Palais des beaux-arts de Lille

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Palais des beaux-arts de Lille
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Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Lille
Adresse Place de la République, 59000 Lille, France
Coordonnées 50° 37′ 50″ N 3° 03′ 45″ E / 50.63067, 3.062650° 37′ 50″ Nord 3° 03′ 45″ Est / 50.63067, 3.0626  
Informations générales
Date d’inauguration 1809
Collections Peinture, sculpture, arts graphiques, arts décoratifs, numismatique, plans-reliefs
Nombre d’œuvres 60 000 œuvres
Superficie 22 000 m2
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 233 000 (2005)
239 975 (2007)
286 423 (2008)
229 748 (2009)
206 612 (2010)
215 700 (2011)
316 720 (2012)
Site web www.pba-lille.fr

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Palais des beaux-arts de Lille

Le palais des beaux-arts de Lille est l’un des plus grands musées de France et le plus grand musée des beaux-arts de province en nombre d'œuvres exposées.

Créé en 1792 sous l'impulsion du peintre Louis Joseph Watteau, le fonds initial du musée est constitué des œuvres confisquées aux émigrés et aux institutions religieuses de la ville au lendemain de la Révolution. Il s'enrichit, en 1803, des œuvres données par l'État conformément aux dispositions du décret Chaptal, à l'origine de la création de nombreux musées de province. Si l'État reste ensuite un contributeur important aux collections du musée, ce sont surtout les legs et donations, à partir des années 1850, qui conduisent à la constitution du fonds actuel. En 1881, la collection de tableaux atteint une dimension telle que Géry Legrand, maire de Lille, décide la construction d'un Palais des beaux-arts pour les accueillir. Son ouverture, en 1892, offre l'occasion de regrouper plusieurs collections, de peintures mais aussi de sculptures, de dessins, de pièces anciennes et d'objets d'art, jusqu'alors dispersées.

Tirées d'un fonds d'environ 60 000 œuvres, le musée en propose aujourd'hui près de 2 000 à la visite. Ce sont en particulier 200 pièces de sculptures, de peintures et d’objets d’art de l’Europe médiévale et de la Renaissance, plus de 500 œuvres peintes du XVIe au XXe siècles, quelques 135 sculptures du XIXe siècle, une belle collection de céramiques du XVIe au début du XXe siècle et 16 plans-reliefs au six-centième de villes fortifiées par Vauban. Le musée possède également un cabinet des dessins riche de 4 000 feuilles de dessins et d'estampes du XVe au XXe siècles et une collection numismatique de plusieurs milliers de pièces et médailles ainsi que 250 matrices de sceaux allant du XIIIe au XIXe siècles. Rénové entre 1991 et 1997, le musée accueille aussi une salle d'expositions temporaires, un auditorium, une bibliothèque et des ateliers pédagogiques.

Le palais des beaux-arts lui-même a été inscrit à l'inventaire des monuments historiques en 1975[1].

Ce site est desservi par la station de métro République - Beaux-Arts.

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Création du musée[modifier | modifier le code]

L'ancien couvent des Récollets de Lille, 1893, Edouard Boldoduc

L’idée de fonder un musée départemental apparaît à Lille lors de l’ouverture de l’Académie des Arts en 1775. Elle avait été précédée, deux ans plus tôt, de la tenue du premier des Salons des artistes lillois, dont l’organisation régulière se poursuit jusqu’à la veille de la révolution. Pendant la révolution, des centaines d’œuvres d’art sont confisquées aux émigrés, aux églises, aux couvents, aux hospices et entreposées dans l’ancien couvent des Récollets. Le 17 février 1792, le peintre Louis Joseph Watteau propose à la municipalité la création d'un musée pour l'instruction du public. En décembre 1793, cinq tableaux de l'église de la Madeleine et vingt autres transportés du couvent des Récollets, de diverses maisons et anciens couvents sont exposés dans le grand salon de l’Académie des Arts[2]. En 1795, Louis Watteau est désigné par la Commission centrale des arts pour effectuer l’inventaire des tableaux confisqués à la noblesse et au clergé local[3].

Le musée bénéficie, quelques années plus tard, du projet de vulgarisation de l’art entrepris par Napoléon Ier qui lui confère un cadre juridique officiel par le décret Chaptal du 1er septembre 1801. Le décret désigne quinze villes françaises, dont Lille, pour recevoir des œuvres prélevées sur les collections du Louvre et de Versailles, « après qu'il aura été disposé, aux frais de la commune, une galerie convenable pour les recevoir » (Art IV). Principalement constituée de saisies révolutionnaires, la collection attribuée à la ville de Lille comprend 46 tableaux. En 1803, après que certains tableaux ont été restaurés et que les aménagements nécessaires ont été réalisés, le musée s’installe dans la chapelle de l’ancien couvent des Récollets, au croisement de la rue des arts et du boulevard Carnot. La collection exposée comprend les 46 tableaux de l’envoi de l’Etat et environ 80 tableaux choisis parmi les plus belles pièces inventoriées par Louis Watteau[4]. Le musée n'est toutefois ouvert au public que le 15 août 1809. Il présente alors 109 œuvres[5].

Construction du Palais[modifier | modifier le code]

Maquette du Palais des beaux-arts après sa rénovation.

En 1850, les collections sont déménagées pour les installer dans les locaux du nouvel hôtel de ville[6] construit par Charles Benvignat, place Rihour, qui leur consacre entièrement son deuxième étage. Mais l'expansion des collections[7] sous l'impulsion d'Édouard Reynart, conservateur du musée à partir de 1841, rend rapidement l'espace disponible à l'hôtel de ville insuffisant. En 1881, Géry Legrand, maire de Lille, décide la construction d'un Palais des beaux-arts pour les accueillir. Pour le financer, cinq millions de billets de loterie à un franc sont mis en vente en 1883, avec un gros lot de 200 000 francs. Mais la ville ne recueille que 2,8 millions de francs[8]. Un concours, ouvert aux architectes français, est lancé en 1884 sur la base d'un budget de 2,5 millions de francs. Parmi les 82 projets présentés, c'est celui des architectes parisiens Edouard Bérard et Fernand Delmas qui est retenu. La construction du nouveau musée débute en août 1885. Fin 1889, elle n'est pas encore achevée, le budget initial s'avère insuffisant et Edouard Bérard démissionne. Finalement, le projet n'est réalisé qu'à moitié et le palais est amputé de sa partie arrière lorsque les travaux s'achèvent en 1892.

Le hall.

Situé au centre de la ville nouvelle, entre la ville historique et le village de Wazemmes, le palais de style Belle Époque fait face à la préfecture de Lille, construite une vingtaine d'années plus tôt, place de la République. Bâtiment imposant représentatif de l'architecture officielle de la fin du XIXe siècle, le nouveau musée conjugue références à la Renaissance italienne, alternance de colonnes et de frontons et toit à la française[9]. Sa façade monumentale de style composite flanquée de deux pavillons à coupole est décorée de moulures ornées de têtes de lions, de coquillages et de personnages s'adonnant aux activités artistiques. Les deux ailes latérales portent des balcons à balustres, des loggias et, sous la corniche, des frises ornées de portraits de peintres en médaillons. A l'intérieur, le rez-de-chaussée est occupé par un vaste hall qui accueille les sculptures et le premier étage par le salon d'honneur, de 40 mètres sur 12, éclairé par les trois immenses baies qui donnent sur la place de la République. L'inauguration à lieu le 6 mars 1892, en présence de 600 invités, et le palais reçoit le jour même 10 000 visiteurs[10].

Rénovation et extension[modifier | modifier le code]

L'atrium.
Le nouveau bâtiment.

Endommagé par les bombardements au cours de la première guerre mondiale[11], le palais fait l'objet d'une première rénovation à partir de 1918 et ne rouvre ses portes qu'en août 1924. De 1932 à 1934, la cour intérieure est couverte pour en faire un atrium de 1 600 m² tel qu'il existe encore aujourd'hui.

À la fin des années 1980, son état de vétusté, combiné à l'arrivée et à l'installation à Lille des plans en relief des villes fortifiées par Vauban, pousse la ville à engager sa rénovation. Un concours d'architecture est lancé en 1989 et les travaux sont confiés aux architectes Jean-Marc Ibos et Myrto Vitart en 1991.

Le musée rouvre ses portes au public le 7 juin 1997, en présence du Président de la République Jacques Chirac. Cette rénovation s'est accompagnée de la construction d'un nouveau bâtiment en verre[12] dans lequel se reflète l'arrière du palais, qui abrite les services administratifs, le cabinet des dessins, l'association des amis du musée et un restaurant. Elle a aussi permis de créer une nouvelle salle de 700 m2 en sous-sol, couverte d'un jeu de dalles de verre qui apporte une lumière zénithale, destinée aux expositions temporaires ainsi que, dans le palais même, les départements des plans en relief en sous-sol et de la sculpture du XIXe siècle au rez-de-chaussée. Pendant les travaux, près de 700 œuvres ont bénéficié d'une campagne de restauration menée par le service de restauration des musées de France[13]. Une exposition temporaire des pièces les plus spéctaculaires du musée a également pu être organisée au Metropolitan Museum of Art, d'octobre 1992 à janvier 1993[14].

Le musée abrite désormais, sur plus de 22 000 m2, dont 12 000 m2 de surface d'exposition, la seconde plus grande collection d'œuvres de France (sculptures, peintures, dessins, céramiques…) après celle du Louvre. Il emploie environ 110 salariés permanents.

Pour 2008, le Journal des Arts l'a classé en septième position sur 361 musées français (premier musée de province)[15]. Le Palais des beaux-arts a reçu 286 423 visiteurs cette même année. Il est classé huitième en 2012, second musée de province après le LaM de Villeneuve d'Ascq, juste avant la Piscine à Roubaix[16].

Les collections du musée[modifier | modifier le code]

Acquisitions[modifier | modifier le code]

Le miracle de la mule ou Miracle de saint Antoine de Padoue à Toulouse, vers 1627-1630, Antoine Van Dyck
Sainte Marie-Madeleine en extase, entre 1619 et 1620, Pierre Paul Rubens

Le fonds initial du musée est constitué des œuvres collectées au lendemain de la révolution dans les nombreux couvents et églises de la ville, comme la très riche collection du couvent des Récollets au sein de laquelle se trouvent notamment Le Christ en croix (ou Le calvaire) et Le Miracle de saint Antoine de Padoue à Toulouse d'Antoon Van Dyck ou celle du couvent des Capucins qui comprend en particulier la Descente de Croix et Saint François recevant l'Enfant Jésus des mains de la Vierge de Pierre Paul Rubens ou encore Le martyre de sainte Catherine, également de Rubens, de l'église Sainte-Catherine. La liste qu'en dresse Louis Watteau en 1795 recense 583 tableaux dont 382 dignes d’être « conservés pour l’instruction », mais classe les primitifs flamands et les triptyques comme « sans intérêt »[3]. Rapidement, une partie est restituée aux émigrés et 97 tableaux sont rendus ou revendus aux églises de la ville et des environs[6]. En 1803, 46 œuvres données par l'État s'ajoutent au fonds, parmi lesquelles Sainte Madeleine en extase de Rubens et La Nativité de Philippe de Champaigne. Pendant les dix années qui suivent, le fonds semble en déshérence et, en 1813, le baron Duplantier, préfet du Nord, nomme une commission afin de mettre à part les toiles dignes d'être conservées et de vendre les autres. 354 tableaux sont ainsi vendus pour la somme dérisoire de 1365,5 francs, soit 3,9 francs par tableau[4].

A partir des années 1830, le fonds se reconstitue lentement, par quelques achats de la ville et de nouvelles œuvres données par l'État, dans le goût du temps, comme Jeanne la folle de Charles de Steuben en 1836, mais aussi Médée furieuse d’Eugène Delacroix en 1838. Il est ensuite fortement enrichi, à partir des années 1850, par les acquisitions du premier grand conservateur du musée, Édouard Reynart[6]. Parmi les œuvres majeures, ces acquisitions comprennent notamment La tentation de Saint Antoine de David II Teniers, L'Ascension des élus de Dirk Bouts, Cache-cache de Jean-Baptiste Camille Corot, Bélisaire demandant l'aumône de Jacques-Louis David, Une après-dînée à Ornans de Gustave Courbet, Les Jeunes (ou La Lettre) et Les Vieilles (ou Le Temps) de Francisco de Goya. Son successeur à partir de 1879, Auguste-Joseph Herlin, poursuit sa tâche et acquiert notamment Saint Jérôme de José de Ribera, Un piqueur et ses chiens et la Tentation de la Madeleine de Jacob Jordaens et Le sommeil de Pierre Puvis de Chavannes.

En 1900, la collection numismatique créée en 1823 par la Société des sciences, des arts et des lettres de Lille, se trouve considérablement enrichie par l'acquisition de la collection Vernier qui comprend plus de 1700 pièces flamandes d'or, d'argent et de bronze[17]. Quelques années plus tard, en 1911, le musée fait l'acquisition de la collection de matrices de sceaux et d’objets héraldiques constituée par Victor Delattre[18].

La première guerre mondiale, pendant laquelle le Palais des beaux-arts est réquisitionné par les forces allemandes dès leur entrée dans la ville, ouvre une parenthèse d'une cinquantaine d'année dans la politique d'acquisitions du musée. Elles ne reprennent qu'à la fin des années 1950, avec notamment l'achat de la Mise au tombeau de Pieter Lastman en 1962 ou de La sainte famille de Frans Floris en 1978.

En 1983, Pierre Mauroy, alors premier ministre, souhaite accueillir à Lille la maquette de la ville entreposée dans les combles des Invalides depuis 1777. Jack Lang, ministre de la culture, propose que l'ensemble de la collection soit transféré à Lille au titre de la décentralisation, 40 plans reliefs sur 100 concernant des villes du Nord, de Belgique et des Pays Bas. Dans une lettre d'octobre 1984, le comité de décentralisation autorise le transfert des maquettes. Le déménagement commence en décembre 1985 et, le 17 janvier 1986, les premières maquettes arrivent à l'Hospice général de Lille. Le transfert soulève alors une vive polémique attisée par le contexte de campagne électorale des législatives de 1986 et, dès le changement de majorité, son principe est remis en cause par le nouveau gouvernement[19]. Le conflit se dénoue par une convention conclue le 2 octobre 1987 entre l'Etat et la ville de Lille, qui règle le contentieux de la manière suivante : « La collection demeure propriété de l'Etat. Cependant l'Etat met en dépôt au musée des beaux-arts de Lille dix-neuf maquettes représentant des places fortes de la frontière française du Nord-Est, de Belgique et des Pays-Bas », l'essentiel de la collection devant être réinstallé à l'hôtel des Invalides, dans un musée des plans-reliefs agrandi[20]. Ce sont finalement 16 plans-reliefs qui sont concédés à Lille, les autres étant rapatriés à Paris.

Depuis les années 1990, la politique d'acquisitions porte sur quelques œuvres par an, sauf exception, comme en 1994 où une importante collection de dessins d'Arnould de Vuez a pu être achetée. C'est ainsi qu'ont notamment été acquis Les Apprêts d'un déjeuner de Jean-Baptiste Chardin en 1990, Vanité de Jan Sanders van Hemessen en 1994, Portrait de Charles De Wailly par Augustin Pajou en 2000, Hippocrate et Démocrite de Pieter Lastman en 2003 ou Portrait d'un philosophe par Luca Giordano en 2011.

Legs et donations[modifier | modifier le code]

Le champ de blé, vers 1660, Jacob van Ruisdael
La mélancolie ou Jeune fumeur de pipe délaissant l'étude, vers 1620-1630, Pieter Codde

Le fonds bénéficie par ailleurs de nombreuses donations, dont celle de la collection du Chevalier Wicar, léguée en 1834 à la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, qui comprend plus de 1300 dessins, parmi lesquels quarante dessins de Raphaël, et un stiacciato de Donatello, Le festin d’Hérode[21]. Ce legs est suivi, en 1873, de celui de 122 tableaux de la collection d’Alexandre Leleux, rédacteur en chef et propriétaire du Grand Écho du Nord, qui apporte notamment la Jeune femme et sa servante de Pieter de Hooch et le Champ de blé de Jacob van Ruisdael[22]. De 1878 à 1886, les dons d'Antoine Brasseur, enfant abandonné à Lille devenu marchand d'art à Cologne, portent sur 140 tableaux de peintres hollandais, allemands et flamands, dont Tarquin et Lucrèce de Jan Sanders van Hemessen et Jeune fumeur de pipe délaissant l'étude de Pieter Codde. Il lègue en outre une partie de sa fortune, qui doit être placée et dont les revenus doivent être employés « en achat de tableaux ayant au moins trente ans d'âge »[23]. Ils permettent notamment l'acquisition de L’Intérieur de la Nieuwe Kerk de Delft par Emanuel de Witte, de Jésus chez Marthe et Marie d'Érasme II Quellin et Jan Fyt et de L'Enlèvement d'Europe de Jacob Jordaens. Suit un legs de Puvis de Chavannes, en 1899, qui apporte un ensemble de dessins.

Au delà de ces grands mécènes, les legs et donations sont très dynamiques pendant toute la seconde moitié du XIXe siècle : le catalogue des tableaux du musée dressé en 1893 recense ainsi, dans un fonds de 1101 tableaux, 453 dons de particuliers et 64 dons d'auteurs[24]. Le musée reçoit également trois grandes donations d'objets d'art à la fin du XIXe siècle, de la famille Gentil-Descamps en 1868, de Jules de Vicq en 1881 et d'Auguste Ozenfant en 1894. La collection Jules de Vicq offerte à la ville comprend 450 objets, manuscrits, émaux, ivoires, pièces d'orfèvrerie, bois sculptés, faïences, porcelaines, verreries, miniatures et triptyques[25], quand celle de la donation Ozenfant en comprend 500, notamment des bois sculptés et des pièces d'orfèvrerie médiévales[26]. C'est à cette période aussi que les donations conduisent à doubler le nombre des dessins de la collection du musée Wicar, cédée à la ville par la Société des sciences, de l'agriculture et des arts en 1865[27].

Il en va de même des collections de céramique, essentiellement constituées par donations, comme le fonds initial des collections de monnaies et médailles. Parmi les donateurs aux origines de ces dernières, on compte Charles Verly, fondateur du musée des médailles en 1824, Charles X et Louis-Philippe ou encore Charles Diericks, directeur de la Monnaie de Paris[28].

Plus récemment, en 1949, le legs Maurice Masson fait entrer la peinture impressionniste dans le musée avec, en particulier, Port-Marly, gelée blanche de Sisley et Le Parlement de Londres de Monet. Sa fille, Denise Masson, poursuit les donations jusqu'en 1976, de tableaux, comme En hiver effet de neige et Après la débâcle, la Seine au pont de Suresnes de Sisley, mais aussi de sculptures, parmi lesquelles La toilette de Vénus et Les bourgeois de Calais de Rodin.

Plus récemment encore, en 2009, la donation de Philippe Laporte et Yannick Pellegrin, constituée de 48 pièces, pour l'essentiel des sculptures et des dessins des années 1850 à 1950, a fait l'objet d'une exposition particulière[29].

Départements[modifier | modifier le code]

Les collections du musée se sont constituées de façon séparées, d'abord à l'initiative de la municipalité pour le musée de peinture, puis à celle de la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille à partir des objets apportés par ses membres depuis sa fondation en 1802. Cette dernière a ainsi fondé un « musée d’archéologie et de numismatique » en 1824, réunissant des sculptures médiévales, des monnaies et médailles, des objets d’art et des céramiques, puis un « musée Wicar » en 1834 pour recevoir le legs de dessins et d'objets d'art de Jean-Baptiste Wicar. En 1869, un « musée de céramique » est installé dans la salle du Conclave du Palais Rihour, puis, en 1881, un « musée archéologique de Vicq », également dans le palais Rihour, pour accueillir le legs de Jules de Vicq, constitué de bois sculptés, ivoires, émaux, orfèvrerie, miniatures et céramiques. L'ouverture du Palais des beaux-arts en 1892 fournit l'occasion de regrouper ces différentes collections en un même lieu.

Aujourd'hui, les collections sont réparties en sept départements : le département des Antiquités, du Moyen Âge et de la Renaissance, le département des peintures du XVIe au XXe siècles, le département des sculptures, le département de la céramique, le département des Plans-Reliefs, le cabinet des Dessins et la numismatique.

Département des Antiquités, du Moyen Âge et de la Renaissance[modifier | modifier le code]

Exposées au sous-sol, dans les anciennes réserves du musée, les pièces de ce département sont issues des collections de l'ancien « musée d’archéologie et de numismatique » fondé en 1824, qui ont rejoint le Palais des Beaux-Arts en 1892. Essentiellement consacré aux arts européens du XIIe au début du XVIe siècle, le département présente environ 200 pièces, sculptures, peintures et objets d’art (notamment, des pièces d'orfèvrerie mosane, des ivoires de la région de Saint-Omer, des céramiques du Moyen Âge...). Le hall d'accès présente une sélection d'objets antiques, principalement égyptiens et grecs. Le circuit commence ensuite par les objets du Moyen âge et de la Renaissance, se poursuit par les pièces des anciens Pays-Bas des XVe siècle et XVIe siècle pour s'achever sur celles de l'Empire germanique à la même époque. Les salles d'exposition sont numérotées de 1 à 8, la salle 2 étant généralement consacrée aux expositions.

Salle 1 : Archéologie antique[modifier | modifier le code]

Vue de la salle 1

Il s'agit du hall d'accueil des anciennes réserves du musée. On y trouve présenté, pour l'essentiel, des pièces égyptiennes et grecques. Si les collections d'objets égyptiens du musée sont assez fournies, en particulier grâce aux envois de l’État dans les années 1900 d'objets recueillis lors des fouilles d'Albert Gayet sur le site d’Antinoë et au dépôt en 2006 de pièces découvertes en Nubie soudanaise dans les années 60 par l’Université Lille III, elles sont peu spectaculaires et seul un petit nombre d'objets est exposé. On peut notamment découvrir le cercueil de la dame Ibet, de la fin de la XIIe et du début de la XIIIe dynastie, sur lequel sa dépouille est représentée allongée sur une barque funéraire tirée par deux bœufs. Un portrait de militaire romain sur bois à l’encaustique et à la feuille d’or, découvert dans la région du Fayoum et daté du IIe siècle après J.C. est également exposé. Les pièces grecques sont elles aussi peu nombreuses. Parmi elles on peut noter un ensemble de vases peints dont un skyphos daté de 460 avant J.C. sur lequel le dieu Eros, nu et ailé, est représenté poursuivant un éphèbe.

Salle 3 : France, Italie, Espagne, XIIe - XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Le festin d'Hérode, vers 1435, Donatello

Elle est consacrée aux pièces du XIIe au XVIe siècle de France, d'Italie et d'Espagne. Les œuvres les plus anciennes sont pour l'essentiel des sculptures et des pièces d'ivoire et d'orfèvrerie dont une statuette romane en ivoire de morse du début du XIIe siècle représentant Affelok, l'un des Vieillards de l'Apocalypse, et un encensoir mosan en laiton doré, légèrement plus tardif, surmonté d'une représentation de trois jeunes hébreux, condamnés à périr par les flammes pour avoir refusé d’adorer une idole, sauvés par un ange. Parmi les sculptures, on relève en particulier une Tête de sainte femme voilée du XIIe siècle, en calcaire, et une Vierge allaitant l’Enfant du XIVe siècle, en marbre, attribuée au Maître des Madones mosanes. Au centre de la galerie, c'est l'un des chefs-d'œuvre de Donatello, un stiacciato de marbre figurant Le festin d'Hérode en une dizaine de plans successifs sur une épaisseur de un centimètre, qui est exposé. Plus avant, la peinture est représentée par des œuvres du XVe siècle dont une Vierge allaitant entourée de plusieurs saints du Maître de Santa Barbara a Matera, une Mise au tombeau du Christ de Girolamo Marchesi et une Vierge à l’églantine de Sebastiano Mainardi pour les italiens et une représentation de La trinité par Jacomart pour les espagnols.

Salle 4 : Sculpture de la région de Lille, XVe siècle[modifier | modifier le code]

Vierge à l'enfant (fin du XVe siècle), Lille

De petite dimension, la salle présente des sculptures lapidaires de la région de Lille au XVe siècle. Principalement issus de monuments funéraires, on y trouve des pierres tombales et des reliefs votifs parmi lesquels celui du célèbre musicien Guillaume Dufay, dont le nom est inscrit aux angles par rébus, qui mourut l'an du Seigneur 1474, le 17e jour de novembre à Cambrai. Réalisé en pierre de Tournai, il est attribué au tailleur en marbre Alart Génois de Tournay. La salle est occupée en son centre par une grande sculpture de 1,7 mètres de haut en calcaire de Hordain polychromé représentant une magnifique Vierge à l'enfant qui pourrait provenir de l'une des plus anciennes églises de Lille, l'église Saint-Maurice.

Salle 5 : Galerie d'étude[modifier | modifier le code]

Désignée sous le nom de galerie d'étude, c'est un long couloir où sont présentées des pièces de petite ou moyenne dimension des Pays-Bas et d'Angleterre, principalement en bois sculptés ou en albâtre, du XVe siècle et du début du XVIe siècle. En face, un choix de sceaux, médailles et monnaies, tirés des collections numismatiques, est également exposé.

Salle 6 : Retables sculptés, fin du XVe siècle - début du XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Pendant de la salle 4, la salle 6 présente des sculptures en bois et des retables domestiques typiques du matériel religieux des anciens Pays-Bas de la fin du XVe siècle et du début du XVIe siècle. Les pièces proviennent pour l'essentiel des donations Gentil, Ozenfant et De Vicq. Parmi les retables domestiques, on note en particulier une Annonciation, thème inhabituel de facture originale, qui porte sur la face intérieure de ses volets peints, la Nativité à gauche et la Présentation au Temple à droite[30]. Le mur du fond est occupé par une grande crucifixion où le Christ est encadré par le bon et le mauvais larron dont les jambes ont été brisées.

Salle 7 : Peinture et sculpture des anciens Pays-Bas, XVe - XVIe siècles[modifier | modifier le code]

Vue de la salle 7

C'est la galerie de peinture et de sculpture des anciens Pays-Bas du XVe siècle et du début du XVIe siècle. Elle s'ouvre par deux chefs-d'œuvre de Dirk Bouts, L'Ascension des élus et La Chute des damnés, volets d’un triptyque consacré au Jugement dernier dont le centre a été perdu. Le milieu de la salle est occupé par plusieurs retables, dont un triptyque représentant La Vierge à l’Enfant entourée d’anges musiciens et un panneau représentant les Portraits de Barbe de Croesinck et Louis Quarré en donateurs attribués au Maître au feuillage en broderie ainsi que deux triptyques de Jean Bellegambe, le Triptyque de la Trinité de Marchiennes et le Triptyque du Bain mystique. Ce dernier traite du thème de la Fontaine de Vie, la Charité et l’Espérance guidant les hommes vers une fontaine en bronze emplie du sang du Christ[31]. Un triptyque anonyme des Pays-Bas méridionaux, le Triptyque de la Nativité, représentant l'Annonciation, la Nativité et le Massacre des innocents, fait également partie de la série des retables. La galerie s'achève par des œuvres du début du XVIe siècle, dont le Bourreau du Portement de croix du Maître d'Elsloo pour les sculptures et La déploration du Christ du Maître de l'Adoration von Groote, L’Adoration des bergers du Maître de l'adoration de Lille et L’Adoration des mages du Maître M. S., pour les peintures. Ce dernier panneau de grande dimension, probable volet d'un retable, marque déjà le passage du gothique tardif vers l'art de la Renaissance[32].

Salle 8 : Empire germanique, XVe - XVIe siècles[modifier | modifier le code]

Retable de Saint-Georges (vers 1480-1490), Tyrol du sud

La visite s'achève par l'Allemagne de l'Empire Germanique. La salle est organisée autour d'un retable tyrolien monumental de la fin du XVe siècle représentant Saint Georges terrassant le dragon pour libérer Trébizonde agenouillée à l’arrière plan. Les compartiments latéraux sont occupés par saint André et un saint non identifié. La partie supérieure du retable est attribuée au peintre Simon von Taisten tandis que la partie inférieure, représentant le Christ et deux Apôtres, est attribuée aux ateliers de Brixen[33]. Parmi les peintures disposées dans la salle, dont la plupart proviennent des donations Brasseur, on relève en particulier une Vierge en gloire au milieu des Apôtres du Maître de la Passion de Lyversberg, un Calvaire avec un donateur du Maître de la Vie de Marie et une Dérision du Christ de l'école de Lucas Cranach.

Département des peintures du XVIe siècle au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Ce département, installé à l'étage, est le plus important du musée avec plus de 500 tableaux présentés. Il comprend une très importante section de peinture flamande des XVIe et surtout XVIIe siècles, présentée dans les quatre premières salles (Portraits et Maniéristes du Nord ; Anvers - Rubens - Lille ; Tableaux d'autel ; Cabinet flamand), un ensemble de peintures françaises des XVIIe et XVIIIe siècles, présentées dans les salles 5 et 6 (Peinture française du XVIIe siècle ; Chardin et la manière française), un vaste panorama de la peinture française du XIXe siècle, présentée dans les salles 7 à 11 (David, Boilly et le Néo-Classicisme ; Delacroix et le romantisme ; Courbet et le réalisme ; Le Paysage, de Barbizon à l'Impressionnisme ; Symbolisme / Académisme / Esprit de salon), une section de peinture italienne du XVIe au XVIIIe siècle, présentée dans la salle 13, un cabinet de la peinture espagnole, limité mais qui comprend quelques œuvres majeures, présentée dans la salle 14, et une collection hollandaise de peintures du XVIIe siècle, présentée dans la salle 16. Enfin, la salle 17 présente les œuvres de l'Impressionnisme et du Symbolisme et la salle 15 une sélection de peintures du XXe siècle.

Salle 1 : Portraits et maniéristes du Nord[modifier | modifier le code]

La prédication de saint Jean Baptiste, vers 1520-1530, Maître de la Prédication de Lille
Vanité, vers 1535-1540, Jan Sanders van Hemessen

La salle s’ouvre sur Le Concert dans l'œuf d’un suiveur de Jérôme Bosch (après 1560) qui témoigne de la persistance de son style gothique fantastique au XVIe siècle[34]. Il fait face à trois Brueghel le Jeune dont deux, Le Dénombrement de Bethléem et La Prédication de saint Jean-Baptiste sont des copies d’œuvres de son père, Brueghel l'Ancien. Cette dernière est rapprochée de La prédication de saint Jean Baptiste du Maître de la Prédication de Lille (vers 1520-1530), antérieure à l’originale, et qui présente de nombreuses similitudes[35]. Le panneau s’achève par La moisson, d’un suiveur de Brueghel l'Ancien, Lucas van Valckenborch, et deux tableaux à thème religieux de Frans II Francken, Le Christ montant au calvaire et la rencontre de sainte Véronique (vers 1615-1620) et Présentation de la sainte tunique à Charles Quint.

Les portraits sont notamment représentés par un Portrait d’homme (1576) de Frans Pourbus l'Ancien, un Portrait d’homme avec fraise (1591) d’Adriaen Thomas Key, un Portrait de femme à la chaîne d’or (seconde moitié du XVIe siècle) de Dirck Barendsz, un Portrait d'homme associé à un Crâne dans une niche (vers 1550) de Bartholomaeus Bruyn le Vieux[36] et deux grands portraits d’un couple (vers 1550) par un anonyme colonais. Ils font face à deux autres (vers 1520-1540), plus petits, d’un anonyme des Pays-Bas du Nord[37].

Un autre panneau présente l’introduction du goût italien dans les Pays-Bas du Nord avec Course de taureaux à l’antique dans le Colisée (1552) de Maarten van Heemskerck et La résurrection de Lazare (vers 1600) de Joachim Wtewael qui marque un sommet du courant maniériste flamand. Une paroi opposée porte une Sainte famille (vers 1550) de Frans Floris, principal représentant du romanisme flamand. Deux tableaux de Jan Sanders van Hemessen les accompagnent, un Tarquin et Lucrèce (vers 1550) et une extraordinaire Vanité (vers 1535-1540) où un ange aux ailes de papillon porte un miroir dans lequel se reflète le crane d’un personnage qui occupait un volet droit disparu[38].

L’art du paysage est enfin illustré par Le naufrage de Jonas (vers 1600) de Paul Bril, une Vue des Alpes (début XVIe siècle) de Joos de Momper et un grand Paysage avec la tour de Babel, thème biblique récurrent chez les peintres flamands, de Tobias Verhaecht.

Salle 2 : Anvers - Rubens - Lille[modifier | modifier le code]

Descente de Croix, 1616-1617, Pierre Paul Rubens

La pièce majeure, de 4,25 mètres de haut, une Descente de Croix réalisée par Rubens vers 1616-1617 pour la chapelle du couvent des Capucins de Lille, est placée face à l’entrée. Tableau d’autel d’un réalisme frappant, il semble composé pour que le corps du christ soit descendu entre les mains tendues du prêtre qui célèbre l'eucharistie. Il est encadré, de part et d’autre de la salle, par deux autres tableaux d’autel de grande dimension peints par Antoine van Dyck dans sa maturité, après son retour d’Italie en 1627, pour le couvent des Récollets de Lille. A gauche, Le Christ en Croix (vers 1630) qui ornait le maître autel ; à droite, Le Miracle de saint Antoine de Padoue à Toulouse ou Miracle de la mule (vers 1627-1630) peint pour l’autel dédié au saint. Ils sont précédés de deux autres tableaux d’autel réalisés par Rubens. A gauche, Sainte Marie-Madeleine en extase (vers 1619-1620) peint pour l’église des Récollets de Gand ; à droite, Le martyre de sainte Catherine (vers 1615), qui illustre les ultimes préparatifs du supplice, offert à l’église Sainte-Catherine de Lille pour son maître autel par un riche notable lillois.

La salle présente par ailleurs La tentation de sainte Madeleine (vers 1620) de Jacob Jordaens, qui a été, comme van Dyck, un collaborateur de Rubens, dans une réalisation marquée par l’influence du Caravage, Jésus chez Marthe et Marie d’Erasme II Quellin, pour lequel Jan Fyt à réalisé les somptueuses natures mortes du décor, et Sainte Marie Madeleine renonçant aux richesses de ce monde d'Abraham Janssens, lui aussi sous influence italienne.

Salle 3 : Tableaux d’autel[modifier | modifier le code]

La pêche miraculeuse. Les apôtres rapportent au Christ le fruit de leur prise, vers 1630-1635, Gaspard de Crayer

Comme la précédente, la salle témoigne de l’expansion des ordres religieux et du développement de la spiritualité dans les Pays-Bas du Sud au lendemain de la Contre-Réforme. Les tableaux rivalisent de représentations de la Vierge et des Saints en contrepoint du rigorisme protestant hollandais. Un premier panneau porte trois tableaux de suiveurs de Rubens, Le couronnement de la Vierge (première moitié du XVIIe siècle) de Thomas Willeboirts Bosschaert réalisé pour l’église du couvent des Récollets de Lille, L’extase de sainte Rosalie de Palerme de Theodor Boeyermans et Saint Nicolas sauvant les captifs (1660) de Jan Cossiers, qui provient de la chapelle Saint-Nicolas de l’église Saint-Maurice de Lille. Suivent deux tableaux de Gaspard de Crayer, Le martyre des « quatre » couronnés (1642), qui représente les saints patrons des corporations du bâtiment, commanditaires du tableau pour l’église sainte-Catherine de Bruxelles, et La pêche miraculeuse (vers 1630-1635), toile immense peinte pour l’église Saint-Pierre d’Ostende. Viennent ensuite trois toiles de Rubens réalisées pour l’église du couvent des Capucins de Lille, Saint François recevant l’enfant Jésus des mains de la Vierge entouré de Saint François en extase et de Saint Bonaventure (vers 1617-1620). Une dernière pièce monumentale représente Le martyre de saint Maurice et de ses compagnons (1661) par Jan Boeckhorst, élève de Jacob Jordaens, qui ornait le maître autel de l’église Saint-Maurice de Lille.

La salle comprend également un triptyque de plus petite dimension réalisé par Erasme II Quellin, successeur de Rubens comme peintre officiel de la ville d’Anvers, représentant La résurrection du Christ encadré d’un portrait des commanditaires (XVIIe siècle) et un tableau de Jacob Jordaens représentant Le christ et les pharisiens (vers 1660).

Salle 4 : Cabinet flamand[modifier | modifier le code]

Salle 5 : France, XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Salle 13 : Italie XVIe - XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

Salle 14 : Pavillon espagnol[modifier | modifier le code]

Salle 16 : Galerie hollandaise[modifier | modifier le code]

Salle 6 : Chardin et la manière française[modifier | modifier le code]

Salle 7 : David, Boilly et le Néo-Classicisme[modifier | modifier le code]

Salle 8 : Delacroix et le romantisme[modifier | modifier le code]

Salle 9 : Courbet et les Réalismes[modifier | modifier le code]

Salle 10 : Le Paysage, de Barbizon à l’Impressionnisme[modifier | modifier le code]

Salle 11 : Symbolisme, Académisme et esprit de Salon[modifier | modifier le code]

Salle 17 : Galerie Impressionnisme et symbolisme[modifier | modifier le code]

Salle 15 : Galerie du XXe siècle[modifier | modifier le code]

La collection de peintures du XXe siècle, installée dans une galerie ouverte sur l'atrium, présente une brève sélection d'œuvres modernes, figuratives et abstraites, pour l'essentiel de la première moitié du siècle. Parmi les figuratifs, on relève en particulier Olga au col de fourrure (1923) de Pablo Picasso, Les deux femmes au vase bleu (1935) de Fernand Léger et L'apparition de la famille de l'artiste (1935-1947) de Marc Chagall. Les abstraits sont notamment représentés par Rythme couleur 1076 (1939) de Sonia Delaunay, Composition (1950-1969) de Serge Poliakoff et Traits animés (1957) de Frantisek Kupka. Les artistes régionaux sont également présents avec La Loterie foraine (1923) de Marcel Gromaire, L'étable (1933) de Constant Permeke, Composition sur le mot cheval (1948) d'Auguste Herbin, Poêle flamand (1949) d'Edouard Pignon, Théorème de Gödel (1957) de Georges Mathieu, Composition géométrique (1975) d'Yves Millecamps ou Composition d'Eugène Leroy. Tous ne sont cependant pas exposés en permanence.


Département des sculptures[modifier | modifier le code]

Vue de la galerie des sculptures

Le département des sculptures est consacré à la sculpture française de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe siècle. Constituée en premier lieu d'envois de l'Etat au fil des salons, la collection se construit lentement à partir d'œuvres contemporaines. En 1886, elle donne naissance à un musée de sculpture, mêlant célébrités nationales et du Nord de la France, dont le premier directeur est le sculpteur Albert Darcq. A l'ouverture du Palais des beaux-arts en 1892, la collection est présentée dans le hall d'accueil et le reste jusque dans les années 1950. Depuis la fin des années 1990, après la rénovation du Palais, elle dispose d'une galerie dédiée de 500 m² où environ 135 œuvres, choisies parmi un fonds de plus de 450, sont exposées. Quelques œuvres sont également disposées dans le hall d'entrée du musée et dans les salles de peinture du premier étage.

Toutes les formes, de l'esquisse au marbre ou au bronze, et tous les styles, d'Augustin Pajou à Antoine Bourdelle, sont représentés[39]. Parmi les œuvres majeures on relève notamment un buste de Le Fèvre de Caumartin par Jean-Antoine Houdon, le modèle en plâtre du Satyre et bacchante de James Pradier, une série de quatre maquettes préparatoires des bas-reliefs du monument à Gutemberg de Strasbourg par David d'Angers, le buste de Louise Claudel, dite Madame de Massary et le Giganti de Camille Claudel, plusieurs œuvres d'Auguste Rodin dont une Grande Ombre ainsi que des masques et une Pénélope d'Antoine Bourdelle.

Cabinet des arts graphiques[modifier | modifier le code]

Étude pour une tête d'homme de Raphaël

Le Cabinet des Dessins conserve une exceptionnelle collection d’art graphique, riche de plus de 4 000 feuilles : des dessins et des estampes, des écoles italienne, française, allemande, flamande et hollandaise, du XVe au XXe siècle, ainsi que des miniatures, des manuscrits enluminés et des photographies. Le département possède un atelier de restauration d'œuvres graphiques qui assure le suivi et l'entretien du fonds. Il comprend en particulier :

Tout récemment encore, en 2004, le cabinet des arts graphiques a reçu en donation un ensemble de dessins romains du XVIe siècle.

Accessible aux chercheurs, la collection n'est pas exposée de façon permanente, mais fait l'objet d'expositions thématiques occasionnelles et d'une présentation par roulement d'un choix de dessins dans la salle 12, à l'étage du musée. Une partie importante de la collection a été numérisée et peut aussi être visionnée sur ordinateur.

Département de la céramique[modifier | modifier le code]

Vue de la galerie des céramiques

Fondé en 1869 par Jules Houdoy, le musée de céramique compte aujourd'hui plus de 2 500 pièces[41]. Présentée au rez-de-chaussée, la collection consiste en un ensemble de pièces très diversifiées, qui s'étendent du XVIe siècle au début du XIXe siècle. Principalement issue de legs et de donations, elle comprend notamment :

Les objets, sous vitrine, bénéficient d'un éclairage par fibre optique qui met en relief la qualité des matières.

Département des plans-reliefs[modifier | modifier le code]

Le département des plans-reliefs comprend seize maquettes au 1/600ème de villes fortifiées par Vauban au nord du Royaume de France, réalisées pour l’essentiel au cours du XVIIIe siècle. Elles sont présentées en sous-sol, dans une salle spécialement aménagée. La plupart des autres plans-reliefs élaborés en France sont conservés à Paris, au Musée des Plans-reliefs.

Collection numismatique[modifier | modifier le code]

Monnaies et médailles flamandes

La collection numismatique comprend des monnaies, des médailles, et des matrices de sceaux. Les monnaies présentent un ensemble particulièrement remarquable de pièces flamandes et bourguignonnes du Xe au XVe siècle. La collection de médailles, essentiellement constituée des dons du baron Alphonse de Rothschild et des sculpteurs Frédéric Vernon et Hippolyte Lefebvre au tournant du XXe siècle, mais aussi plus récemment de ceux de Jacques et Elizabeth Foucart, comprend notamment des œuvres d'artistes renommés, tels Jules Chaplain ou Oscar Roty.

Conservateur, directeur du Palais des Beaux-Arts[modifier | modifier le code]

Expositions temporaires[modifier | modifier le code]

  • Sésostris III - Pharaon de Légende, du 9 Octobre 2014 au 25 Janvier 2015
  • Fables du Paysage Flamand : Bosch, Brueghel, Bles, Bril, du 06 octobre 2012 au 14 janvier 2013
  • Babel, du 08 juin 2012 au 14 janvier 2013
  • Louis-Léopold Boilly, du 04 novembre 2011 au 06 février 2012
  • L’Homme-paysage. Visions artistiques du paysage anthropomorphe entre le XVIe et le XXIe siècle, du 15 octobre 2006 au 14 janvier 2007
  • Portraits de la pensée, Vélasquez, Ribera, Giordano, du 11 mars au 13 juin 2011
  • Finoglio, un maître du baroque napolitain, du 23 avril au 12 juillet 2010
  • Goya: Les Caprices (1799), du 24 avril au 28 juillet 2008
  • Philippe de Champaigne, du 27 avril au 15 août 2007 (1re rétrospective mondiale du peintre)
  • Rubens, du 6 mars au 14 juin 2004 (exposition dans le cadre de Lille 2004)
  • Carolus-Duran, du 9 mars au 9 juin 2003
  • Berthe Morisot, du 10 mars au 9 juin 2002 (1re rétrospective européenne depuis 1961)
  • Francisco de Goya, du 15 décembre 1998 au 14 mars 1999

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hervé Oursel, Le musée des Beaux-Arts de Lille, éditions Dessain et Tolra, 1984 (ISBN 9782249276644)
  • Alain Tapié, Marie-Françoise Bouttemy, Annie Castier, et Dominique Delgrange, Le Palais des Beaux-Arts de Lille, éditions Réunion des musées nationaux, 2006 (ISBN 2-7118-5222-9)
  • Isabelle Warmoes, Les Plans en relief des places fortes du Nord : dans les collections du Palais des Beaux-Arts de Lille, Paris, Somogy, 2006 (ISBN 2-85056-838-4)
  • Barbara Brejon de Lavergnée et Frédérique Lemerle, Catalogue des dessins italiens : Collection du Palais des Beaux-Arts de Lille, aux éditions Réunion des musées nationaux, 1997 (ISBN 2-7118-3392-5)
  • Annie Castier, Catalogue des céramiques du palais des Beaux-Arts de Lille, I.A.C., 2008 (ISBN 291637308X)
  • Michèle Moyne (dir.), Palais des Beaux-Arts de Lille : Catalogue sommaire des sculptures, médaillons, moulages des XVIIIe et XIXe siècles, RMN, 2009 (ISBN 978-2-7118-5576-6)

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00107719 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Marc Fumaroli, The birth of the modern museum, in Masterworks from the Musée Des Beaux-arts, Lille, Metropolitan Museum of Art, 1992, p. 20 et 21
  3. a et b Vera Dupuis, ‘’Lille, Palais des Beaux-Arts. L’esprit du lieu’’, nouvelles éditions Scala, 2014, p. 4
  4. a et b Jules Lenglart, Catalogue des tableaux du musée de Lille, Imprimerie Lefebvre-Ducrocq, 1863
  5. Vera Dupuis, ‘’Lille, Palais des Beaux-Arts. L’esprit du lieu’’, nouvelles éditions Scala, 2014, p. 5
  6. a, b et c Edouard Reynart, Notice des tableaux, bas-reliefs et statues exposés dans les galeries du musée des tableau de Lille, 1862
  7. Le nombre d'œuvres passe de 188 en 1841 à 715 en 1875.
  8. Vera Dupuis, ‘’Lille, Palais des Beaux-Arts. L’esprit du lieu’’, nouvelles éditions Scala, 2014, p. 13
  9. La patrimoine des communes du Nord, Tome II, Flohic, pages 1018 et 1019
  10. Vera Dupuis, ‘’Lille, Palais des Beaux-Arts. L’esprit du lieu’’, nouvelles éditions Scala, 2014, p. 16
  11. Plus de 70 obus ont endommagé les salles.
  12. Lauréat de l'Équerre d'argent en 1997
  13. La réouverture du Palais des beaux-arts de Lille, Museum International N° 198 (Vol L, n° 2, 1998), p. 60 et 61
  14. Masterworks from the Musée des Beaux-Arts, Lille , catalogue en ligne de l'exposition sur le site du Metropolitan Museum
  15. Classement général 2009, Le Journal des Arts - n° 305 - 12 juin 2009.
  16. Le Nord se dinstingue avec ses musées, 20 minutes, 28 juin 2012.
  17. Pierre Bastien, Catalogue des monnaies d'or flamandes (collection Vernier), Société de numismatique du Nord de la France, 1958
  18. Dominique Delgrange, Collection Victor Delattre. Matrices de sceaux, Conférence donnée à la Société d’émulation de Cambrai le 22 septembre 2005
  19. Assemblée Nationale, 2° séance du 30 avril 1986, Questions au gouvernement, Plans-reliefs, p.637 sur le site de l'Assemblée Nationale
  20. Restauration des plans reliefs Question écrite n° 03502 de M. Josselin de Rohan et Réponse du ministère de la Culture publiée dans le JO Sénat du 20/04/1989 - page 628 sur le site du Sénat
  21. Annie Scottez-De Wambrechies, Hervé Oursel, Le Chevalier Wicar : peintre, dessinateur et collectionneur lillois, Volume 3 de Grands noms, grandes figures du Musée de Lille, Musée des beaux-arts de Lille, 1984
  22. Musée des beaux-arts de Lille, La Collection d'Alexandre Leleux, Numéro 7, Volume 1 de Grands noms, grandes figures du Musée de Lille, Musée des beaux-arts de Lille, 1974
  23. Hervé Oursel, Annie Castier, Françoise Gaultier, Donation d'Antoine Brasseur, Volume 2 de Grands noms, grandes figures du Musée de Lille, Musée des beaux-arts de Lille, 1981
  24. Catalogue des tableaux du musée de Lille, imprimerie Lefebvre-Ducrocq, Lille, 1893, p. 376
  25. Auguste Ozenfant, Catalogue de la collection d'objets d'art et de curiosités composant le Musée Jules de Vicq, Imprimerie Lefebvre-Ducrocq, Lille, 1887
  26. Marcel Nicolle, Catalogue des objets d'art et de curiosité composant la donation Ozenfant, Imprimerie Lefebvre-Ducrocq, 1894
  27. Henry Pluchart, Notice des dessins, cartons, pastels, miniatures et grisailles exposés / ville de Lille, Musée Wicar ; précédés d'une introduction et du résumé de l'Inventaire général, imprimerie de A. Massart, Lille, 1889
  28. Jacques Verhaselt, Edouard Van Hende Numismate lillois sur numisnord
  29. Donation Laporte-Pellegrin Passion de la collection, guide de visite, Palais des beaux-arts de Lille, 2009
  30. L'Annonciation, notice sur Musenor
  31. Le Bain mystique , notice sur Musenor
  32. L'Adoration des Mages, notice sur Musenor
  33. Retable de saint Georges, notice sur Musenor
  34. Le Concert dans l'œuf, notice sur Musenor
  35. Prédication de saint Jean Baptiste, notice sur Musenor
  36. Portrait d'homme, crâne dans une niche, notice sur Musenor
  37. Portrait d’homme ; Portrait de femme, notice sur Musenor
  38. Vanité, notice sur Musenor
  39. Jacques Foucart, La sculpture du XIXe au musée de Lille : un nouveau catalogue, La Tribune de l'Art, 16 décembre 2009
  40. Ville de Lille, Catalogue des dessins et objets d'art légués par J-B Wicar, Lille, 1836
  41. Annie Castier, Catalogue des céramiques du Palais des beaux-arts de Lille, IAC, 2008

Liens externes[modifier | modifier le code]

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