Tour de France 1947
| Course |
34e Tour de France |
|---|---|
| Étapes |
21 |
| Date |
25 juin au |
| Distance |
4 642 km[1] |
| Pays traversé(s) | |
| Lieu de départ | |
| Lieu d'arrivée | |
| Partants |
100 |
| Vitesse moyenne |
31,412 km/h[1] |
| Vainqueur | |
|---|---|
| Deuxième | |
| Troisième | |
| Meilleur grimpeur | |
| Meilleure équipe |
Le Tour de France 1947 est la 34e édition du Tour de France, course cycliste qui s'est déroulée du au sur 21 étapes pour 4 642 km. Le départ et l'arrivée du Tour ont lieu à Paris.
Il s'agit du premier Tour de France organisé après la Seconde Guerre mondiale. Le conflit a causé la non-organisation de sept éditions de la Grande Boucle.
La course est remportée par le Français Jean Robic qui devance au général son compatriote Édouard Fachleitner. Robic attaque dans la dernière étape Caen-Paris et prend le maillot jaune à l'Italien Pierre Brambilla (finalement troisième) au Parc des Princes. Il gagne le Tour de France sans avoir porté la tunique jaune[2].
Robic remporte également le classement par points. Le classement du meilleur grimpeur revient à Brambilla. Le classement par équipes est remporté par l'équipe nationale italienne.
Organisation
[modifier | modifier le code]C'est le premier Tour de l'après-Seconde Guerre mondiale. Jacques Goddet a des difficultés importantes pour l'organisation de ce Tour dans une France encore dévastée.
Le créateur du Tour de France, Henri Desgrange, est décédé en 1940. Son successeur, Jacques Goddet, a refusé d’organiser l’épreuve pendant la guerre malgré les pressions de l'occupant. À la Libération, L’Auto, journal ayant continué de paraître sous l’Occupation, est interdit de parution et perd ses actifs.
En 1944, les biens de L’Auto et le Tour de France sont mis sous séquestre, ce qui empêche, dans un premier temps, l’organisation du Tour. Il y aura une lutte entre d'une part la presse communiste (Ce soir et Miroir Sprint, qui revendiquent alors l’organisation et lance même une course en 1946, la Ronde de France) et d'autre part un nouveau journal, L'Équipe, dirigé par Jacques Goddet et le Parisien Libéré, appartenant à Émilien Amaury. Ces deux derniers s'associent alors pour organiser le Tour de France[3],[4], l’organisation de l’épreuve étant formellement attribuée en à la Société du Parc des Princes.
Parcours
[modifier | modifier le code]Le Tour de France 1947 s'inscrit dans la période de 1905 à 1951, durant laquelle le parcours de la course réalise un « chemin de ronde », collant aux frontières de l'Hexagone[5].
La course commence à Paris et dans sa banlieue, comme tous les ans jusqu'en 1950, à l'exception de 1926[6] et le parc des Princes accueille l'arrivée du Tour de 1903 à 1967.
En France, Carcassonne (Aude) est ville-étape pour la première fois.
Par ailleurs, le Tour se déroule dans deux pays non visités précédemment avec une arrivée d'étape à Bruxelles (Belgique) et une à Luxembourg (Luxembourg).
Participation
[modifier | modifier le code]100 coureurs prennent le départ à Paris, et 53 d'entre eux rallieront l'arrivée à Paris[7]. Dix équipes sont au départ, comportant chacune 10 coureurs. Le Tour de France se courait alors par équipes nationales, et la France engageait également des équipes régionales.
Le favori est le Français René Vietto, de l’équipe de France. Parmi les autres favoris potentiels, sont absents les Italiens Gino Bartali, vainqueur du Tour de France 1938, qui ne peut disputer cette édition car son employeur, la marque Legnano, s'y oppose[8], Fausto Coppi (vainqueur du Giro 1947) et Sylvère Maes, dernier lauréat du Tour en 1939[9].
Déroulement de la course
[modifier | modifier le code]Le Tour de France 1947 sera marqué par la victoire de Jean Robic, sans avoir porté le maillot jaune, à l'issue d'une course mouvementée[10] :
- la première étape, qui emprunte les routes du Paris-Roubaix entre Paris et Lille, est remportée par Ferdi Kübler qui prend le maillot jaune et gagne sa première grande victoire en dehors de la Suisse ;
- lors de la deuxième étape entre Lille et Bruxelles, René Vietto, favori du Tour, attaque à plus de 100 km de l'arrivée et prend le maillot jaune au Suisse. Il le gardera 6 jours ;
- la 4e étape de Luxembourg à Strasbourg est caractérisée par une grande canicule, et est remportée par Jean Robic ;
- lors de la 7ème étape de Lyon à Grenoble, Vietto perd son maillot jaune au profit de l'Italien Aldo Ronconi, qui termine 4ème de l'étape, qui est remportée par Robic ;
- à l'issue de la 9e étape qui relie Briançon à Digne, Vietto reprend le maillot jaune à Aldo Ronconi. Il le conservera jusqu'à l'issue du chrono de la 19e étape ;
- lors de la 14e étape entre Carcassonne et Luchon, longue de 253 kilomètres, le Français Albert Bourlon s'impose en solitaire, avec 16 min 20 s d'avance sur le second Norbert Callens et 22 min 32 s sur René Vietto, alors porteur du maillot jaune et sur Jean Robic, futur vainqueur de l'édition. Albert Bourlon signe la plus longue échappée en solitaire de l'histoire du Tour de France (253 km)[11] ;
- la 15e étape de Luchon à Pau permet à Jean Robic de signer un festival. Il gagne l'étape et devance Vietto, qui finit deuxième, de 10 min 43 s. René Vietto reste néanmoins maillot jaune au terme de cette étape ;
- le contre-la-montre de la 19e étape est long de 139 km, ce qui en fait le plus jamais couru sur le Tour de France. Il est remporté par le Belge Raymond Impanis en 3 h 49 min 36 s (soit une moyenne horaire de 36,324 km/h). Vietto perd alors le maillot jaune qu'il portait depuis l'étape de Digne au profit de l'Italien Brambilla ;
- lors de la 21e et dernière étape, entre Caen et Paris, Robic attaque dans la côte de Bonsecours. Édouard Fachleitner peut s'accrocher, mais Brambilla est distancé. Il perdra plus de 13 minutes à l'issue de cette étape finale. L'échappée ira au bout, Briek Schotte remportant l'étape et Jean Robic le Tour de France, avec 3 min 58 s d'avance sur Fachleitner, deuxième, et 10 min 17 s sur Brambilla, troisième[12].
Robic gagne le Tour de France sans avoir porté la tunique jaune[2]. Ce cas, le premier, ne s'est depuis reproduit qu'en 1968 et la victoire de Jan Janssen.
Ce Tour a comporté 5 jours de repos et sa vitesse moyenne a été de 31,412 km/h.
Particularités
[modifier | modifier le code]- L'étape entre Vannes et Saint-Brieuc (19e étape), longue de 139 km, est le plus long contre-la-montre jamais disputé sur le Tour de France. Elle sera remportée par Raymond Impanis.
- Albert Bourlon signe la plus longue échappée en solitaire victorieuse de l'histoire du Tour de France (253 km)[11] lors de 14e étape entre Carcassonne et Luchon.
- Jean Robic est le seul coureur avec Jan Janssen (en 1968) à avoir remporté le Tour de France en s'emparant du Maillot Jaune le dernier jour, sans l'avoir porté en course.
- Louison Bobet, qui gagnera le Tour de France à trois reprises (1953, 1954 et 1955), participe à son premier Tour de France à l'âge de 22 ans, et abandonne sur chute lors de la 9e étape.
- Ferdi Kübler prend part également à son premier Tour de France, qu'il remportera en 1950. Il abandonne lors de la 7e étape.
Étapes
[modifier | modifier le code]Classements
[modifier | modifier le code]Classement général final
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| Classement général[17] | ||||
|---|---|---|---|---|
| Coureur | Pays | Équipe | Temps | |
| 1er | Jean Robic |
Ouest | en 148 h 11 min 25 s | |
| 2e | Édouard Fachleitner | France | + 3 min 58 s | |
| 3e | Pierre Brambilla | Italie | + 10 min 7 s | |
| 4e | Aldo Ronconi | Italie | + 11 min 0 s | |
| 5e | René Vietto | France | + 15 min 23 s | |
| 6e | Raymond Impanis | Belgique | + 18 min 14 s | |
| 7e | Fermo Camellini | Pays-Bas / Étrangers de France | + 24 min 8 s | |
| 8e | Giordano Cottur | Italie | + 1 h 6 min 3 s | |
| 9e | Jean-Marie Goasmat | Ouest | + 1 h 16 min 3 s | |
| 10e | Apo Lazaridès | Sud-Est | + 1 h 18 min 44 s | |
| 11e | Lucien Teisseire | France | + 1 h 32 min 16 s | |
| 12e | Pierre Cogan | Ouest | + 1 h 44 min 55 s | |
| 13e | Briek Schotte | Belgique | + 1 h 56 min 45 s | |
| 14e | Giuseppe Tacca | Italie | + 2 h 6 min 7 s | |
| 15e | Jean Diederich | Suisse / Luxembourg | + 2 h 10 min 43 s | |
| 16e | Daniel Thuayre | Île-de-France | + 2 h 13 min 4 s | |
| 17e | Gottfried Weilenmann | Suisse / Luxembourg | + 2 h 18 min 23 s | |
| 18e | Jean Kirchen | Suisse / Luxembourg | + 2 h 20 min 26 s | |
| 19e | Paul Giguet | Sud-Est | + 2 h 26 min 25 s | |
| 20e | Jean Goldschmit | Suisse / Luxembourg | + 2 h 32 min 24 s | |
| 21e | Albert Bourlon | Centre - Sud-Ouest | + 2 h 38 min 18 s | |
| 22e | Bernard Gauthier | Sud-Est | + 2 h 52 min 45 s | |
| 23e | Primo Volpi | Italie | + 3 h 2 min 48 s | |
| 24e | Roger Lévêque | Centre - Sud-Ouest | + 3 h 5 min 4 s | |
| 25e | Kléber Piot | France | + 3 h 10 min 48 s | |
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Classements annexes finals
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Prix du meilleur grimpeur[modifier | modifier le code]
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Challenge international[modifier | modifier le code]
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Classement par points
[modifier | modifier le code]Le calcul des points se fait par addition des classements de chaque étape, pour chacun des coureurs ayant atteint l'arrivée, soit vingt et une étapes disputées. Jean Robic obtient le total le plus faible (232 points), avec trois victoires d'étape, une seconde place, une quatrième, une sixième, deux huitièmes, deux neuvièmes, deux douzièmes, deux quinzièmes, une seizième, trois dix-septièmes, deux vingtièmes et une vingt-deuxième.
| Classement par points | ||||
|---|---|---|---|---|
| Coureur | Pays | Équipe | Point(s) | |
| 1er | Jean Robic |
Ouest | 232 points | |
| 2e | Aldo Ronconi | Italie | 267 pts | |
| 3e | René Vietto | France | 276 pts | |
| 4e | Pierre Brambilla | Italie | 278 pts | |
| 5e | Édouard Fachleitner | France | 290 pts | |
| 6e | Raymond Impanis | Belgique | 291 pts | |
| 7e | Fermo Camellini | Pays-Bas / Étrangers de France | 301 pts | |
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Évolution des classements
[modifier | modifier le code]| Étape | Vainqueur | Classement général |
Classement de la montagne | Challenge international |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Ferdinand Kübler | Ferdinand Kübler | Non décerné | Ouest |
| 2 | René Vietto | René Vietto | Belgique | |
| 3 | Aldo Ronconi | Italie | ||
| 4 | Jean Robic | |||
| 5 | Ferdinand Kübler | |||
| 6 | Lucien Teisseire | |||
| 7 | Jean Robic | Aldo Ronconi | Pierre Brambilla | |
| 8 | Fermo Camellini | |||
| 9 | René Vietto | René Vietto | ||
| 10 | Fermo Camellini | Apo Lazaridès | ||
| 11 | Édouard Fachleitner | |||
| 12 | Henri Massal | |||
| 13 | Lucien Teisseire | |||
| 14 | Albert Bourlon | |||
| 15 | Jean Robic | Pierre Brambilla | ||
| 16 | Giuseppe Tacca | |||
| 17 | Éloi Tassin | |||
| 18 | Pietro Tarchini | |||
| 19 | Raymond Impanis | Pierre Brambilla | ||
| 20 | Maurice Diot | |||
| 21 | Briek Schotte | Jean Robic | ||
| Classements finals | Jean Robic | Pierre Brambilla | Italie | |
Liste des coureurs
[modifier | modifier le code]La liste ci-dessous présente les coureurs inscrits par numéro de dossard[13].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- « Le palmarès depuis 1903 », sur letour.fr (consulté le )
- « Classement étapes 1947 », sur ledicodutour.com.
- ↑ Lionel Chanel, « Une histoire de la Grande Boucle », sur Thucydide, (consulté le )
- ↑ « La vie en jaune. Tour de France 1947 : quand le Maillot jaune a failli devenir rouge », sur Franceinfo, (consulté le )
- ↑ Boury 1997, p. 112-113
- ↑ Boury 1997, p. 132
- ↑ « Le classement général final du Tour de France 1947 »
- ↑ Conord 2014, p. 122
- ↑ « Tour de France 1947 : Les forces en présence »
- ↑ « Le Tour des Etapes - édition 1947 »
- Pierre Carrey, « Bourlon, Carrea, Berty, le prix fort de la Résistance », (consulté le ).
- ↑ Pierre LAGRUE, « Jean robic (1921-1980) », sur universalis.fr (consulté le ).
- « 34ème Tour de France 1947 » [« 34th Tour de France 1947 »], sur Mémoire du cyclisme (consulté le )
- ↑ Augendre 2016, p. 38.
- ↑ Arian Zwegers, « Tour de France GC top ten » [archive du ], CVCC (consulté le )
- ↑ « The history of the Tour de France – Year 1947 – The stage winners », sur Tour de France, Amaury Sport Organisation (consulté le )
- ↑ « The history of the Tour de France – Year 1947 – Stage 21 Caen > Paris », sur Tour de France, Amaury Sport Organisation (consulté le )
- ↑ « Tour de France 1947 », sur memoire-du-cyclisme.net (version du sur Internet Archive)
- ↑ (nl) « 1947: 34e editie » [archive du ], Tourdefrance.nl, (consulté le )
- ↑ (nl) Pieter van den Akker, « Informatie over de Tour de France van 1947 » [« Information about the Tour de France from 1947 »] [archive du ], sur TourDeFranceStatistieken.nl (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Jacques Augendre, Guide historique, Paris, Amaury Sport Organisation, (lire en ligne [archive du ])
- Fabien Conord, Le Tour de France à l'heure nationale, PUF, (ISBN 9782130621669)

- Thierry Cazeneuve, 1947-1956 Les années « Louison » Bobet, L'Équipe, coll. « La Grande histoire du Tour de France » (no 2), , 62 p. (ISBN 978-2-8152-0294-7)
- Robert Dutein, 1947, Le Tour de France de la paix retrouvée, reportage de six pages publié en 1973 dans l'hebdomadaire des éditions Tallandier Le Journal de la France n°210 dont la page de couverture est une photo en couleur de Jean Robic et dont les pages intérieures comportent 19 photos de l'épreuve.
- Serge Laget, Claude Maignan, Le Compte-Tours (conte et raconte tous les Tours de France), Ccommunication, 5e édition, 2015, 382 p. (ISBN 978-2-9539749-5-9)
- Paul Boury, La France du Tour : le Tour de France, un espace sportif à géographie variable, Paris/Montréal, l'Harmattan, , 444 p. (ISBN 2-7384-5619-7, lire en ligne)

Liens externes
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- Ressources relatives au sport :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- Tour de France 1947 sur letour.fr
- (en) Tour de France 1947 sur bikeraceinfo.com
- Le dico du Tour / Le Tour de France 1947
- « Comment le Tour a echappé au PCF. », Libération, (lire en ligne)
- Carte officielle et concurrents au départ du Tour de France 1947, L'Humanité, .