Stéphane Heulot

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Stéphane Heulot
Stéphane HEULOT.jpg

Stéphane Heulot lors du Paris-Nice 1993

Informations
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (45 ans)
RennesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Équipes professionnelles
1992 R.M.O.
1993-1995 Banesto
1996 Gan
1997-2000 La Française des jeux
2001-2002 BigMat Auber 93
Équipes dirigées
2009 Besson Chaussures
2010-2012 Saur-Sojasun
2013 Sojasun
Principales victoires

Stéphane Heulot (né le à Noyal-Châtillon-sur-Seiche) est un coureur cycliste français. Il fut l'un des meilleurs coureurs français des années 90. Coureur complet, il porta le maillot jaune dès sa première participation au Tour de France, alors qu'il était champion de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Il remporte sa première course à 7 ans dans son village natal. Son père, Alain Heulot, est alors coureur également. Ses parents lui suggérant toutefois qu'il est trop jeune pour pouvoir pratiquer le cyclisme, il se met au football. Mais son attachement au cyclisme reste le même et quelque fois, lorsqu'il termine ses devoirs, il peut aller à la rencontre de son père à vélo pour suivre les courses, stratégies, débriefings... Il attend d'avoir ses quinze ans pour pouvoir commencer la compétition. Il gagne beaucoup de courses, en cadets puis en juniors. En parallèle, il effectue des études de kinésithérapeute et passe son bac. Très vite, un contrat professionnel lui est proposé.

Le monde professionnel[modifier | modifier le code]

Professionnel à partir de 1990 dans l'équipe R.M.O, Stéphane Heulot remporte à 20 ans une étape de l'Étoile de Bessèges et de Paris-Nice. Il part ensuite chez la Banesto de Miguel Indurain, mais il ne court pas le Tour de France et est aligné sur le Tour d'Italie. Mais ses résultats sont de moins en moins bon, celui-ci ne communiquant quasiment jamais avec les autres coureurs, ne lui faisant plus confiance. Son exemple restant son leader Indurain, qu'il trouve très sympathique, discret. En fin de contrat avec la Banesto, équipe étrangère qui l'éloigne de son foyer, il est prêt à arrêter le cyclisme et à se consacrer au travail, au monde de l'entreprise. L'hiver est dure. Mais encouragé par sa famille, ses parents, son épouse, il repart dans le cyclisme et de plus belle car sa femme va accoucher d'un petit garçon. Mais il naît prématurément à seulement 3 mois. Après tous ces évènements, l'équipe Gan de Roger Legeay décide de le recruter.

Tour de France 1996[modifier | modifier le code]

En compagnie du rouleur Chris Boardman et du sprinter Frédéric Moncassin, il participe pour la première fois au Tour de France en 1996, quelques jours après avoir remporté le championnat de France sur route. Lors de la quatrième étape menant le peloton de Soissons au lac de Madine, alors que son coéquipier Frédéric Moncassin est maillot jaune, il prend part à une échappée dès le trentième kilomètres en compagnie de Cyril Saugrain, Danny Nelissen, Rolf Jaermann et Mariano Piccoli. Il reste 200 kilomètres à parcourir. Au sprint intermédiaire de Cuperly, les coureurs possèdent près de 18 minutes d'avance. Grâce à l'aide du vent et aux bordures qui se forment dans le peloton, les fuyards gardent une avance de quatre minutes et demie permettant à Saugrain de remporter l'étape et à Heulot d'échanger son maillot tricolore contre le maillot jaune. Il garde ce maillot lors des deux étapes suivantes, notamment félicité par son ex-coéquipier Miguel Indurain. Mais la septième étape le voit souffrir en queue de peloton, victime d'une tendinite. Irrémédiablement lâché, il perd un quart d'heure et met pied à terre dans le Cormet de Roselend, à bout de force. Durant cette saison, Heulot remporte également la coupe de France, grâce notamment à ses victoires lors de Cholet-Pays de Loire et au Trophée des grimpeurs.

L'année suivante, Stéphane Heulot rejoint La Française des Jeux, nouvelle équipe professionnelle dirigée par Marc Madiot. Celui-ci confie à Heulot le rôle de leader sur le Tour pour le classement général. A plusieurs reprises, on le voit au contact des favoris et s’échappa notamment en compagnie de Garmendia lors de la 16ème étape, montagneuse, marquée par le fléchissement de Bjarne Riis, vainqueur sortant du Tour. Il termine vingtième à plus d'une heure de l'Allemand Jan Ullrich.

Tour de France 1999[modifier | modifier le code]

Il termine également 13e et 14e les deux années suivantes. Mais en 1999, alors qu'Armstrong écrase le Tour, Stéphane Heulot s'échappe en compagnie de Thierry Bourguignon lors de l'étape menant à l'Alpe d'Huez, un quatorze juillet. Ils se présentent au col de la Croix-de-Fer avec 11 minutes d'avance. Ils se sont détachés à la faveur de la longue descente du col du Mont-Cenis. Au col, leur avance est de près de cinq minutes, à 55 kilomètres de l'arrivée, tandis qu'à 25 kilomètres de l'arrivée, l'écart dépasse encore les 4 minutes. Heulot lâche Bourguignon dès les premiers lacets et porté par la foule, croit en la victoire. Mais il se fait rejoindre par le groupe du maillot jaune à 3500 mètres de la ligne d'arrivée et doit laisser l'Italien de la Telekom Giuseppe Guerini remporter l'étape. « J'ai attaqué par dépit, j'ai voulu tenter quelque chose de fou »[1] dira après coup Heulot, à l'issue de cette échappée de 140 kilomètres. Lors de la douzième étape, menant les coureurs de Saint-Galmier vers Saint-Flour, Heulot se hisse une nouvelle fois dans une échappée en compagnie d'une dizaine d'autres coureurs et termine à une minute et demie du vainqueur David Etxebarria. En reprenant onze minutes au peloton, il s'installe provisoirement à la sixième place du classement général, alors qu'il occupait la 21e le matin même. Il craque cependant dans la quinzième étape, pyrénéenne, dans le col de Peyresourde puis à Piau-Engaly, perdant ainsi un quart d'heure. Son excellent contre-la-montre final au Futuroscope lui permet de finir quatorzième du Tour, à 28 minutes de Lance Armstrong, et deuxième Français derrière Richard Virenque, huitième.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

En 2000, il abandonne lors de la 14e étape du Tour de France et il rejoint l'équipe Big Mat Auber 93. 2001 voit sa dernière apparition sur le Tour, car l'équipe ne sera plus sélectionnée depuis. Il termine 40e. Sa seule grande victoire lors de courses par étapes hors Tour fut le Tour du Limousin en 1999. Il annonce mettre un terme à sa carrière en 2002, alors qu'il lui restait un an de contrat.

Après-carrière[modifier | modifier le code]

En 2008, il crée l'équipe Besson Chaussures et en devient le manager. En 2010, cette équipe devient Saur-Sojasun puis Sojasun en 2013 avant de disparaitre cette même année. Il réussit à emmener cette équipe sur le Tour de 2011 à 2013. Mais celle-ci disparaît fin 2013, faute de moyens et de résultats.

En 2014, Stéphane Heulot intègre le staff de l'équipe Cannondale en tant que directeur du développement de la performance.

Une course cyclo-sportive, à Noyal-Châtillon-sur-Seiche, près de Rennes, porte son nom.

Retiré du monde du vélo depuis 2015, il devient coach d'entreprises pour permettre à ses clients d'aller chercher leur réponses à leur questionnement selon leur posture. Il voyage entre Lille, Paris, Rennes, Nantes et Bruxelles. [2]

Il surveille également les performances de son équipe Sojasun espoir, en tant que membre de l'encadrement technique.

En parlant de son passé de coureur cycliste professionnel, il évoque que le cyclisme est un monde dur, cruel, un monde d'hypocrite, d'intéressé.

Dopage[modifier | modifier le code]

Stéphane Heulot lâche à propos de son coéquipier Christophe Bassons, alors à la Française des jeux lors du Tour de France 1999 : « C'est lâche ! (...) On est vingt-deux à la Française qui avions tous envie de faire ce Tour. Il a pris la place de quelqu'un et se retire sans véritable raison. Juste à cause de ses « nerfs » comme il dit. »[3] Bassons, qui dénonçait le fait que le dopage est encore courant, avait abandonné sous pression des coureurs et des médias.

Celui-ci, chargé des relations publiques pour le groupe Saunier-Duval sur le Tour de France, entre 2005 à 2007, dit avoir alerté les dirigeants de l'équipe sur l'affaire de cette équipe lors du Tour de France 2007 : selon lui, il existait un dopage organisé au sein de cette équipe et avait alerté ses dirigeants sur les « performances » de certains coureurs. « Il y a trois jours, Thierry Leroy, le PDG, m'a appelé pour me demander ce que je pensais de ces victoires. Il voulait croire qu'ils gagnaient parce que les autres avaient arrêté de se charger. J'ai lui répondu que non, il ne fallait surtout pas y croire… Le dopage est tellement ancré chez certains managers, comme Gianetti, qu'ils ne peuvent pas concevoir le cyclisme autrement », dit-il.

Sur les autres affaires de dopage, il estime qu'avec « Beltran et Dueñas, on a pris des mecs qui n'ont jamais fait un mètre de vélo sans se charger. Mais la très bonne nouvelle, c'est qu'on a aussi chopé un coureur, Riccò, et sans doute son équipe, qui se croyait à la pointe du dopage et qui pensait ne jamais se faire prendre. »[4]

Il affirme être passé à côté du dopage durant sa carrière

Lorsque son équipe Sojasun ne fut pas sélectionné sur le Tour de France 2010, Stéphane Heulot a accusé l'organisation d'avoir préféré l'équipe BMC du champion du monde Cadel Evans : « Evans n'a aucune chance de gagner le Tour(...) Et puis, cette équipe, il ne faut pas oublier, est dirigée par les mêmes qui étaient à la tête de la Phonak [impliquée dans des affaires de dopage]. Ça me fait mal de voir ces gens, qui ne sont ni sourds ni aveugles sur ce qui s’est passé, revenir fiers comme Artaban en se payant le champion du monde comme seul atout pour une sélection sur le Tour. »[5]

Palmarès[modifier | modifier le code]

Résultats sur les grands tours[modifier | modifier le code]

Tour de France[modifier | modifier le code]

6 participations

  • 1996 : abandon (7e étape), Jersey yellow.svg maillot jaune pendant 3 jours
  • 1997 : 20e
  • 1998 : 13e
  • 1999 : 14e
  • 2000 : abandon (14e étape)
  • 2001 : 40e

Tour d'Espagne[modifier | modifier le code]

1 participation

  • 2002 : abandon (6e étape)

Tour d'Italie[modifier | modifier le code]

3 participations

Classements mondiaux[modifier | modifier le code]

Stéphane Heulot a été classé au mieux 45e en fin d'année au classement UCI en 1996.

Année 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002
Classement UCI nc nc nc 220e[6] 45e[7] 57e[8] 86e[9] 51e[10] 215e[11] 89e[12] 394e[13]
Légende : nc = non classé

Références[modifier | modifier le code]

  1. jacques augendre, Tour de France 1999 le livre officiel, France, Solar, , 120 p. (ISBN 2-263-02910-9, [Non lire en ligne]), page 48 10ème étape
  2. (fr) « Entretien avec Stéphane Heulot, ancien maillot jaune du Tour », sur www.francenetinfos.com (consulté le 17 avril 2016)
  3. Stef, « cyclisme-dopage.com - Portrait de Christophe Bassons », sur www.cyclisme-dopage.com (consulté le 17 avril 2016)
  4. « Cyclisme : Heulot avait alerté les dirigeants de Saunier-Duval », sur Ouest-France.fr (consulté le 17 avril 2016)
  5. « Stéphane Heulot: «Les dès étaient pipés» », sur 20minutes.fr (consulté le 17 avril 2016)
  6. « Classement UCI 1995 », Union cycliste internationale (consulté le 11 mars 2015)
  7. « Classement UCI 1996 », Union cycliste internationale (consulté le 11 mars 2015)
  8. « Classement UCI 1997 », Union cycliste internationale (consulté le 11 mars 2015)
  9. « Classement UCI 1998 », Union cycliste internationale (consulté le 11 mars 2015)
  10. « Classement UCI 1999 », Union cycliste internationale (consulté le 11 mars 2015)
  11. « Classement UCI 2000 », Union cycliste internationale (consulté le 11 mars 2015)
  12. « Classement UCI 2001 », Union cycliste internationale (consulté le 11 mars 2015)
  13. « Classement UCI 2002 », Union cycliste internationale (consulté le 11 mars 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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