Berthe Morisot

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Berthe Morisot
Madame Eugène Manet

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Berthe Morisot par Édouard Manet (1870)

Nom de naissance Berthe Morisot
Naissance
Bourges
Décès (à 54 ans)
Paris
Activités peintre
Mouvement artistique Impressionnisme

Œuvres réputées

Vue du petit port de Lorient, Le Berceau, Eugène Manet à l'île de Wight, Le Port de Nice, Roses trémières, Le Psyché, Le Flageolet, Julie et son lévrier, L'Hortensia, Autoportrait avec Julie

Berthe Morisot (née le à Bourges - morte le à Paris) est une artiste-peintre française, membre fondateur et doyenne du mouvement d'avant-garde que fut l'Impressionnisme[1].

Elle représente l'élément féminin du groupe impressionniste, respectée par ses camarades et admirée. À sa table, se réunissent son beau-frère Édouard Manet qui est le plus mondain, Edgar Degas, le plus ombrageux, Pierre-Auguste Renoir, le plus sociable, et Claude Monet le plus indépendant du groupe. Stéphane Mallarmé l'introduit auprès de ses amis écrivains[2].

Les étapes de la carrière de Berthe Morisot ne sont pas très marquées car elle a détruit toutes ses œuvres de jeunesse. C'est à peine si l'on discerne une influence d'Édouard Manet ou de Pierre-Auguste Renoir vers la fin de sa vie[2]. Après sa mort, la galerie Durand-Ruel a organisé une rétrospective de ses peintures, aquarelles, pastels, dessins et sculptures : il y avait plus de quatre cents pièces[2].

En 1983, Elizabeth Kennan, rectrice du Mount Holyoke College et C. Douglas Lewis, conservateur du département de sculptures de la National Gallery of Art admirent la peinture de Berthe Morisot et ils décident, pour célébrer le cinquantième anniversaire de la création du Mount Holyoke College, d'organiser une grande rétrospective des œuvres de l'artiste à la National Gallery of Art, car les quatre principaux mécènes du college ont été parmi les premiers à collectionner les œuvres de Berthe Morisot[3],[note 1]. Ils ont été les pionniers d'une reconnaissance qu'on ne lui accordait pas, sans doute par sexisme, selon Sophie Monneret, car les femmes-peintres ont une place restreinte dans les musées, mais depuis quelques années, on constate une forme de réhabilitation de Berthe Morisot. La Fondation Gianadda de Martigny a accueilli en 2002 une grande exposition de ses œuvres[4]. Le musée Marmottan lui a consacré une grande rétrospective de mars à août 2012. C'était la première rétrospective qu'on lui accordait à Paris depuis près de cinquante ans.

Berthe Morisot était une « rebelle ». Tournant le dos très jeune à l'enseignement académique du peintre lyonnais Chocarne, elle a fondé avec Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley, Camille Pissarro, Edgar Degas le groupe d'avant-garde les « Artistes Anonymes Associés », qui allait devenir la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs regroupant des impressionnistes. Sa volonté de rupture avec les traditions, la transcendance de ses modèles, et son talent ont fait d'elle « la grande dame de la peinture » selon Anne Higonnet [5].

Biographie[modifier | modifier le code]

La famille[modifier | modifier le code]

Berthe Morisot au soulier rose peinte par Édouard Manet en 1872, Hiroshima Museum of Art
Edma Morisot lisant par Berthe Morisot (1867) Cleveland Museum of Art.
Madame Théodore Gobillard, née Yves Morisot peinte par Edgar Degas en 1869, Metropolitan Museum of Art.

Berthe Morisot naît à Bourges où son père, Edmé Tiburce Morisot, est préfet du département du Cher. La mère de Berthe est l'arrière-petite-nièce du peintre Jean Honoré Fragonard[2]. La famille s'installe définitivement à Paris en 1852.

Berthe avait deux sœurs. L'une, Yves, 1838-1893, devint plus tard Madame Théodore Gobillard, peinte par Edgar Degas sous le titre Madame Théodore Gobillard, Metropolitan Museum of Art, huile sur toile, 54,3 × 65,1 cm[6]. Yves est bien le prénom de la jeune fille[7]. Sa deuxième sœur, Edma, 1839-1921, pratiquait la peinture avec Berthe dont elle a fait le portrait en 1865 (collection privée)[8],[9]. Les deux sœurs exposèrent ensemble pour la première fois au Salon en 1864[10], mais Edma abandonna ses pinceaux aussitôt après son mariage avec un officier de marine de Cherbourg. Les sœurs Morisot avaient aussi un frère, Tiburce, dont on ne connaît rien d'autre que la date de naissance (1848) et qu'on confond avec son père également prénommé Tiburce. C'est le père qui rapporte les propos enflammés que Joseph Guichard tenait à son épouse sur le talent de ses filles « Avec des natures comme celle de vos filles, ce ne sont pas des petits talents d'agrément que mon enseignement leur procurera ; elles deviendront des peintres. Vous rendez-vous bien compte de ce que cela veut dire ? Dans le milieu de la grande bourgeoisie qui est le vôtre, ce sera une révolution, je dirais presque une catastrophe. Êtes-vous bien sûre de ne pas me maudire un jour ? »[11].

C'est en effet la mère des sœurs Morisot qui leur avait offert des leçons de peinture pour faire une surprise à son mari qui, lui-même, avait étudié l'architecture et était amateur d'art. Le père venait d'être nommé à la Cour des Comptes, mais selon les souvenirs rapportés par Tiburce, le jeune frère de neuf ans, l'enseignement de Geoffroy-Alphonse Chocarne, dans le style néo-classique, ne plaisait pas du tout aux jeunes filles. Et comme l'École des beaux-arts n'était pas ouverte aux femmes, Madame Morisot trouva un autre professeur, Joseph Guichard, dont Edma et Berthe apprécièrent beaucoup l'enseignement[7].

Cependant, après avoir rencontré les copistes au Louvre, notamment Fantin-Latour qui s'enthousiasmait pour Horace Lecoq de Boisbaudran et ses méthodes originales, Edma et Berthe demandèrent à Guichard des leçons de peinture en plein air. Guichard les confia au paysagiste Achille Oudinot, qui les confia à son tour à son ami Jean-Baptiste Camille Corot[12].

La famille Morisot loua une maison à Ville-d'Avray, pendant l'été, pour que les jeunes filles puissent peindre auprès de Corot, qui devint bientôt un familier de leur domicile parisien rue Franklin[2]. Comme il était opposé à toute forme d'enseignement traditionnel, on ne sait pas si Corot donna souvent des leçons aux jeunes filles, et dans quel lieu[13]. On remarque néanmoins que Berthe tient de lui sa palette claire et son goût pour les traces apparentes de pinceaux, ou pour les petites études de paysages[14].

Premières expositions[modifier | modifier le code]

Paysage (aquarelle), 1867, nouvelle étude de Chaumière en Normandie (1865) par Berthe Morisot
Vue du petit port de Lorient, 1869, par Berthe Morisot

En 1863, il y eut un phénomène qui devait marquer l'histoire de l'art : le Salon de peinture et de sculpture accepta les toiles de Corot. Mais il refusa un si grand nombre d'artistes parmi les cinq mille qui présentaient des œuvres[15], et cela créa un tel scandale, que l'empereur ouvrit un autre Salon : le Salon des refusés[16].

Cette agitation n'empêchait pas les sœurs Morisot de préparer leur premier envoi au Salon de 1864. Les Morisot louèrent une ferme dans un village de l'Oise nommé « Le Chou », près d'Auvers-sur-Oise où Edma et Berthe furent présentées à Charles-François Daubigny, Honoré Daumier, Émile Zola[2]. Pour son premier envoi, Berthe fut admise au Salon avec Souvenir des bords de l'Oise et Un vieux chemin à Auvers, Edma avec une scène de rivière à la manière de Corot[17]. Deux critiques d'art remarquèrent les tableaux des sœurs et notèrent l'influence de Corot, mais on leur accorda peu d'attention[18].

L'année suivante, l'envoi de Berthe au Salon de 1865 fut remarqué par Paul Mantz, critique d'art à la Gazette des beaux-arts, qui y voyait : « beaucoup de franchise et de sentiment dans la couleur et la lumière[2] », appréciation qui contraste avec celle qu'il va porter en 1881 sur la peinture lorsqu'elle montrera plus d'audace dans son style[19]. Il est vrai que jusqu'en 1867, Berthe présentait encore des œuvres qui ne dérangeaient pas[20] comme La Brémondière, scène de rivière aujourd'hui disparue. Il reste un de ses premiers chefs-d'œuvre Chaumière en Normandie (huile sur toile, 54,3 × 65,1 cm, collection particulière) où son talent éclate dans la manière de strier la toile de troncs d'arbres pour faire apparaître en arrière-plan des vues d'une chaumière[8].

Au Louvre, les deux sœurs ont rencontré Édouard Manet avec les copistes. Les parents Morisot donnaient des soirées où ils rencontraient les Manet. Madame Manet-mère donnait également des soirées où elle recevait les Morisot, et tout ce monde se retrouvait encore aux soirées de Monsieur de Gas (père d'Edgar Degas) où étaient présents Charles Baudelaire, Emmanuel Chabrier, Charles Cros, James Tissot, Pierre Puvis de Chavannes[21]. Cette bourgeoisie d'avant-garde était alors très mondaine. On apprit par Madame Loubens (surtout connue pour le portrait que Degas a fait d'elle [22]) que Degas avait été amoureux d'Edma, et que Manet avait exprimé son admiration pour le travail de cette même jeune fille. Le salon des Morisot était fréquenté par un nombre croissant de célibataires, parmi lesquels se trouvait Jules Ferry auquel Tiburce Morisot dénonça les dangers du baron Haussmann et ses projets urbains grandioses[23]. Les deux sœurs avaient confié des toiles au marchand Alfred Cadart, dont elles attendaient beaucoup et qui se révéla décevant[24] mais Madame Morisot s'inquiétait moins, désormais, pour la carrière de ses filles que pour le choix de leurs époux : Yves venait d'épouser en 1866 Théodore Gobillard, un fonctionnaire mutilé d'un bras pendant la campagne du Mexique. Edma épousa deux ans plus tard Adolphe Pontillon, officier de marine, ami de Manet, avec lequel elle partit pour la Bretagne[21].

Après avoir passé un dernier été avec ses deux sœurs en Bretagne, chez Edma, Berthe commença une carrière indépendante. Elle peignit une vue de la rivière de Pont-Aven à Rozbras, exposée l'année suivante au Salon de 1868, avec les toiles d'Edma, qui exposait encore. La plupart des critiques -sauf Émile Zola, ardent défenseur de Manet- négligèrent les œuvres de Berthe et Edma Morisot, cette année-là. À cette époque, le mépris pour les femmes-peintres atteignait des sommets, et Manet écrivait à Fantin-Latour « Je suis de votre avis, les demoiselles Morisot sont charmantes, c'est fâcheux qu'elles ne soient pas des hommes. Cependant, elles pourraient, comme femmes, servir la cause de la peinture en épousant chacune un académicien et en mettant la discorde dans le camp de ces gâteux »[25].

Mais Berthe poursuivit sa carrière. En 1869, elle ramena d'une visite à sa sœur une Vue du petit port de Lorient, huile sur toile, 43 5 × 73 cm, National Gallery of Art[26].

L'encombrant ami Manet[modifier | modifier le code]

La Lecture (intitulé aussi : Madame Morisot et sa fille, Madame Pontillon) (1869-1870)

De Lorient, en 1869, Berthe rapporta une toile représentant Edma, intitulée Jeune femme à sa fenêtre (Madame Pontillon), huile sur toile 54,8 × 46,3 cm, National Gallery of Art[27]. Berthe adoptait là un style qui rappelait une scène de genre d'Alfred Stevens, tout en faisant preuve d'une bien plus grande liberté. Manet venait alors de commencer une toile semblable de plus grand format, et il éprouvait les plus grandes difficultés à traiter le visage de son modèle Eva Gonzalès, qui s'était également mise en tête de devenir son élève : Manet s'y reprit trente fois[28]. Frustré, il s'acharnait sur le petit portrait d'Edma souhaitant que Berthe le retravaillât[28]. Mais il en faisait les plus grands éloges[29]. Le tableau fut d'ailleurs admis au salon de 1870 en même temps qu'un autre tableau de Berthe, de plus grand format, représentant Madame Morisot-mère et Edma, intitulé Madame Morisot et sa fille, Madame Pontillon, également intitulé La Lecture, huile sur toile, 1869-1870, 101 × 81,8 cm, National Gallery of Art. Manet était intervenu à outrance sur ce tableau, ce qui déplut à Madame Morisot-mère qui écrivait le 20 mars 1870 : « Pour mon compte, je trouvais atroce les améliorations que Manet avait fait subir à ma tête. Le voyant dans cet état, Berthe me disait qu'elle préférait le voir au fond de la rivière plutôt que d'apprendre qu'il était reçu[30]. » Berthe n'appréciait pas les interventions du peintre sur cette toile qu'elle retoucha discrètement avant de l'envoyer au salon[30]. Il semble que les critiques aient été au courant des interventions excessives de Manet, raison pour laquelle ils gardèrent un silence discret, ce qui irrita Manet. Berthe ne lui tint pas rigueur de cet épisode et leur amitié resta intacte[31]. Manet avait une tendance à s'approprier Berthe, qu'il avait déjà fait poser pour son tableau Le Balcon et qu'il choisit souvent comme modèle, notamment juste après ses fiançailles avec Eugène Manet et juste après leur mariage en 1874[32]

Le , éclatait la Guerre entre la France et la Prusse. Les frères Manet[note 2], Degas, Félix Bracquemond et d'autres artistes, étaient engagés dans la Garde Nationale. Berthe accepta de partir pour Saint-Germain-en-Laye avec sa mère, mais après avoir rejoint Edma à Cherbourg où elle peignit, elle refusa de quitter la France et revint à Paris quelques mois plus tard [21] alors que les combats s'intensifiaient autour de Paris et que la santé de la jeune fille était mise à rude épreuve. Berthe cessa de peindre pendant un temps. De Cherbourg, elle avait rapporté Le Port de Cherbourg, 1871, huile sur toile 41,9 × 55,9 cm, collection particulière[33], Femme et enfant assis dans un pré, 1871 , aquarelle sur papier 21 × 24 cm[34], Au Bord de la forêt, 1871 aquarelle sur papier 19,1 × 22 cm[35].

Évolution de la femme-peintre[modifier | modifier le code]

Influence et échanges Morisot-Manet[modifier | modifier le code]

Femme et enfant au balcon 1872 par Berthe Morisot

Il y eut ensuite un chassé-croisé d'influences mutuelles, d'emprunts parfois imperceptibles, de Manet à Morisot et inversement. Entre 1871 et 1872, Berthe réalisa un tableau représentant sa sœur, Yves Gobillard, avec sa fille, Bichette, sous le titre Femme et enfant au balcon, huile sur toile 60 × 50 cm, collection particulière[36]. Yves est de profil et l'enfant, de dos, tourné vers Paris, reprend une idée que Berthe avait déjà traitée dans une des aquarelles de Cherbourg : Femme et enfant assis dans un pré 1871, où l'enfant a également le dos tourné. L'année suivante Manet reprit la silhouette de l'enfant vue de dos, qui regarde au loin, à travers une grille dans son Chemin de fer, huile sur toile 1872-1873, 93 × 114 cm, National Gallery of Art [37] mais la balustrade verte de Berthe Morisot rappelle celle du Balcon de Manet.

Berthe aimait tant son tableau qu'elle en fit une copie à l'aquarelle 20,5 × 16,4 cm, Art Institute of Chicago[38]. Le personnage de dos apparaît souvent dans les toiles de Berthe. Par ce procédé, elle donnait aux portraits de famille un aspect moins affecté, qui inaugurait un nouveau genre déjà expérimenté avec la toile Intérieur, 1871, 60 × 73 cm[39]. La femme de profil au premier plan voit l'enfant écarter le rideau de la fenêtre, mais la lumière du jour est si forte que toutes les formes sont dissoutes[40], ce qui lui vaudra d'être refusé au Salon de 1872.

La même année, Berthe réalisa Vue de Paris des hauteurs du Trocadéro, huile sur toile 46,1 × 81,5 cm, Santa Barbara Museum of Art, Californie[41]. Mais elle n'était pas contente de son travail car elle écrivit à Edma que « (...) comme arrangement, cela ressemble à du Manet. Je m'en rends compte et je suis agacée[42] », faisant allusion au tableau que Manet peignit pendant l'exposition universelle de 1867 : Vue de l'exposition universelle de 1867, huile sur toile 46,1 × 81,5 cm, Nasjonalgalleriet, Oslo[43]

L'atelier de Berthe à Passy avait été endommagé par la guerre. Elle cessa de peindre un temps et préféra poser pour Manet qui, déprimé par la guerre, n'arrivait plus à travailler[44]. De cette période date Berthe Morisot au chapeau noir, 1872, 22 × 27 cm, collection particulière.

Au début de l'année 1872, par l'intermédiaire d'Alfred Stevens, le marchand Paul Durand-Ruel vint dans l'atelier de Manet et lui acheta vingt deux toiles. Au début juillet, Berthe demanda à Manet de montrer un de ses paysages de bord de mer à Durand-Ruel qui acheta : L'Entrée du port de Cherbourg, huile sur toile, 35 × 41 cm, Musée Léon-Alègre, Bagnols-sur-Cèze[45], et trois aquarelles de Berthe dont La Jeune fille sur un banc (Edma Pontillon), 1972, 24 × 15,1 cm, National Gallery of Art, puis en 1873, Vue de Paris des hauteurs du Trocadéro qu'il revendit à un prix respectable à Ernest Hoschedé négociant et collectionneur[46].

Peu à peu, Berthe allait s'écarter des couleurs sombres de Manet pour adopter des couleurs de plus en plus claires.

Maîtrise de l'art[modifier | modifier le code]

Le Berceau, 1873, Musée d'Orsay

La Chasse aux Papillons, 1874, musée d'Orsay

La maîtrise de Berthe commençait à subjuguer ses camarades qui la reconnaissaient comme une artiste à part entière, en particulier Edgar Degas[47]. Elle commençait à se détacher des couleurs un peu sombres pour adopter des tons de plus en plus clairs, qu'elle tenait de Corot. Parfois ses couleurs étaient éclatantes comme sur la toile Intérieur que le jury du salon de 1872 refusa, ce qui indigna Puvis de Chavannes. Manet qui suivait toujours de très près le travail de Berthe se laissa peu à peu influencer par les teintes claires de La Petite fille aux jacinthes, pastel, 1872, de Jeune fille assise sur un banc (Edma Pontillon), 1872, et du Berceau, 1872, huile sur toile 56 × 46 cm, musée d'Orsay envoyé au salon de 1872[47].

Le Berceau marque une étape dans l'évolution de Berthe : « La façon dont Berthe peint cette enfant avec des blancs détrempés, des gris frottés et des petits points roses parsemés sur le bord du tissu suppose un pinceau extraordinairement libre qui contraste avec les traits nettement dessinés de la mère[48]. »

C'est de cette époque que date le plein épanouissement de Berthe qui allait souvent s'installer dans la propriété de sa sœur à Maurecourt dans l'Oise pour travailler. Son style évolue notablement : « (…)son extraordinaire sensibilité artistique est exprimée avec une extrême délicatesse de touches, et une brosse rapide, art que l'on peut rapprocher de celui de la fugue, et qui semble faire naître de la lumière même les personnages inscrits dans le paysage. La Chasse aux papillons, 1874, huile sur toile, 46 × 56 cm musée d'Orsay, Cache-cache, 1873, huile sur toile 45,1 × 54,9 cm, collection privée, montrent la maîtrise parfaite de l'expression plastique où les influences de Corot et de Manet sont à la fois assimilées et transcendées[47]. » De cette époque naîtront des œuvres comme : Madame Boursier et sa fille 1873, huile sur toile, 74 × 52 cm, Brooklyn Museum[49], Sur la pelouse, 1874, pastel, 73 × 92 cm, musée du Petit Palais, Paris[50], Sur la plage, 1873, huile sur toile 24,1 × 50,2 cm, Virginia Museum of Fine Arts, Richmond (Virginie)[51].

À l'été 1874, Berthe passa ses vacances à Fécamp avec Edma, ses enfants, et des amis de la famille qui posèrent pour elle. En vacances non loin de là, Eugène Manet, âgé de quarante et un ans, venait parfois peindre aux côtés de Berthe et surtout la courtisait. Le 22 décembre suivant, Berthe l'épousait[52]. Cette année-là, Édouard fit de Berthe deux magnifiques portraits, Portrait de Berthe Morisot à l'éventail, huile sur toile 61 × 50 cmMusée de Lille, où Berthe apparaît en deuil après la mort de son père en janvier. On distingue néanmoins sa bague de fiançailles sur la main gauche et l'éventail est replié. L'autre portrait est intitulé Berthe Morisot à l'éventail 61 × 50 cm, Musée d'Orsay[40] présente Berthe le visage caché derrière son éventail.

Engagement impressionniste[modifier | modifier le code]

Dans la salle à manger, 1875, National Gallery of Art

Eugène Manet à l'Ile de Wight (1875)

Dans les blés (1875) musée d'Orsay

Percher de blanchisseuses, 1875, National Gallery of Art

Femme à sa toilette, 1875

Avant le théâtre, 1975-76, collection particulière

Le Salon de 1873 avait été houleux. Les artistes qui s'étaient vus refuser leurs travaux se plaignaient des choix conservateurs du jury. Berthe n'eut qu'un seul tableau accepté Blanche , pastel sur papier 24 × 33 cm, œuvre très conventionnelle qui représentait sans doute Blanche Pontillon bébé[53],[54]. Mais déjà, un groupe d'artistes composé de Monet, Pissarro, Sisley, Degas, avaient signé une charte le 27 décembre 1873[55], projetant d'organiser une coopérative : La Société des artistes français, qui allait prendre le nom de Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs à laquelle Berthe adhéra après la mort de son père [note 3]. Elle abandonnait le Salon officiel pour les expositions impressionnistes dont elle allait être l'un des éléments marquants[47]. Ceci en dépit des conseils de Puvis de Chavannes, et du refus de Manet, qui venait de recevoir une médaille au salon de 1873 et qui ne voulait pas se joindre au groupe, « ...prouvant ainsi que pour être admis, il faut faire au goût officiel d'énormes concessions[56] » . Les discussions étaient vives[57].

La première exposition eut lieu dans les Salons Nadar, 35 boulevard des Capucines, là où se trouvaient les anciens ateliers de Nadar. Vingt neuf artistes y participaient, Berthe étant la seule femme [55]. Une semaine avant l'ouverture de l'exposition, Puvis de Chavannes lui envoya une lettre pour la mettre en garde contre le fiasco de cette entreprise. Mais rien n'arrêta la jeune femme[46]. Elle affirmait ainsi son indépendance vis-à-vis de Manet qui s'était détourné de cette exposition contestataire. Parmi les huiles qu'elle envoya chez Nadar, il y avait : Le Berceau (musée d'Orsay), Le Port de Cherbourg, la Lecture, Cache-cache, parmi les pastels : Portrait de mademoiselle Madeleine Thomas, Le Village de Maurecourt, Sur la Falaise, pastel, département des arts graphiques, musée du Louvre[47],[58]. D'après le catalogue de l'exposition, Berthe exposa quatorze huiles, trois pastels et trois aquarelles[59].

Trois mille cinq cents visiteurs se bousculèrent, la critique vint en nombre. La plus remarquée fut celle parue le 25 avril dans Le Charivari signée Louis Leroy, qui, reprenant dans son article le titre d'un des tableaux de Monet Impression, soleil levant, donna son nom au mouvement impressionniste : « ... Mais l'impression, devant le boulevard des Capucines (...) En voilà de l'impression ou je ne m'y connais pas (...) Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, c'est qu'il y a de l'impression là-dedans[60]. »

Eugène soutenait déjà Berthe à l'été 1874, au moment où la presse ridiculisait la jeune fille, l'accusant de se donner en spectacle[57]. Mais Berthe poursuivait avec ardeur dans la voie qu'elle avait choisie. Elle s'affirmait, abandonnant un tableau dont le fond n'était pas terminé : Portrait de madame Hubbard huile sur toile, 50,5 × 81 cm, Ordrupgaard museum de Copenhague, et le conservant pour le vendre, alors qu'autrefois, elle aurait détruit une œuvre inachevée[61]. Elle participa à une vente aux enchères à Drouot où douze de ses œuvres furent vendues[62].

Ce fut un scandale. Renoir racontait qu'un détracteur avait qualifié Berthe de prostituée et que Pissarro lui avait envoyé son poing dans la figure, ce qui avait déclenché une bagarre[63]. La police fut appelée en renfort[64].

Manet encourageait les journalistes à apporter leur soutien à cette vente, alors que le journal Le Figaro dénonçait les tendances révolutionnaires et dangereuses de la première exposition impressionniste dans une violente diatribe signée Albert Wolff. Le journaliste traitait les artistes d'aliénés : « Il y a aussi une femme dans le groupe comme dans toutes les bandes fameuses ; elle s'appelle Berthe Morisot et est curieuse à observer. Chez elle, la grâce féminine se maintient au milieu des débordements d'un esprit en délire[65]. » Eugène avait l'intention de le provoquer en duel, mais Berthe et ses camarades le détournèrent de ce projet[65]

Des œuvres de cette époque s'appliquent à décrire, dans des formats plus petits, le monde ouvrier que Zola célébrait, et que Monet, Pissarro et Degas choisirent aussi pour sujet à partir de 1875. Berthe elle-même participa de cette tendance avec un de ses tableaux les plus réussis : Percher de blanchisseuses, 1875, huile sur toile, 33 × 40,6 cm, National Gallery of Art, Washington. Cette année-là, Eugène fut contraint d'être le modèle de Berthe (il détestait poser) pour le tableau : Eugène Manet à l'île de Wight, huile sur toile, 38 × 46 cm, collection particulière [66].

Berthe, désormais plus sûre d'elle, chercha à vendre ses toiles. Édouard et Eugène l'encouragèrent à les envoyer à la galerie Dudley de Londres qui n'en exposa aucune[67]. En revanche, Hoschedé acheta chez Durand-Ruel Femme à sa toilette, scène d'intérieur inondée de lumière et traitée à grands traits, huile sur toile, 46 × 38 cm, collection particulière[68]. Certains critiques d'art, Arthur Baignières surtout, commentaient l'évolution de son style en regrettant qu'elle poussât aussi loin la recherche impressionniste : « Elle pousse le système impressionniste à l'extrême et nous le regrettons d'autant plus qu'elle possède des qualités rares comme coloriste. Plusieurs de ses toiles représentent des vues de l'île de Wight et on ne peut pas les reconnaître (…) Mademoiselle Morisot est une impressionniste si convaincue qu'elle peut peindre jusqu'au mouvement de chaque chose inanimée[63]. »

Figure de proue impressionniste[modifier | modifier le code]

Eugène Manet et sa fille dans le jardin de Bougival
Le Psyché, 1876 musée Thyssen-Bornemisza
"Roses tremières" 1880, Musée Mamottan
Le Port de Nice 1881 Dallas Museum of Art
Jour d'été (1879), National Gallery, Londres

Les expositions de ceux que Wolff qualifiait « d'aliénés » se poursuivirent jusqu'en 1886, avec beaucoup de difficultés, mais beaucoup d'enthousiasme. Il y en eut huit, la troisième étant financée par Gustave Caillebotte[69]. Berthe participa à toutes sauf à la quatrième (1879), car elle avait à faire avec sa fille Julie qui était née le 14 novembre 1878. Les femmes-peintres étaient brillamment représentées cette année-là par Marie Bracquemond et Mary Cassatt[70]..

En 1876, à la deuxième exposition du groupe, à la galerie Durand-Ruel, rue Le Peletier[71], Berthe exposa Jeune fille au bal, huile sur toile, 86 × 55 cm, Musée d'Orsay [72]. Ainsi que Le Psyché huile sur toile 65 × 54 cm, musée Thyssen-Bornemisza, Madrid (ancienne collection Thyssen-Bornemisza de Lugano[73].)

Elle était en train de devenir une des figures de proue du groupe impressionniste, en même temps que l'américaine Mary Cassatt, qui était venue vivre à Paris en 1874[71]. Mais la critique conventionnelle s'offusquait de sa peinture « féminine », sauf Mallarmé qui lui apportait un soutien enthousiaste[74].

Toutefois, les tableaux de Berthe intéressaient moins les critiques d'art que ceux de Renoir, de Caillebotte, ou de Monet. Ils parlaient surtout de « ... ses exquises harmonies blanches et argentées [75]. » que l'on trouve dans Rêveuse, pastel sur toile, 50,2 × 61 cm, Nelson-Atkins Museum of Art, Kansas city, Missouri[76], où dans : La Toilette (Jeune femme de dos à sa toilette), huile sur toile 60 × 80 cm, 1875, Art Institute of Chicago[note 4].

Les œuvres présentées en 1877 lui valurent les compliments relatifs de Paul Mantz : « Il n'y a, dans tout le groupe révolutionnaire, qu'une impressionniste, c'est Madame Berthe Morisot[65] », et ceux de Théodore Duret qui classait la jeune femme dans « Le groupe primordial des impressionnistes[65]. »

En 1880, lors de la Ve exposition Berthe présenta : Jours d'été, huile sur toile 46 × 75 cm, 1879, National Gallery, Londres, Hiver, 1880, huile sur toile 73,5 × 58,5 cm7, Dallas Museum of Art[77]. Pendant cette période, les toiles de Berthe engageaient un dialogue avec Manet. Jeune fille de dos à la toilette de Morisot qui répondait à Devant la glace de Manet, Jour d'été (le lac du Bois de Boulogne) de Morisot qui répondait à En bateau de Manet[78]. Les critiques trouvaient les toiles de l'un et de l'autre inachevées.

Dès 1881, Berthe Morisot et Mary Cassatt apparaissaient comme les chefs de file de la nouvelle tendance impressionniste aux yeux des critiques : pour la première fois dans toute l'histoire de l'art, des femmes étaient considérées comme les maîtres incontestés d'un mouvement d'avant-garde[19].

Berthe faisait preuve d'encore plus d'audace que les années précédentes, ce qui provoqua l'indignation de deux critiques qui l'avaient appréciée jusque là : Paul Mantz et Charles Ephrussi : « Madame Morisot a fini par exagérer sa manière au point d'estomper des formes déjà imprécises. Elle ne fait que des débuts de débuts ; le résultat est curieux, mais de plus en plus métaphysique. Il faut évidemment des talents de coloristes pour tirer du néant cette délicatesse[19]. » Charles Ephrussi est scandalisé par les pastels : « Un pas de plus et distinguer ou comprendre quoi que ce soit deviendra impossible[79]. »

À partir de 1880, Berthe et sa famille passa tous ses étés dans une maison de campagne de Bougival, et, à partir de 1881, ils résidèrent plusieurs hivers à Nice. Ces deux lieux inspirèrent à Berthe un grand nombre de toiles qu'elle présenta aux dernières expositions révolutionnaires.

De Nice, elle ramena Le Port de Nice huile sur toile en deux versions et deux formats[80] et [81] collection particulière, et une troisième format 38 × 46 Dallas Museum of Art; Plage à Nice 1881-1882, aquarelle sur papier 42 × 55 cm, Nationalmuseum Stockholm[82].

Bougival fut une source d'inspiration encore plus importante. Son tableau le plus ambitieux Le Jardin (1882-1883) huile sur toile, 99,1 × 127 cm, Sara Lee Corporation fut sans doute exposé à Londres par Durand-Ruel[83]. Berthe réalisa encore Le Quai de Bougival 1883 Nasjonalgalleriet Oslo, Eugène Manet et sa fille dans le jardin.

De la peinture de Berthe Morisot, Gustave Geffroy disait : « Les formes sont toujours vagues dans les tableaux de Mme Berthe Morisot, mais une vie étrange les anime. L’artiste a trouvé le moyen de fixer les chatoiements, les lueurs produites sur les choses et l’air qui les enveloppe… le rose, le vert pâle, la lumière vaguement dorée, chantent avec une harmonie inexprimable. Nul ne représente l’impressionnisme avec un talent plus raffiné, avec plus d’autorité que Mme Morisot. »[84]

Dernières années[modifier | modifier le code]

Enfants à la vasque, 1886
Julie et son lévrier, 1893
Bergère nue couchée, 1891
Le Flageolet 1890
Deux jeunes filles 1894

Vers 1886-1887 Berthe se mit à explorer de nouvelles techniques : sculpture, pointe sèche, qui constituaient un défi pour la coloriste virtuose qu'elle était[85]. Elle réalisa en 1886 un buste en plâtre blanc de sa fille Julie, que Monet et Renoir l'encouragèrent à exposer chez Georges Petit (galeriste) chez qui ils avaient exposé eux-mêmes. Petit était un homme d'affaire avant tout : il demandait aux artistes de lui laisser une partie de leurs œuvres en compensation de ses frais. Berthe accepta ses exigences, mais Petit ne réussit pas à vendre une seule de ses sept œuvres parmi lesquelles se trouvait le buste de Julie, et un portrait de sa nièce, Paule Gobillard, tout dans les tons de blanc[86]. Berthe lui laissa Le Lever[87].

En février 1887, Berthe fut invitée à exposer à Bruxelles avec un groupe d'artistes d'avant-garde : le Groupe des XXGeorges Seurat et Pissarro exposaient aussi[88]. L'envoi de Berthe comprenait Le Corsage rouge, 1885, huile sur toile, 73,5 × 60 cm, Ordrupgaard museum de Copenhague; Le Lever 1886, huile sur toile 63 × 54 cm, collection particulière, le Port de Nice, 1881-1882, huile sur toile 41 × 55 cm, collection particulière, Dans la salle à manger, (1875 ou 1885-1886 selon les biographies), huile sur toile 61,3 × 50 cm, National Gallery of Art, Intérieur à Jersey, 1886, huile sur toile, 50 × 60 cm, Musée d'Ixelles[89].

Vers 1886-87, Berthe commença à traiter des nus au pastel, au fusain, à l'aquarelle, tous exécutés dans des tons très doux : Jeune femme aux épaules nues, 1886, pastel sur papier, 41,5 ×53 cm, collection privée[90]; Femme s'essuyant, pastel sur papier, 42 × 41 cm, collection privée[91]. Par la suite, elle s'attacha à représenter sa fille, Julie, sous tous les aspects : en joueuse de flûte avec Jeanne Gobillard, dans Le Flageolet, 1891, huile sur toile, 56 × 87 cm, collection privée, Julie avec son lévrier, 1893. Elle avait le projet d'en faire une série[83]. Berthe peignit aussi beaucoup de jeunes filles La Mandoline, 1889, huile sur toile 55 × 57 cm, ou Sous l'oranger, 1889, huile sur toile, 54 × 65 cm.

Le couple Manet était à ce moment-là dans le sud de la France. De retour à Paris, Berthe loua une maison à Mézy au Nord Ouest de Paris[92]. Elle s'était aperçue que la santé d'Eugène n'était pas bonne et elle peignit très peu pendant un temps. « Elle trouvait qu'elle et son mari avaient vieilli prématurément et elle éprouvait de la nostalgie au spectacle de sa fille et de ses nièces qui apprenaient à dessiner, peindre, jouer de la musique. Berthe sentait venir la fin de sa vie[93]. » Dans une lettre à Edma, elle exprime dans son testament le désir que Mallarmé soit le tuteur de Julie[93].

Berthe fit malgré tout aménager une grange en atelier et elle prit les enfants de Mézy comme modèles, mais Renoir la pressait de terminer une toile décorative dans l'esprit du "Printemps" de Botticelli, commencée à Nice en 1888. Berthe fit de nombreuses études préparatoires pour cette toile Le Cerisier", 1891-1892, huile sur toile 136 × 89 cm, collection privée. Elle faisait désormais un grand nombre d'études préparatoires pour tous ses tableaux : elle fit trois versions de Bergère couchée[94], et, tout en continuant à travailler sur le Cerisier, elle reprit sa série de Julie Manet : Julie Rêveuse, 1894, huile sur toile, 80 × 60 cm et Julie au violon 1894, 65 × 54 cm, collection privée[95].

Mais la santé d'Eugène, âgé de 59 ans, déclinait de plus en plus. Il mourut le 13 avril 1892.

Berthe avait décliné l'invitation du Groupe des Vingt pour l'exposition de Bruxelles du début 1892, mais Eugène l'avait poussée à organiser une grande exposition individuelle à la galerie Boussod et Valladon[96]. Cette galerie, fondée par Adolphe Goupil n'était pas favorable aux impressionnistes. Elle fit de la résistance assez longtemps, même lorsqu'elle fut reprise par Bousod, le mari de la petite fille de Goupil, et Valadon, son beau-frère. Elle ne commença à s'ouvrir aux impressionnistes que sous l'influence éphémère de Théo van Gogh[97].

L'exposition rencontra un accueil très favorable. Degas lui dit que sa peinture vaporeuse cachait un dessin de plus en plus sûr, ce qui était le compliment suprême[98]. Gustave Geffroy de La Vie artistique lui consacra des pages très élogieuses[98]. L'année suivante, Berthe rendit visite à Monet, à Giverny, pour admirer ses cathédarales et pour conjurer sa tristesse : sa sœur, Yves Gobillard, venait de mourir en 1893, et Chabrier, en 1894[99] Berthe se consacra à la représentation de sa fille Julie, de ses nièces, Paule et Jeanne Gobillard : Le Patinage au bois de boulogne[99] (1894). Caillebotte ayant légué sa collection au Musée du Luxembourg pour y faire entrer l'impressionnisme, on s'aperçut qu'il ne possédait pas une seule toile de Berthe Morisot. Sur instance de Mallarmé, l'État français acquit pour le musée du Luxembourg Jeune femme en toilette de bal[99] pour que l'une des figures de proue du mouvement impressionniste soit représentée.

Berthe Morisot tomba malade à la mi-février 1895. Elle avait, selon les biographies, une congestion pulmonaire[100], ou une grippe, contractée en soignant sa fille du même mal[99]. Elle mourut le à Paris, et légua la plupart de ses œuvres à ses amis artistes : Degas, Monet, Renoir. Malgré sa riche production artistique, le certificat de décès mentionnait : « sans profession ». Elle est enterrée dans le caveau des Manet au cimetière de Passy où il est simplement gravé : « Berthe Morisot, veuve d'Eugène Manet ».

La mort de l'artiste n'entraîna cependant pas la dispersion du groupe impressionniste ; ses compagnons de lutte aimaient et protégeaient sa fille, dont Mallarmé était le tuteur et que Renoir emmenait peindre avec lui. Degas la maria en 1900 au fils d'Henri Rouart[99]. Pour le premier anniversaire de sa mort, du 5 au 21 (ou 23) mars 1896, Durand-Ruel, aidé de Degas, Rouart et de sa fille Julie organisèrent une rétrospective de ses œuvres[99] d'environ trois cents à quatre cents toiles[note 5]

Paul Valéry, qui épousa sa nièce, Jeanne Gobillard, écrivit un essai sur Berthe en 1926 et le dédicaça à Édouard Vuillard[101]. Il dira plus tard « La singularité de Berthe Morisot fut de vivre sa peinture et de peindre sa vie, comme si ce lui fût une fonction naturelle et nécessaire, liée à son régime vital, que cet échange d'observation contre action, de volonté créatrice contre lumière[99]. »

Chaumière en Normandie et l'affaire Wildenstein[modifier | modifier le code]

C'est au cours d'une perquisition, au siège de l'Institut Wildenstein, diligentée en marge d'une des multiples affaires de détournement dont les Wildenstein père et fils sont accusés[102],[103] que les inspecteurs de la brigade financière découvrent, les 11 et 12 janvier 2011 [104] la toile de Berthe Morisot intitulée Chaumière en Normandie, 1865, huile sur toile 46 × 55 cm [24].

Lors de l'inventaire de la succession, les académiciens Daulte et Wildenstein avaient décroché les tableaux ornant les murs de l'appartement d'Anne-Marie Rouart et les avaient étalés sur le sol pour qu'ils ne soient pas considérés comme meubles meublants[105], et ne soient pas rendus à l'héritier légitime, Yves Rouart.

À la suite de cette manœuvre de spoliation, orchestrée par les exécuteurs testamentaires de la succession d'Anne-Marie Rouart, cette toile avait été détournée au détriment de son neveu, Yves Rouart. Chaumière en Normandie, avait été déclaré collection privée sur le catalogue - qui faisait autorité absolue [note 6] - de Daniel Wildenstein. Parmi les pièces majeures provenant de la succession d'Anne-Marie Rouart, il y a une très belle collection d'œuvres de Berthe Morisot. Les autres œuvres comprenaient des Gauguin, Degas, et des Manet.

Selon le testament de Madame Rouart, la plus grande partie de cette énorme collection allait à l'académie des Beaux-art, et une autre à Yves Rouart, petit fils de Julie Manet. Ce dernier n'avait jusque là jamais pu obtenir que quelques œuvres mineures répertoriées par les exécuteurs testamentaires ; ces derniers, Jean-François Daulte, Daniel Wildenstein et son fils Guy Wildenstein, étant censés protéger la collection dans les coffres de l'Institut Wildenstein[106].

C'est seulement en 2011, que la Chaumière en Normandie est enfin réapparue et qu'Yves Rouart a pu lancer une procédure pour l'obtenir. Cette toile avait été inscrite au catalogue Wildenstein sous l'intitulé vague collection privée sans mention du nom de sa propriétaire d'origine, ni du lieu d'où elle a été décrochée, ni de celui de son héritier en droit.

Yves Rouart qui avait dans un premier temps assigné l'académie des beaux arts et signé en 2000 un protocole d'accord révisable avec les exécuteurs testamentaires, a contesté ce protocole[107],[108]. « S'il s'avère que la très belle collection de Morisot doit être retiré du musée Marmottan ce serait une grande perte pour le public et pour l'État français [109] ». La collection d'Anne-Marie Rouart comprenait en outre le célèbre portrait de Berthe Morisot par Manet. Il devait être vendu pour payer la succession par les exécuteurs testamentaires. L'État français s'est opposé à la vente de cette œuvre à l'étranger et l'a rachetée pour plusieurs millions d'euros. C'est aujourd'hui une des pièces maîtresse du Musée d'Orsay[110].

En 2013, le musée Marmottan-Monet héberge encore environ 80 tableaux de Berthe Morisot [111].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sélection d'œuvres[modifier | modifier le code]

Cette sélection est issue de celle de l'ouvrage Berthe Morisot de Charles F. Stuckey[note 7], William P. Scott, et Suzanne G. Lindsay[note 8], elle-même issue du catalogue raisonné établi par Marie-Louise Bataille, Denis Rouaart, et Georges Wildenstein en 1961. Il y a des variations entre les dates d'exécution des œuvres, les dates de leur exposition, ou les dates d'achat des œuvre de Berthe Morisot, et des confusions entre les titres notamment les Ports.

Des débuts à l'engagement impressionniste 1864-1874[modifier | modifier le code]

  • Étude, 1864, (huile sur toile 60,3 × 73 cm, collection privée[112].
  • Chaumière en Normandie, 1865, huile sur toile 46 × 55 cm, collection privée[24].
  • La Seine en aval du pont d'Iéna, 1866, huile sur toile 51 × 73 cm, collection particulière[113].
  • La Rivière de Pont Aven à Roz-Bras, 1867, huile sur toile 55 × 73 cm, collection particulière Chicago[114]
  • Bateaux à l'aurore, 1869, pastel sur papier 19,7 × 26,7 cm, collection privée[115].
  • Jeune fille à sa fenêtre, 1869, huile sur toile 36,8 × 45,4 cm, collection privée
  • Madame Morisot et sa fille Madame Pontillon (La Lecture), 1869-1870, huile sur toile 101 × 81,8 cm, National Gallery of Art, Washington[116].
  • Le Port de Cherbourg, 1871, crayon et aquarelle sur papier 15,6 × 20,3 cm, collection privée Paul Mellon, Upperville, Virginie[117].
  • Le Port de Cherbourg, 1871, huile sur toile 41,9 × 55,9 cm, collection privée Paul Mellon, Upperville, Virginie[33].
  • Vue de paris de hauteurs du Trocadéro, 1871, huile sur toile 46,1 × 81,5 cm, Santa Barbara Museum of Art, Californie[118].
  • Femme et enfant au balcon, 1871, huile sur toile 20,5 × 16,4 cm, Art Institute of Chicago[36].
  • Femme et enfant au balcon, 1871, aquarelle 20,5 × 16,4 cm, Art Institute of Chicago[38].
  • Intérieur, 1871, huile sur toile 60 × 73 cm, collection particulière[119]
  • Portrait de Madame Pontillon, 1871, pastel sur papier 85,5 × 65,8 cm, Musée du Louvre, cabinet des dessins[120] leg de Madame Edma Pontillon attribué au Louvre en 1921, actuellement dans les collection du Musée d'Orsay[121]
  • L'Entrée du port, 1871[note 9], aquarelle sur papier 24,9 × 15,1 cm, Musée Léon-Alègre, Bagnols-sur-Cèze cabinet des dessins[45].
  • Madame Pontillon et sa fille Jeanne sur un canapé, 1871, aquarelle sur papier 25,1 × 25,9 cm, National Gallery of Art[122],
  • Jeune fille sur un banc (Edma Pontillon), 1872, huile sur toile 33 × 41 cm[123],
  • Cache-cache, 1872, huile sur toile 33 × 41 cm[124], Collection privée
  • Le Berceau, 1872, huile sur toile, 56 × 46 cm Musée d'Orsay, Paris
  • La Lecture (Edma lisant), encore intitulé L'Ombrelle verte, 1873, huile sur toile 45,1 × 72,4 cm, Cleveland Museum of Art, Ohio[124].
  • Sur la plage des Petites-Dalles, 1873, huile sur toile 24,1 × 50,2 cm, Virginia museum of Fine Arts, Richmond, Virginie[51].
  • Madame Boursier et sa fllle, 1873, huile sur toile 74 × 52 cm, Virginia Museum of Fine Arts[49].
  • Le Village de Maurecourt, 1873, pastel sur papier 47 × 71,8 cm, collection privée[52].
  • Coin de Paris vu de Passy, 1873, pastel sur papier 27 × 34,9 cm, collection privée[61].
  • Sur la terrasse, 1874, huile sur toile 45 × 54 cm, Musée du Petit Palais, Paris[50].
  • Portrait de Madame Hubbard, 1874, huile sur toile 50,5 × 81 cm, Ordrupgaard museum de Copenhague[125].
  • Femme et enfant au bord de la mer , 1874, aquarelle sur papier16 × 21,3 cm, Collection particulière[126].

Maîtrise et innovation 1875-1883[modifier | modifier le code]

Plein épanouissement 1884-1894[modifier | modifier le code]

Galerie Berthe Morisot[modifier | modifier le code]

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Portraits de Berthe Morisot[modifier | modifier le code]

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À ceux-là s'ajoutent le Portrait de Berthe Morisot par Adèle d'Affry, 1875, conservé au Musée d'art et d'histoire de Fribourg en Suisse[172]. Adèle d'Affry a réalisé plusieurs autres portraits de Berthe Morisot non localisés.

Expositions récentes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Anglais[modifier | modifier le code]

Français[modifier | modifier le code]

  • Armand Fourreau, Berthe Morisot, Paris, Frédéric Rieder,‎ 1925, 103 p.
  • Étienne Moreau-Nélaton, Manet raconté par lui-même, vol. 2, t. I, Paris, Henri Laurens,‎ 1926
  • Monique Angoulvent, Berthe Morisot, Villeneuve-Saint-Georges, Albert Morancé,‎ 1933 préface de Robert Rey, réédité en 1955 chez Lefèvre
  • Adolphe Tabarant, Manet : lettres du siège de Paris 1870-1871, Paris, Le Mercure de France,‎ 1935
  • Musée de l'Orangerie (Paris), Catalogue de l'Exposition Berthe Morisot (1841-1895), avec une préface de Paul Valéry, Paris: impr. d'Aulard, été 1941, 54 p.
  • Louis Rouart[note 11], Berthe Morisot, Plon, 1941
  • Marie-Louise Bataille, Georges Wildenstein et Denis Rouart, Berthe Morisot : catalogue raisonné des peintures, pastels et aquarelles, Paris, Wildenstein Institute sous l'intitulé Les Beaux arts éditions,‎ 1961, 307 p.
  • Denis Rouart, The correspondance of Berthe Morisot with her family and friends : traduction de Betty W. Hubbard, Paris 1950, New York 1957, Londres 1959 et 1986, Camden Press,‎ 1986, 277 p. (ISBN 0948491086)
  • Philippe Huisman, Berthe Morisot, Lausanne/Paris : Bibliothèque des Arts, coll. « Polychrome », 1962 (rééd. 1995)
  • Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, vol. 2, t. 1, Paris, Robert Laffont,‎ 1987, 997 p. (ISBN 978-2-221-05412-3)
  • Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, vol. 2, t. II, Paris, Robert Laffont,‎ 1987, 1185 p. (ISBN 978-2-221-05413-0)
  • Stuckey Scott Lindsay, Berthe Morisot : rétrospective au Mount Holyoke College Art Museum et National Gallery of art Washington, New York et Paris, Hudson Hill Press et éditions Herscher,‎ 1987, 277 p. (ISBN 2-7335-0150-X)
  • Anne Higonnet, Berthe Morisot : une biographie, éditions Adam Biro, Paris, 1989, 236 p. + 16 planches.
  • Delphine Montalant, Yves Rouart, Alain Clairet et Jean-Marie Rouart, Catalogue Raisonné de l'oeuvre peint de Berthe Morisot, Paris, CERA-nrs,‎ 1998, 371 p. (ISBN 978-2951039506)
  • Dominique Bona, Berthe Morisot : Le secret de la femme en noir, Paris, Le Livre de poche,‎ 2002, 378 p. (ISBN 2253153478) première édition Grasset, 2000.
  • Dominique Lobstein, Manet, Paris, Jean-Paul Gisserot,‎ 2002 (ISBN 2877476952)
  • Jean-Dominique Rey, Berthe Morisot, la belle peintre, Paris, Groupe Flammarion,‎ 2002, 159 p. (ISBN 978-2080106827)
  • Hugues Wilheml, Berthe Morisot, la belle peintre, Martigny, Fondation Pierre Gianadda,‎ 2002, 462 p. (ISBN 978-2884430692)
  • Benoît Noël et Jean Hournon, « Berthe Morisot - la Seine à Bougival (le Bal des Canotiers) » in Parisiana, la Capitale des arts au XIXe siècle, Paris, Les Presses Franciliennes, 2006, p. 94-99.
  • Jean-Dominique Rey et Sylvie Patry, Berthe Morisot, Paris, Flammarion,‎ 2010, 204 p. (ISBN 978-2081244221)
  • Marianne Mathieu, Berthe Morisot, Paris, Éditions Hazan,‎ 2012, 264 p. (ISBN 978-2754106047)
  • Jean-Dominique Rey, Berthe Morisot, Paris, Éditions Hazan,‎ 2012, 264 p. (ISBN 978-2754106047)
  • Magali Serre, Les Wildenstein, Paris, Éditions Jean-Claude Lattès,‎ 2013, 278 p. (ISBN 978-2-7096-4250-7)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il s'agissait de personnalités de la haute finance : Chester Dale, Monsieur et Madame Whitney, Ailsa Mellon Bruce, Paul Mellon, l'exposition de 1987 était financée par la Republic National Bank of New York rachetée en 1999 par HSBC qui ne pratique pas le mécénat culturel
  2. Les frères Manet étaient trois : Gustave, (1835-1884), ami de Charles Baudelaire, que Manet prit comme modèle pour sa toile Jeune Homme en costume de majo, Eugène, qui devint l'époux de Berthe Morisot, et Édouard
  3. en avril ou mai 1974, les biographies se contredisent sur la date exacte, le père étant mort le 24 janvier 1874, elle attendit la fin de son deuil
  4. Certaines toiles de Berthe Morisot sont au catalogue de plusieurs expositions impressionnistes parce qu'elles ont été exposées plusieurs fois avant d'être vendues ou non
  5. Selon les biographies, les dates de l'exposition et le nombre exact des œuvres varient légèrement. Le catalogue en ligne de la bibliothèque de Lisieux annonce plus de 363 œuvres, Sophie Monneret : environ trois cents, Stuckey, Scott et Lindsay : plus de quatre cents
  6. voir les références au catalogue raisonné des œuvres de Berthe Morisot rédigé avec Marie-Louise Bataille et Denis Rouart, époux d'Anne Marie Rouart, publié en 1961 cité dans cet article
  7. Charle F. Stuckey a publié plusieurs ouvrages sur les impressionnistes : Berthe Morisot, Claude Monet, Peinture impressionnistes et post-impressionnistes au musée d'Orsay
  8. Suzanne G. Lindsay a aussi publié un ouvrage sur Mary Cassatt et un sur les sculptures de Degas
  9. Ce tableau est souvent confondu avec L'Entrée du port de Cherbourg acheté en 1874 par Durand-Ruel, ou avec Le Port de Cherbourg
  10. née en 1959, Anne Higonnet a étudié au Harvard College et au musée du Louvre en 1980-81, elle a obtenu plusieurs postes successifs à la Yale University, à la Columbia University, professeur Honoris Causa à l'Université Paris I, avant d'obtenir le poste de directrice du département d'histoire de l'art au Barnard College
  11. Louis Rouart, collectionneur, grand-père du futur académicien français Jean-Marie Rouart et fils de l'inventeur Henri Rouart, était le beau-frère, par son frère Ernest Rouart, de Julie Manet, fille de Berthe Morisot et nièce d'Édouard Manet

Références[modifier | modifier le code]

  1. Stuckey et al, p. 15
  2. a, b, c, d, e, f et g Monneret, p. 595
  3. Stuckey et al, p. 9
  4. Berthe Morisot à la fondation Gianadda
  5. Higonnet 1995, p. 175
  6. Yves peinte par Degas
  7. a et b Stuckey et al, p. 16
  8. a et b Stuckey et al, p. 22
  9. voir le portrait de Berthe Morisot par Edma, 1865
  10. Monique Angoulvent première exposition des sœurs Morisot
  11. Fourreau 1925, p. 11
  12. Fourreau 1925, p. 16
  13. Fourreau 1925, p. 18
  14. Stuckey, Scott Lindsay, p. 19
  15. Rouart 1986, p. 10-11
  16. Stuckey, Scott Lindsay, p. 20
  17. Fourreau 1925, p. 21
  18. Monique Angoulvent, p. 19
  19. a, b et c Paul Mantz, Le Temps 23 avril 1981 cité par Stuckey, Scott Lindsay, p. 88
  20. Paul Mantz dans Monique Angoulvent, p. 21
  21. a, b et c Monneret, p. 596
  22. voir le portrait de madame Loubens
  23. Rouart 1986, p. 23
  24. a, b et c Stuckey, Scott Lindsay, p. 24
  25. Moreau-Nélaton 1926, p. 103
  26. Stuckey, Scott Lindsay, p. 29
  27. Stuckey, Scott Lindsay, p. 33
  28. a et b Rouart 1986, p. 40
  29. voir Jeune femme à sa fenêtre exposé en 2006 au Musée de Lodève
  30. a et b Dominique Lobstein 2002, p. 69
  31. Stuckey, Scott Lindsay, p. 37
  32. Higonnet 1995, p. 118
  33. a et b Stuckey, Scott Lindsay, p. 41
  34. Stuckey, Scott Lindsay, p. 43
  35. Stuckey, Scott Lindsay, p. 42
  36. a et b Stuckey, Scott Lindsay, p. 46
  37. Stuckey, Scott Lindsay, p. 44
  38. a et b Stuckey, Scott Lindsay, p. 47
  39. Bataille Wildenstein, p. 26
  40. a et b Stuckey, Scott Lindsay, p. 48
  41. voir le hauteurs du Trocadéro
  42. Rouart 1986, p. 82
  43. voir le tableau de Manet
  44. Adolphe Tabarant, correspondance inédite d'Édouard Manet, Lettres du siège de Paris 1870-1871, p. 33, cité par Stuckey, Scott Lindsay, p. 180
  45. a et b Bataille Wildenstein, p. 42
  46. a et b Stuckey, Scott Lindsay, p. 54
  47. a, b, c, d et e Monneret, p. 597
  48. Stuckey, Scott Lindsay, p. 50
  49. a et b Bataille Wildenstein, p. 34
  50. a et b Bataille Wildenstein, p. 427
  51. a et b Bataille Wildenstein, p. 28
  52. a et b Stuckey, Scott Lindsay, p. 61
  53. Bataille Wildenstein, p. 420
  54. voir une reproduction de Blanche
  55. a et b Monneret, p. 232
  56. Monneret, p. 231
  57. a et b Higonnet 1995, p. 116
  58. voir Sur la falaise et d'autres pastels
  59. Stuckey, Scott Lindsay, p. 59
  60. Monneret, p. 235
  61. a, b et c Stuckey, Scott Lindsay, p. 63
  62. Monneret, p. 598
  63. a et b René Gimpel, Journal d'un collectionneur, 1963, p. 28 cité par Stuckey, Scott Lindsay, p. 181
  64. a et b Stuckey, Scott Lindsay, p. 69
  65. a, b, c et d Monneret, p. 599
  66. a et b Bataille Wildenstein, p. 51
  67. Rouart 1986, p. 109
  68. a et b Bataille Wildenstein, p. 73
  69. Monneret, p. 238
  70. Monneret, p. 241
  71. a et b Stuckey, Scott Lindsay, p. 70
  72. a et b Bataille Wildenstein, p. 81
  73. a et b Bataille Wildenstein, p. 64
  74. a, b et c Stuckey, Scott Lindsay, p. 71
  75. Roger-Ballu, L'exposition des peintres impressionnistes dans : la Chronique des arts et de la curiosité 9 avril 1877, p.147, cité par Stuckey, Scott Lindsay, p. 71
  76. a et b Bataille Wildenstein, p. 434
  77. a et b Stuckey, Scott Lindsay, p. 85
  78. Stuckey, Scott Lindsay, p. 84
  79. Stuckey, Scott Lindsay, p. 183
  80. a, b et c Bataille Wildenstein, p. 112
  81. a et b Bataille Wildenstein, p. 113
  82. a et b Stuckey, Scott Lindsay, p. 91
  83. a et b Monneret, p. 600
  84. Gustave Geffroy, « L’exposition des artistes indépendants », La Justice, 19 avril 1881.
  85. Stuckey, Scott Lindsay, p. 124
  86. Bataille Wildenstein, p. 210
  87. Stuckey, Scott Lindsay, p. 125
  88. Monneret, p. 601
  89. Liste provenant des archives de l'art contemporain des Musées royaux de Belgique, citée par Stuckey, Scott Lindsay, p. 125
  90. Stuckey, Scott Lindsay, p. 126
  91. a et b Stuckey, Scott Lindsay, p. 127
  92. Rouart 1986, p. 174
  93. a et b Stuckey, Scott Lindsay, p. 145
  94. a et b Stuckey, Scott Lindsay, p. 155
  95. Stuckey, Scott Lindsay, p. 168 et 169
  96. Stuckey, Scott Lindsay, p. 158
  97. Monneret, p. 312
  98. a et b Monneret, p. 602
  99. a, b, c, d, e, f et g Monneret, p. 603
  100. Stuckey, Scott Lindsay, p. 175
  101. Stuckey, Scott Lindsay, p. 214
  102. Magali Serre 2013, p. 148
  103. article de L'Express
  104. perquisition de 2011
  105. Magali Serre 2013, p. 156
  106. Magali Serre 2013, p. 157
  107. lire le détail de l'accord de 2000
  108. lire l'ensemble de l'affaire rapportée en 2011 dans Le Point
  109. Magali Serre 2013, p. 171
  110. Magali Serre 2013, p. 151
  111. les tableaux de Berthe Morisot issus de la collection Rouart à Marmottan
  112. Stuckey, Scott Lindsay, p. 23
  113. Bataille Wildenstein, p. 11
  114. Bataille Wildenstein, p. 12
  115. Stuckey, Scott Lindsay, p. 34
  116. Stuckey, Scott Lindsay, p. 35
  117. Stuckey, Scott Lindsay, p. 40
  118. Stuckey, Scott Lindsay, p. 45
  119. Bataille Wildenstein, p. 260
  120. Bataille Wildenstein, p. 419
  121. Madame Pontillon, descriptif actuel
  122. Stuckey, Scott Lindsay, p. 53
  123. Stuckey, Scott Lindsay, p. 51
  124. a et b Stuckey, Scott Lindsay, p. 56
  125. Stuckey, Scott Lindsay, p. 64
  126. Stuckey, Scott Lindsay, p. 65
  127. Bataille Wildenstein, p. 61
  128. Bataille Wildenstein, p. 52
  129. Bataille Wildenstein, p. 59
  130. Bataille Wildenstein, p. 75
  131. Bataille Wildenstein, p. 78
  132. Stuckey, Scott Lindsay, p. 81
  133. Stuckey, Scott Lindsay, p. 82
  134. Stuckey, Scott Lindsay, p. 83
  135. Stuckey, Scott Lindsay, p. 95
  136. Bataille Wildenstein, p. 138
  137. voir La Fable
  138. Stuckey, Scott Lindsay, p. 96
  139. Stuckey, Scott Lindsay, p. 97
  140. Bataille Wildenstein, p. 154
  141. Stuckey, Scott Lindsay, p. 101
  142. Stuckey, Scott Lindsay, p. 98
  143. Stuckey, Scott Lindsay, p. 103
  144. aperçu de la toile Meule de foin
  145. Stuckey, Scott Lindsay, p. 104
  146. Stuckey, Scott Lindsay, p. 105
  147. Stuckey, Scott Lindsay, p. 107
  148. Stuckey, Scott Lindsay, p. 109
  149. Stuckey, Scott Lindsay, p. 110
  150. Stuckey, Scott Lindsay, p. 111
  151. Stuckey, Scott Lindsay, p. 115
  152. Stuckey, Scott Lindsay, p. 117
  153. Stuckey, Scott Lindsay, p. 120
  154. Stuckey, Scott Lindsay, p. 122
  155. Stuckey, Scott Lindsay, p. 121
  156. Bataille Wildenstein, p. 197
  157. Stuckey, Scott Lindsay, p. 128
  158. Stuckey, Scott Lindsay, p. 129
  159. Bataille Wildenstein, p. 750
  160. Stuckey, Scott Lindsay, p. 131
  161. Stuckey, Scott Lindsay, p. 133
  162. Stuckey, Scott Lindsay, p. 134
  163. Bataille Wildenstein, p. 542
  164. Stuckey, Scott Lindsay, p. 142
  165. Stuckey, Scott Lindsay, p. 147
  166. Stuckey, Scott Lindsay, p. 152
  167. Bataille Wildenstein, p. 275
  168. Stuckey, Scott Lindsay, p. 165
  169. Stuckey, Scott Lindsay, p. 172
  170. Stuckey, Scott Lindsay, p. 173
  171. Stuckey, Scott Lindsay, p. 174
  172. voir le portrait par Adèle d'Affry

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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