Marcel Cerdan

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Marcel Cerdan
Image illustrative de l'article Marcel Cerdan
Fiche d’identité
Nom complet Marcellin Cerdan
Surnom Le bombardier marocain, l'homme aux mains d'argile
Nationalité Drapeau de la France Française
Date de naissance
Lieu de naissance Sidi Bel Abbès (Algérie)
Date de décès (à 33 ans)
Lieu de décès São Miguel, Açores (Portugal)
Taille 1,69 m (5 7)
Catégorie Poids moyens
Palmarès
  Professionnel
Combats 123
Victoires 119
Victoires par KO 61
Défaites 4
Titres professionnels Champion du monde poids moyens (1948-1949)
Dernière mise à jour : 7 février 2014

Marcel Cerdan est un champion de boxe français, né Marcellin Cerdan[1] le à Sidi Bel Abbès (Algérie) et mort le dans un accident d'avion survenu au-dessus de l'archipel des Açores (Portugal). Ayant grandi au Maroc à partir de 1922, il était surnommé « le bombardier marocain » ou « l'homme aux mains d'argile ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Marcellin Cerdan naît le en Algérie française, dans le quartier du « Petit Paris » de Sidi Bel Abbès. Il est le quatrième et dernier garçon d'Antoine (ou Antonio) Cerdan[2] (1880-1946) originaire de Valence et d'une mère (Assomption Cascales, 1886-1934) d'origine également espagnole née à Sidi Bel Abbès en 1886 (ses parents, Pedro Cascales et Maria Amoros, étaient originaires du village d'Abanilla, près de Murcie)[3].

En 1922, son père charcutier installe sa famille au Maroc (à ce moment-là sous protectorat français), dans le quartier Mers Sultan de Casablanca, où il monte un café-bal et élève ses quatre fils (Vincent, Antoine, Armand et le petit dernier Marcellin) et sa fille Clothilde. Dans sa salle de danse, il aménage un ring destiné aux exhibitions de boxe de ses fils. Le jeune Marcel, enfant pourtant chétif, y effectue son premier combat de boxe à l'âge de huit ans, et en guise de victoire remporte une paire d’espadrilles. Il arrête l'école à onze ans pour aider sa famille, devient tour à tour aide-mécano, aide-plombier, commis, apprenti électricien ou vulcanisateur mais son père a conscience qu'il a de l'or dans les poings et le destine à la boxe. À seize ans, il dispute son premier combat professionnel à Casablanca le 4 juin 1933[4].

Passionné du ballon rond, il est aussi un ailier de grand talent. Il est notamment sélectionné aux côtés de Ben Barek dans la sélection du Maroc qui affronte l’équipe de France[5] pendant la guerre, mais aussi avec l'USM Casablanca[6] en 1941 et 1942, toujours avec Larbi Ben Barek[7].

Conscient de ses propres limites, Antonio devenu son manageur négocie ses droits en 1932 pour confier son champion de fils à un ami, Lucien Roupp, qui a installé une salle d'entraînement au-dessus de son garage. Marcel Cerdan enchaînant les victoires, Roupp vend son garage et abandonne son écurie de boxe pour devenir officiellement le manageur de Marcel en juillet 1937 et se consacrer entièrement à sa carrière pendant douze ans[8].

Le , il épouse Marinette Lopez-Berenguer (1925-2011), fille d'un couple d'Espagnols établis à Casablanca comme charcutiers, qui lui donne trois fils : Marcel Jr (), René () et Paul (-)[9].

Le bombardier marocain[modifier | modifier le code]

Un poing ganté en blanc est dressé sur une pelouse à gauche de la sépulture de Cerdan.

En 1937, Jeff Dickson, promoteur sportif américain qui déclenche les « années folles du Vel'd'Hiv », fait venir Marcel Cerdan à Paris où il s'installe au camp d'entrainement du Vélo Club de Levallois de Paul Ruinart à La Celle-Saint-Cloud.

Il débute à Paris le 7 octobre 1937 à la Salle Wagram contre Louis Jampton. Semant la terreur sur les rings dans les années 1940, il est surnommé « le bombardier marocain » par Jeff Dickson[10]. Après avoir gagné les titres français (le 30 novembre 1945 contre Assane Diouf[11]) et européens des poids welters, il devient champion du monde des poids moyens en battant « Le Roi du KO » Tony Zale le par KO technique (abandon à la 12e reprise) sur le ring du Roosevelt Stadium de Jersey City[12]. Sa célébrité est telle que Roupp lui fait signer un contrat pour son premier film, L'Homme aux mains d'argile (référence à ses mains plutôt menues pour un boxeur ou à sa main droite si souvent brisée) de Léon Mathot[13]. C'est à cette époque qu'il devient le compagnon de la chanteuse Édith Piaf, leur idylle étant initialement cachée par les médias pour préserver la famille du boxeur. Son manager reproche à Piaf de le détourner de ses objectifs sportifs. Cerdan perd d'ailleurs son titre de champion d'Europe le 23 mai 1948 contre le Belge Cyrille Delannoit (en) à Bruxelles. Le 30 mai, la une de France Dimanche, titrée « Piaf porte malheur à Cerdan », trahit leur intimité[14].

Apprenant que Roupp se réserve parfois un pourcentage de choix sur certaines transactions commerciales faites en son nom, Cerdan résilie son contrat le 4 janvier 1949[13]. Il signe avec Joe Longman, personnage douteux aux éternelles lunettes noires qui lui ouvre les portes de la vie mondaine. Son nouveau manageur Longman lui conclut le combat face à Jack LaMotta[13]. Blessé à l'épaule gauche (déchirure des ligaments de l'épaule à la suite d'une glissade lors de la première reprise)[15], il est contraint de laisser sa couronne à LaMotta à Détroit le . Une revanche est prévue pour fin septembre 1949 au Madison Square Garden, mais quatre jours avant le match, La Motta déclare forfait[16] en arguant d'une blessure à l'épaule droite contractée pendant l'entraînement. Le combat est reporté en décembre[17].

Après un bref voyage au Maroc et en France, le , Cerdan prend le vol Paris-New-York Air France afin d'y rejoindre sa compagne Édith Piaf qui l'a incité à prendre l'avion plutôt que le paquebot pour la rejoindre plus vite. Le Lockheed Constellation s'écrase dans la nuit du 27 au 28, sur le Pico de Vara, une montagne de l'île São Miguel, dans l'archipel des Açores. Il n'y a aucun survivant parmi les 48 passagers de l'avion où se trouvait aussi la violoniste Ginette Neveu. Le , soixante-dix mille personnes assistent à son enterrement au cimetière de Ben M'Sick de Casablanca où vit sa famille[18]. Sa dépouille est transférée 46 ans plus tard, à la demande de sa femme Marinette, en France où il est inhumé dans le cimetière du Sud de Perpignan le 29 octobre 1995[19].

Palmarès et distinctions[modifier | modifier le code]

Statue de Marcel Cerdan à Levallois-Perret.

Son palmarès renseigne 123 combats disputés entre 1933 et 1949[20] :

  • 119 victoires (dont 61 par K.O.[21]) ;
  • 4 défaites ;
  • 5 championnats de France victorieux : 21 février, 5 juin et 24 novembre 1938, 22 juin 1941 et 25 mai 1946 ;
  • 4 championnats d'Europe victorieux : 3 juin 1939, 30 septembre 1942, 2 février 1947 et 10 juillet 1948 ;
  • 1 championnat du monde des poids moyens victorieux, le .
Marcel Cerdan sur un timbre des Émirats arabes unis (1969).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Copie de l'acte de naissance de Marcel Cerdan », sur www.marcelcerdan.com (consulté le 9 décembre 2012)
  2. L'étymologie du patronyme rappelle que la famille est originaire de la Cerdagne.
  3. Jean-Louis Beaucarnot, « Les origines familiales de Marcel Cerdan », sur rfgenealogie.com,‎ .
  4. Dominique Grimault et Patrick‭ Mahé, Piaf-Cerdan :‭ un hymne à l'amour, 1946-1949, Éditions‭ de la Seine, , p. 82.
  5. Roland H. Auvray 1995, p. 135.
  6. Cerdan, l'immortel bombardier marocain (lesfousdusport.net)
  7. Roland H. Auvray 1995, p. 127.
  8. Gilbert Guilleminault, Le roman vrai de la Quatrième République, Éditions Denoël, , p. 302.
  9. Silvain Reiner, Piaf, le livre d'Édith, Archipel, , p. 127.
  10. Gérard Ejnès, L'Équipe, 60 ans, L'Equipe, , p. 16.
  11. Jean-Pierre Augustin, Sport, relations sociales et action collective, Éditions de la Maison des sciences de l'homme d'Aquitaine, , p. 80.
  12. (en) John Grasso, Historical Dictionary of Boxing, Scarecrow Press, , page 440.
  13. a, b et c Marianne Amar, « L'impossible histoire de Marcel Cerdan », L'Histoire, no 87,‎ , p. 55.
  14. Pierre Duclos, Georges Martin, Piaf, Éditions du Seuil, , p. 197?
  15. Gérard Ejnès, L'Équipe, 60 ans, L’Équipe, , p. 18.
  16. On soupçonne Rocky Graziano, qui était allé observer Cerdan pendant son entraînement au camp de Loch Sheldrake, d'avoir prévenu La Motta que le « bombardier marocain » était en pleine forme et lui avoir conseillé de reporter le combat. Cf. Robert Belleret, Piaf, un mythe français, Fayard, , p. 53.
  17. (en) Roger Zotti, A Tribute to Fighters of the 1950s, Xlibris Corporation, , p. 22.
  18. Marinette y élève ses fils à la ferme de Sidi Maârouf.
  19. Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Le Cherche Midi, , p. 136.
  20. René Taelman, Les 100 plus grands sportifs de tous les temps, Primento, , p. 47.
  21. Marcel Cerdan a mis douze fois KO au 1er round ses adversaires au cours de sa carrière professionnelle, la victoire la plus rapide ayant été obtenue en 22 secondes face à Gustave Humery le 18 avril 1942, à Paris. Humery resta plusieurs heures dans le coma.
  22. Journal officiel de la République française. Édition des lois et décrets, France, , p. 192.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roland H. Auvray, Le Livre d'or du football pied-noir et nord-africain : Testimonia and Fragments, Les presses du Midi, (ISBN 978-0-19-924154-5). 
  • Marcel Cerdan, Ma vie... mes combats, Bibliothèque France-soir, 1949, Paris
  • Stanislas Frenkiel, « Larbi Ben Barek, Marcel Cerdan et Alfred Nakache : icônes de l'utopie impériale dans la presse métropolitaine (1936-1944) ? », Staps, no 80,‎ , p. 99-113 (lire en ligne)
  • Dominique Grimault et Patrick‭ Mahé, ‭Piaf-Cerdan :‭ un hymne à l'amour, 1946-1949, Éditions‭ de la Seine, , 195 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]