Tour de France 1957

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Tour de France 1957
AnquetilTour1957.jpg
Généralités
Course
44e Tour de France
Étapes
22
Date
Distance
4 669 km[1]
Pays traversé(s)
Lieu de départ
Lieu d'arrivée
Coureurs au départ
120
Coureurs à l'arrivée
56
Résultats
Vainqueur
34,520 km/h[1]
Classement par points
Meilleur grimpeur
Meilleure équipe

Le Tour de France 1957 est la 44e édition du Tour de France. La course débute à Nantes le 27 juin et s'achève à Paris, sur la piste du Parc des Princes, le 20 juillet, au terme d'un parcours de 4 664 km divisé en 23 étapes. Il est disputé par 120 coureurs, dont seulement 56 parviennent à l'arrivée.

Âgé de seulement 23 ans, Jacques Anquetil remporte son premier Tour de France, pour sa première participation à l'épreuve. Vainqueur de quatre étapes, il devance au classement général le coureur belge Marcel Janssens et l'Autrichien Adolf Christian. L'Italien Gastone Nencini, vainqueur d'une étape de montagne à Pau, remporte le classement du meilleur grimpeur tandis que le classement par points revient au Français Jean Forestier, qui ne remporte pourtant aucune étape au cours de ce Tour.

Présentation[modifier | modifier le code]

Nantes est la huitième ville à accueillir le départ du Tour de France, et s'engage ainsi à verser la somme de 3 750 000 francs au comité d'organisation. Le 25 juin, à deux jours du départ, les coureurs sont présentés au cours d'une soirée de gala organisée au Vélodrome Petit-Breton de Nantes, en présence d'Hugo Koblet, vainqueur du Tour en 1951. Le départ de l'épreuve est donné le jeudi 27 juin par Henry Orrion, maire de la ville, et la veuve de Lucien Petit-Breton, vainqueur du Tour en 1907 et 1908, à la suite d'une minute de silence en l'honneur du coureur belge Stan Ockers, disparu quelques mois plus tôt[2].

Le peloton se compose de 120 coureurs, répartis en douze équipes de dix coureurs. L'équipe de France est organisée autour de Jacques Anquetil, valeur montante du cyclisme, qui participe à son premier Tour de France. Bien qu'âgé de seulement 23 ans, il dispute déjà sa cinquième saison professionnelle, au cours de laquelle il s'est notamment imposé sur Paris-Nice. Il est entouré du tenant du titre, Roger Walkowiak, et de coureurs confirmés comme Gilbert Bauvin, André Darrigade ou Jean Forestier. Louison Bobet, triple vainqueur entre 1953 et 1955, annonce son forfait après sa défaite dans le Tour d'Italie, poussé vers la sortie face à la génération montante qu'incarne Jacques Anquetil[3]. Parmi les principaux favoris, on trouve l'Italien Gastone Nencini, qui s'est adjugé le Giro quelques semaines plus tôt en devançant Bobet. L'équipe d'Espagne se présente au départ avec les trois premiers de la Vuelta, à savoir le vainqueur Federico Bahamontes, Jesús Loroño et Bernardo Ruiz[4]. L'équipe belge s'appuie sur Jan Adriaensens, Marcel Janssens et Fred De Bruyne, vainqueur au printemps du Tour des Flandres et de Paris-Roubaix. Parmi les équipes régionales, on compte d'anciens vainqueurs d'étapes sur le Tour de France, à l'image de Roger Hassenforder et Jean Dotto.

Déroulement[modifier | modifier le code]

27 juin - 30 juin : De Nantes à Roubaix[modifier | modifier le code]

Les premières étapes de ce Tour de France sont disputées sous une forte chaleur qui perturbe la progression des coureurs[5]. À l'arrivée de la 1re étape à Granville, ville-étape inédite, André Darrigade l'emporte au sprint devant Miguel Poblet et Joseph Thomin pour apporter à l'équipe de France sa première victoire. L'étape est néanmoins marquée par la chute sans gravité de Jacques Anquetil après 120 kilomètres de course[6]. La seconde étape qui mène les coureurs à Caen connaît de nombreux abandons, dont celui de Charly Gaul, victime d'une insolation. René Privat profite d'une échappée pour gagner l'étape et revêtir le maillot jaune[7]. Ce dernier conforte son avance au classement général à l'issue du contre-la-montre par équipes disputé sur le circuit de la Prairie à Caen[8]. Jacques Anquetil remporte sa première victoire dans le Tour de France l'après-midi même, à Rouen lors de l'étape la plus courte de ce Tour[9]. Les Belges, largement dominés depuis le début de l'épreuve, retrouvent la victoire à Roubaix grâce à une échappée en solitaire de Marcel Janssens[10].

1er juillet - 4 juillet : Anquetil une première fois en jaune puis distancé[modifier | modifier le code]

Le Tour de France franchit la frontière franco-belge pour faire étape à Charleroi. Sous l'impulsion de Gilbert Bauvin, une échappée de cinq coureurs se forme et profite de la fermeture d'un passage à niveau juste devant le peloton pour accroître son avance. Gilbert Bauvin s'impose au sprint tandis que Jacques Anquetil, présent dans l'échappée, s'empare du maillot jaune[11]. Le lendemain, les coureurs de l'équipe de France contrôlent la course et laissent s'échapper un groupe de quatre coureurs accusant déjà beaucoup de retard au classement général. André Trochut, membre de l'équipe Sud-Ouest, gagne l'étape au sprint. Un scénario identique se répète dans l'étape suivante, qui profite à Roger Hassenforder, vainqueur à Colmar, dans sa région natale, de sa sixième victoire d'étape dans le Tour de France. L'équipe de France cède pour la première fois le maillot jaune à une autre équipe : Nicolas Barone, membre de l'équipe Île-de-France et 11e du classement général au début de l'étape, bénéficie de l'avance obtenue par l'échappée pour devancer Jacques Anquteil de 38 secondes[12]. La valse du maillot jaune se poursuit dans l'étape entre Colmar et Besançon, où l'Italien Pierino Baffi s'impose, tandis que le Français Jean Forestier, obtient à son tour le maillot de leader du classement général[13].

5 juillet - 8 juillet : La traversée des Alpes[modifier | modifier le code]

Jacques Anquetil réalise un coup de force dans la 9e étape entre Besançon et Thonon-les-Bains : il s'extrait du peloton à Morez, alors que huit coureurs sont déjà échappés. Il rejoint les hommes de tête, puis assure de puissants relais dans la montée du col de la Faucille avant de s'imposer au sprint sur la ligne d'arrivée. Cette deuxième victoire d'étape sur ce Tour de France lui permet de se replacer à la 2e place du classement général à moins de trois minutes de Jean Forestier[14]. Dans cette même étape, l'espagnol Federico Bahamontes, victime de la chaleur et d'une mésentente avec son directeur sportif, abandonne sur le bord de la route. C'est le deuxième favori du Tour, après Charly Gaul, à se retirer[15].

Dans l'étape suivante, Jacques Anquetil subit une crevaison dans le col de Tamié, puis s'arrête entre Saint-Jean-de-Maurienne et Saint-Michel-de-Maurienne pour réparer son dérailleur. Il aborde ainsi l'ascension du col du Télégraphe en queue de peloton, avec cinq minutes de retard sur les premiers. Bien qu'il lui soit impossible de rattraper l'Italien Gastone Nencini, vainqueur à Briançon, il s'empare toutefois du maillot jaune alors que Jean Forestier cède près de huit minutes[16]. Il accroît son avance le lendemain, alors que son coéquipier René Privat s'impose à Cannes pour remporter son deuxième succès sur ce Tour[17].

9 juillet - 13 juillet : De Cannes à Barcelone[modifier | modifier le code]

L'équipe de France obtient une nouvelle victoire par l'intermédiaire de Jean Stablinski. Après avoir distancé Henry Anglade dans l'ascension du Mont Faron et s'impose à Marseille avec 12 minutes d'avance sur ses proches poursuivants[18]. Bien qu'en surnombre dans l'échappée qui s'illustre lors de l'étape suivante, les coureurs français sont surpris au sprint par l'Italien Nino Defilippis, mais signe une belle performance le lendemain. Accompagnant Roger Hassenforder dans l'échappée victorieuse à Perpignan, François Mahé remonte au troisième rang du classement général, ce qui permet à l'équipe de France d'occuper les trois places du podium[19]. L'équipe de France poursuit ses bons résultats en Espagne grâce à un nouveau succès de René Privat à Barcelone, puis à la victoire de Jacques Anquetil dans le contre-la-montre disputé sur le circuit de Montjuich[20].

14 juillet - 16 juillet : La traversée des Pyrénées[modifier | modifier le code]

17 juillet - 20 juillet : La remontée vers Paris[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

  • 12 formations de 10 coureurs prennent le départ de Nantes. Aucune n'arrive au complet à Paris.
  • Les coureurs français remportent 13 victoires d'étapes.
  • Jacques Anquetil remporte son premier Tour de France. Il n'est âgé que de 23 ans.
  • Le journaliste Alex Virot et son chauffeur trouvent la mort dans la seizième étape vers Ax-les-Thermes, remportée par le Breton Jean Bourlès.

Résultats[modifier | modifier le code]

Les étapes[modifier | modifier le code]

Les coureurs de l'équipe de France remportent 13 étapes au total. Vainqueur du classement général, Jacques Anquetil s'impose quatre fois.

Étape Date Villes étapes Distance (km) Vainqueur d’étape Leader du classement général
1re étape jeu. 27 juin Nantes - Granville 204 Drapeau : France André Darrigade (FRA) Drapeau : France André Darrigade (FRA)
2e étape ven. 28 juin Granville - Caen 226 Drapeau : France René Privat (FRA) Drapeau : France René Privat (FRA)
3e étape (a) sam. 29 juin Circuit de la Prairie à Caen 15 (clm par équipes) Drapeau de la France France Drapeau : France René Privat (FRA)
3e étape (b) sam. 29 juin Caen - Rouen 134 Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA) Drapeau : France René Privat (FRA)
4e étape dim. 30 juin Rouen - Roubaix 232 Drapeau : Belgique Marcel Janssens (BEL) Drapeau : France René Privat (FRA)
5e étape lun. 1er juillet Roubaix - Charleroi (BEL) 170 Drapeau : France Gilbert Bauvin (FRA) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA)
6e étape mar. 2 juillet Charleroi (BEL) - Metz 248 Drapeau : France André Trochut (FRA) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA)
7e étape mer. 3 juillet Metz - Colmar 223 Drapeau : France Roger Hassenforder (FRA) Drapeau : France Nicolas Barone (FRA)
8e étape jeu. 4 juillet Colmar - Besançon 192 Drapeau : Italie Pierino Baffi (ITA) Drapeau : France Jean Forestier (FRA)
9e étape ven. 5 juillet Besançon - Thonon-les-Bains 188 Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA) Drapeau : France Jean Forestier (FRA)
10e étape dim. 7 juillet Thonon-les-Bains - Briançon 247 Drapeau : Italie Gastone Nencini (ITA) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA)
11e étape lun. 8 juillet Briançon - Cannes 267 Drapeau : France René Privat (FRA) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA)
12e étape mar. 9 juillet Cannes - Marseille 239 Drapeau : France Jean Stablinski (FRA) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA)
13e étape mer. 10 juillet Marseille - Alès 160 Drapeau : Italie Nino Defilippis (ITA) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA)
14e étape jeu. 11 juillet Alès - Perpignan 246 Drapeau : France Roger Hassenforder (FRA) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA)
15e étape (a) ven. 12 juillet Perpignan - Barcelone (ESP) 197 Drapeau : France René Privat (FRA) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA)
15e étape (b) ven. 12 juillet Circuit de Montjuïc (ESP) 9,8 (CLM) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA)
16e étape dim. 14 juillet Barcelone (ESP) - Ax-les-Thermes 220 Drapeau : France Jean Bourlès (FRA) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA)
17e étape lun. 15 juillet Ax-les-Thermes - Saint-Gaudens 236 Drapeau : Italie Nino Defilippis (ITA) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA)
18e étape mar. 16 juillet Saint-Gaudens - Pau 207 Drapeau : Italie Gastone Nencini (ITA) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA)
19e étape mer. 17 juillet Pau - Bordeaux 194 Drapeau : Italie Pierino Baffi (ITA) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA)
20e étape jeu. 18 juillet Bordeaux - Libourne 66 (CLM) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA
21e étape ven. 19 juillet Libourne - Tours 317 Drapeau : France André Darrigade (FRA) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA)
22e étape sam. 20 juillet Tours - Paris 227 Drapeau : France André Darrigade (FRA) Drapeau : France Jacques Anquetil (FRA)

Classement général[modifier | modifier le code]

Classement final
  Coureur Pays Équipe Temps
1er Jacques Anquetil Drapeau de la France France France en 135 h 44 min 42 s
2e Marcel Janssens Drapeau de la Belgique Belgique Belgique + 14 min 56 s
3e Adolf Christian Drapeau de l'Autriche Autriche Suisse + 17 min 20 s
4e Jean Forestier Drapeau de la France France France + 18 min 2 s
5e Jesús Loroño Drapeau : Espagne Espagne + 20 min 17 s
6e Gastone Nencini Drapeau de l'Italie Italie Italie + 26 min 3 s
7e Nino Defilippis Drapeau de l'Italie Italie Italie + 27 min 57 s
8e Wim Van Est Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas Pays-Bas + 28 min 10 s
9e Jan Adriaensens Drapeau de la Belgique Belgique Belgique + 34 min 7 s
10e Jean Dotto Drapeau de la France France Sud-Est + 36 min 31 s

Classements annexes[modifier | modifier le code]

Classement par points[modifier | modifier le code]

Classement par points
  Coureur Pays Équipe Point(s)
1er Jean Forestier Drapeau de la France France France 301 points
2e Wim Van Est Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas Pays-Bas 317 pts
3e Adolf Christian Drapeau de l'Autriche Autriche Suisse 366 pts

Classement du meilleur grimpeur[modifier | modifier le code]

Classement du meilleur grimpeur
  Coureur Pays Équipe Point(s)
1er Gastone Nencini Drapeau de l'Italie Italie Italie 44 points
2e Louis Bergaud Drapeau de la France France France 43 pts
3e Marcel Janssens Drapeau de la Belgique Belgique Belgique 32 pts

Classement par équipes[modifier | modifier le code]

Classement par équipes
  Équipe Pays Temps
1re France Drapeau de la France France en 405 h 59 min 8 s
2e Italie Drapeau de l'Italie Italie + h 24 min 36 s
3e Belgique Drapeau de la Belgique Belgique + h 24 min 36 s

Liste des coureurs[modifier | modifier le code]

France 
Belgique 
Italie 
Pays-Bas
Espagne 
Luxembourg / MIXTE 
Suisse 
Ouest 
Sud-Est 
Nord-Est - Centre 
Sud-Ouest 
Île-de-France 

A : Abandon en cours d'étape ; HD : Hors Délai.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Le palmarès depuis 1903 », sur letour.fr (consulté le 28 juillet 2011)
  2. Quénet 2010, p. 14.
  3. Quénet 2010, p. 12-13.
  4. Quénet 2010, p. 16.
  5. Quénet 2014, p. 15.
  6. Quénet 2014, p. 17.
  7. Quénet 2014, p. 18.
  8. Quénet 2014, p. 19.
  9. Quénet 2014, p. 20.
  10. Quénet 2014, p. 22.
  11. Quénet 2014, p. 26.
  12. Quénet 2014, p. 28-30.
  13. Quénet 2014, p. 32-33.
  14. Quénet 2014, p. 36.
  15. Quénet 2014, p. 34-35.
  16. Quénet 2014, p. 38.
  17. Quénet 2014, p. 40.
  18. Quénet 2014, p. 42.
  19. Quénet 2014, p. 46-47.
  20. Quénet 2014, p. 48.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]