Louvre-Lens

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Louvre-Lens
Le logo du Louvre-Lens.
Le logo du Louvre-Lens.
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Lens
Adresse Carreau de la fosse no 9 des mines de Lens
Coordonnées 50° 25′ 50″ N 2° 48′ 12″ E / 50.43068889, 2.80330277850° 25′ 50″ Nord 2° 48′ 12″ Est / 50.43068889, 2.803302778  
Informations générales
Date d’inauguration 4 décembre 2012
Superficie 20 000 m2
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 900 000 la 1re année d'exploitation[1]
De 450 000 à 550 000 en année de référence[2]
Site web http://www.louvrelens.fr

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Louvre-Lens

Le Louvre-Lens est un établissement public de coopération culturelle à caractère administratif fondé par le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, le département du Pas-de-Calais, la communauté d’agglomération de Lens-Liévin, la ville de Lens et le musée du Louvre. Ce « deuxième Louvre » est situé à Lens dans le Pas-de-Calais, son directeur est Xavier Dectot ; il s'agit d'un établissement autonome, lié au musée du Louvre parisien par une convention scientifique et culturelle.

Le musée est construit sur le site de l'ancienne fosse no 9 des mines de Lens. Le nouveau bâtiment, sous maîtrise d'ouvrage du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, accueille des expositions semi-permanentes représentatives de l'ensemble des collections du musée du Louvre, renouvelées régulièrement. Il accueille également des expositions temporaires de niveau national ou international. Le musée devrait être desservi par le tramway Artois-Gohelle dans les années 2020, mais en attendant des navettes le relient au pôle gares.

L'inauguration, le 4 décembre 2012, jour de la Sainte-Barbe, a donné lieu, de 18 h à minuit, à une opération « portes ouvertes » gratuite. L'ouverture officielle au public a eu lieu le 12 décembre 2012. Le musée est un des symboles de la reconversion du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, il est situé entre des sites inscrits depuis le 30 juin 2012 sur la liste établie par le comité du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). Le millionième visiteur est accueilli le 29 janvier 2014.

Description[modifier | modifier le code]

Ixion, roi des Lapithes, trompé par Junon qu'il voulait séduire, chef-d'œuvre de Pierre Paul Rubens (1615) admiré dans la « Galerie du Temps ».

Ce musée se déploie sur un parc de vingt hectares (parc paysager de 6 600 arbres, 26 000 arbustes et 700 vivaces, quatre hectares de prés et prairies fleuries et un hectare de pelouse rase, les anciennes voies de chemins de fer qui reliaient les puits de mine étant transformées en chemins d'accès, une vingtaine de « canapés végétaux » servant de bancs dans le périmètre du parc). Les bâtiments ont une surface totale de 28 000 m2, dont 7 000 m2 de surface d’exposition et de réserves visitables (Grande galerie appelée « la Galerie du temps » de 3 000 m2, Galerie d’exposition temporaire de 1 800 m2 et Pavillon de verre de 1 000 m2, exposant notamment des pièces majeures venant du musée parisien, entre 600 et 800 œuvres), et 1 000 m2 abritant les réserves d’œuvres d’art[3]. Les cinq bâtiments principaux (un cube, le hall d'accueil et quatre parallélépipèdes dont les toits plats et les murs en verre, légèrement courbes, suivent les lignes naturelles du terrain[4]), reliés entre eux par une ligne continue (« la Galerie du temps » dont le sol en béton ciré et les lamelles inclinées qui apportent une lumière zénithale naturelle évitent les ombres et les reflets) sont longs et bas (six à sept mètres de hauteur), reflétant la lumière par leur structure en verre feuilleté dépoli et en panneaux de bois recouverts d'un bardage en aluminium poli et anodisé : l'édifice joue ainsi sur la sobriété et la transparence des façades dans lesquelles se reflète le parc[5]. Le rez-de-jardin est entièrement ouvert au public, tandis que les parties techniques sont situées en sous-sol[LL 1]. Les deux parvis en béton, posés sur une terre noire de terril (130 000 m3 de schistes ont été charriés en tout) où de maigres îlots de pelouse surnagent, font transition avec le parc paysager[6].

Les expositions temporaires seront chaque année de dimension internationale, en collaboration avec de grands musées étrangers. Le hall d’accueil de 3 600 m2, six ateliers pédagogiques, un auditorium de 280 places (appelé La Scène), une médiathèque et un Centre de Ressources, des réserves (visibles et visitables en sous-sol), une librairie-boutique, une cafétéria, deux espaces de restauration rapide et un restaurant gastronomique du chef local Marc Meurin, des laboratoires­ et des bureaux ­se partagent le reste de ce musée du XXIe siècle[3].

Le site du musée est marqué par la silhouette du stade Bollaert-Delelis et de deux grands terrils qui évoquent la pyramide de Khéops par leur hauteur identique et sont comme un rappel de la Pyramide du Louvre[7].

Le 18 novembre 2013, Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa, ainsi que la région Nord-Pas-de-Calais, ont reçu le prix de l'Équerre d'argent pour le Louvre-Lens[8], récompensant « le très beau travail sur les ambiances, la bonne maîtrise de la lumière et la reconversion d'un site minier en équipement culturel de premier plan »[9].

Historique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chronologie du Louvre-Lens.

Origine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Projet du Louvre-Lens.

Jean-Jacques Aillagon, le ministre de la Culture et de la Communication de l'époque souhaite que les grands établissements parisiens soient décentralisés, ce qui est le cas pour le Louvre II ou le centre Pompidou-Metz. Entre Amiens, Arras, Béthune, Boulogne-sur-Mer, Calais, Lens et Valenciennes, la compétition est difficile.

Renaud Donnedieu de Vabres, le ministre de la culture et de la communication de l'époque visite les six villes candidates. Il y a une ville en moins car Béthune a souhaité se retirer de la compétition. Quatre mois plus tard, le premier ministre de l'époque Jean-Pierre Raffarin annonce à Lens même le 29 novembre 2004 que la ville accueillerait l'antenne du Louvre. En effet, dans la commune, plus de 20 % des actifs sont au chômage ou sous-employés, et les indicateurs sociaux et sanitaires sont très négatifs[10]. Daniel Percheron a su convaincre Jacques Chirac que le choix de Lens était le meilleur, pour rendre justice « au peuple de la mine qui a tant souffert ». Il a été soutenu dans son combat par Henri Loyrette, président-directeur du Louvre et partisan de la démocratisation de l'art[10], et aidé par trois veuves de mineurs qui avaient interpellé Renaud Donnedieu de Vabres de « façon directe et chaleureuse » lors de sa visite de Lens, gagnant depuis le surnom de « mamies du Louvre[11] ».

La maison du projet

En début d'année 2005, la région Nord-Pas-de-Calais, maître d'ouvrage et principal financeur du projet lance un concours d'architecture. Six équipes d'architectes sont sélectionnées parmi les 124 candidatures. Après délibération, le jury qualifie l'équipe d'architectes composée de l'agence japonaise SANAA Kazuyo Sejima, Ryūe Nishizawa avec le bureau d'architectes-muséographes Imrey Culbert basé à New York et à Paris, spécialisé en conception de musées et galeries, ainsi que l'architecte paysagiste française Catherine Mosbach.

Plusieurs projets sont mis en route dont la Route du Louvre. Celle-ci a pris son départ le 14 mai 2006 et est rééditée chaque année. Plusieurs personnes ont aussi eu la possibilité d'aller sur des lieux bâtis par l'entreprise SANAA et pour prendre connaissance des avancées du chantier du Louvre-Lens.

Construction[modifier | modifier le code]

Chantier du pavillon d'accueil en janvier 2011.

Le 12 novembre 2007, la région a approuvé l'avant-projet architectural définitif du musée. C'est-à-dire que les plans sont terminés et que le calendrier est fixé[12]. En 2008, l'appel d'offre est lancé pour être finalement jugé infructueux en septembre : les raisons invoquées tiennent essentiellement au dépassement de budget des entreprises ayant répondu.

Une nouvelle consultation est relancée début 2009 pour aboutir sur un choix des entreprises en septembre 2009. La première pierre est posée le 4 décembre 2009[13] pour une inauguration prévue pour le 4 décembre 2012, trois ans plus tard.

Financement[modifier | modifier le code]

Les travaux, entre le carreau de fosse et les corons, en juillet 2012.

Les dépenses d'investissement du Louvre-Lens sont majoritairement prises en charge par la région (60 %), avec l'Union européenne (20 % via le FEDER) mais aussi le conseil général du Pas-de-Calais (10 %) ainsi par la ville de Lens et la Communaupole (10 % pour les deux)[14]. Ces collectivités participent dans les mêmes proportions à l'investissement initial.

Le cabinet d'architecture SANAA des japonais Kazuyo Sejima et Ryūe Nishizawa a été désigné le 26 septembre 2005 par la commission permanente du conseil régional Nord-Pas-de-Calais, maître d'ouvrage du bâtiment, pour construire le Louvre-Lens. Son coût est alors estimé à 117 millions d'euros TTC (valeur janvier 2005). La paysagiste sur ce projet est Catherine Mosbach (de Mosbach Paysagistes) qui a déjà réalisé de nombreux projets tel que le canal Saint-Denis, le Jardin botanique de Bordeaux ou le jardin botanique de Monaco. Pour le développement de ce projet SANAA s'est adjoint les architectes français Michel Lévi et Antoine Saubot du cabinet parisien EXTRA MUROS.

L'avant-projet a été validé en mai 2007. Il se traduit par une simplification du projet (réduction des surfaces vitrées) et une augmentation du coût d'objectif qui passe à 127 millions d'euros. En février 2009, le conseil régional a voté une extension de budget de 23 millions d'euros qui seront couverts par l'Union européenne pour dix millions d'euros, par l'état Français pour six millions d'euros et par le mécénat pour sept millions d'euros[15], portant le budget total à 150 millions d'euros.

Lors de l'attribution des différents lots techniques, le budget de la construction est finalement de 83 millions d'euros au lieu des 109 millions d'euros prévus[16]. Le solde est alors réservé à l'aménagement paysager qui représente une part importante du projet architectural. Le Moniteur des travaux publics et du bâtiment, magazine spécialisé en travaux publics, évoque un coût total de 201 millions d'euros, toutes révisions comprises[17].

Les dépenses en fonctionnement sont quant à elles estimées à quinze millions d'euros[14].

Emplacement[modifier | modifier le code]

Les travaux s'étendent même jusque sur le carreau de la fosse no 9 bis, qui est devenu le parking ouest du musée.
Le massif d'ancrage d'une des passerelles, sur le terril.

Le musée du Louvre-Lens est bâti sur le carreau de la fosse Théodore Barrois, plus connue sous le nom de fosse no 9 qui a été exploitée après deux ans de travaux[18] entre 1886 et 1980 pour son charbon par la Compagnie des mines de Lens[19],[20],[note 1]. Le site étant un peu en hauteur, il donne une vue sur les cités des environs. Le critère de l'emplacement a été décisif : la proximité des autoroutes A1, A21 et A26, la proximité de la gare de Lens desservie par le TGV. Vers 2020, le Louvre-Lens devrait aussi être desservi par le tramway Artois-Gohelle.

La zone du chantier est bien plus large que le carreau de la fosse no 9. Outre les abords immédiats, les travaux s'étendent également sur le carreau de la fosse no 9 bis, un puits d'aérage voisin, sur le territoire de Liévin[21].

Par ailleurs, la cité pavillonnaire no 9, l'église Saint-Théodore, l'école, le logement d'instituteur, la maison d'ingénieur et la cité pavillonnaire Jeanne d'Arc ont été inscrits le 30 juin 2012 sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, où ils constituent une partie du site no 63[22].

Un cheminement piétonnier est réalisé entre la gare et le musée. Entre cette première et le pont ferroviaire, des bâtiments sont détruits pour laisser un passage suffisant[23], tandis que du pont jusqu'au musée, le terril cavalier no 68A, Cavalier du 9 de Lens[24], jusqu'alors inaccessible, est rouvert au public. À cette occasion, deux passerelles enjambent des rues[25].

Mise en œuvre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Construction du Louvre-Lens.

Le 7 octobre 2009, le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais attribue les marchés des travaux aux sociétés Eiffage pour le gros œuvre et au groupe italien Permasteelisa pour la charpente et les façades. La SEM Adevia est confirmée dans son rôle de mandataire du conseil régional. Le 4 décembre 2009, le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand inaugure la « Maison du Projet » du Louvre-Lens et pose la première pierre en compagnie de Jack Lang, Valérie Létard, Gervais Martel, Guy Delcourt, Henri Loyrette, Daniel Percheron et les architectes Kazuyo Sejima et Ryūe Nishizawa[26].

En 2009, SANAA fait appel au Studio Adrien Gardère[27] pour concevoir la muséographie de tous les espaces du musée. Le Studio Adrien Gardère collabore avec Jean-Michel Sanchez et Julien Roger de On-situ, pour la conception de la médiation et des multimédia et avec les suisses D. Bruni et M. Krebs de Norm pour la signalétique et le graphisme du musée.

En septembre 2010, les sous-sols et les fondations sont presque achevés, et le pavillon de verre est commencé.

Bâtiments[modifier | modifier le code]

Localisation des différents bâtiments entre eux : La Scène, la Galerie des expositions temporaires, le hall d'accueil, la Grande galerie et le Pavillon de verre. Au sud-ouest, l'administration, au nord, le restaurant. Tout autour, le parc.

Inauguration[modifier | modifier le code]

La Galerie du temps le jour de l'inauguration, avec notamment La Liberté guidant le peuple et le Portrait de monsieur Bertin.
Article détaillé : Inauguration du Louvre-Lens.

L'inauguration a lieu le jour de la Sainte-Barbe, sainte patronne des mineurs, le 4 décembre 2012[10]. Parmi les nombreux invités, il y a François Hollande, président de la République française[28], Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon, Jacques Toubon, Catherine Tasca, Christine Albanel, Jack Lang, Renaud Donnedieu de Vabres, Pierre Mauroy, Lionel Jospin[29]...

Des anciens mineurs et des cafus (femmes employées au tri du charbon) sont également présents sur le site[29].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Xavier Dectot, à l'occasion du premier anniversaire du musée.
Une médiatrice commente le Portrait de Baldassare Castiglione, exposé en 2013 dans La Galerie du temps.

Xavier Dectot, directeur du Louvre-Lens[30],[31] et conservateur, indique que vingt-deux médiateurs ont été embauchés[10]. Il attend une fréquentation de 700 000 visiteurs en 2013 et de 500 000 visiteurs les années suivantes[28]. Henri Loyrette, président-directeur du Louvre, attend aussi bien un public européen que la population locale, et précise « Il y aurait pour moi deux échecs. Le premier serait que la population du Nord-Pas-de-Calais ne s'approprie pas le musée. Le second que les fidèles du Louvre n'aient pas l'envie de venir[28] ».

Le musée est ouvert tous les jours de 10 h à 18 h, sauf le mardi[32].

Financement[modifier | modifier le code]

Le budget de fonctionnement est élaboré et suivi par Catherine Ferrar, administratrice générale de l'Établissement public du Louvre-Lens[33].

En mai 2005, les frais de fonctionnement étaient estimés à douze millions d'euros par an. En 2012, ces mêmes frais ont été estimés à quinze millions d'euros, pris en charge à hauteur de 60 % par le conseil régional, 10 % par le conseil général et 10 % par la communauté d'agglomération ; les 20 % devant provenir des recettes du musée. Le conseil d'administration s'est vu présenté par l'EPCC un budget de fonctionnement de 15,5 millions d'euros pour l'exercice 2012-2013. Le même budget est reconduit pour l'exercice 2013-2014[33].

Les recettes, lors de la première année, s'élèvent à trois millions d'euros, dont 550 000 € provenant du mécénat de fonctionnement, et un peu moins de 2,5 millions d'euros des billets d’entrée, des expositions temporaires, de la boutique, des ventes de la cafétéria, du restaurant gastronomique, des visites guidées, de la location des salles, des catalogues d’exposition[33]... Le reste, représentant 12,5 millions d'euros, est pris en charge à hauteur de 8,7 millions d'euros par le conseil régional, et de 1,1 million d'euros chacun par le conseil général et la communauté d'agglomération. Il existe également quelques autres ressources. La gratuité de l'exposition La Galerie du temps, reconduite en 2014, représente un manque à gagner d'un million d'euros[33].

Expositions[modifier | modifier le code]

Le Louvre-Lens compte trois espaces d'expositions : la Grande galerie, le Pavillon de verre et la Galerie des expositions temporaires[34]. Diverses expositions sont organisées dans ces espaces :

Quelques œuvres majeures passées par le Louvre-Lens[modifier | modifier le code]

Le Louvre-Lens ne possède pas de collections, mais réalise régulièrement des expositions. Celles-ci contiennent toujours des œuvres majeures telles La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne dans Renaissance[28], le Sarcophage des Époux dans Les Étrusques et la Méditerranée, ou encore La Madeleine à la veilleuse et La Liberté guidant le peuple dans La Galerie du temps[28].

Critiques du projet[modifier | modifier le code]

Certains avis manifestent des réserves, voire une opposition, à ce projet. Ainsi La Tribune de l'art critique d'abord l'architecture qui n'a « rien de séduisant » et « coûte un peu cher », ensuite le fond, le qualifiant de « vide intellectuel »[46]. Dans son éditorial du 4 décembre 2012 dans The Guardian, Jonathan Jones estime que le Louvre-Lens est « une initiative maladroite, le mouvement d'auto-détestation d'une institution qui devrait, au contraire, être fière de sa splendeur palatiale »[47].

Dans le numéro 8 de mars 2012 d'Article 11, Jean-Pierre Garnier dénonce un musée à destination uniquement de la « petite bourgeoisie intellectuelle » et « construit dans un désert socio-économique et culturel »[48].

Dans Le Point du 4 décembre 2012, Olivier Meslay, conservateur en chef du Louvre-Lens, explique que lors de l'annonce du projet de nombreuses critiques se sont élevées[49].

Dans certains de ses articles, le journal La Brique émet des critiques sur l'implantation du Louvre à Lens. Dans un article du 20 décembre 2011, il parle d'un projet avant tout « économique », qui sert à favoriser l'implantation des investisseurs et le travail des urbanistes[50].

Fréquentation[modifier | modifier le code]

Fréquentation de l'exposition La Galerie du temps le jeudi 18 avril 2013 à 10 h 55.

Le Louvre-Lens a été inauguré le 4 décembre 2012, où 5 000 visiteurs sont venus le soir même[51], et officiellement ouvert au public le 12 décembre[52]. Les 8 et 9 décembre 2012, à l'occasion d'un week-end exceptionnel de préouverture, il a accueilli 36 000 visiteurs[52]. Il est alors envisagé qu'il accueille 700 000 visiteurs la première année et 500 000 les années suivantes. Le 100 000 e visiteur est accueilli le 28 décembre[52], il y a eu ce jour-là 10 131 entrées[51]. Guy Delcourt, maire de Lens, déclare que « le Louvre-Lens est bien le musée du troisième millénaire et l'avenir de la région Nord-Pas-de-Calais[52] ». Au bout d'un mois d'ouverture, le 4 janvier 2013, le musée accueille son 140 000 e visiteur[51]. Sur cette période, les étrangers représentent 13 % des visiteurs, et la plus grande part provient de Belgique[51].

Le 300 000 e visiteur est accueilli le 5 mars 2013, soit après trois mois d'ouverture[53]. À cette occasion, on apprend les chiffres de 2011 quant à la fréquentation des autres musées régionaux : le palais des beaux-arts de Lille a accueilli 215 000 visiteurs, la La Piscine, Musée d'art et d'industrie de Roubaix 206 000 visiteurs, le Lille Métropole Musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut de Villeneuve-d'Ascq 190 000 visiteurs, le musée Matisse du Cateau-Cambrésis 66 000 visiteurs, et enfin, la cité internationale de la dentelle et de la mode de Calais 46 000 visiteurs[53]. Quelques jours plus tard, l'exposition temporaire Renaissance prend fin, elle a alors accueilli un peu plus de 150 000 visiteurs sur une période de trois mois et une semaine, soit un visiteur sur deux[38].

Le 500 000 e visiteur est accueilli le 19 mai 2013 à l'occasion de la Nuit européenne des musées[54]. Xavier Dectot déclare alors « On ne l’attendait pas si tôt, c’est vrai », le musée n'étant alors ouvert que depuis cinq mois et demi, il rajoute ensuite « C’est la preuve d’un ancrage local et international, la preuve du succès du musée. Nous avons un objectif de 700 000 visiteurs. On sait qu’on va l’atteindre alors que certains avant l’ouverture trouvaient cet objectif déraisonnable. Plutôt que d’attendre le million, je préfère entendre ce visiteur dire qu’il est venu au Louvre-Lens et qu’il revient[54] ». À l'occasion de cet évènement, le musée a accueilli 3 900 visiteurs entre 17 h et h[54].

Xavier Dectot accueille la millionième visiteuse (et son mari), le 29 janvier 2014.

Le 13 septembre 2013, à l'occasion de la venue de la reine Mathilde de Belgique, on apprend que le musée a déjà accueilli 740 000 visiteurs[41], dépassant ainsi l'objectif de 700 000 visiteurs la première année[55].

Quelques jours avant la première année d'ouverture du musée, l'Agence France-Presse annonce que le musée a accueilli 900 000 visiteurs, soit 200 000 de plus que les estimations les plus favorables, et l'objectif fixé[1]. Cinq-cent mille visiteurs sont prévus les années suivantes[1]. Josiane Hermand, 67 ans, est la millionième visiteuse. Elle est accueillie le 29 janvier 2014, aux alentours de 11 h 30, dans La Galerie du temps[56].

Création d'un centre de réserves du Louvre[modifier | modifier le code]

La création d'un centre de réserves du Louvre de 23 500 m2 à Lens est envisagé pour un coût de soixante millions d'euros, financé à 51 % par le Louvre et à 49 % par la région Nord-Pas-de-Calais[57].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans les faits, la fosse no 9 est commencée en juillet 1884 et commence à extraire à la fin de l'année 1886. Elle cesse d'extraire en 1960, date à laquelle elle est concentrée sur la fosse no 11 - 19, elle assure alors l'aérage, jusqu'au remblaiement de son puits en 1980. Elle n'a donc pas remonté de charbon durant les vingt dernières années.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Agence France-Presse, E.M., « Le Louvre-Lens a un an : déjà 900 000 visiteurs », sur http://nord-pas-de-calais.france3.fr/, France 3 Nord-Pas-de-Calais,‎ 1er décembre 2013
  2. « Le Louvre-Lens en chiffres, paragraphe « Populations et visiteurs » », sur http://www.louvrelens.fr/
  3. a et b « Le Louvre-Lens en quelques chiffres », sur http://culturecommunication.gouv.fr/
  4. Pierre Tardy, « Le Louvre-Lens, par SANAA, inauguré », sur urbanews.fr,‎ 4 décembre 2012
  5. Hélène Tonnelier, « Louvre-Lens : un écrin de verre et d'aluminium », sur http://nord-pas-de-calais.france3.fr/, France 3,‎ 28 novembre 2012
  6. Maxime Bitter, « Le Louvre Lens attend sa seconde peau », Le Moniteur, no 5666,‎ 29 juin 2012, p. 56
  7. Bernard Genies, « Louvre-Lens : 200 chefs-d’œuvre au pied des terrils », sur http://tempsreel.nouvelobs.com/,‎ 3 décembre 2012
  8. Jean-Jacques Larrochelle, « Le Louvre-Lens, Équerre d’argent », sur http://www.lemonde.fr/, Le Monde,‎ 19 novembre 2013
  9. « Une équerre d'argent pour le Louvre-Lens », La Voix du Nord, no 21870,‎ 20 novembre 2013, p. 12
  10. a, b, c, d et e « Le Louvre, fer de Lens ? », sur http://www.lexpress.fr/, L'express,‎ 4 décembre 2012
  11. Frédéric Frangeul, « Louvre-Lens : merci les mamies ! », sur Europe 1,‎ 3 décembre 2012
  12. « Louvre-Lens : l’avant–projet définitif adopté », sur http://www.louvrelens.fr/
  13. « Le Louvre à Lens : « Une réponse de l'avenir à l'histoire » », sur http://www.lavenirdelartois.fr/, L'avenir de l'Artois
  14. a et b « Le Louvre-Lens en chiffres, coûts et financement », sur http://www.louvrelens.fr/
  15. « 23 millions de plus, le chantier du Louvre-Lens », sur http://www.lemonde.fr/, Le Monde,‎ 7 février 2009
  16. « Plus rien ne s'oppose à la construction », sur http://www.lavoixdessports.com/, La Voix du Nord,‎ 6 octobre 2009
  17. Maxime Bitter, « Dernière ligne droite pour le Louvre Lens », sur lemoniteur.fr,‎ 5 novembre 2012
  18. Soubeiran 1895, p. 328
  19. Dubois et Minot 1991, p. 113
  20. Dubois et Minot 1992
  21. Jérémy Jännick, « Photographie du carreau de la fosse no 9 bis des mines de Lens à Liévin, en travaux, le 24 juillet 2012 », sur Wikimedia Commons
  22. [PDF] « Liste des biens du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, par commune », sur http://www.bmu.fr/, Association Bassin Minier Uni & Mission Bassin Minier,‎ 1er juillet 2012
  23. « La démolition du garage Lallain marque la fin de cinquante-deux ans d'histoire », sur http://www.lavoixdunord.fr/, La Voix du Nord,‎ 16 juin 2012
  24. « Fiche du terril no 068a », sur http://www.chainedesterrils.eu/, La Chaîne des Terrils
  25. Jérémy Jännick, « Dossier photographique concernant le terril cavalier no 68A, réutilisé en cheminement piétonnier », sur Wikimedia Commons
  26. « Frédéric Mitterrand au Louvre-Lens : « Un lieu qui va rapprocher les hommes et les cultures » », La Voix du Nord,‎ 2009 (consulté le 4 décembre 2009)
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  28. a, b, c, d, e et f « Musée du Louvre-Lens : la culture pour revitaliser le bassin minier », sur http://www.rtl.fr/, RTL,‎ 3 décembre 2012
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  31. « Xavier Dectot sera le premier directeur du Louvre-Lens », sur http://www.lavoixdunord.fr/, La Voix du Nord,‎ 31 mars 2011
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  36. a et b « Louvre-Lens : les œuvres qu'il faut voir... », sur http://www.rtl.fr/, RTL,‎ 4 décembre 2012
  37. « Le Temps à l'œuvre », sur http://www.louvrelens.fr/, Louvre-Lens
  38. a et b « Louvre-Lens : gros succès de l'exposition Renaissance », sur http://www.lavenirdelartois.fr/, L'Avenir de l'Artois,‎ 14 mars 2013
  39. « L'Europe de Rubens », sur http://www.louvrelens.fr/, Louvre-Lens
  40. « L’Europe de Rubens - un bilan satisfaisant », http://www.artistikrezo.com/,‎ 24 septembre 2013 (lire en ligne)
  41. a et b Agence France-Presse, « Succès de « L'Europe de Rubens » au Louvre de Lens », http://fr.canoe.ca/,‎ 23 septembre 2013 (lire en ligne)
  42. « Louvre-Lens : 127 956 visiteurs très exactement pour Rubens », sur http://www.lavoixdunord.fr/, La Voix du Nord,‎ 24 septembre 2013
  43. « Voir le sacré », sur http://www.louvrelens.fr/, Louvre-Lens
  44. « Les Étrusques et la Méditerranée », sur http://www.louvrelens.fr/, Louvre-Lens
  45. « Les Désastres de la guerre », sur http://www.louvrelens.fr/, Louvre-Lens
  46. L’ouverture du Louvre-Lens
  47. The Louvre risks losing its magic with Lens move
  48. Jean-Pierre Garnier : « Aujourd’hui, on attend d’un maire qu’il gère sa ville comme une entreprise »
  49. Olivier Meslay : "Les débuts du Louvre-Lens ne furent pas faciles"
  50. Enquête : le Louvre Lens, en toute impunité
  51. a, b, c et d « Louvre-Lens : déjà 140 000 visiteurs », sur http://www.nordeclair.fr/, Nord Éclair,‎ 4 janvier 2013
  52. a, b, c et d « Succès pour le Louvre-Lens, trois semaines après son inauguration », sur http://www.lemonde.fr/, Le Monde,‎ 28 décembre 2012
  53. a et b Laurent Navez, « Louvre-Lens : 300 000 visiteurs et déjà premier musée du Nord-Pas-de-Calais », sur http://nord-pas-de-calais.france3.fr/, France 3 Nord-Pas-de-Calais,‎ 6 mars 2013
  54. a, b et c « Louvre-Lens : une belle Nuit des musées et… le 500 000 e visiteur ! », sur http://www.lavoixdunord.fr/, La Voix du Nord,‎ 19 mai 2013
  55. « Louvre-Lens : 36 000 visiteurs non-stop pendant le week-end », sur http://next.liberation.fr/, Libération,‎ 9 décembre 2012
  56. « Louvre-Lens : la barre du million de visiteurs franchie (VIDÉO) », sur http://www.lavoixdunord.fr/, La Voix du Nord,‎ 29 janvier 2014
  57. AFP, « Signature d'un protocole pour envoyer les réserves du Louvre à Lens », sur http://nord-pas-de-calais.france3.fr/, France 3 Nord-Pas-de-Calais,‎ 2 octobre 2013
  • Références à Louvre-Lens, le guide 2013, Musée du Louvre-Lens & Somogy éditions d'art,‎ 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bibliographie sur le Louvre-Lens.

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Ouvrages sur la fosse no 9 des mines de Lens[modifier | modifier le code]

  • Guy Dubois et Jean-Marie Minot, Histoire des Mines du Nord et du Pas-de-Calais : Des origines à 1939-45, t. I,‎ 1991, 176 p., p. 113 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Guy Dubois et Jean-Marie Minot, Histoire des Mines du Nord et du Pas-de-Calais : De 1946 à 1992, t. II,‎ 1992 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Alfred Soubeiran, Études des gîtes minéraux de la France : Bassin houiller du Pas-de-Calais, sous-arrondissement minéralogique d'Arras, t. I, Imprimerie nationale, Paris,‎ 1895, 344 p. (notice BnF no FRBNF31386779, lire en ligne), p. 328 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Ouvrages centrés sur le Louvre-Lens[modifier | modifier le code]

  • Yves Portelli et Delphine Pineau (préf. Jean-Michel Bretonnier), Louvre-Lens, de la conception à la naissance, Lille, La Voix du Nord Éditions,‎ novembre 2012, 68 p. (ISBN 978-2-84393-165-9, ISSN 2115-8045) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Catalogues des expositions[modifier | modifier le code]

  • Lucie Streiff-Rivail (coordination et suivi éditorial), Isabelle Pelletier (coordination et suivi éditorial (assistante)), Charles-Hilaire Valentin (iconographie), Nicolas Neumann (directeur éditorial), Lydia Labadi (coordination et suivi éditorial), Astrid Bargeton (coordination et suivi éditorial (assistante)), Loïc Levêque (conception graphique et réalisation), Sarah Zhiri (contribution éditoriale), Michel Brousset (fabrication), Béatrice Bourgerie (fabrication), Mélanie Le Gros (fabrication), Jean-Luc Martinez (auteur), Vincent Pomarède (auteur) et al. (préf. Daniel Percheron), Louvre-Lens, le guide 2013, Lens & Paris, Musée du Louvre-Lens & Somogy éditions d'art,‎ novembre 2012, 16,2 cm × 23 cm, 296 p. (ISBN 978-2-36838-002-4 et 978-2-7572-0605-8), p. 24 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article