Jean Marais

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Jean Marais
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Jean Marais en 1991.
Nom de naissance Jean Alfred Villain-Marais
Naissance
Cherbourg[1](France)
Nationalité Française
Décès (à 84 ans)
Cannes (France)
Profession Acteur
Films notables L'Éternel Retour
La Belle et la Bête
Le Bossu
Le Capitan
Le Capitaine Fracasse
Fantômas (trilogie)

Jean Alfred Villain-Marais, dit Jean Marais, né le [n 1] à Cherbourg[1], (Manche)[n 2]et mort le à Cannes (Alpes-Maritimes), est un acteur français. Actif au théâtre comme au cinéma, il est aussi metteur en scène, écrivain, peintre, sculpteur, potier et réalise la plupart de ses cascades. Il reçoit en 1993 un César d'honneur[n 3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Signature de Jean Marais.

Enfance et adolescence perturbées[modifier | modifier le code]

Jean Alfred Villain-Marais est officiellement le fils d'Alfred Villain-Marais (1882-1959) et d'Aline Marie Louise Vassord (1887-1973), selon l'extrait de l'acte de naissance no 756/163, ville de Cherbourg.

Biographe de l’acteur, Sandro Cassati[2] précise que la mère de Jean, d’origine alsacienne, fut recueillie par sa tante, Joséphine Bezon, et prit le nom d’Henriette Bezon[3], nom officiel qu’elle utilisa pour son mariage le , à Neuilly-sur-Seine. Le couple s’installe à Cherbourg où le mari ouvre son cabinet de vétérinaire[4]. Un premier garçon, Henri, naît le puis, en 1911, une fille cadette qui décède deux ans après. Inconsolable de la perte de cet enfant, la naissance de Jean, en 1913, est considérée par sa mère comme un simple enfant de remplacement qu’elle habille en fille jusqu’à l’âge de deux ans[5]. En 1914, le père est envoyé sur le front de Verdun. En 1918, il revient grièvement blessé et reçoit la croix de guerre. Ses deux fils, âgés respectivement de neuf et cinq ans, ne le reconnaissent pas et l’appellent « Monsieur »[6]. Henriette décide de quitter son mari, sous un prétexte fallacieux, et part vivre en région parisienne avec ses deux fils (Henri et Jean), sa mère et sa tante Joséphine, au Vésinet[n 4], puis à Chatou[n 5], [n 6], craignant qu’on la retrouve, qu’un divorce soit prononcé (ce qui ne fut jamais le cas) et qu’on lui retire la garde des enfants[7].

Comme elle est souvent absente, le petit Jean lui écrit alors des lettres d'amour mais c'est sa tante Joséphine qui inscrit l'adresse sur l'enveloppe et lorsqu’il reçoit des lettres maternelles celles-ci sont toujours décachetées. Il comprendra plus tard le secret de sa mère[8] : kleptomane, elle effectuait des séjours en prison[n 7]. Se faisant appeler Morel[9], elle adopte le prénom d'Henriette puis de Rosalie. La relation mère-fils, complexe, passionnée et intense, va se faire plus forte encore du fait de l’absence du père. Jean Marais ne le reverra que près de quarante ans plus tard[n 8] ; sa mère lui avouera alors que son vrai père était en fait son parrain, présenté comme étant son oncle, Eugène Houdaille[10], version par la suite contredite par un ami médecin de son père, le docteur Hervé[11].

Très jeune, il va souvent au cinéma, entraîné par sa mère. Il tombe en admiration devant l’actrice américaine Pearl White pour ses chevauchées fantastiques et ses qualités de cascadeuse, et désire faire le même métier[12]. Mais, lui rendant visite plus tard, il sera très déçu en apprenant par elle-même qu’elle était toujours doublée dans ses films. « En somme, déclara-t-il, toute ma carrière est partie de mon admiration pour cette femme qui ne faisait pas ce qu’on voyait à l’écran[13]Douglas Fairbanks, le Zorro du cinéma muet, et Mary Pickford, pour sa grâce juvénile, sont aussi ses stars préférées[14] après son héroïne de mère.

En 1921, ce petit enfant de chœur au visage d'ange, rejoint son frère au collège de Saint-Germain-en-Laye. Il est un élève très médiocre, sauf en récitation et en gymnastique[15], et sans doute trop durement élevé par sa mère[16], il devient chef de bande, bagarreur, menteur et voleur [n 9]. Mauvaises notes, conduite dissipée : il est renvoyé. Sa scolarité est de plus en plus chaotique. Il entre, en 1923, au collège du Petit-Condorcet[17] où il utilise un double carnet de notes pour les falsifier, puis il est interne, en classe de sixième à treize ans (!) à Janson-de-Sailly, avant son retour à Saint-Germain où il intercepte la lettre d’exclusion de l’établissement[18]. Après un séjour dans un pensionnat religieux réputé pour sa sévérité[n 10], il quitte la scolarité en classe de seconde, âgé de seize ans, pour entrer dans la vie active[19]. Il est caddie[20] au golf de Bougival, apprenti chez un fabricant d’appareils de radio, puis à l’usine Pathé de Chatou[21]. C’est dans un atelier de photographie, 27 rue du Faubourg-Montmartre, qu’il fait la connaissance d’Henri Manuel[22], un photographe portraitiste, qui lui donne ses premiers conseils de lecture, car Jean est alors totalement inculte, et l’aide à réaliser ses rêves de théâtre en lui indiquant un cours d’art dramatique à Montmartre au conservatoire Maubel[n 11]. En 1932, il déménage encore avec sa mère pour habiter dans un deux-pièces à Paris, rue des Petits-Hôtels[23] et part au service militaire âgé de dix-neuf ans[24].

Débuts au théâtre et au cinéma[modifier | modifier le code]

Il démarre comme figurant en 1933 dans les films de Marcel L'Herbier. Celui-ci cependant ne lui donne jamais sa chance pour un vrai rôle, à cause de sa voix de fausset dont le volume ne répond guère à son aspect physique ni le timbre à son âge[25].

Après avoir échoué au concours d'entrée au Conservatoire d'art dramatique de Paris, en 1936, il entre stagiaire chez Charles Dullin, au théâtre de l'Atelier. Il y découvre les pièces classiques, où il tient des rôles de figuration durant trois ans, payé dix francs par jour, ce qui lui permet de financer ses cours[26].

Rencontre avec Jean Cocteau[modifier | modifier le code]

Jean Marais en 1942, photographie du studio Harcourt.

En 1937, il fait la connaissance de Jean Cocteau lors d'une audition[n 12] pour la mise en scène de sa réécriture d'Œdipe Roi[27]. Cette rencontre marque le véritable lancement de sa carrière : « J'ai vécu vingt-quatre ans avant de naître »[28] car « Je suis né deux fois, le et ce jour de 1937 quand j’ai rencontré Jean Cocteau »[29]. Le cinéaste et dramaturge tombe amoureux du jeune acteur, qui devient son amant et son mentor, s’occupant de son instruction littéraire et artistique, ne se moquant jamais de son inculture. De son côté, Marais ne cessera jamais d’aider Cocteau à lutter contre son intoxication à l’opium. Marais « refusa d’entrer dans le cercle infernal de la drogue, révélant ainsi un trait constant de son caractère, son indépendance totale à l’égard de tous et de tout », écrit Carole Weisweiller[n 13], autrice d’une biographie de l’acteur.

« Est-ce beaucoup exagérer que de dire que Jean Cocteau fut mon véritable père en ce qu’il me créa ? »[30]. En effet, Cocteau lui donne un premier rôle dans Œdipe Roi : il y joue un membre du Chœur, un rôle muet. Jean ne maîtrise pas encore assez bien sa voix haut perchée qu'il brisera[31] volontairement à coups de cigarettes, au risque d'altérer sa santé[32]. Dans cette pièce, il apparaît vêtu de bandelettes, costume créé par Coco Chanel, amie de Cocteau, et cela fait jaser. Quasiment nu, couché devant la scène, exhibant son corps d'éphèbe, regardant droit dans les yeux des spectateurs, il impose le silence à ceux qui chuchotent ou ricanent. La photographie de Marais dans cette tenue scandaleuse est publiée dans de nombreux journaux à cette époque[33],[34].

Puis, la même année, il obtient, en remplacement de Jean-Pierre Aumont, le double rôle de Galaad et du faux Galaad dans Les Chevaliers de la Table ronde de Jean Cocteau. Les critiques n’épargnent pas le jeune acteur : « Quant à Jean Marais, il est beau, un point c’est tout »[35], écrit Pierre Brisson dans Le Figaro. Reconnaissant qu’il manque de métier, il se résout à travailler dur pour développer son talent. Il gagne à présent soixante francs par jour, une fortune lui permettant d’aider financièrement sa mère[36].

En 1938, Cocteau lui écrit rapidement une pièce sur mesure : Les Parents terribles, qui devait sceller son destin théâtral en lui donnant la reconnaissance de la profession. Il y interprète le rôle de Michel, un jeune homme moderne âgé de vingt-deux ans aux sentiments extrêmes, qui rit, pleure, crie, se roule par terre. La pièce connaît à plusieurs reprises la censure pour immoralité et incitation à la débauche. Les censeurs y voient un inceste entre la mère et le fils[n 14]. L’interprétation de Marais est un succès. Jamais il ne s'est senti aussi riche. Il gagne deux cent cinquante francs par jour et en donne cent à sa mère pour qu’elle cesse de voler dans les magasins[37]. Dix ans plus tard, en 1948, Cocteau donna une version cinématographique de la pièce avec un Jean Marais déjà âgé de trente-cinq ans dans le rôle du fils, et dans le rôle de la mère Yvonne de Bray pour laquelle Marais avait une admiration débordante[n 15].

Été 1939 : il est mobilisé, affecté 107e bataillon de l'air, à Amiens puis transféré à Montdidier, dans la Somme. Durant cette « drôle de guerre »[n 16], il a pour mission, malgré sa très mauvaise vue[38], de guetter l’arrivée des avions allemands de la Luftwaffe du haut du clocher l’Église Saint-Pierre de Roye[n 17] à Roye ; il y sera pratiquement oublié par sa compagnie jusqu’à l'arrivée des allemands et l’armistice[39]. Durant la débâcle, il découvre un chien attaché à un arbre dans la forêt de Compiègne et l’adopte[n 18]. Retour à Paris en , sous occupation allemande. Cocteau et Marais s’installent au 36, rue de Montpensier, dans un petit appartement, à l'entresol, donnant sous les arcades du Palais-Royal[n 19].

Idole et résistant malgré lui[modifier | modifier le code]

En 1941, au théâtre des Bouffes-Parisiens, il se lance pour la première fois, à vingt-huit ans, dans la mise en scène de Britannicus, la tragédie de Racine, réalisant les décors et costumes[n 20]. Serge Reggiani joue le rôle de Britannicus, tandis que Marais s’attribue celui de Néron, alors que Jouvet tente de le dissuader : « Tu vas te casser la gueule »[40]. Esprit frondeur, n’obéissant qu’à sa propre loi, Marais demande aux acteurs de jouer d’abord la situation et de ne pas ajouter de la guimauve en chantant les vers, comme c’était la pratique à l’époque[41]. C'est un succès mais la pièce ne se joue que dix fois. C’est Dora Maar, la compagne de Picasso, qui réalise les photos du spectacle[42].

Puis il interprète le double rôle de Maxime l'amoureux et Pascal l'aventurier, les jumeaux de la nouvelle pièce de Cocteau La Machine à écrire créée dans une mise en scène de Raymond Rouleau, le , au théâtre Hébertot. D’abord refusée par la censure allemande, qui y voit une critique de l’Occupation, puis autorisée après suppression d’une scène, la pièce va provoquer des remous. En effet, elle est à l’origine de l’un des plus grands scandales que connut Cocteau. L’attaque vient de la presse collaborationniste, et particulièrement du journal Je suis partout. Le 12 mai 1941 François Vinneuil, alias Lucien Rebatet, auteur antisémite, signe un article intitulé « Marais et marécage » affirmant que cette pièce « est le type même du théâtre d’invertis ». Alain Laubreaux, le , poursuit dans le même journal[n 21] ce travail de destruction, accusant la pièce de décadence et de perversité[43]. Selon lui, La Machine à écrire, avec ses lettres anonymes prétendant faire justice, à une époque où le régime de Vichy appelle quotidiennement à la délation, représente l’exemple caractéristique du théâtre de l’anti-France. La suite du scandale est proprement spectaculaire[44] : Jean Marais, croisant Alain Laubreaux le soir du dans un restaurant au 80, boulevard des Batignolles (Paris), « lui cassa la figure » comme il l’avait annoncé[n 22],[n 23]. Le surlendemain, Le Petit Parisien titre : « Le plus mauvais acteur de Paris rosse le meilleur de nos critiques dramatiques »[45]. Marais passe pour un héros malgré lui.

En 1941, il entre à la Comédie-Française mais n’y joue pas, à cause de son engagement illicite pour un film de Marcel Carné, Juliette ou la Clé des songes, qui ne se fait pas[n 24]. Il accepte alors de faire son entrée au cinéma pour la première fois avec un rôle majeur dans Le pavillon brûle. Il s’y trouve « banal » avec une voix insuffisante, mais néanmoins, ce premier essai, avec son nom et sa photo affichés en grand sur toute la façade du cinéma Gaumont, représente pour lui une belle vengeance sur ses démêlés de contrat avec « le Français ». La même année, pendant le tournage du Lit à colonnes, son deuxième film, il rencontre la jeune et séduisante actrice Mila Parely, avec qui il a une liaison amoureuse et qu'il manque d’épouser[46],[47],[n 25].

En 1942, nouveau conflit théâtre-cinéma. Après avoir tenu le rôle de Cléante dans L’Avare, Marais renonce à une nouvelle proposition de Dullin, lequel, furieux du refus, lui prédit un avenir épouvantable[48]. Néanmoins, il obtient un visa pour une Italie mussolinienne sinistre et part à Rome, pour jouer dans l'adaptation par Christian-Jaque de Carmen, avec Viviane Romance. Pour son premier grand rôle au cinéma, il est « Don José », apprenant à monter à cheval et à effectuer ses premières cascades[n 26]. Mais le film ne sortira sur les écrans qu'en 1945.

Toujours en conflit avec la Comédie-Française et son administrateur[49], Jean-Louis Vaudoyer, il ne peut pas jouer Renaud et Armide de Jean Cocteau ; ce dernier est à nouveau victime d'une cabale, vraisemblablement menée par les collaborationnistes, et les représentations sont rapidement annulées.

En 1943, il joue un Tristan moderne dans L'Éternel Retour de Jean Delannoy[n 27]. Le film connaît un triomphe. Jean Marais et Madeleine Sologne, deux blondeurs éthérées, forment pour l’époque une sorte d’idéal romantique, les icônes d'une jeunesse qui veut se reconnaître en eux. Devenu une star, il lance la mode du pull Jacquard qu’il porte dans le film. Harcelé par le téléphone qui ne cesse de sonner et par les lettres de ses admiratrices qui arrivent par centaine à son domicile, rue de Montpensier, il charge sa mère Rosalie de répondre en son nom au courrier. Cependant il n'est pas épargné par la critique d'Alain Laubreaux qui le qualifie de « L'homme au Cocteau entre les dents » et affirme qu'il ne doit son statut qu'aux hautes relations de Cocteau[50].

Le , il met en scène Andromaque de Racine au théâtre Édouard VII, avec Alain Cuny, mais la pièce est interdite dès le par le secrétaire d'État à l'Information et à la Propagande du gouvernement de Vichy, Philippe Henriot, qui déclare au micro de Radio-Paris que « les poses plastiques prises par messieurs Marais et Cuny dans Andromaque nuisent plus à la France que les bombes anglaises »[51]. Jean Guéhenno donne dans son Journal des années noires une note d'un autre journal dont il tait le nom sur cette interdiction : « La milice française est soucieuse de la protection intellectuelle de la France ainsi que de la moralité publique. C'est pourquoi le chef régional de la milice française pour l'Ile-de-France a prévenu le préfet de police qu'elle allait s'opposer à la représentation de la pièce scandaleuse de MM. Jean Marais et Alain Cuny, jouée actuellement au théâtre Édouard VII. M. le préfet de police a pris un arrêté interdisant immédiatement la pièce »[52]. Au total, Andromaque ne connait que six représentations. Mais la pièce restera gravée dans les mémoires, faisant partie de l’histoire du théâtre[53]. Idole d'une génération, Marais gagne encore en popularité et devient un symbole de résistance à l'occupant[54].

Durant l’Occupation, il ne réagit pas, il la subit, s’en accommode, reste passif. On peut s’étonner que, malgré son courage physique, il ne s’engage pas dans la Résistance, pourtant sollicité par l'acteur Louis Jourdan[55]. Cependant l’arrestation de son ami Max Jacob, le 24 février 1944 par la Gestapo et son internement à Drancy, révèle en lui l’horreur du régime nazi[56].

Après la Libération de Paris, durant laquelle il se joint aux combats en , il s'engage dans l'armée française et rejoint la 2e DB du général Leclerc[57]. Il y sert, toujours accompagné de son chien Moulouk, au sein du 501e régiment de chars de combat. En uniforme et béret noir planté sur la tête, il conduit une jeep baptisée Célimène, puis des camions Dodge ou GMC pour ravitailler les équipages de chars en vivres et carburant. On salue sa bravoure pour avoir été un des seuls conducteurs à respecter la consigne de rester au volant de son véhicule lors du bombardement de leur colonne à Marckolsheim en Alsace (modestement, dans ses interviews ultérieures, il tiendra à relativiser cette attitude courageuse, l'expliquant par une volonté à ce moment d'être tranquille au chaud pour déguster des confitures de cerises)[58]. Il reçoit la Croix de guerre 1935-1945 (France)[n 28] et reste sous les drapeaux jusqu'en .

Jean Marais en 1947, photographié par Carl Van Vechten.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Cocteau lui écrit le triple rôle d’Avenant, de la Bête et du Prince charmant pour son film La Belle et la Bête. Dans son Journal d'un film[59], Cocteau mentionne qu’après un an de préparatifs et d’obstacles, le tournage de son film, auquel personne ne croit, démarre à Rochecorbon en , pour se terminer en . Le tournage a été très difficile à réaliser. Cocteau, souffrant d’une grave maladie de peau, le professeur Henri Mondor le fait hospitaliser à Pasteur[60], dans une cage de verre stérile, et n'est sauvé de l'eczéma que grâce à un nouveau médicament provenant des États-Unis, la pénicilline[61].

L'état de Marais laisse aussi à désirer : il souffre d'un furoncle à l'intérieur de la cuisse, son masque lui provoque un eczéma au visage[62].

Pour le masque de la Bête, Marais avait imaginé une tête de cerf, pour la beauté des bois, mais Cocteau pensait que les spectateurs trouveraient une telle tête ridicule pour une bête féroce et dangereuse, et pour Christian Bérard, il fallait que la Bête ne soit pas un herbivore mais un carnassier effrayant. Il fallait environ trois heures pour fixer le masque de la Bête, qui s’étendait des yeux jusqu’à la bouche et de la bouche à la poitrine de Marais, et une heure pour chaque main[n 29]. Le masque était fait comme une perruque, chaque poil monté sur tulle, en trois parties collées. Certaines dents de Marais étaient recouvertes de vernis noir pour paraître pointues ; ses canines étaient recouvertes de crocs tenus par de petits crochets, ce qui n'était pas très pratique pour manger. La « bête carnivore » se nourrissait donc essentiellement de purée et de compote[63]. Avec ce triple rôle, Marais entre dans la légende cinématographique. Le film sort à Paris le sur les Champs-Élysées et sur les Grands Boulevards[64]. Contre toute attente, le succès populaire n'est pas immédiat, mais il sera progressif pour finir en triomphe[65]. Devenu un film mythique, il sera exploité avec succès jusqu'en Chine où le masque de la Bête devint même un « produit dérivé » à la mode vers 1950[66].

En 1946, il abandonne son rôle[67] dans Les Parents terribles à Daniel Gélin, pour jouer sur scène Stanislas l'anarchiste amoureux de la Reine (Edwige Feuillère), dans la nouvelle pièce que Cocteau a écrite pour lui : L'Aigle à deux têtes. La pièce se joue durant un an à guichets fermés. La critique est dure pour l’auteur et cruelle pour son acteur : « C’est un acrobate, un point c’est tout », en parlant de la scène finale où, chaque soir, Marais meurt en tombant à la renverse du haut d’un escalier dans une chute spectaculaire, après avoir tué la reine[68]. La pièce est jouée, lors d’une représentation exceptionnelle, au théâtre de la Fenice de Venise pour la Biennale du théâtre[69]. Après la version filmique de la pièce l’année suivante, le couple Marais-Feuillère ne se reformera que trente-cinq ans plus tard.

Automne 1947, il achète en indivision avec Cocteau une maison à Milly-la-Forêt, tout en gardant leur appartement parisien, rue de Montpensier.

En 1947-1948, il tourne au cinéma auprès de certaines des plus grandes vedettes féminines françaises de l'époque : Les Chouans avec Madeleine Robinson, Ruy Blas avec Danielle Darrieux, Aux yeux du souvenir avec Michèle Morgan, film qui scelle ses retrouvailles avec Jean Delannoy ; ce dernier l'engagera à nouveau, plus tard, au cinéma, dans La Princesse de Clèves avec Marina Vlady.

Changement de registre : L'émancipation[modifier | modifier le code]

Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine) où résida Jean Marais de 1954 à 1971.

En 1948, il a envie de vivre, de s’aérer, il quitte la compagnie de Cocteau pour habiter dans une péniche Le Nomade[n 30] amarrée sur la Seine au 78, boulevard Koenig à Neuilly-sur-Seine[70]. Avec l’éloignement de l’un et de l’autre, les rapports Cocteau-Marais se transforment en rapports mentor-disciple. Mais si son amour pour Cocteau se change en amitié, c'est une amitié à laquelle Marais restera toujours fidèle jusqu’au dernier jour du poète. « Marais inspira Cocteau et Cocteau fit exister Marais » écrit Bertrand Meyer-Stabley dans son livre sur les amants terribles[71].

En 1948, il joue avec succès au théâtre dans Chéri, une pièce de Colette avec Valentine Tessier, mais refuse d’interpréter le même rôle dans la version filmique de 1950, le laissant au profit de Jean Desailly, par solidarité avec sa partenaire de scène, évincée de son rôle à l’écran, sous le prétexte d’être trop âgée[72].

En 1949, Fernand Lumbroso, manager de tournées théâtrales, propose à Jean Marais d’organiser, de mars à mai, une tournée au Moyen-Orient (Égypte, Turquie, Liban) avec sept pièces pour six spectacles. Le choix de Marais est éclectique et permet à un large public de s’y retrouver : La Machine infernale, Les Parents terribles et Les Monstres sacrés, trois pièces de Cocteau, Léocadia d’Anouilh, Britannicus de Racine, Huis clos de Sartre et Léonie est en avance ou le Mal joli de Feydeau. Partout, la tournée connait un succès dithyrambique[73].

En 1949, il interprète Roméo, aux côtés de Josette Day, dans une adaptation radiophonique de Jean Cocteau, réalisée par Léon Ruth pour la Chaîne Nationale dans le cadre de la série « Tout Shakespeare en 18 émissions », de Roméo et Juliette[74].

En 1949, il est Orphée dans l'un des plus célèbres films de Jean Cocteau, Orphée avec Maria Casarès et François Périer. « Tourner Orphée était pour moi une tâche plus glorieuse : c’était la plus belle récompense que j’aie jamais rêvée », déclara-t-il par la suite. Le film est récompensé par le Grand Prix international de la Critique à la Mostra de Venise. C’est la dernière fois que Marais tourne avec Cocteau, exceptée une courte apparition dans l’ultime film du poète Le Testament d’Orphée en 1959. Dans le rôle d’Orphée âgé, Cocteau croise, sans le voir, Marais jouant Œdipe aveugle.

En 1950, il fait la connaissance du danseur américain George Reich. Ils resteront ensemble neuf ans[75].

Dans les années 1950, Marais est à l’apogée de sa gloire, enchaînant film sur film. Il retrouve Michèle Morgan, avec laquelle il forme « le couple idéal du cinéma français », dans Le Château de verre de René Clément. Les deux acteurs reçoivent la Victoire du Cinéma Français pour la meilleure actrice et le meilleur acteur en ouverture du Festival de Cannes. Puis, il tourne avec les grandes actrices Alida Valli, Dany Robin, Jeanne Moreau, Danièle Delorme, Danielle Darrieux et la jeune Brigitte Bardot, et pour de grands cinéastes, dont Marc Allégret, Pabst, Sacha Guitry, Jean Renoir dans Elena et les Hommes, où il partage la vedette avec Ingrid Bergman. Ayant refusé de jouer dans La Ronde, car il n’adhère pas à la direction de Max Ophuls, il déclare par la suite « Je me suis trompé, cela a été un très bon film »[76].

En 1951, il est de nouveau pensionnaire de la Comédie-Française. Il y est à la fois comédien, metteur en scène et décorateur. C'est la première fois qu'une telle fonction est donnée à un comédien aussi jeune (il a trente-huit ans)[77]. Pour la deuxième fois, il persiste et signe la mise en scène de Britannicus avec les comédiens de la salle Richelieu, s'attribuant le rôle de Néron. Son parti pris est de casser la déclamation, de ne pas faire « donner de la voix » comme c’est la règle dans la maison : « Les vers de Racine sont si beaux et si riches qu’il n’y a pas besoin de rajouter du chant : le vers est là, la rime est là », déclare-t-il dans son entretien avec Carole Weisweiller[78]. Côté scandale, il est servi : huées, cris, sifflets avant qu’il ouvre la bouche. Chaque séance se termine par des bravos frénétiques mêlés aux vociférations outrageantes. On parle d’une nouvelle « Querelle des Anciens et des Modernes », d’une nouvelle « bataille d’Hernani »[79]. C’est une véritable cabale organisée contre ce jeune présomptueux, vedette de l’écran venue s’exhiber dans le temple du répertoire classique. Étant pensionnaire du Français, il ne peut tenir le rôle d’Hans, le jeune paysan, dans Bacchus, la nouvelle pièce de Cocteau, montée dans un théâtre privé par la compagnie Renaud-Barrault. En 1988, il aura à cœur de mettre en scène la pièce, mais en interprétant le rôle de son âge, celui du Duc[80].

Le 1er décembre 1952, il interprète consciencieusement, salle Richelieu le rôle de Xipharès dans Mithridate, et obtient un congé de trois mois pour aller tourner à Venise L'Appel du destin où il joue le rôle du père du jeune prodige Roberto Benzi. À son retour d'Italie en 1953, exaspéré par les tracasseries, ne se sentant pas chez lui dans la vénérable maison, il quitte définitivement la Comédie-Française après une altercation avec l'administrateur Pierre-Aymé Touchard, lequel voulait l’obliger à jouer le rôle de Roméo dans une adaptation de Roméo et Juliette qu'il n'aimait pas[n 31].

En 1954, Albert Willemetz, directeur du Théâtre des Bouffes-Parisiens, le nomme au poste de directeur artistique[81]. Il met en scène et joue aux côtés de Jeanne Moreau dans la pièce de Cocteau, créée en 1934, La Machine infernale. C’est au cours de la tournée de la pièce en province qu’il apprend le décès d’Yvonne de Bray. La disparition de sa seconde mère le bouleverse. En 1955, dans le même théâtre, il met en scène la pièce de George Bernard Shaw, Pygmalion, en réalisant les décors et costumes[n 32] , avec Jeanne Moreau, remarquable dans le rôle d’Élisa.

1954 est l'année de son plus grand succès au cinéma avec Le Comte de Monte Cristo, dans une seconde adaptation en couleurs, de Robert Vernay, du roman d'Alexandre Dumas.

Jean Marais, photographié au milieu de la troupe des Blue Bell Girls du Lido de Paris, arrivant à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol le .

Début 1954, il revend sa péniche et ses parts de la maison de Milly-la-Forêt et achète à Marnes-la-Coquette un grand terrain avec un petit pavillon adossé au Parc de Saint-Cloud, une « folie » du XIXe siècle dont il fera son atelier. C’est lui qui dessine entièrement les plans de la future maison de plain-pied, dont la construction va lui coûter beaucoup plus cher que prévu. Il fait édifier un long pavillon encadré de deux courtes ailes, « subtil mariage de classique français et de colonial anglais », et aménager un atelier dans un ancien pavillon de musique du XVIIIe siècle[82].

Il reconnaît lui-même qu’il a « la folie des grandeurs », et ses soucis d’argent avec le fisc vont commencer. Il habite cette maison de fin 1954 jusqu’au début des années 1970[83].

En , il participe aux côtés de Marlène Dietrich à un gala à Monte-Carlo au profit des enfants poliomyélites. Sa générosité est reconnue dans le milieu artistique[84].

Le , il est au premier rang des invités pour écouter le discours de Jean Cocteau pour son entrée sous la Coupole de l’Académie française[85].

Au Gala de l'Union des artistes au Cirque d'Hiver (Paris), ses cascades sont de plus en plus attendues et les enchères grimpent à chaque participation. Le [86],[n 33], il présente un dangereux numéro de haute voltige, sans harnais de sécurité, au sommet d'une perche flexible à dix-huit mètres du sol, pour prouver que « les artistes peuvent ne pas tricher ». Le réalisateur André Hunebelle, présent dans la salle, remarque sa performance et s’en souviendra quand il lui demandera, un peu plus tard, de mettre à profit son sens de la cascade dans de prochains films[n 34].

En 1957, Luchino Visconti l'engage pour son film Nuits blanches avec un trio international d’acteurs : lui français, l’Autrichienne Maria Schell et l’Italien Marcello Mastroianni. Le film reçoit le Lion d'argent à la Mostra de Venise. Cette même année 1957, il accepte, un peu forcé par George Reich, son compagnon, d’être l’auteur-producteur-metteur en scène-décorateur de L’Apprenti-fakir, une comédie musicale digne d’un show de Broadway, genre qui n’a pas encore percé en France. Le spectacle tient deux mois au théâtre de la Porte Saint-Martin, mais malgré les salles pleines, Marais perd 20 000 francs (environ 3 000 ) par soir[n 35].

À plus de quarante ans, il estime, certainement avec raison, qu’il lui faut jouer des rôles plus en adéquation avec son âge et pour interpréter le rôle principal dans la pièce de George Bernard Shaw, César et Cléopâtre, il se fait une tête d’empereur romain vieillissant, le nez busqué, allant jusqu’à se raser partiellement la tête, au point d’être méconnaissable[87].

En 1959, Visconti le reprend dans la pièce Deux sur la balançoire, avec Annie Girardot. Le trio Girardot-Visconti-Marais fonctionne à merveille. Pourtant, le succès de la pièce ne permet pas à Marais de rembourser toutes ses dettes[88]. Tandis qu’en ce mois de février, George Reich, le compagnon de Marais, quitte la maison de Marnes-la-Coquette[89], celle-ci va servir d’hébergement, à Henri, le frère de l’acteur, gravement malade[n 36] et à Jean Cocteau, en , pour qu'il se remette d'une crise cardiaque avant son retour en sa maison à Milly-la-Forêt où il meurt le [90].

Les films de cape et d'épée[modifier | modifier le code]

Chose promise, chose due ! André Hunebelle l’appelle pour son premier grand film de cape et d’épée, tourné en 1959, Le Bossu, avec la complicité de Bourvil. C'est le début d'une nouvelle destinée, à 46 ans. Il est toujours aussi populaire, et ce nouveau registre, plus familial, lui permet de séduire un public encore plus important. Certes, dans ce film, il escalade, galope, ferraille, mais ce qu’il soigne particulièrement, c’est sa métamorphose très réussie du personnage de Lagardère en bossu.

En 1960, il retrouve à nouveau Bourvil et André Hunebelle dans Le Capitan, au cours duquel il exécute une scène périlleuse en escaladant les murailles du Château de Val, puis enchaîne une série de films de cape et d'épée dont Le Capitaine Fracasse en 1961 ou encore Le Masque de Fer d'Henri Decoin en 1962, son dernier film du genre, où il interprète, à presque cinquante ans, le rôle de d’Artagnan vieillissant.

Les films d’aventure et d’espionnage[modifier | modifier le code]

Descendu de son cheval, il change de registre en s’essayant dans le film d’espionnage, interprétant un agent secret dans le doublé Stanislas en 1963 et 1965. Mais dans ce genre cinématographique, la concurrence est redoutable avec l’arrivée de la série des James Bond.

En perte d’audience, il change encore de registre et connaît cette fois un nouveau triomphe au cinéma avec la trilogie Fantômas (1964-1967), dans laquelle il joue le double rôle du journaliste Fandor et de Fantômas. Il y effectue souvent ses propres cascades. Mais bien que le public afflue dans les salles et que le nombre d'entrées explose, il estime que ces films n'ont pas le prestige des précédents. De plus, après avoir dû partager, dans une bonne entente, la vedette avec Bourvil, le voilà désormais presque relégué au rang de premier second rôle par Louis de Funès qui interprète le rôle du commissaire Juve. Un quatrième opus (Fantômas à Moscou) était prévu[91]. Mais les deux acteurs, en compétition, ne s'entendaient pas et refusèrent de retravailler ensemble.

La série des films d’aventure n’est pas terminée mais l’étoile du cinéma commence à perdre de son éclat. Il est toujours demandé mais dans ce genre il ne convaincra pas entièrement et le succès lui sera mesuré. L’audience baisse de plus en plus. Après les films de cape et d’épée où il fit merveille, le voici en costume moderne voué aux rôles de gentleman aventurier comme dans Le Gentleman de Cocody (1965) et Le Saint prend l’affût (1966), ce dernier marqué par l’accident mortel du cascadeur Gil Delamare en plein tournage[92].

À cette époque, « On ne me proposait plus que des films d’aventures. Le piège que j’avais voulu éviter toute ma carrière se refermait. J’ai commencé par refuser. Et puis on ne m’a plus rien proposé du tout. »[93] il aurait dû interpréter le père du tout jeune Alain Delon dans un film de Christian-Jaque sur l’histoire de Marco Polo. Mais le film, La Fabuleuse Aventure de Marco Polo, se fera plus tard mais sans eux, à cause d'une production financière inadéquate[94].

En 1965, à cinquante-deux ans, il achète un terrain dans le domaine du Haut-des-Pradons à Cabris, dans les Alpes Maritimes, pour y construire une maison dans laquelle il compte s’installer, la soixantaine venue, pour se consacrer à ses passions : la peinture et la poterie. Il fera construire sur place four, atelier, piscine, et cela lui coûtera cher, très cher, d’autant plus qu’il a les frais de sa résidence principale à Marnes-la-Coquette[95] !

Retour au théâtre / Sauvetage d'une vie[modifier | modifier le code]

Jean Marais en 1993, à la 18e cérémonie des César.

En 1968, il semble délaisser pour un temps le grand écran, faute de rôles qui lui conviennent, et privilégie dès lors le théâtre où il met en scène, en réalisant les décors et costumes, Le Disciple du Diable de George Bernard Shaw, par fidélité à Cocteau qui avait écrit l’adaptation en français en 1962[96].

En 1969, quelle ne fut pas sa joie lorsque Marcel Cravenne lui demande enfin d’être l’interprète du rôle de Renaud dans la version télévisée de la tragédie de Cocteau Renaud et Armide, rôle dont il avait été privé en 1943. C'est sa 1re expérience d’interprétation à la télévision. Le , Jacques Chancel l’interviewe dans Radioscopie. Au théâtre, il joue et met en scène Œdipe-Roi en assurant les décors et costumes, et l’année suivante il est Cyrano de Bergerac à Lyon[n 37] puis en tournée à travers la France, sauf à Paris ce qui paraît incompréhensible.

En 1970, il lance sa collection de prêt-à-porter en créant sa société, J.M. Diffusion[97], conseillé par son tailleur, André Bardot.

Au cinéma, les propositions se font rares. Il espère jouer le rôle principal du film de Visconti Mort à Venise mais c’est Dirk Bogarde qui est retenu[98]. Le même Visconti envisage de porter à l’écran À la recherche du temps perdu avec Marais dans le rôle du prince de Guermantes[99]. Projet abandonné. Autres déceptions, faute d’accords de producteurs, il doit renoncer à ses ambitions d’adapter le roman de Victor Hugo Les Travailleurs de la mer et de réaliser un film musical, Mila, selon un scenario tiré d’un de ses contes. Son rêve de jouer dans un vrai western américain ne se réalisa jamais car ce genre cinématographique était passé de mode.

Lot de consolation, en 1970, Jacques Demy lui offre dans Peau d'âne son dernier grand rôle au cinéma, celui du roi amoureux de sa fille, interprétée par Catherine Deneuve.

En 1973, sur le petit écran, il retrouve le succès pour sa huitième et ultime collaboration avec André Hunebelle dans le téléfilm en sept épisodes Joseph Balsamo. La même année, il apparaît dans l'émission de télévision littéraire Italiques[100] pour parler de la rencontre Cocteau - Moretti[n 38]

Pendant les quinze années suivantes, il disparait totalement des écrans pour ne se consacrer qu’au théâtre où il joue Tartuffe ou l’imposeur, Le Bossu[n 39] et Jean Valjean. Depuis longtemps il rêvait de jouer dans une pièce de Shakespeare. Avec Le Roi Lear, où il apparaît vieilli, portant une longue barbe blanche, dans le rôle du vieux roi qui, trahi par ses deux filles et parvenu au comble de l’infortune, arrive à en perdre la raison, Marais réussit à réaliser une composition hors pair au Festival de Vaison-la-Romaine, puis à Paris à L’Athénée, en province et en Allemagne de janvier à [101].

En dépit de ses succès au cinéma, il connaît, depuis les années soixante, de grosses difficultés d’argent liées à son train de vie, sa générosité et ses dettes vis-à-vis du fisc à qui il doit soixante-dix millions de centimes de franc (plus de cent mille euros)[102]. « À cette époque, j’avais la propriété de Marnes-la-Coquette et j’avais déjà celle de Cabris[n 40], qui n’était pas achevée. J’ai mis les deux propriétés en vente en me disant : la première qui se vendra me dira où je devrai finir ma vie. »[103] Comme la maison de Marnes était en bon état, c’est elle qui s’est vendue en premier[n 41].

Début des années 1970, il se retire dans les Alpes-Maritimes, en sa maison à Cabris, dans les environs de Grasse, où meurt sa mère, âgée de 86 ans, le [104],[n 42] .

Pour occuper son temps de loisir, il décide de faire de la poterie, avec un four flambant neuf dans l’atelier de sa nouvelle demeure. Il s'aide seulement de livres et ses débuts sont peu fructueux. On lui conseille de prendre des cours de tournage. À Vallauris, il vient passer une commande de deux-cents kilos de terre glaise et fait la rencontre fortuite, le , de Nini Pasquali (1927-2018) et de son mari Jo, potier dans cette commune, près de Cannes. Sa vie va changer. La suite, c'est une très belle amitié, une confiance absolue qui dura 25 ans, jusqu’au décès de l’artiste.  Le couple prend l’acteur sous son aile. Jo l’aide à mieux maîtriser son art en lui apprenant à tourner. C’est d’ailleurs l’origine d’une plaisanterie : quand on lui demandait pourquoi il ne tournait plus (au cinéma), il répondait : « Je n’ai jamais autant tourné de ma vie ! »[105],[106].

Des heures durant, derrière son tour, guidé par Jo, il découvre de nouveaux gestes. De la poterie il passe au modelage, et du modelage à la sculpture[n 43] il n’y a qu’un pas. Il ouvre en 1975 une première galerie à Vallauris[n 44] avec l’aide de Jo et de sa femme Nini. « Je suis un artisan, pas un artiste. L’art m’attire, me fascine. J’aime m’en approcher, je respecte l’artiste, je l’aime, j’aimerais lui ressembler. Mais je place trop haut l’art pour me croire un artiste. L’art m’attire, me fascine. J’aime m’en approcher, je respecte l’artiste, je l’aime, j’aimerais lui ressembler. Mais je place trop haut l’art pour me croire un artiste.» déclare-t-il à Gilles Durieux, auteur d’une biographie de l’acteur[107]. À une personne trop admirative de ses qualités de peintre, l'appelant maître, il lui répond : « Maître, non. Un mètre quatre-vingt-quatre, d'accord »[108] car « Jamais je ne me suis pris pour un artiste. Tout juste pour un artisan, et surtout pour un vieil enfant qui s’amuse. »[109]

En 1976, il ouvre également une deuxième galerie à Paris, où il vend ses poteries et ses peintures, au 91 rue Saint-Honoré, à l'enseigne Jean Marais, potier. La boutique est tenue par son amie, l'actrice Mila Parély, la sœur de la Belle dans La Belle et la Bête[110],[n 45]

Puis une troisième galerie ouvre en 1981 à Megève sur la place du village et une quatrième à Biarritz.  La vente de ses œuvres est importante, renforcée par le succès de son exposition à la Galerie La Cimaise de Montréal au Canada.

Ces galeries l’ont aidé à résoudre ses problèmes financiers, sa dette pour le fisc s’étant élevée jusqu’à 120 millions de centimes de franc (soit 18 millions €).

Pour le sortir de ce bourbier et sauver le naufragé définitivement, Nini veille sur ses finances en surveillant sa philanthropie trop naïve et son côté flambeur[111]. Elle arrive à le convaincre de vendre sa maison de Cabris[n 46], qui est un gouffre financier. Après avoir vécu dans un mobil-homme[n 47] blotti dans un petit bois près d’Antibes, il s’installe en 1981 dans l'arrière-pays provençal, dans une petite maison dans le haut Vallauris, 1196 chemin du Cannet, dit « Le Préau »[112] avec un portail en fer forgé dessiné par Cocteau et trois ateliers de poterie, de peinture et de dessin[n 48]. Les Pasqualli bâtissent leur demeure mitoyenne à celle de l’acteur.

Dès 1982, pour pallier les inutiles dépenses d’hôtellerie et restreindre son train de vie, Nini lui loue, tout en haut de la Butte Montmartre[113], un petit appartement au 22 rue Norvins[114], voisin de son ami Jean-Pierre Aumont qui réside au 4 allée des brouillards.

Chaque année, depuis 1986, il participe à la Fête de la Poterie de Vallauris en créant notamment l’affiche de l’évènement[115]. Cet hôte de prestige fait bénéficier la commune de son enthousiasme et de son talent[n 49]. Grasse étant la ville des parfums, il donne son nom à une marque de parfum dont il dessine le flaconnage[116].

Au cinéma, il connaît à cette époque des contretemps. Ainsi, il refuse le rôle d’un Jules César « un peu trop folle »[n 50] à son goût (il est remplacé par Michel Serrault) dans le film de Jean Yanne : Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ et celui de l’assassin dans Le Nom de la Rose de Jean-Jacques Annaud[117], alors qu’il aurait souhaité tourner dans La guerre du feu. Les réalisateurs de la Nouvelle Vague le considèrent comme une icône, mais ne le font pas tourner : « Avec le recul du temps, je comprends pourquoi… J’étais devenu, aux yeux des spectateurs et des cinéastes, un acrobate professionnel qui avait fini par leur faire oublier qu’il pouvait aussi être un acteur et jouer la comédie[118]. » Paris ne l’oublie pas tout à fait et tente de se faire pardonner en le nommant président de la « Nuit des Césars » en 1980[119]. En 1985, Jean-Luc Godard lui propose d'interpréter le rôle de Joseph dans son film Je vous salue Marie, mais ne donne pas suite[95]. En 1988, Anne Delbée (avec l’appui d’Isabelle Adjani) lui propose de tenir le rôle de Rodin, mais le projet est bloqué par les héritiers de Claudel[120].

Au théâtre, après avoir mis en scène en 1977, au théâtre Antoine à Paris, Les parents terribles et interprété, cette fois à l’âge de 64 ans, le rôle de Georges, le père de Michel, il monte en 1983 le spectacle Cocteau-Marais, jouant seul en scène, pour faire revivre la mémoire de ce poète de génie, disparu en 1963. Il devient le gardien de l'œuvre de Cocteau, sans en avoir légalement les droits. Puis, avec son âge qui avance, il interprète à la fois de grands rôles comme celui de Don Diègue, le vieil homme humilié, dans Le Cid[n 51], de Don Gomez, le vieillard amoureux, dans Hernani, ou le faux dévot dans Tartuffe, tout en jouant aussi un respectueux paysan, Pedro Crespo, dans L'Alcade de Zalamea ou encore un vieux cow-boy hirsute, à la voix cassée, un dur à cuire, dans Du vent dans les branches de sassafras. Par deux fois, il retrouve sa grande amie Edwige Feuillère dans Cher menteur, de GB Shaw, pièce adaptée par Cocteau, et dans La Maison du Lac .

Dans une interview accordée à Bernard Pivot[n 52], il précise n'avoir jamais fait de figuration dans Drôle de drame le film de Marcel Carné en 1937 mais avoir été remplacé à la dernière minute pour le rôle d'un passant habillé en costume et haut de forme qui se fait assommer par l'homme de main de l'hôtelier du quartier chinois, à la recherche de fleurs. Soit Marais avait oublié ce rôle, soit il ne voulait pas en parler.

Au cours d'un entretien télévisé pour Cinéma, Cinémas en 1987, après avoir évoqué sa violente altercation avec Alain Laubreaux, laquelle inspirera une scène du film Le Dernier Métro, il confie à Raoul Sangla sa surprise de n'avoir jamais été engagé par François Truffaut, réalisateur dudit long métrage, et cinéaste régulièrement présent à chacune des représentations de l'acteur sur scène[121].

En 1988, il enregistre la chanson On n'oublie rien[122], de François Valéry et Gilbert Sinoué, chez Franceval et joue, met en scène, réalise les décors et costumes de Bacchus, la pièce de Cocteau[n 53].

En 1989, en présence d’Alain Juppé, premier adjoint à la Mairie de Paris, il assiste à l’inauguration de son bronze sortant d’un mur de la place Marcel-Aymé à Paris, représentant l’auteur de Passe-muraille.

En 1989, au théâtre, il réalise sa dernière mise en scène de La Machine infernale de Cocteau en interprétant le rôle de Laïos.

En 1990 au Théâtre du Châtelet, il préside la 4ème Nuit des Molières[n 54], et dans une émission de télévision de FR3, « 1940-1945 : la nuit la plus longue », présentée par Pierre-André Boutang, il confesse avoir tardivement pris conscience du caractère criminel du régime nazi. « Pour moi, dit-il, le choc a été le jour où les juifs ont porté l’étoile jaune ; à partir de ce jour-là, j’ai franchi un seuil dans l’engagement ». L’occasion de cette prise de conscience sera l’arrestation de Max Jacob par la Gestapo le et sa mort à Drancy, le [123].

Après avoir écrit et illustré quelques livres, contes[124] et poèmes et rédigé ses mémoires, Histoires de ma vie, il est aussi l'auteur de L'Inconcevable Jean Cocteau en 1993, hommage posthume à son ami disparu.

Dernières années[modifier | modifier le code]

En 1993, Marais et Michèle Morgan jouent ensemble dans Les Monstres sacrés et à cette occasion, pour ses quatre-vingts ans, Jean-Claude Brialy, directeur des Bouffes-Parisiens, lui organise une grande fête surprise en présence de très nombreuses personnalités du Tout-Paris. Moment d'intense émotion, d’autant plus que sa santé se dégrade[125].

En 1994, il commence à se plaindre d’une mauvaise sciatique qui touchait le nerf crural[n 55], le clouant sur place comme paralysé. En fait, c’est le début de son myélome, un cancer hématologique de la moelle épinière, cette fameuse maladie de Kalher[126] qui avait emporté son ami André Bourvil en 1970. Mais comme il n’aurait pas supporté de se savoir condamné, cherchant à anticiper l’issue fatale, la vérité sur sa maladie lui sera cachée par son rhumatologue à Nice, le professeur Gérard Ziegler[127], qui prétendait que ses douleurs dorsales venaient de ses cascades au cinéma. Certes, sa colonne vertébrale avait souffert au long de sa carrière[n 56], mais là n’était pas la cause de ses douleurs.

Le , le président Jacques Chirac remet à l'Élysée les insignes de chevalier de la Légion d'honneur à Gérard Depardieu et la cravate de Commandeur de la Légion d’honneur à Jean Marais, au cours d'une cérémonie de remise collective de décorations à des personnalités du cinéma et du théâtre[n 57] : « Ça été terrible de rester une heure debout, mais Chirac a été merveilleux. »

On le retrouve, plus discrètement, au cinéma, en particulier dans Parking de Jacques Demy et Les Misérables du XXe siècle de Claude Lelouch. Il tourne un dernier film, Beauté volée, de Bernardo Bertolucci en 1996, étonné qu’un tel réalisateur de renommée internationale connaisse même son nom.

Le , il rédige son testament[128]. Ses parents décédés ainsi que son frère Henri en 1959, il n’a pratiquement plus de famille, hormis deux nièces oubliées. Il déclare faire de Nini et Jo Pasquali ses légataires universels, par reconnaissance pour leur aide amicale.

Dernier passage sur les planches au printemps 1997 aux Folies Bergère, où il interprète le berger Balthazar dans L'Arlésienne, aux côtés de Bernadette Lafont.

À l'automne 1997, Jean-Luc Revol rêve de le voir à Paris en tête d'affiche de La Tempête de Shakespeare. Marais, bien que fort affaibli par la maladie, prépare avec beaucoup de bonheur le rôle de Prospéro, mais soudain le 10 octobre, c'est le drame. Il s’écroule, en pleine répétition, sur la scène du théâtre de l'Eldorado[129]. Il est conduit aux urgences à l’hôpital Bichat. Durant son trajet en ambulance, il voit partout les affiches de la pièce signées par Pierre et Gilles qui le représentent tel un démiurge barbu planté sur son nuage, les bras en croix. Il ne peut s’empêcher de sourire, mais cette fois la chance le quitte[130]. Atteint d’une double pleurésie, il doit interrompre les répétitions deux jours avant la Première. Son vœu le plus cher aurait été de mourir sur scène car le théâtre était toute sa vie mais, personne ne voulant plus l’assurer, il ne remontera plus jamais sur les planches.

De retour à Vallauris, il porte une ceinture orthopédique et suit sans le savoir une chimiothérapie. Prisonnier de son corps, il confie à Nini Pasquali : « Je préfère le pinceau à la canne. »[131] Il ne bouge plus guère de son « Préau », éprouvant des difficultés à rester assis devant son chevalet, il ne peut plus ni peindre ni faire de la poterie.

Fin , il est autorisé par le professeur Ziegler à quitter l’hôpital de l’Archet à Nice, il peut assister au vernissage de sa dernière exposition à l’Art World Gallery[n 58]

Ses amis viennent le voir se doutant que c’est pour un adieu. Il leur murmure : « J’ai  eu tellement de chance dans ma vie, il faut bien payer la note. »[132]

En , Tony Curtis, de passage à Cannes vient le voir pour lui faire part de son admiration, d'ailleurs réciproque[133]. Cependant, ne croyant pas du tout à sa postérité, il dit à Jo Pasquali : « Tu sais, après ma mort, ils m’oublieront. »

Le , un mois avant de fêter son 85e anniversaire, il meurt à l’hôpital des Broussailles, à Cannes, d'un œdème aigu du poumon, comme Jean Cocteau trente-cinq ans auparavant[134].

Le lendemain de sa mort, Pierre Arditi déclare sur un plateau de télévision : « Il a regardé le monde comme un enfant regarde le monde. Il a dédié sa vie à l’art de l’acteur sans avoir la grosse tête. Il portait sur sa gueule magnifique ce qu’il était dans la vie réelle. »[135]

Lorsqu’elle apprend la mort de Marais, son vieil ami depuis leur début au théâtre, Edwige Feuillère est victime d’une crise cardiaque. Elle s’éteint, à l’âge de 91 ans, cinq jours plus tard, le [136], le jour des obsèques de Marais qui ont lieu en l'église de Sainte-Anne de Vallauris, en présence de personnalités amies comme Michèle Morgan, Jean-Paul Belmondo, Michel Serrault, Jean-Pierre Aumont, Mylène Demongeot, Georges Descrières, Francis Perrin, Annie Cordy, Marthe Villalonga, Jacques François, Carole Weisweiller, Michou, son voisin de Montmartre. Tous les potiers et céramistes de Vallauris ont tenus à être présents à la cérémonie. Reprenant les mots de Cocteau concernant Orphée sur son lit de mort, le Maire de Vallauris dit : « Jean Marais n’est pas mort, il est passé dans le pays qu’il a peuplé d’étoiles : de l’autre côté du miroir »[137] et la Ministre de la Culture, Catherine Trautmann dit : « Jean Marais était le capitaine de tant de rêves qu’il a su rester le plus familier des héros. Il est aujourd’hui au royaume des poètes et des monstres sacrés. »[138]

La Mairie de Vallauris décrète quatre jours de deuil et une foule d’amis et d’admirateurs se rassemble autour de sa tombe. Le journal régional Nice-Matin titre le lendemain des obsèques : « Vallauris a perdu son soleil »[139].

Il est enterré dans le cimetière de Vallauris[140], la ville des potiers, où il a passé les dernières années de sa vie.

Sa tombe[141] est profanée dans la nuit du 7 au [142].

Croyant mais non pratiquant[n 59], Jean Marais n'a jamais caché son homosexualité[143],[n 60]. Il se sentait très concerné par la lutte contre le Sida et avait accepté une proposition d’Hervé Aeschbach, président de Sida Info Service, pour soutenir financièrement, avec le Prince Albert de Monaco, cette association en aide aux personnes atteintes de cette maladie[144].

Il n’a jamais adhéré à un parti politique mais il votait à chaque élection et y tenait. Il aimait bien Jacques Chirac mais sa préférence, sa référence, c’était le général Charles de Gaulle[145] ,[146],[n 61].

Postérité[modifier | modifier le code]

Plaque de la place Jean-Marais à Paris.

En , répondant à une interview de Denis Taranto[147], Marais dit : « Je me fiche de la postérité […] ma postérité c’est Jean Cocteau ».

Pourtant, à la mort de Cocteau en 1963, n’étant pas un homme d’argent, il renonce à l’héritage au profit d’Édouard Dermit, le dernier compagnon du poète[148].

À Paris, l’exposition Hommage à Jean Marais, Héros romantique d’aujourd’hui a lieu du au au musée de la Vie romantique.

À Montmartre, près de la basilique du Sacré-Cœur, une place Jean-Marais est inaugurée le .

Une exposition Jean Marais, l'éternel retour lui est consacrée au musée de Montmartre, du au , afin de saluer sa mémoire, dix ans après sa mort.

Une vente aux enchères de ses souvenirs, organisée le à l'hôtel Drouot à Paris, atteint une valeur globale de 600 000 . Il y a là quelque 500 pièces parmi lesquelles sa correspondance avec Jean Cocteau, des toiles peintes par le comédien et des objets personnels[149].

Philatélie : Le , un timbre-poste est édité en son honneur. Il est tiré à deux millions d'exemplaires en héliogravure[150],[151].

Le a lieu la vente aux enchères[152] à Antibes de 300 lots de son patrimoine artistique en présence des Pasquali. Elle rapporte la somme de 275 000 euros, au profit d’œuvres caritatives[153],[154].

À L’Isle-Adam (Val-d'Oise), sa statue en bronze de Siaram (palindrome de « Marais »), représentant un sphinx portant des bois de cerf, a été installé par la municipalité en 1992 dans la perspective de l'allée Le Nôtre[155], et le buste à la mémoire de Jean Gabin à Mériel (Val-d'Oise)[n 62]. Une sculpture d’une vierge orne la petite chapelle Saint-André de Ramatuelle[n 63] et la statue de La Rebellissière[n 64] trône dans le bas de la ville de Vallauris.

Plusieurs lieux portent son nom : la salle de cinéma du Vésinet (Yvelines) et celles d'Aucamville (Haute-Garonne) et de Puy-Saint-Vincent (Hautes-Alpes) , de même qu'un bateau-mouche à Paris, un boulevard à Cabris, une rue (ex-rue Victor-Hugo) à Cherbourg, sa ville natale, ainsi que le théâtre de la Mer de Golfe-Juan (Alpes-Maritimes) et ceux de Saint-Gratien (Val-d'Oise) et de Saint-Fons (Rhône).

Remarque : Jean Marais a eu un fils adoptif, Serge Ayala (1942-2012), qui mena une carrière de chanteur de 1965 à 1966[156]. Dans l'émission L'Invité du jeudi présentée par Alain Cances diffusée le sur Antenne 2, Marais conteste cette information et annonce qu'il a reconnu cet enfant[157]. D'abord jockey, Serge Ayala se lance dans la chanson en 1966, avant de jouer aux côtés de Jean Marais dans le film Sept hommes et une garce (1967)[158]. Regrettant le manque de marque d’affection de son fils, Marais formula dans son testament en 1996 son désaveu de reconnaissance[159].

Filmographie complète[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Comédien[modifier | modifier le code]

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

Disques[modifier | modifier le code]

  • Jean Marais chante et dit Jean Cocteau, Disque Columbia, 1965[165].
  • David et Goliath, Disque le petit ménestrel, 1968.
  • Le Capitan, Disque Festival, 1971.
  • On n'oublie rien, Disque Franceval, 1988[166].
  • Cocteau Envisagé, Editions Claude Garrandes, enregistrements audio, 1992 (ISBN 2-909770-001)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Prix et décorations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Box-office France[modifier | modifier le code]

Box-office français en millions de spectateurs (films ayant dépassé les deux millions de spectateurs en salles) :

Publications[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il aimait s’amuser à faire sonner les chiffres de sa date de naissance « 11/12/13 » comme on épelle un compte en banque ou un code postal. Cf Gilles Durieux, Jean Marais : Biographie , Paris, Éditions Flammarion, 2005, page 24 ( (ISBN 9782080684325))
  2. Dans son autobiographie, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 222 ( (ISBN 2226001530)), Jean Marais déclare qu’il est né à Cherbourg, près de l’ex-place Divette, dans une maison depuis détruite et, Jean-Charles Tacchella, né aussi à Cherbourg, précise dans sa préface de la biographie écrite par Gilles Durrieux, Jean Marais : Biographie , Paris, Éditions Flammarion, 2005, page 12, que Marais est né 6, rue Groult, rue qui n’existe plus depuis, dans un endroit transformé en parking Divette.
  3. Remise du César d’honneur : Jean Marais, César d’Honneur 1993 Académie des César. [archive].
  4. En 1920, il habitait au Vésinet 63, rue de Belgique dans une maison en meulière (en "Molière" selon les mots de l’enfant) avec une sorte de tourelle grise, assez vaste pour y accueillir sa mère, sa tante, sa grand-mère et son frère. La maison était entourée d’un minuscule jardin planté de faux rochers. L’endroit était plutôt hideux mais pour lui c’était un véritable château ! Il allait à l'école primaire de Saint-Charles allait à l'école primaire de Saint-Charles. Cf Gilles Durieux, Jean Marais : Biographie , Paris, Éditions Flammarion, 2005, page 27. Cf Sandro Cassati, Jean Marais, une histoire vraie, City Éditions 2013, page 14. Cf Christian Dureau, Jean Marais, l’éternelle présence, Éditions Didier Carpentier, 2010, page 6 (ISBN 978-2-84167-645-3). Le cinéma du Vésinet porte son nom.
  5. En 1925, il habitait au 101, rue de Saint-Germain (rebaptisée en 1929 avenue du Maréchal Foch) durant 6 ans. La maison était moins laide que celle du Vésinet mais sans cachet particulier : carrée, d’un faux style Louis XIII, entourée d’un jardin. Les adultes logeaient au 1er étage et les deux enfants au second sous les combles. Cf Frédéric Lecomte-Dieu, Marais & Cocteau, L’abécédaire, Éditions Jourdan, collection Les Mythiques, 2013, page 70 (ISBN 978-2-87466-272-0). Cf Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule – 2013, page 21. Cf Christian Dureau, Jean Marais, l’éternelle présence, Éditions Didier Carpentier, 2010, page 7
  6. Il a travaillé quelques temps à Chatou aux usines Pathé, boulevard de la République, usines détruites depuis. Cf Gilles Durieux, Jean Marais : Biographie , Paris, Éditions Flammarion, 2005, page 32
  7. Dans son autobiographie, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, pages 42-43, Jean Marais raconte comment dans sa jeunesse, il découvrit que sa mère était enfermée dans l’ancienne Prison Saint-Lazare, pour kleptomanie. Elle passait ses journées entre Cartier, Dior et Hermès pour s’emparer d’objets de valeur. Il prit alors la décision de tout faire pour la sauver de cette maladie.
  8. Durant quarante ans, Jean Marais ne put correspondre avec son père car sa mère, possessive et autoritaire, interceptait ou falsifiait son courrier. Cependant, il réussira à revoir son père Alfred, âgé de 78 ans, à l’hôpital de Cherbourg où il mourut le , le lendemain de la visite inopinée de sa femme. Le père, qui passa sa vie à attendre un improbable retour de sa femme, collectionnait tous les articles consacrés à son fils. Cf Jean Marais, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 222 et Frédéric Lecomte-Dieu, Marais & Cocteau, L’abécédaire, Éditions Jourdan, collection Les Mythiques, 2013, page 21
  9.  : « Je volais pour le plaisir … D’ailleurs c’est amusant, c’est ainsi que j’ai commencé à peindre : parce que j’ai volé une boîte de peinture. Là, pour une fois, je l’ai ramenée à la maison et je l’ai utilisée. » Cf Christian Soleil, Jean Marais, la voix brisée, Éditions Arts graphiques, 2000, page page 21
  10. Il s’agissait de l’école Saint-Nicolas, à Buzenval (Buzenval) située dans la commune de Rueil-Malmaison. Cf Christian Soleil, Jean Marais, la voix brisée, Éditions Arts graphiques, 2000, page 21
  11. Dans son autobiographie, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 40, Jean Marais raconte comment il s'est fait recaler lors d'une audition d'admission au cours de Georges Dorival : « Il faut aller vous faire soigner, mon petit ami, vous êtes complètement hystérique.» Cf Christian Dureau, Jean Marais, l’éternelle présence, Éditions Didier Carpentier, 2010, page 9
  12. au studio Vacker, 67-69 rue de Douai, 9e arrondissement de Paris. Cf Sandro Cassati, Jean Marais, une histoire vraie, City Éditions 2013, page 39
  13. C’est en lisant, en 1937, Opium : Journal d’une désintoxication que Marais comprit mieux la dépendance de Cocteau et se jura de l'aider à s'en sortir. Cf Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 46.
  14. Jean Cocteau devient son propre attaché de presse, pour défendre sa pièce avant qu’elle ne soit jouée, lors de son interview dans Les Nouvelles littéraires, le .
  15. Marais, qui a toujours conservé des liens très forts et très conflictuels avec sa mère, a néanmoins considéré Yvonne de Bray comme une mère de substitution, jusqu'à sa mort en 1954. Cf Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 59.
  16. selon l’expression « Drôle de guerre » de Roland Dorgelès qui passera à la postérité.
  17. Marais parle de sa cocasse mission de guetteur solitaire du haut des 60 mètres du clocher. Cf Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 122.
  18. C’est Moulouk, dérivé de Malek, qui signifie « roi » en arabe et que l'on voit dans le film L'Éternel Retour. Un Samoyède de race pure qui meurt à l’âge de treize ans en 1951. Cf Cinémonde n°897 du 13 octobre 1951
  19. Cocteau est voisin de son amie Colette qui réside au 9, rue de Beaujolais. Cf Bertrand Meyer-Stabley, Cocteau-Marais, les amants terribles, Paris, Éditions Pygmalion, 2009, page 71
  20. Le couturier Robert Piguet lui propose de les créer sans rien demander en échange, ni rémunération ni publicité : Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 130.
  21. Laubreaux récidive ce 19 mai 1941. En effet il avait déjà écrit une critique acerbe et cruelle disant de Marais qu’il avait « le Cocteau entre les dents », critique publiée dans le même journal, Je suis partout, le lendemain de la première de la pièce La Machine à écrire, le 29 avril 1941, alors qu’il n’était pas présent dans la salle. Cf Christian Dureau, Jean Marais, l’éternelle présence, Éditions Didier Carpentier, 2010, page 14
  22. Cette violente altercation a été reprise par François Truffaut dans son film Le Dernier Métro en 1980 et dans la fiction radiophonique Jean Cocteau et Jean Marais, le couple terrible de l'Occupation réalisée par Pascal Deux sur un texte de Pascale Mémery, diffusée le sur France Inter dans le cadre de l'émission Autant en emporte l'histoire de Stéphanie Duncan.
  23. « Marais continue à frapper Laubreaux en scandant le nom de ses victimes : Jean-Louis Barrault, qu’est-ce qu’il vous a fait ? Et Bertheau ? Et Bourdet, et Jouvet et Giraudoux, qu’est-ce qu’ils vous ont fait ? » Cf Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 72
  24. Le film ne sera réalisé qu’en 1950 avec Gérard Philipe. Cf Jean Marais, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 137.
  25. Cocteau, compagnon de l'acteur, était d'accord avec cette union décrite par Marais dans deux de ses livres, Histoires de ma vie (ses Mémoires) et L'Inconcevable Jean Cocteau.
  26. Bernard Blier lui dit au cours d’une scène : « Toi, tu es un bon cavalier, moi un bon acteur ! » Bien que peiné, Marais assume la réalité. Cf Jean Marais, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 144.
  27. Selon une adaptation de Cocteau d’une légende médiévale d’origine celte : « Depuis que la littérature existe, il n’en est que deux grandes histoires d’amour, Roméo et Juliette et Tristan et Iseut. Je vais t’écrire, dit-il à Marais, une version moderne de Tristan. »
  28. Dans son autobiographie, Marais raconte avec détails et beaucoup d’humour son engagement tardif dans la division Leclerc 2e division blindée (France) et sa croix de guerre qu’il n’osa jamais porter, par respect pour les vrais héros qui l’ont bien méritée. Cf Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, pages 169 à 171.
  29. Il fallait près de cinq heures au maquilleur Hagop Arakelian pour réaliser le masque de la Bête. Cf Henri-Jean Servat, Jean Marais, l'enfant terrible, Éditions Albin Michel, 1999, page 89.
  30. Marais racheta cette péniche à sa grande amie, l’actrice Yvonne de Bray, où il reçut en particulier Chanel, Michèle Morgan et Marlène Dietrich. Cf Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, pages 58 et 121.
  31. Au Français, Marais gagne moins qu’un machiniste. Il refuse des propositions de films pour se consacrer au théâtre. Il doit onze millions de francs (18000€) aux impôts. Cf Christian Soleil, Jean Marais, la voix brisée, Éditions Arts graphiques, 2000, page 163
  32. C’est sa grand-mère qui lui avait appris à couper et à coudre car il avait, dès sa jeunesse, le goût du travestissement et de la métamorphose qui lui restera tout au long de sa carrière d’acteur. Cf Christian Soleil, Jean Marais, la voix brisée, Éditions Arts graphiques, 2000, page 32
  33. Le Monde du - https://www.lemonde.fr/archives/article/1957/03/05/le-xxviie-gala-de-l-union-des-artistes-au-cirque-d-hiver_2333167_1819218.html
  34. Marais continuera d’honorer le Gala, en 1959 avec un numéro de dressages de 12 chevaux et en 1960 en entrant dans la cage aux lions. Cf Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 155
  35. Spectacle musical avec cinquante musiciens, quarante-cinq danseurs dont Nicole Croisille, les chansons de Charles Aznavour, à l’époque presque inconnu. Cf Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 158
  36. Henri mourut à quarante-neuf ans d’un cancer le 16 , dix jours après le décès de leur père. Cf Jean Marais, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 227
  37. la pièce est jouée par Marais pour la première fois le à Lyon au théâtre des Célestins. Cf Frédéric Lecomte-Dieu, Marais & Cocteau, L’abécédaire, Éditions Jourdan, collection Les Mythiques, 2013, page 89
  38. En 1962, aux Studios de la Victorine à Nice, en duo avec Jean Cocteau, Raymond Moretti peint de nombreuses gouaches et une huile sur le thème de « L'Âge du Verseau », comme le relate Louis Nucéra ("l'Âge du Verseau, Cocteau - Moretti").
  39. c’est durant la tournée de la pièce en province que Marais rencontre Gisèle Touret, sa nouvelle partenaire et sa fidèle et privilégiée amie, dont il fit, en 1972, le portrait à l’huile sur une toile : Gisèle en pot aux roses. Cf Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 207 - https://www.auction.fr/_fr/lot/jean-marais-1913-1998-gisele-touret-en-quot-pot-aux-roses-quot-6431969
  40. Perchée à trois cents mètres d’altitude, sous la commune de Cabris, dans le domaine du Haut-des-Pradons, cette ancienne bastide, entièrement rénovée, comprenait une dizaine de pièces avec une vue magnifique sur la mer, une piscine en dalles bleues de Corse et un potager planté d’une centaine d’oliviers permettant de produire son huile … Cf Christian Soleil, Jean Marais, la voix brisée, Éditions Arts graphiques, 2000, page 26
  41. En 1970, Christiane Minazzoli avait racheté à Jean Marais sa maison de Marnes-la-Coquette. En conséquence, lors de ses séjours à Paris, Marais descendait à l'Hôtel Château Frontenac, 54 rue Pierre-Charron, propriété du mari de Christiane Minazzoli. Cf Nini Pasquali, Jean Marais sans masque, Éditions De la Loupe, 2004, page 41.
  42. Avant d’habiter à Cabris, Marais avait déjà pris soin de protéger la santé psychologique de sa mère en la logeant dans un pavillon de sa résidence à Marnes-la-Coquette. Sa relation maternelle était parsemée de moments de bonheur et de colère, car malgré les sommes qu’il lui versait chaque mois, Rosalie continua toujours de voler. Le , à l’âge de 86 ans, elle meurt à l’Hôpital Boucicaut 78 rue de la Convention Paris 15e arrondissement. Son acte de décès est rédigé selon son nom de naissance Aline Marie Louise Vassord, épouse Villain-Marais. Elle est enterrée dans le cimetière de Cabris.
  43. Marais a réalisé plusieurs bustes, en particulier ceux de Michel Simon, Jean Gabin, des sculptures comme le Siaram, sorte de sphinx, pour L’Isle-Adam et le Passe-muraille, son chef-d’œuvre pour Montmartre.
  44. La galerie de Vallauris est inaugurée le , 3 rue des Martyres de la Résistance. Cf Nini Pasquali, Jean Marais sans masque, Éditions De la Loupe, 2004, page 46.
  45. Télé 7 Jours no 838, semaine du 5 au , pages 52 et 53, article de Georges Hilleret : "Parce qu'il ne joue plus assez, Jean Marais ouvre, à Paris, un magasin de poteries".
  46. Jean-Paul Belmondo, ami de Marais, s’est tout de suite porté acquéreur de la maison de Cabris mais renonça à cause du viager. Cf Nini Pasquali, Jean Marais sans masque, Éditions De la Loupe, 2004, page 36
  47. Ici Paris à l’époque titrait : « Jean Marais habite dans une cabane. » - Nini Pasquali, Jean Marais sans masque, Éditions De la Loupe, 2004, page 77
  48. Françoise de Valence, « Une maison à cœur ouvert », Maison et Jardin, no 320, , pages 222 ; une des photographies de l'intérieur par Gérard Martinet montre dans la bibliothèque un grand portrait en pied de Jean Cocteau peint par André Quellier.
  49. Dans le bas de Vallauris se dresse une statue La Rebellissière offerte à la commune en 1991 - https://cotedazurfrance.fr/offres/statue-la-rebelissiere-de-jean-marais-vallauris-fr-3001080/
  50. Pas plus qu’il ne supportait les plaisanteries sur les homosexuels, il n’aimait pas le côté extraverti des « folles ». Cf Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 247.
  51. Michel Cournot écrit dans Le Monde du  : « Ô rage, ô désespoir, le Don Diègue de Jean Marais dépasse ce que l’on pouvait rêver. »
  52. Dans son livre, Marais & Cocteau, L’abécédaire, Éditions Jourdan, collection Les Mythiques, 2013, page 27, Frédéric Lecomte-Dieu écrit qu’en au cours de l’émission littéraire de Bernard Pivot, Apostrophes, Marais présentant sa correspondance avec Jean Cocteau confirma leur relation amoureuse. Une première à la télévision.
  53. À cette occasion, Marais fait la rencontre du jeune Nicolas Briançon qui devient non seulement son interprète pour un second rôle, mais aussi son assistant dans Bacchus puis dans La Machine infernale en 1989 et son metteur en scène dans Les Chevaliers de la Table ronde en 1995. Cf Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 227.
  54. Dans son discours d’ouverture, Marais regrette l’absence d’un Molière du meilleure créateur de lumières. Cf Christian Soleil, Jean Marais, la voix brisée, Éditions Arts graphiques, 2000,page 226
  55. Déjà en 1981, durant la tournée en province de la pièce Du vent dans les branches de sassafras, Marais fut atteint d’une terrible cruralgie (affection du nerf crural qui commande l'extension de la jambe sur la cuisse). Cf Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 218.
  56. Marais a toujours cru que ses douleurs dorsales avaient pour origine la scène finale du Roi Lear dans laquelle, à chaque représentation, interprétant le rôle du le roi, il portait dans ses bras le corps sans vie de sa fille Cordeilla.
  57. Remise de la légion d’honneur, le , à Gérard Depardieu et Jean Marais des mains du président Jacques Chirac : [vidéo] AP Archive, France - Depardieu Honoured sur YouTube, [archive].
  58. C’est sa dernière apparition en public pour son exposition à l’Art World Gallery, 12 rue des Belges à Cannes, en présence de ses amis dont Jean-Pierre Aumont.
  59. « Est-ce que je crois en Dieu ? Je le pense. Pourtant, j’ai cessé de pratiquer et de fréquenter les églises dès lors que j’ai commis des actes réprouvés » écrit-t-il dans Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 80.
  60. En introduction de l’émission Grand bien vous fasse ! de France Inter du sur le thème de l’homophobie, Ali Rebeihi a rediffusé les propos tenus par le philosophe et sociologue Didier Eribon déclarant avoir été choqué, durant son enfance dans les années 1960, en entendant son père, ouvrier à Reims, déverser toute son aversion à propos de l’homosexualité lorsqu’il voyait apparaître l’acteur Jean Marais sur le petit écran de la télévision.
  61. Le , Cocteau et Marais avaient choisi un balcon de l’Hôtel de Crillon donnant sur la place de la Concorde pour acclamer, comme de très nombreux autres parisiens, le général de Gaulle. Au moment du passage de celui-ci, une rafale est tirée dans sa direction entrainant la riposte d’un char de la 2e DB et un obus tombe dans la chambre occupée par les deux artistes cependant épargnés. Des miliciens postés sur le toit de l’hôtel, juste au-dessus de leurs têtes visaient le général. Cf Jean Marais, Mes quatre vérités, Éditions de Paris, 1957, page 158
  62. Le buste de Jean Gabin, sculpté par Jean Marais, se trouve devant le Musée Gabin à Mériel (Val-d'Oise), inauguré le - [vidéo] FRANCOIS Jean-Michel, Inauguration du Musée Jean Gabin sur YouTube, [archive].
  63. En souvenir de l’amitié de Marais avec l’abbé Mortreux rencontré durant la guerre. Cf Christian Soleil, Jean Marais, la voix brisée, Éditions Arts graphiques, 2000, page 116
  64. Autrefois les tourneurs de poteries culinaires étaient secondés dans leur tâche par des engobeuses qui vernissaient les pièces et par les rebellissières qui les ajustaient.
  65. Pour la première fois de sa vie, Marais apparaît dans un ballet, à la demande de Paul Goubé, maître de ballet, imaginant les décors, les costumes et l’argument du spectacle avec sur scène les danseurs : George Reich, Yvonne Alexander (Goubé) et Solange Schwartz. À cause de la contrainte de son contrat avec la Comédie-Française, Marais ne pouvait pas se produire sur une autre scène française mais à l'étranger oui. Cf Christian Soleil, Jean Marais, la voix brisée, Éditions Arts graphiques, 2000, page 162
  66. spectacle de danse donné dans le cadre du programme "Hommage à Jean Cocteau" par le Ballet du XXe siècle au Cirque royal de Bruxelles le 14 avril 1972. Cf https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb42780694f et , http://www.maurice-bejart.ch/blog/index.php?m=12&y=09&d=07&entry=entry091207-131715
  67. Dans son livre L'inconcevable Jean Cocteau, Éditions du Rocher, 1993, page 133, Marais raconte que c’est la journaliste allemande, Helga Hamel, de Film revue Magazine qui favorisa ses nominations au Bambi, l'équivalent du César du cinéma français, décerné en Allemagne à Karlsruhe.
  68. Victoire remise par l’écrivain Maurice Bessy. Cf Frédéric Lecomte-Dieu, Marais & Cocteau, L’abécédaire, Éditions Jourdan, collection Les Mythiques, 2013, page 268
  69. : décoré le 22 janvier 1973. Cf Christian Soleil, Jean Marais, la voix brisée, Éditions Arts graphiques, 2000, page 213
  70. Décret du et Croix remise par Edwige Feuillère. Cf Frédéric Lecomte-Dieu, Marais & Cocteau, L’abécédaire, Éditions Jourdan, collection Les Mythiques, 2013, page 88
  71. Décret du et Cravate remise par Jacques Chirac le à l’Élysée. Cf https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000739033
  72. Marais raconte tout de lui jusqu’à la mort de Jean Cocteau.
  73. Illustré par Marais, Contes comprend trois parties dont la première est consacrée à l’aventure de la princesse Mila et la seconde aux exploits de Noël, une sorte de chevalier sans peur et sans reproche qui peut ressembler à l’auteur lui-même.
  74. Reconnaissant pour ses conseils d’écriture, Marais a dédié son livre à Henry Bonnier

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Cherbourg-Octeville en 2000, puis commune déléguée dans Cherbourg-en-Cotentin depuis 2016.
  2. Sandro Cassati, Jean Marais, une histoire vraie, City Éditions 2013, page 10 (ISBN 978-2-8246-0377-3)
  3. Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 16 (ISBN 978-2-87623-317-1).
  4. Henri-Jean Servat, Jean Marais, l'enfant terrible, Éditions Albin Michel, 1999, page 17 (ISBN 2-226-10924-2)
  5. Sandro Cassati, Jean Marais, une histoire vraie, City Éditions 2013, page 9
  6. Frédéric Lecomte-Dieu, Marais & Cocteau, L’abécédaire, Éditions Jourdan, collection Les Mythiques, 2013, page 21
  7. Jean Marais, Mes quatre vérités, Éditions de Paris, 1957, page 7 (ASIN B004MQXP3W)
  8. Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 30.
  9. Jean Marais, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 17.
  10. Jean Marais, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, pages 225 et 226.
  11. Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 17.
  12. Jean Marais, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 10.
  13. Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 18
  14. Henri-Jean Servat, Jean Marais, l'enfant terrible, Éditions Albin Michel, 1999, page 17.
  15. Jean Marais, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 27.
  16. Christian Soleil, Jean Marais, la voix brisée, Éditions Arts graphiques, 2000, page page 19 ( (ISBN 2-910868-42-7)
  17. Jean Marais, L'inconcevable Jean Cocteau, Éditions du Rocher, 1993, page 45 (ISBN 978-2-268-01425-8)
  18. Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 24.
  19. Jean Marais, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 38.
  20. Sandro Cassati, Jean Marais, une histoire vraie, City Éditions 2013, page 25
  21. Christian Soleil, Jean Marais, la voix brisée, Éditions Arts graphiques, 2000, page 25
  22. Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 28.
  23. Jean Marais, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 50.
  24. Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 34.
  25. Jean Marais, Mes quatre vérités, Éditions de Paris, 1957, page 63
  26. Henri-Jean Servat, Jean Marais, l'enfant terrible, Éditions Albin Michel, 1999, page 23.
  27. Henri-Jean Servat, Jean Marais, l'enfant terrible, Éditions Albin Michel, 1999, page 24.
  28. Jean Marais, L'inconcevable Jean Cocteau, Éditions du Rocher, 1993, page 17 (ISBN 978-2-268-01425-8)
  29. Jean Marais , Histoires de ma vie, Albin Michel, 1973, page 250
  30. Jean Marais, L'inconcevable Jean Cocteau, Éditions du Rocher, 1993, page 24
  31. Christian Soleil, Jean Marais, la voix brisée, Éditions Arts graphiques, 2000, page 11
  32. Jean Marais, L'inconcevable Jean Cocteau, Éditions du Rocher, 1993, page 169
  33. Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 40
  34. Henri-Jean Servat, Jean Marais, l'enfant terrible, Éditions Albin Michel, 1999, page 26
  35. Jean Marais, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 70.
  36. Jean Marais, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 59.
  37. Frédéric Lecomte-Dieu, Marais & Cocteau, L’abécédaire, Éditions Jourdan, collection Les Mythiques, 2013, page 96
  38. Jean Marais, Mes quatre vérités, Éditions de Paris, 1957, page 89
  39. Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 64.
  40. Bertrand Meyer-Stabley, Cocteau-Marais, les amants terribles, Paris, Éditions Pygmalion, 2009, page 90
  41. Jean Marais, Mes quatre vérités, Éditions de Paris, 1957, page 100
  42. Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 68.
  43. Jean Marais, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 134.
  44. Henry-Jean Servat , Jean Marais l'enfant terrible, Albin Michel, 1999, pages 8 et 12.
  45. Henry-Jean Servat, Jean Marais l'enfant terrible, Albin Michel, 1999, page 84.
  46. Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 74–75.
  47. Henry-Jean Servat , Jean Marais l'enfant terrible, Albin Michel, 1999, page 84.
  48. Jean Marais, Histoires de ma vie, Éditions Albin Michel, 1975, page 144.
  49. Jean Marais, L'inconcevable Jean Cocteau, Éditions du Rocher, 1993, page 102
  50. Sandro Cassati, Jean Marais, une histoire vraie, City Éditions 2013,Sandro Cassati, Jean Marais, une histoire vraie, City Éditions 2013, page 101
  51. Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 90.
  52. Jean Guehenno, Journal des années noires, Folio Gallimard, no 517, 2002, p. 410.
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