Château de Pau

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Château de Pau
Image illustrative de l'article Château de Pau
Château de Pau vu du parc.
Période ou style Médiéval - Renaissance
Type Château fort
Propriétaire initial Gaston III de Foix-Béarn
Propriétaire actuel République française
Destination actuelle Musée national
Protection Logo monument classe.svg Classé MH (1840)
Site web www.musee-chateau-pau.fr
Coordonnées 43° 17′ 41″ N 0° 22′ 30″ O / 43.294722, -0.375 ()43° 17′ 41″ Nord 0° 22′ 30″ Ouest / 43.294722, -0.375 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Béarn
Région Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
Commune Pau

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Château de Pau

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Château de Pau

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Château de Pau

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Château de Pau

Au centre de la vieille ville de Pau, dans le Béarn, se dresse le château de Pau, célèbre pour avoir vu la naissance du roi de France et de Navarre, Henri IV. Ce château porte aujourd'hui les marques de cette présence imposante : les représentations diverses du « bon roi » Henri ornent les murs de toutes parts.

Mais le château, bien plus ancien en fait que l'association des royaumes navarrais et français, porte en lui les marques tourmentées de l'histoire moderne, sous la figure bienveillante du « Vert galant ». Il a été classé monument historique en 1840[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le château se situe au centre de la ville de Pau sur une hauteur, on y accède par le Pont de Nemours. Sa position permet de contrôler le passage sur le Gave de Pau situé plus au sud en contrebas.

Le domaine est constitué par un parc, qui s'étire vers l'ouest tout en longueur le long du gave, et par les bâtiments eux-mêmes, situés côté est, dont l'intérieur abrite un musée. L'entrée Est du château donne sur le Boulevard des Pyrénées qui relie le château au Parc Beaumont

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Débuté par les vicomtes du Béarn au XIe siècle, le château fut progressivement construit tout au long du Moyen Âge ; ouvrage avant tout militaire, c'est un château fort typique, construit en haut de la petite colline qui domine le Gave délimitée par le ravin du Hédas.

Dès sa construction, il prend une importance symbolique : pourvu d'une palissade de pieux (pau, en béarnais) il désigne, par métonymie, la ville même. Ces pieux, symbolisant la fidélité et la droiture, se présentent chacun comme l'axis mundi, dans une version béarnaise.

Au XIIe siècle Gaston IV de Béarn construit trois tours à cette forteresse, qui sont nommées Mazères, Billère et Montaüser (Monte oiseau).

Gaston Fébus[modifier | modifier le code]

Le XIVe siècle voit apparaître un personnage emblématique du Béarn, et qui laisse sa trace au château : Gaston III de Foix-Béarn, mieux connu sous le nom de Gaston Phébus. Ce seigneur de guerre, en situation délicate puisque, de par ses possessions, sous la gouverne des royaumes ennemis de France et d'Angleterre, fait du Béarn, « don de Dieu », une région unie et autonome.

Fébus y construit le donjon en briques, haut de trente-trois mètres, et y grave l'inscription : « Febus me fe » (« Phébus me fit », en béarnais).

Les rois de Navarre[modifier | modifier le code]

À la Renaissance, l'installation de la cour de Navarre en 1512 modifie sensiblement l'aspect du château. De forteresse qu'il était au départ, il devient une résidence d'agrément. Henri d'Albret y réside accompagné de son épouse Marguerite d'Angoulême, sœur de François Ier, et plus connue sous le nom de Marguerite de Navarre, auteur de l'Heptaméron.

Ils marquent le lieu de leurs initiales, présentes sur les murs et les plafonds, que l'on a veillé à conserver et reproduire au cours des restaurations ultérieures.

Henri IV[modifier | modifier le code]

Carapace-berceau d'Henri IV.

Le futur Henri IV naît au château le 13 décembre 1553. La renommée de ce roi, bercé enfant dans une carapace de tortue précieusement conservée, donne au château, qui ne le vit ni grandir ni mourir et où il ne fit aucun embellissement, un goût particulier.

La Monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

Le Château de Pau en 1828, avant sa restauration.

Louis-Philippe, qui voulut allier les idéaux de la Révolution et ceux de la monarchie, eut l'idée de restaurer à partir de 1838 le château de celui qui réconcilia catholiques et protestants pour en faire une résidence royale, mais il n'y résidera cependant pas. Le berceau légendaire d'Henri IV, pièce phare du château, est placé au deuxième étage dans une pièce qu'une tradition incertaine donne pour être la chambre d'Henri IV[3].

Comme il fallait que ce château conservât son caractère henricien, on y plaça de très nombreux objets de style néo-Renaissance et néo-gothique ainsi qu'une magnifique collection de tapisseries (XVIe - XIXe s), pour rappeler l'époque fastueuse du bon roi... opération qui ne se fit pas sans dommage :

« (...)des architectes ne craignirent pas de se livrer à de véritables dépeçages. Lorsque sous Louis-Philippe, fut aménagé le château de Pau, d'admirables pièces - on en compterait plus d'une centaine - furent séparées de leurs bordures, ou rognées, ou rempliées afin de participer, en dépit des différences de mesures, à la décoration de surfaces trop étroites ou trop peu symétriques pour les recevoir. On retrouva dans les greniers une caisse de fragments tombés des découpures. Un des ces fragments appartenait à l'Air, pièce d'entre-fenêtre des Éléments, entamée de plus du tiers (...) »[4].

Louis-Philippe, rénovateur de la demeure comme il le fut de Versailles, exilé en 1848 en Angleterre où il mourut deux ans plus tard, ne put jamais séjourner dans ce lieu. Les restaurations avaient été confiées à l'architecte départemental Vincent Latapie. Les restaurations du château arrêtées en 1848 sont reprises en 1852.

Avant celui d'Amboise, le château servit de prison dorée du 29 avril au 3 novembre 1848[5] à l'émir Abd El-Kader, vaincu par la France en Algérie. Très vite, l'image du chef de guerre exotique cède le pas à celle d'un hôte aimé, révéré. Au moment de partir pour Amboise, le 3 novembre 1848, l'émir se retourne et déclare : « En quittant Pau, je laisse un morceau de mon cœur ». Cela est d’autant plus vrai que plusieurs de ses enfants, morts lors de son incarcération sont enterrés au cimetière de Pau.

Napoléon III[modifier | modifier le code]

Le Château, dans les années 1910.
Le tramway de Pau desservait alors la ville.

En 1853, Vincent Latapie est remplacé par l'architecte Alexis Paccard[6], déjà en charge du château de Rambouillet. En 1857, Alexis Paccard est remplacé par Louis-Auguste Couvrechef comme architecte du château. À sa mort, un an plus tard, Gabriel-Auguste Ancelet est nommé architecte du château. Ancelet s'est intéressé au portique d'entrée du château reliant la tour Gaston Fébus à une nouvelle aile. Les destructions des bâtiments côté ville avaient fait apparaître un mur du château sans aucune ouverture. Il fallait pour lui faire entrer l'air et la lumière dans la cour d'honneur du château qui était jusque-là sombre et humide. En 1859, on commence la démolition du bâtiment est puis on construit le portique. Les deux médaillons représentant Henri d'Albret et Marguerite de Valois placés au-dessus sont commandés en 1861 au sculpteur Charles-Martial Baury par le comte de Nieuwerkerke. À la même époque sont construits les bâtiments reliant le portique à la tour Montaüser. Pour la façade, Ancelet reprend celle des bâtiments de la cour attribués à Gaston III. Après la nomination d'Ancelet comme architecte du palais de Compiègne, en 1864, il est remplacé comma architecte des résidences impériales de Pau et Biarritz par Auguste Lafollye. Celui-ci restaure la chapelle, renforce l'escalier d'honneur, reprend la façade de l'aile du midi, établit une bibliothèque dans le salon Bernadotte pour y installer les six mille livres achetés en 1867 par Napoléon III à l'ancien maire de Pau André Manescau. Le château a reçu la visite de Napoléon III. En 1868, c'est la reine d'Espagne, en fuite, Isabelle II et sa suite qui logent au château.

De nos jours, le musée national[modifier | modifier le code]

La IIIe République fit du château une résidence présidentielle avant de devenir le Musée national qu'il est resté, qui abrite les œuvres conservées depuis l'époque d'Henri IV et surtout lors de la restauration opérée par Louis-Philippe.

Les collections s'accroissent chaque année autour de la thématique henricienne. Il accueille actuellement plus de 100 000 visiteurs par an, ce qui en fait le site patrimonial le plus visité des Pyrénées-Atlantiques.

Description[modifier | modifier le code]

Extérieur[modifier | modifier le code]

Entrée principale
Le portique d'entrée du château

L'entrée principale s'effectue du côté de la ville, par un pont de briques et de pierres construit sous le règne de Louis XV[7], pour remplacer le pont-levis médiéval. Un portique à trois arcades a été aménagé entre 1859 et 1864 dans le style Renaissance. Celui-ci a remplacé la Chancellerie, qui était un bâtiment froid et vétuste qui fermait totalement le château sur la ville[8] et lui donnait l'aspect d'une citadelle. Deux médaillons y sont inscrit, représentant les initiales d'Henri II de Navarre et de Marguerite de Navarre son épouse.

Cour d'honneur

La cour du château dispose d'une forme originale, ponctuée de sculptures et de médaillons aux portes et fenêtres. Cette cour était le lieu de rassemblement des palois lors des grands événements de la cité.

Tours du Château
  • La tour Gaston-Fébus au sud-est, également nommée donjon. Cette dernière a été achevée par Fébus au XIVe siècle, elle a été construite presque entièrement en brique sur une hauteur de 33 m. Elle possédait, comme les autres tours, une couverture en ardoise qui a été enlevée après une tempête en 1820. Dans la partie qui fait actuellement face au parlement de Navarre, le président des États de Béarn proclamait le nom de chaque souverain nouvellement élu. La tour servie de prison jusqu'en 1822.
  • Les tours Mazères et Louis-Philippe à l'extrémité ouest, la tour Mazères est la plus ancienne du château puisqu'elle date du XIe siècle tandis que la tour Louis-Philippe a été édifiée au milieu du XIXe siècle pour faire échos à sa tour jumelle. Les deux tours mesurent chacun 22,5 m. La tour Mazères fait référence au village de Mazères-Lezons, de l'autre côté du gave de Pau.
  • La tour Montaüser au nord, qui signifie monte oiseau en béarnais car la tour était dépourvue d'escalier à son origine au XIIe siècle. La garnison était, ainsi, chargée de monter la tour avec des échelles qu'on retirait après soi. Cette tour était, jadis, un puits à oubliette dans laquelle les criminelles était enfermés.
  • La tour Billère au nord-ouest du château, fait référence au village de Billère dans lequel le bon roi Henri fut nourri dans la maison Lassensàa[9]. Cette tour mesure 30 m. de haut en comptant les combles, elle a été édifié au XIIe siècle.
  • La tour Napoléon III, celle-ci a été réalisée à la fin du XIXe siècle sous les ordres de l'empereur en face de la tour Gaston-Fébus. Elle termine le château à son extrémité nord-est.
Chapelle

La chapelle actuelle a été construite en 1840, puis bénie en 1843 par l'évêque de Bayonne. Elle a été réalisée sur l'emplacement de l'ancienne porte à pont-levis, rendu inutile avec la construction du pont de l'entrée principale. Au moins une autre chapelle existait avec cette construction plus moderne, celle-ci était située dans une petite pièce du 1er étage de l'aile sud du château. Elle était, notamment, utilisée par la catholique Marguerite de Valois. Cette chapelle primitive revêtait une certaine importance puisque c'est en ce lieu que le seigneur et les représentants du Béarn s'assemblaient pour conclure des actes solennels en présence de Dieu. Une autre chapelle est évoquée, celle-ci datant d'avant les guerres de religion, elle aurait était située au 1er étage de la tour Gaston-Fébus.

Jardins du Château
Jardin du château de Pau

Au XVIe siècle, la famille d'Albret a créé un ensemble exceptionnel de jardins et de parcs autour du château[10]. Un petit jardin médicinal existait auparavant dans l'enceinte du château médiéval. Mais c'est véritablement à la Renaissance que les jardins prennent une autre dimension. Les rois de Navarre développent ainsi une garenne, un verger, une châtaigneraie, une vigne, un petit et un grand parc (nommés basse-plante et haute-plante).

Le plus célèbre des rois de Navarre, Henri IV, garda toujours une affection particulière pour ses jardins qui l'ont vu naître. Le roi se fait même envoyer de Pau des plants d'arbres pour ses jardins parisiens. Le XVIIIe siècle voit les jardins se dégrader avec le développement de la ville de Pau. De grands projets urbanistiques voient le jour, et la haute-plante est notamment transformée en place publique (actuelle place de Verdun).

La basse-plante est, elle, conservée et les jardins deviennent accessibles au public au milieu du XIXe siècle. La basse-plante occupe aujourd'hui 23 hectares au cœur de la ville avec des parcs et jardins, ainsi qu'une forêt.

Intérieur[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : carte IGN à l'échelle 1:25000 sur le site de Géoportail
  2. « Classement du château de Pau », base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 27 août 2009
  3. La légende d'Henri IV
  4. Fernand Calmettes, « Les tapisseries du Mobilier National » (La Revue de l'Art ancien et moderne, no 68, 10/11/1902, p. 376 ; la p. 373 reproduit le cliché du fragment découpé pour ouvrir une baie, avant réparation de la pièce - archives personnelles)
  5. L’Emir Abd el-Kader. Guerrier lucide, savant mélancolique. Conférence de Benjamin Stora au Musée du quai Branly avril 2011.
  6. Catherine Granger, L'empereur et les arts: la liste civile de Napoléon III, p. 253-255, École des chartes, Paris (ISBN 978-2-900791-71-4) (Lire en ligne)
  7. Notice historique sur le château de Pau, Théodore Chastang
  8. Musée nationale de Pau
  9. Le château de Pau: son histoire et sa description, Gustave Bascle Lagrèze
  10. http://www.agglo-pau.fr/images/pdf_articles/culture/Bel_Ordinaire/apparitions_livret_programme_TBD.pdf

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lafollye, A, Le château de Pau : histoire et description, Paris, A. Morel,‎ 1882, 108 p. (lire en ligne)
  • Paul Mironneau, Entre imaginaire historique et présent exotique L'appartement d'Abdelkader au château de Pau, revue Le Festin, hiver 1995, no 16 (Lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]