Aller au contenu

Rik Van Looy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Rik Van Looy
Rik Van Looy lors du Tour de France 1962
Informations
Naissance
Nationalité
Spécialité
Classiques
Distinction
Équipes professionnelles
Principales victoires

Henri Van Looy, né le à Grobbendonk, est un coureur cycliste belge, dont la carrière s'étend sur deux décennies entre 1950 et 1970.

Avec ses compatriotes Eddy Merckx et Roger De Vlaeminck, il est l'un des trois seuls coureurs à avoir remporté tous les Monuments du cyclisme. Sa pointe de vitesse dans les sprints, ses qualités de rouleur dans la lignée de ceux qu'on appelle les « flandriens », sa méthode de course, basée sur une forte équipe dévouée à le soutenir, lui ont assuré une autorité sur le peloton cycliste, symbolisée par deux de ses surnoms. Succédant à son compatriote Rik Van Steenbergen, « Rik 1 », il est couronné « Rik 2 » par les journalistes et le public belge, au point que le diminutif Rik efface son vrai prénom. Pour l'histoire du cyclisme, le second surnom, L'Empereur d'Herentals[1],[2], illustre le classement de ce coureur parmi les très grands champions du vélo. Deux fois champion du monde sur route, vainqueur de trois Paris-Roubaix, il lui manque cependant des victoires dans de grandes courses à étapes pour accéder au cercle restreint des « championissimes ».

La notoriété de Van Looy ne se limite pas aux courses sur route. Il a remporté également sur piste 13 courses de Six jours.

Biographie[modifier | modifier le code]

Des débuts prometteurs[modifier | modifier le code]

Henri Van Looy quitte l'école de Grobbendonk à l'âge de treize ans. Dès lors le vélo prend pour lui une importance vitale : c'est en porteur de journaux qu'il commence la vie active[3]. Le vélo est son instrument de travail et assez naturellement, il se trouve à utiliser l'entrainement que lui procure ses tournées à vélo en abordant la compétition. Une autre caractéristique de son emploi de porteur de journaux tient au fait qu'il gérait lui-même les clients. Cet apprentissage informel du maniement de l'argent peut expliquer que son titre d'« empereur », s'adossait en fin de carrière à la gestion d'un patrimoine de « riche propriétaire »[4]. À 15 ans, ses débuts en compétition s'effectuent alors qu'il n'est pas licencié. En 1948, il enregistre une victoire. En 1949, ce sont 17 victoires comme non licencié ou débutant qu'il engrange. En 1950, il gagne 26 bouquets comme débutant puis l'année suivante 38 victoires, comme débutant et amateur.

En 1952, le nom de Van Looy commence à acquérir une dimension qui dépasse les victoires de kermesses : il est champion de Belgique dans sa catégorie amateur. Il est sélectionné pour participer aux Jeux olympiques, à Helsinki. Henri Van Looy abandonne lors de la course sur route individuelle[5],[6]. Jacques Anquetil, autre futur champion du cyclisme, est classé douzième et gagne la médaille de bronze au classement par équipes. Au terme de cette année olympique, 29 victoires s'agrègent à son palmarès. Il renouvelle en 1953 son bail avec le maillot de champion de Belgique amateurs, puis il monte sur la troisième marche du podium du championnat du monde amateurs. Il passe professionnel à la fin de l'année. Il participe à la classique Paris-Tours avec le maillot de l'équipe française Gitane[7]. Il termine à la septième place cette première participation.

« Rik 2 »[modifier | modifier le code]

Il a remporté 482 victoires en tout : 371 victoires professionnelles (dont 100 sur courses par étapes), 68 victoires comme amateur, et 43 victoires comme débutant. Rik était entouré de sa fameuse « Garde Rouge », pour gagner toutes les classiques d'un jour du calendrier (à l'exception de Bordeaux-Paris, elle, individuelle). En 1962, il réussit l'exploit de remporter les trois classiques flandriennes en deux semaines. Il a été par la suite propriétaire d'un manège équestre et président du club de football de Hérentals.

Palmarès sur route[modifier | modifier le code]

Palmarès amateur[modifier | modifier le code]

Palmarès professionnel[modifier | modifier le code]

Résultats sur les Classiques[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous présente les différents classements de Rik Van Looy sur les classiques majeures de son époque. Il est l'un des trois seuls coureurs à avoir remporté les cinq Monuments du cyclisme (Mo). Il en a gagné un total de huit dont trois Paris-Roubaix.

Année Circuit Het Volk Milan-
San Remo

(Mo)
Tour des Flandres
(Mo)
Gand-Wevelgem Paris-Roubaix
(Mo)
Liège-
Bastogne-Liège

(Mo)
Flèche wallonne Paris-Bruxelles Paris-Tours Tour de Lombardie
(Mo)
1953 - - - - - - - - 7e -
1954 36e - - - 11e - 44e 20e - -
1955 - - - - - - 53e - - -
1956 8e 52e 11e Vainqueur 11e 5e - Vainqueur - Disq.
1957 5e 74e 17e Vainqueur - - - 42e 6e -
1958 2e Vainqueur 10e 2e 3e 10e 13e Vainqueur 4e 27e
1959 - 35e Vainqueur 12e 4e - - 5e Vainqueur Vainqueur
1960 - 6e 3e - - 4e 8e 7e - 11e
1961 - 2e - 61e Vainqueur Vainqueur 43e 7e - -
1962 - 14e Vainqueur Vainqueur Vainqueur 8e 26e - - -
1963 - 71e 6e 8e 2e - - - - -
1964 - 4e 10e 3e 16e - - 2e 2e -
1965 - 41e 6e 15e Vainqueur - - - - -
1966 20e - 16e 22e 9e - 11e 3e 2e -
1967 - 12e 26e 34e 2e - 15e - Vainqueur -
1968 - 10e 10e 8e - - Vainqueur - 4e -
1969 - 82e - 10e 22e - 23e - 45e -

Résultats sur les grands tours[modifier | modifier le code]

Rick Van Looy en 1968.

Tour de France[modifier | modifier le code]

7 participations

  • 1962 : abandon (11e étape), vainqueur de la 2eb étape (contre-la-montre par équipes)
  • 1963 : 10e, vainqueur du Leader du classement par points classement par points, du prix de la combativité et des 2ea, 8e, 13e et 21e étapes
  • 1964 : non-partant (3e étape)
  • 1965 : 31e, vainqueur des 1rea et 19e étapes, maillot jaune durant 1 jour
  • 1966 : hors délais (16e étape)
  • 1967 : abandon (7e étape), vainqueur de la 5eb étape (contre-la-montre par équipes)
  • 1969 : hors délais (16e étape), vainqueur de la 4e étape

Tour d'Italie[modifier | modifier le code]

7 participations

  • 1955 : hors délais (8e étape)
  • 1959 : 4e, vainqueur des 1re, 5e, 11e et 14e étapes, maillot rose durant 1 jour
  • 1960 : 11e, vainqueur du classement de la montagne et des 7eb, 8e et 11e étapes
  • 1961 : 7e, vainqueur des 13e, 15e et 17e étapes
  • 1962 : abandon (14e étape), vainqueur des 9e et 11e étapes
  • 1963 : abandon (2e étape)
  • 1967 : abandon (6e étape)

Tour d'Espagne[modifier | modifier le code]

4 participations

  • 1958 : abandon (12e étape), vainqueur des 4e, 5eb, 6e, 9e et 10e étapes, maillot jaune durant 3 jours
  • 1959 : 3e, vainqueur du Leader du classement par points classement par points et des 1reb, 8e, 9e et 11e étapes, maillot jaune durant 1 jour
  • 1964 : non-partant (6e étape), vainqueur de la 2e étape, maillot jaune durant 4 jours (dont un jour à deux demi-étapes)
  • 1965 : 3e, vainqueur du Leader du classement par points classement par points et des 1re, 2e, 7e, 9e, 12e, 14e, 15e et 17e étapes, maillot jaune durant 3 jours

Palmarès sur piste[modifier | modifier le code]

Distinction et hommage[modifier | modifier le code]

Rik Van Looy et Jacques Anquetil discutant avant la 5e étape du Tour de France 1963, à Rouen.

En 2002, Rik Van Looy fait partie des coureurs retenus dans le Hall of Fame de l'Union cycliste internationale[8].

Depuis 2018, le Grand Prix Rik Van Looy avec une arrivée à Herentals lui est dédié.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Caroline Debaene, « En 1962, une équipe aux couleurs de la chicorée Leroux », La Voix du Nord, no 25000,‎ , p. 14
  2. Herentals est le nom de la ville de Belgique où Van Looy résidait.
  3. Ces précisions sont issues de l'article que le journaliste Marc Jeuniau consacre en 1970 à Rik Van Looy lors de la retraite du cyclisme de compétition dans le magazine Miroir du cyclisme. Voir en sources.
  4. Ibid., page 24
  5. (en) Profil olympique de Rik Van Looy sur sports-reference.com (archivé)
  6. « 1952 Helsinki Olympic Games Offical Report » [PDF], sur la84foundation.org (consulté le )
  7. Information livrée par Marc Jeuniau, cf supra, mais elle ne figure pas dans la riche notice "Van Looy" (14 pages) de Velo-Gotha, 1984, la "bible belge du cyclisme"
  8. « 14 avril 2002 : les 100 ans de Paris-Roubaix et l'inauguration du CMC de l'UCI à Aigle », sur uci.ch, Union cycliste internationale, (version du sur Internet Archive).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Marc Jeuniau, article La retraite de l'empereur, pages 17-28, Miroir du cyclisme, no 134-.
  • René Jacobs, Hector Mahau, Harry Van Dem Bremt, René Pirotte, Velo Gotha, Lotto & La dernière heure-Les sports, Bruxelles, 1984, 768 pages. La notice "Rik Van Looy" : pages 556-571.

Liens externes[modifier | modifier le code]