Ocana : une outrageuse domination », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  64. « Couronnement pour Felice Gimondi », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  65. « Joop Zoetemelk : vainqueur de classe », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  66. « Moser, le meilleur acrobate ! », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  67. « Thévenet attaque, Merckx transpire, Moser sombre », Gazette de Lausanne,‎ (lire en ligne).
  68. (es) Jean Hatzfeld, « Luis Ocaña: "Le Pen es la tranquilidad" », (consulté le 28 juin 2016)
  69. « Luis Ocana se donne la mort », Journal de Genève,‎ (lire en ligne).
  70. « Une de L'Équipe du 19 mai 1994 », sur lequipe.fr

Liens externes[modifier | modifier le code]

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