Peinture de style troubadour

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Pharamond, élevé sur le pavois par les Francs, 1845, par Pierre Révoil et Michel-Philibert Genod, château de Versailles.

La peinture de style troubadour est une peinture historique anecdotique édifiante qui emprunte à la peinture hollandaise du XVIIe siècle ses moyens techniques : son faire lisse, sa description minutieuse des détails qui font illusion, son rendu des tissus mais aussi son caractère intimiste des scènes familières.[réf. nécessaire]

Histoire[modifier | modifier le code]

La redécouverte de la civilisation médiévale est l’une des curiosités intellectuelles du début du XIXe siècle. Ce passé imprégnait l’Ancien Régime depuis les institutions et leurs rites (Le costume du sacre datait du XVIe siècle) jusqu’aux vieilles églises des cérémonies familiales.

Le Musée des monuments français remit à la mode le Moyen Âge, notamment lors de la profanation des tombes de la basilique Saint-Denis. En exhumant les restes des rois, les révolutionnaires leur redonnèrent vie, si l’on ose dire[1].

De même la résurgence du sentiment chrétien dans sa dimension artistique, avec la parution en 1802 du Génie du Christianisme de François-René de Chateaubriand, joua un grand rôle en faveur de cette peinture édifiante souvent inspirée par la religion.

Artistes et écrivains rejetèrent le rationalisme néo-antique de la Révolution et se tournèrent vers un passé chrétien glorieux. Les progrès de l’histoire et de l’archéologie accomplis au cours du XVIIIe siècle portent leurs fruits. Paradoxalement ces peintres du passé ignorent les primitifs de la peinture française. Cette peinture ne les intéresse pas car elle n’est pas anecdotique ! Napoléon lui-même ne dédaignait pas ce courant: il avait pris comme emblème le semis d’abeilles d’or retrouvé sur la tombe du roi mérovingien Childéric Ier, et se voyait bien continuateur de la royauté française. Une sorte de reconnaissance officielle du Moyen Âge fut opérée par la cérémonie du sacre de Napoléon. Reprenant l’usage des rois de France (mais à Paris), le futur empereur tenta de reprendre à son profit les usages royaux : peut être même dans ses manifestations miraculeuses, Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa d’Antoine-Jean Gros a été lue comme une version moderne des rois thaumaturges – réputés guérir de la maladie de peau nommée les écrouelles : le Premier Consul n’est pas contaminé par la peste.

Valentine de Milan pleurant la mort de son époux (vers 1802), par Fleury François Richard, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg.

Le premier tableau troubadour fut présenté au Salon de 1802, sous le Consulat. C’est une œuvre de Fleury-Richard (élève de David), Valentine de Milan pleurant la mort de son époux. Le sujet du tableau serait venu à Fleury-Richard en visitant le musée des monuments français. Car le tombeau de cette infortunée y figurait. Ce tableau eut un énorme succès en raison de son sujet émouvant. David voyant le tableau se serait écrié : « Ca ne ressemble à personne, c’est aussi nouveau d’effet que de couleur ; la figure est charmante et pleine d’expression, et ce rideau vert jeté devant cette fenêtre fait une illusion complète ». La peinture de style troubadour naît ainsi dans l'atelier de David. Elle garde le style néoclassique du maître et son souci du détail archéologique mais ses thèmes ne reprennent plus ceux de l'Antiquité mais des sujets du Moyen Âge et de la Renaissance[2].

Le tableau de Fragonard représentant François Premier reçu chevalier par Bayard (Salon de 1819) doit être lu non comme une redécouverte d’un passé médiéval mais plutôt comme un souvenir d’une tradition monarchique récente.

Le romantisme et la Révolution de 1848 sonnèrent le glas de cette peinture.

Tableaux troubadours[modifier | modifier le code]

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Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Le Style Troubadour, catalogue de l'exposition, Bourg-en-Bresse, musée de Brou, 1971.
  • Marie-Claude Chaudonneret, La Peinture Troubadour : deux artistes lyonnais, Pierre Révoil (1776-1842), Fleury Richard (1777-1852), Arthéna, Paris, 1980.
  • Marie-Claude Chaudonneret, «Tableaux Troubadour», Revue du Louvre, n° 5/6, 1983, pages 411-413.
  • François Pupil, Le Style Troubadour ou la nostalgie du bon vieux temps, Nancy, Presses. Universitaires de Nancy, 1985.
  • Guy Stair Sainty, sous la direction de, Romance and Chivalry: History and Literature Reflected in Early Nineteenth-Century French Painting, Stair Sainty Mathiesen Gallery, New York, 1996.
  • Maïté Bouyssy, sous la direction de, «Puissances du gothique», Sociétés & Représentations, n° 20, décembre 2005, édité par Bertrand Tillier.
  • L'invention du passé, vol. 1, Gothique, mon amour... 1802-1830, catalogue de l'exposition, Bourg-en-Bresse, Monastère Royal de Brou, 19 avril - 21 septembre 2014, Magali Briat-Philippe, commissaire, Paris, Hazan, 2014.
  • L'invention du passé, vol. 2, Histoires de coeur et d'épée en Europe, 1802-1850, catalogue de l'exposition, Lyon, Musée des Beaux-Arts, 19 avril - 21 juillet 2014, Stephen Bann et Stéphane Paccoud, commissaires, Paris, Hazan, 2014.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sylvie Lecoq-Ramond, Le temps de la peinture. Lyon 1800-1914, Fage,‎ 2007, p. 104
  2. Laurent Avezou, Raconter la France, Armand Colin,‎ 2013, p. 221
  3. (en) Stair Sainty Gallery, Rene d'Anjou chez Palamede de Forbin