Giulio Romano

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Giulio Romano

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Gravure de Jean-Louis Potrelle d'après un autoportrait.

Nom de naissance Rome
Naissance vers 1499
Décès 1er novembre 1546
Mantoue
Activités Peinture
Maîtres Raphaël

Giulio Pippi de’ Jannuzzi, dit Giulio Romano et connu aussi en France sous le nom francisé de Jules Romain (né à Rome vers 1499 et mort à Mantoue le 1er novembre 1546) est un peintre, architecte et décorateur italien du XVIe siècle, l'un des premiers artistes maniéristes de la Renaissance et l'élève favori de Raphaël.

Biographie[modifier | modifier le code]

À Rome, alors qu'il travaille dans l'atelier de Raphaël, Giulio Romano exécute la plus grande partie des fresques des loggias du Vatican (d'après les dessins de son maître), dans les stanze du Vatican, un groupe de figures faisant partie de la fresque dite de L'Incendie de Borgo, et l'essentiel des compositions de la chambre dite de Constantin. Il collabore aussi à la décoration du plafond de la villa Farnesina. Il hérite, avec Giovan Francesco Penni, de l'atelier de Raphaël à la mort de celui-ci en 1520, et achève les compositions non terminées de ce dernier, en particulier son Couronnement de la Vierge (dit Madonna di Monteluce, commandé dès 1503) et sa Transfiguration (commencé par Raphaël en 1518).

Après le sac de Rome de 1527 et la mort du pape Léon X, recommandé par Baldassare Castiglione, Giulio rejoint la ville de Mantoue, où il passe le restant de sa carrière et bénéficie du mécénat de la famille Gonzague. Le marquis Frédéric II lui commande le Palais du Te, que Giulio réalise de 1526 à 1534 tant pour la peinture que l'architecture.

Cette résidence princière devient rapidement un modèle du genre pour l'art maniériste, avec l'utilisation, pour la première fois, d'une architecture à colonnes baguées à bossages, ainsi que la construction, en dehors de Rome, d'un nymphée dans le jardin. Les façades extérieures jouent aussi sur l'emploi d'un ordre dit rustique avec ses effets bosselés et un jeu sur les ruines en simulant l'écroulement de certaines parties. À l'intérieur, Giulio et son atelier peignent à fresque les murs de motifs illusionistes souvent antiquisants, notamment un Banquet de Psyché et un putti urinant plein d'humour, ou une monumentale Lutte des géants et des dieux qui met en scène le combat mythologique avec de vigoureux effets de raccourcis.

Le roi François Ier appelle Giulio à travailler pour la cour de France, mais c'est finalement l'un de ses collaborateurs sur le chantier du Palais du Te, Le Primatice, qui répond à cet appel et devient l'un des principaux protagonistes de l'école de Fontainebleau aux côtés de Rosso.

L'activité de Giulio Romano comporte aussi nombre de dessins, dont une suite érotique, gravée par Marcantonio Raimondi, connue sous le nom de I Modi (que l'on peut traduire par Les Positions). Ces estampes servirent d'illustrations aux Sonnets luxurieux de Pierre l'Arétin, évoquant, avec un langage très cru, le désir et les pratiques sexuelles.

Son art devient plus austère vers la fin de sa carrière, à tendance antiquisante marquée comme les travaux de sa propre maison, ou plus lourde comme les fresques de la cathédrale de Vérone.

Il meurt à Mantoue, y ayant créé l'un des centres les plus brillants du maniérisme.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Madonna col Bambino e san Giovannino (ca 1516), huile sur panneau, 29 cm × 25 cm, Paris, musée du Louvre.
  • La Sacra Famiglia (ca 1518), huile sur panneau, 147,4 cm × 116 cm, Madrid, musée du Prado.
  • Madonna col Bambino e san Giovanni Battista (ca 1518-1523), huile sur panneau, Édimbourg, National Gallery of Scotland.
  • Santa Maria Maddalena sostenuta dagli angeli (ca 1520-1521), huile sur toile, 165,1 cm × 236,2 cm, Londres, National Gallery.
  • Madonna col Bambino (1520-1522), huile sur panneau, 195 cm × 77 cm, Florence, Galerie des Offices.
  • Sacra Famiglia (ca 1520-1523), huile sur panneau, Los Angeles, J. Paul Getty Museum.
  • I simboli degli Evangelisti (ca 1520-1525), huile sur panneau, 22 cm × 22 cm, Vienne, Kunsthistorisches Museum.
  • Cristo in gloria, la Vergine, san Giovanni Battista e santi (1521-1522 ca)), huile sur panneau, 134 cm × 98 cm, Parme, Galleria Nazionale.
  • Madonna col Bambino (1522-1523), huile sur panneau, 37 cm × 30,5 cm, Rome, Galerie nationale d'art ancien.
  • Madonna col Bambino e sant'Anna (Madonna della Gatta) (1523 ca), huile sur panneau, 171 cm × 143 cm, musée Capodimonte de Naples.
  • Donna allo specchio (1523-1524), huile sur panneau transposée sur toile, 111 cm × 92 cm, Moscou, musée Pouchkine.
  • Due amanti (1523-1524 ca), huile sur panneau transposée sur toile, 163 cm × 337 cm, Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage.
  • Sainte Marguerite (ca 1528), huile sur panneau, 185 cm × 117 cm, musée du Louvre, Paris.
  • Nascita di Bacco (ca 1530), huile sur panneau, Los Angeles, J. Paul Getty Museum.
  • Adorazione dei pastori e santi (1532-1534), huile sur panneau, 275 cm × 212 cm, musée du Louvre, Paris
  • Plutone sul carro (ca 1532-1536), huile sur toile, 92 cm × 62 cm, Vienne, Kunsthistorisches Museum.
  • Trionfo di Tito e Vespasiano (1537), huile sur panneau, 120 cm × 70 cm, musée du Louvre, Paris.
  • Jupiter et Thétis (v.1527-1530), palais du Te, Mantoue.
Quelques œuvres.

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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