Ludwig von 88

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Ludwig von 88
Pays d'origine Drapeau de la France France
Genre musical Punk rock, crossover thrash, reggae, rock alternatif, rock français
Années actives 19832001, depuis 2016
Labels Bondage Records
Site officiel ludwigvon88.free.fr
Composition du groupe
Membres Olaf
Laurent ex Laurent
Fabrice
Karim
Nobru
Charlu
François
Jean-Mi

Ludwig von 88 est un groupe de punk rock et rock français. Affiliés à la scène du rock alternatif français, ils étaient très populaires dans les années 1980 et 1990[1],[2]. Le groupe est originellement actif entre 1983 et 2001. Il se reforme plus de quinze ans après, en 2016.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts (1983–1987)[modifier | modifier le code]

Le groupe est formé en 1983 par Laurent Manet et Olivier « Olaf » Felingstone [1], respectivement bassiste et guitariste. Bientôt, ils sont rejoints par Fabrice Barthelon au chant et Laurent Porthes, en seconde guitare. Le groupe se produit principalement dans les squats de Paris, comme Pali-Kao ou « l'usine » de Montreuil, en Seine-Saint-Denis.

En 1984, arrivent Karim Berrouka au chant et Bruno Garcia (futur Sergent Garcia) qui remplace Laurent Porthes à la guitare. Le groupe se produit avec deux chanteurs, deux guitaristes et un bassiste mais sans batteur. Comme de nombreux groupes de l'époque (Métal Urbain, Bérurier Noir…), Ludwig von 88 utilise une boîte à rythmes. Olaf décide de quitter le groupe et la formation se stabilise désormais autour de Karim et Fabrice au chant, Bruno à la guitare et Laurent à la basse. Jean-Michel « Jean-Mi » Rossignol qui officie aussi dans Bérurier Noir, s'occupe des machines (boîtes à rythmes). Ludwig von 88 se caractérise par ses chansons mêlant à la fois un humour potache, des textes corrosifs et cyniques sur la société et un esprit enfantin[1]. Contrairement à Bérurier Noir, Ludwig von 88 joue la carte de l'humour et de la dérision[3]. Leurs prestations scéniques sont résolument festives et théâtralisées, avec déguisements et reprises de chansons loufoques.

Albums et séparation (1986–1999)[modifier | modifier le code]

En 1986, Ludwig von 88 publie son premier album, Houla la !, suivi en 1987 par Houlala II "la mission". D'après Karim Berrouka, les deux disques ont été enregistrés dans une totale liberté, dans un esprit de délire, de provocation et d'exploration[4]. Le groupe aborde avec humour et ironie, des sujets comme la guerre (Libanais raides), la drogue (Le Manège enchanté, Kaliman…) et se moque de certaines personnalités (Louison Bobet for Ever), des hippies (Nous sommes des babas) ou même des punks (Les Iroquois à cheveux verts). Ils poussent l'humour jusqu'à enregistrer un titre appelé Le Chant des carpes… où l'on entend 2 minutes 21 de silence[3]. En 1988, Fabrice et Laurent quittent le groupe. François Gondry (Gondrax) reprend la place de bassiste jusqu'en 1990, et participe aux EP 45-tours, Sprint, LSD for Ethiopia et New Orleans. Charlu Ombre des Nuclear Device, reprend la basse en 1990, lorsque François Gondry rejoint Raymonde et les Blanc-becs. François Gondry créera plus tard Le Goéland, une entreprise de vente de t-shirts à slogan[5].

Entre 1990 et 1999, le groupe suit un rythme de production quasiment annuel. En 1999, le groupe joue leur dernier concert et s'il n'annonce pas officiellement sa séparation, se met en pause prolongée. En 2001, Ludwig von 88 sort néanmoins un album : La révolution n'est pas un dîner de gala. Selon Karim Berrouka, le fait que Bruno Garcia, le guitariste, officie désormais dans Sergent Garcia[6], que Charlu Ombre ait déménagé à Avignon, et le manque de motivation font que le groupe arrête en 1999[4].

Depuis, Jean-Mi (Junior Cony) se lance dans le dub. On le retrouve également derrière les machines de Bérurier noir. Karim Berrouka écrit du fantastique et de la fantasy. Charlu quitte la basse et lance le projet Kiladikilé[7],[8].

Retour (depuis 2016)[modifier | modifier le code]

Le groupe se reforme en 2016, avec une première date le 18 juin au Hellfest[9] et part en tournée pour une série de concerts sous le titre de Derniers concerts avant l'apocalypse.

Signification du nom[modifier | modifier le code]

Le 88 a plusieurs interprétations. Ludwig von 88 aurait introduit « 88 » dans le nom de son groupe ironiquement pour faire grincer les dents des néonazis (la lettre H étant la huitième de l'alphabet, le nombre 88 est souvent utilisé par des mouvements néonazis pour symboliser le Heil Hitler, HH, 88 ou SS car S est la 8e lettre en partant de la fin de l'alphabet). Dans l'album hommage Mort aux Ludwig Von 88, Tristan-Edern Vaquette fait référence à cette explication, en introduction du morceau Nous. Selon une interview de Karim, ce serait un pastiche du 77, nombre fétiche du mouvement punk, désignant l'année 1977 à partir de laquelle le punk a commencé à se répandre[10].

Selon une autre interview, de Nobru cette fois, il ferait référence au nombre de constellations recensées dans le ciel terrestre, entre autres[11]. Le « Ludwig Von » est une référence (fréquente dans le mouvement punk) au film culte Orange mécanique, et à la passion d'Alex pour Ludwig van Beethoven[12].

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

Singles et EP[modifier | modifier le code]

  • 1985 : Live ? (mars 1985)
  • 1987 : Les trois petits keupons
  • 1987 : Louison Bobet for Ever
  • 1988 : Guerrier Balubas
  • 1988 : Sprint (alias SEOUL 88, EP 45 tours de huit titres)
  • 1990 : L.S.D. for Éthiopie (We are the World)
  • 1991 : New Orleans
  • 1993 : In the Ghettos
  • 1993 : Tamerantong
  • 1997 : La sacrée grole
  • 1997 : Ludwig von 88 "live"
  • 1998 : St-Valentin (1998)
  • 2001 : Zorro El Zapato (2001)
  • 2016 : Thorfin le pourfendeur (2016)

Splits[modifier | modifier le code]

  • 1986 : Flower Punks, Flower Skins (split EP avec Les P.P.I., 1986)
  • 1989 : Sardellen Filet (split EP avec Die Mimmi's)
  • 1998 : René Binamé + Ludwig von 88 (1998, split-CD avec René Binamé, 3 titres de Ludwig von 88)

Compilations[modifier | modifier le code]

Album hommage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Houla la !, la véritable histoire de Ludwig von 88.
  2. Ludwig von 88, sur musique.ados.fr.
  3. a et b « Groupes - Ludwig Von 88 », sur metalorgie.com (consulté le 15 juin 2017).
  4. a et b « 1983/1985 Boissy Saint Léger - Interview », sur nyarknyark.fr (consulté le 15 juin 2017).
  5. « Du punk au business, la petite entreprise de François, ex-Ludwig von 88 », sur streetpress, (consulté le 15 juin 2017).
  6. « Sergent Garcia monte en grade », sur Libération (consulté le 15 juin 2017).
  7. « Kiladikilé Avignon (84000) », sur spectable.com (consulté le 15 juin 2017).
  8. « Un premier album pour Kiladikilé », sur ledauphine.com (consulté le 15 juin 2017).
  9. « Hellfest, mon pogo d’enfer », sur lanouvellerepublique.fr (consulté le 15 juin 2017).
  10. 77 ; La révolution n'est pas un dîner de gala (2001)
  11. Vidéos MySpaceTV : Ludwig Von 88 - Interwiew ça se discute par Mathieu
  12. « Fiches de films - Répliks », sur replikultes.net (consulté le 15 juin 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]