Musée des Plans-reliefs

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Plan-relief de 1681 du château d'If, conservé au Musée des plans-reliefs.

Le Musée des Plans-reliefs présente une collection unique au monde de plans-reliefs des places fortes qui date, pour l'essentiel, du XVIIe siècle au XIXe siècle. Il est situé à l'Hôtel des Invalides dans le 7e arrondissement de Paris.

La collection est constituée en 1668 à l'initiative de Louvois ministre de la guerre de Louis XIV. La première maquette à être exécutée fut celle de Dunkerque. Elle fut rapidement suivie par celles d'Ath et de la citadelle de Lille. À l'échelle unique de 1 pied pour 100 toises, c'est-à-dire approximativement du 1/600e depuis 1680, elles constituent un témoignage de l'état de ces villes ou forteresses à cette époque. Selon l'inventaire dressé par Vauban en 1697, la collection, installée au palais des Tuileries, comportait 144 plans-reliefs, représentant 101 sites fortifiés. Au départ, ils n'étaient destinés à être vus que par le roi et son état-major. Des maquettes réalisées sous louis XIV, il n'en subsiste que trente.

En 1700, la collection déménagea vers le Palais du Louvre, où elle fut installée le long de la galerie du Bord-de-l'Eau. Les maquettes commencèrent à être considérés comme des objets d'art, dont l'accès était accordé, moyennant autorisation, à des visiteurs triés sur le volet. En 1776-1777, la collection fut installée dans les combles de l'Hôtel des Invalides. Le déménagement entraîna la destruction de certaines maquettes. De nombreuses autres, ayant été endommagées, firent l'objet de réparations.

Par la loi du 10 juillet 1791, les plans-reliefs furent confiés au comité des fortifications et continuèrent à relever du Ministère de la Guerre. En 1794, on créa un nouveau plan, celui de Toulon, destiné à commémorer le siège de Toulon par les Anglais en 1793. C'est également à partir de 1794 que la collection fut ouverte une fois par an au public pendant un mois. Il en fut ainsi jusqu'en 1914.

De nouveaux plans-reliefs furent créés sous Napoléon. En 1814, lors de l'occupation de Paris par les alliés à la suite de la chute du Premier Empire, les Prussiens mirent la mains sur 17 plans-reliefs représentant des sites du Nord et de l'Est, qui furent transportés à Berlin. Ils furent considérablement endommagés lors des bombardements de la ville pendant la Seconde Guerre mondiale. Seul le plan de Lille fut jugé digne d'être récupéré par les autorités françaises en 1948. On ne sait pas ce qu'il est advenu des autres.

Quelques plans furent encore réalisés au XIXe siècle, mais en 1870, le Ministère de la guerre jugea que l'évolution de l'art de la guerre rendait ce type de fortifications obsolètes. La collection fut dès lors rattachée au Service géographique de l'armée et on se borna à entretenir les maquettes existantes.

Si 260 plans-reliefs ont été créés entre 1668 et 1870, représentant 150 sites fortifiés, les vicissitudes de l'histoire ont entraîné la disparition ou la destruction de bon nombre d'entre eux..

La collection fut classée Monument historique le 22 juillet 1927 et le musée ouvert en 1943. Le musée conservait une centaine de plans reliefs. En 1984, on décida de transférer le musée à Lille, mais le ministre de la Culture, François Léotard interrompit le déménagement en 1986. Quinze maquettes de villes fortifiées par Vauban au nord du Royaume de France ont été confiées en dépôt au Palais des beaux-arts de Lille dans les années 1990. 28 plans-reliefs sont actuellement exposés.


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