Je me souviens (Perec)

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le livre de Georges Perec. Pour le roman Je me souviens… de Georges Simenon, voir Pedigree (roman). Pour les autres significations, voir Je me souviens (homonymie).

Je me souviens est un livre de Georges Perec publié en 1978 aux éditions Hachette. C'est un recueil de bribes de souvenirs rassemblés entre janvier 1973 et juin 1977, échelonnés pour la plupart « entre ma 10e et ma 25e année, c'est-à-dire entre 1946 et 1961 », précise l'auteur. Quelques-uns ont été publiés dans Les Cahiers du Chemin no 26 en janvier 1976.

Livre[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

L'idée et la forme éclatée de cette œuvre ont été inspirées à Georges Perec par le I remember (Je me souviens) de Joe Brainard, qui en publia les premiers fragments en 1970.

La forme[modifier | modifier le code]

L'ouvrage appartient au genre du fragment. Les souvenirs égrenés dans le livre de Perec commencent tous sauf un[1] par Je me souviens et sont numérotés, de 1 (« Je me souviens que Reda Caire est passé en attraction au cinéma de la porte de Saint-Cloud ») jusqu'à 480 (« Je me souviens… » et au-dessous « (à suivre…) »). Courts, de quelques mots à quelques lignes, ces fragments mêlent tous les thèmes, cinéma, objets quotidiens, actualités, souvenirs de famille, d'école, littérature…

Selon la présentation que fait Perec de cet exercice de mémoire, ces je me souviens sont :

« des petits morceaux de quotidien, des choses que, telle ou telle année, tous les gens d'un même âge ont vues, ont vécues, ont partagées, et qui ensuite ont disparu, ont été oubliées ; elles ne valaient pas la peine de faire partie de l'Histoire, ni de figurer dans les Mémoires des hommes d'État, des alpinistes et des monstres sacrés.

Il arrive cependant qu'elles reviennent, quelques années plus tard, intactes et minuscules, par hasard ou parce qu'on les a cherchées, un soir, entre amis ; c'était une chose qu'on avait apprise à l'école, un champion, un chanteur ou une starlette qui perçait, un air qui était sur toutes les lèvres, un hold-up ou une catastrophe qui faisait la une des quotidiens, un best-seller, un scandale, un slogan, une habitude, une expression, un vêtement ou une manière de le porter, un geste, ou quelque chose d'encore plus mince, d'inessentiel, de tout à fait banal, miraculeusement arraché à son insignifiance, retrouvé pour un instant, suscitant pendant quelques secondes une impalpable petite nostalgie. »

Thèmes abordés[modifier | modifier le code]

Parmi les 480 souvenirs du livre, beaucoup portent sur Paris et ses lieux changés ou disparus, et particulièrement sur le métro.

On trouve aussi des évocations de marques commerciales et de slogans publicitaires.

Le cinéma, les chanteurs et plus largement les spectacles sont également un thème récurrent.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Une adaptation théâtrale de Je me souviens a été mise en scène et jouée par Sami Frey en 1989, puis en 2003. Le comédien pédalait à vélo sur la scène durant toute la pièce.

Pour les « générations oublieuses », Roland Brasseur a publié, au Castor astral, dans la collection L'inutile dirigée par l'Oulipien Hervé Le Tellier, le livre Je me souviens encore mieux de Je me souviens, qui rappelle aux plus jeunes qui fut Reda Caire ou ce que fut un wakouwa.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Après le souvenir no 157, « Je me souviens que Darry Cowl s'appelle André Darrigaud » (en fait, Darricau), le no 158 dit : « Et cela me fait me souvenir du coureur cycliste André Darrigade ».

Liens externes[modifier | modifier le code]