Raphaël Géminiani

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Raphaël Géminiani
Raphaël Geminiani-a.jpg

Raphaël Géminiani lors du Tour de France 1954.

Informations
Surnom
Le grand fusil
Naissance
Nationalité
Équipes professionnelles
Équipes dirigées
Principales victoires

3 maillots distinctifs sur un grand tour
Mountains.svg Classement de la montagne du Tour de France 1951
Mountains.svg Classement de la montagne du Tour d'Italie 1952 et 1957
7 étapes dans les grands tours
Tour de France (7 étapes)
1 championnat

MaillotFra.PNG Champion de France sur route 1953

Raphaël Géminiani est un coureur cycliste français né le à Clermont-Ferrand.

Carrière[modifier | modifier le code]

Jeunes années et débuts en cyclisme[modifier | modifier le code]

Raphaël Géminiani naît le à Clermont-Ferrand. Ses parents se sont installés dans cette ville deux ans auparavant après avoir fui l'Italie. Son père Giovanni, ancien coureur cycliste, dirigeait une fabrique de bicyclette à Lugo, brûlée par les fascistes après qu'il eut refusé de les soutenir. Arrivé à Clermont-Ferrand, il devient ajusteur chez Michelin, tandis que son épouse travaille à la filature de cette même entreprise[1]. Raphaël Géminiani a trois frère et soeurs : deux aînés, Angelo né en 1917 et Paule née en 1921, et une soeur cadette, Marie-Rose, née en 1928. Leur mère meurt lorsque Raphaël Géminiani a huit ans. Leur père ouvre alors un atelier de cycles. Raphaël commence à y travailler en 1936, après avoir obtenu son certificat d'études[2].

Il pratique d'abord le rugby, à l'école des établissements Michelin et à l'Association sportive montferrandaise. C'est en voyant son frère aîné obtenir quelques succès au niveau régional qu'il est tenté par le cyclisme. Son père l'en dissuade, le trouvant trop maigre et ayant besoin de lui à l'atelier. Il finit par obtenir gain de cause en 1942 et s'inscrit à l'Union cycliste montferrandaise[3].

Raphaël Géminiani commence à s'entraîner avec son frère, puis prend sa première licence en 1943, à l'Amicale cycliste montferrandaise. Sans connaissance tactique, il déploie beaucoup d'énergie en course et parvient parfois à gagner. Giovanni Géminiani, qui promeut son entreprise en équipant des débutants, espère alors renouveler l'exploit du Clermontois Georges Cohen, vainqueur du Premier pas Dunlop. Il met au défi son fils de s'y qualifier et d'y briller[4].

Vainqueur du Critérium des Espoirs, il se qualifie pour le Premier pas Dunlop en prenant la troisième place de la finale régionale[5]. La grande finale du Premier pas à lieu le 3 juin 1943 à Montluçon. Raphaël Géminiani attaque dans la dernière difficulté, à une quinzaine de kilomètres de l'arrivée, et s'impose en solitaire. Louison Bobet, futur rival et coéquiper de Géminiani, est sixième de cette course[6]. Cette victoire lui permet de disputer le championnat de France amateur. Alors qu'il n'a jusqu'alors jamais disputé de course aussi longue (170 km), il prend part à la grande échappée du jour, rejointe à 30 km de l'arrivée, puis connaît une défaillance[7]. Parmi les succès obtenus en 1944, Raphael Géminiani gagne l'omnium de la route devant son frère. Celui-ci met fin à sa carrière en cours d'année, à 28 ans, à la suite d'une chute lui causant une fracture du fémur [8].

En juin 1944, Raphaël Géminiani emmené par la milice à la prison de Clermont lors de la rafle du quartier de la Plaine. Il en sort à la Libération [9]. p20-22 Poussé par son père, il nourrit l'ambition de devenir coureur professionnel et dispute des courses relevées afin de progresser. Il gagne huit épreuves régionales[10]. En fin d'année 1945, une chute au championnat d'Auvergne le contraint à stopper sa saison.[11].

Carrière[modifier | modifier le code]

Surnommé « le grand fusil », il commença sa carrière professionnelle en 1946 et la termina en 1960. Il fut vainqueur du Grand Prix de la montagne du Tour de France 1951. Ses meilleurs classements sur le Tour sont 2e en 1951 derrière Hugo Koblet (Il déclara à propos de ce dernier : "S'il existait deux Koblet, je changerais de métier sur l'heure") et 3e en 1958. Il remporte 7 étapes sur le Tour entre 1949 et 1955. Il porte pendant 4 jours le maillot jaune sur le Tour. Également champion de France 1953, il remporte le Grand prix de la montagne du Tour d'Italie 1951 et décroche la 3e place au classement général du Tour d'Espagne 1955.

En 1954, L'équipe Saint-Raphaël est créée. Elle est sponsorisée par la marque d'apéritif Saint-Raphaël (première marque extérieure au monde du sport à sponsoriser une équipe en France), ainsi que par les cycles Géminiani. Il a suivi l'exemple de Fiorenzo Magni qui, dès 1952, avait amené la première marque extra-sportive à créer son équipe avec la marque Nivea.

Non choisi par le sélectionneur de l'équipe de France, Marcel Bidot, au départ du Tour de France 1958, il y participe avec l'équipe régional du Centre-Midi. Le vainqueur de l'édition précédente, Jacques Anquetil, ne voulant pas à la fois de Louison Bobet et de Raphaël Géminiani au sein de la sélection tricolore. Au départ de l'édition, à Bruxelles, il baptise un âne qu'il reçoit en cadeau du nom de Marcel. Sur ce Tour, il porte pour la première fois de sa carrière le maillot jaune mais il est déboulonné de sa place de leader lors de la 21e étape, Briançon-Aix-les-Bains. Il crie à l'arrivée en pleurs : "Tous des Judas !", désignant ainsi les membres de l'équipe de France qui ne l'ont pas aidé. Il termine 3e de ce Tour derrière Charly Gaul et Vito Favero.

Son destin fut lié à celui de son ami Fausto Coppi lors de leur voyage en Haute-Volta (aujourd'hui Burkina Faso) en décembre 1959, à l'occasion pour ce pays de la commémoration du premier anniversaire de l'acquisition de son autonomie. Coppi ne devait pas être du voyage mais la défection de dernière minute de Louison Bobet lui a valu un appel du grand "GEM" pour lui proposer la place vacante. Le séjour a été agrémenté de courses cyclistes et d'un safari pour terminer.

De retour en Europe, juste avant Noël, Fausto Coppi téléphone à Raphaël Géminiani et l'informe de la constitution d'une équipe cycliste sous l'égide du sponsor Tricofilina, équipe qu'il veut un peu internationale. Raphaël lui avance quatre ou cinq noms. La discussion devient plus personnelle et Géminiani dit à son ami qu'il ne se sent pas bien du tout. Coppi lui répond que lui non plus, qu'il a la grippe, les amis se souhaitent un joyeux Noël.

Noël se passe mal pour Géminiani, et en fin d'après midi le 25 décembre 1959, il est pris de tremblements suivis d'une très forte fièvre le lendemain. D'abord soigné pour une crise hépatique, puis la jaunisse et la typhoïde, sa température grimpe à 41,6 °. Le docteur Mora qui s'occupait de Géminiani n'arrivait pas à établir un diagnostic, mais lors d'une rencontre avec le docteur Bruggière, médecin colonial de passage à Clermont-Ferrand, ce dernier demande si Géminiani n'a pas été en Afrique récemment. La prise de sang révèle la présence du parasite "Plasmodium Falciparum", la forme mortelle de la malaria. Ce parasite s'attaque aux globules rouges et faute de traitement, conduit à une mort certaine en huit à dix jours. Grâce à l'administration massive de quinine, Raphaël Géminiani se remet lentement, avec des conséquences certaines sur sa fin de carrière en 1960.

Fausto Coppi tombe malade en même temps que Géminiani. Dès que la maladie de Géminiani est identifiée, sa femme et son frère téléphonent chez Coppi. Hélas, malgré les nombreux efforts déployés pour expliquer que Coppi a vraisemblablement la même maladie que lui, les médecins italiens poursuivent d'autres traitements que ceux adaptés à la malaria. Fausto Coppi meurt le 2 janvier 1960.

Après-carrière[modifier | modifier le code]

Après sa carrière de coureur cycliste, Raphaël Géminiani devient directeur sportif puis consultant. Il a entre autres dirigé Jacques Anquetil, et est à l'origine de la tentative par ce coureur d'un doublé Dauphiné libéréBordeaux-Paris réussi en moins de 24 heures. Il dirigea aussi Lucien Aimar, Luis Ocana, Jan Janssen ou Joaquim Agostinho. En 1977, il déclare que les contrôles antidopage sont le cancer du cyclisme. Il a néanmoins reconnu avoir eu recours à des "stimulants" pendant sa carrière.

Il apparaît dans le film Le Chagrin et la Pitié.

Raphaël Géminiani à la foire du livre 2010 de Brive la Gaillarde

Il va collaborer également pendant quelque temps avec un fabricant de pièces détachées et accessoires pour vélos en prêtant son nom en tant que marque.

Il tient une chronique mensuelle dans Le Sport Vélo.

Il vit aujourd'hui sa retraite dans sa région natale de Clermont-Ferrand.

Palmarès[modifier | modifier le code]

Palmarès année par année[modifier | modifier le code]

Résultats sur les grands tours[modifier | modifier le code]

Tour de France[modifier | modifier le code]

12 participations

  • 1947 : abandon (5e étape)
  • 1948 : 15e
  • 1949 : 25e, vainqueur de la 19e étape
  • 1950 : 4e, vainqueur des 17e et 19e étapes
  • 1951 : 2e, vainqueur Mountains.svg du classement de la montagne et de la 9e étape
  • 1952 : 11e, vainqueur des 8e et 17e étapes
  • 1953 : 9e
  • 1954 : abandon (non-partant 18e étape)
  • 1955 : 6e, vainqueur de la 9e étape
  • 1956 : 49e
  • 1958 : 3e, Jersey yellow.svg leader durant 4 jours
  • 1959 : 28e

Tour d'Espagne[modifier | modifier le code]

3 participations

  • 1955 : 3e, Jersey yellow.svg leader durant 3 jours
  • 1957 : 5e
  • 1959 : abandon, vainqueur des 1rea (contre-la-montre par équipes) et 13e étapes (contre-la-montre par équipes) du Tour d'Espagne

Tour d'Italie[modifier | modifier le code]

5 participations

  • 1952 : 9e, vainqueur Mountains.svg du classement de la montagne
  • 1953 : 30e
  • 1955 : 4e, Jersey pink.svg leader durant 3 jours
  • 1957 : 5e, vainqueur Mountains.svg du classement de la montagne
  • 1958 : 8e

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ollivier 1995, p. 5-7
  2. Ollivier 1995, p. 7-9
  3. Ollivier 1995, p. 9-11
  4. Ollivier 1995, p. 11-14
  5. Ollivier 1995, p. 16
  6. Ollivier 1995, p. 16-19
  7. Ollivier 1995, p. 19
  8. Ollivier 1995, p. 19-20
  9. Ollivier 1995, p. 20
  10. Ollivier 1995, p. 20-22
  11. Ollivier 1995, p. 23

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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