Pierre Mignard

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Pierre Mignard

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Pierre Mignard, Autoportrait, 1690, Musée du Louvre, Paris.

Naissance 17 novembre 1612[1]
Troyes
Décès 30 mai 1695 (à 82 ans)
Paris
Nationalité Français
Mouvement artistique Classicisme

Pierre Mignard, né à Troyes le 17 novembre 1612 et mort à Paris le 30 mai 1695 est un artiste-peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tout d'abord destiné à la médecine, il entre en 1624 dans l'atelier du peintre Jean Boucher à Bourges. De retour à Troyes, il travaille chez un sculpteur nommé François Gentil avant de partir pour Fontainebleau - capitale des arts de l'époque - où il étudie Le Primatice, Le Rosso et Martin Fréminet. Il peint la chapelle du château de Coubert-en-Brie pour le maréchal de Vitry qui le prend sous sa protection et l'emmène à Paris où il devient l'élève de Simon Vouet et rencontre Charles Le Brun (bien plus tard les deux hommes seront en situation de rivalité ouverte), Eustache Le Sueur, et Du Fresnoy avec qui il se lie.

En 1635 il part pour Rome où il rencontre Poussin, peut-être le peintre Sassoferrato et Anna Avolara, fille d'un architecte, dont il s'éprend mais qu'il n'épousera qu'en 1660 à la suite d'obstacles divers. Devenu célèbre à Rome, il est naturellement rappelé en France par Louis XIV en 1657. Sur le chemin de Paris, il rencontre Molière à Avignon et devient un des rares intimes de la troupe qui ne soit pas comédien. Molière composera en 1669 un éloge (poème de la Gloire du Val-de-Grâce) de son chef-d'œuvre, le Dôme du Val-de-Grâce, commandé en 1663 par Anne d'Autriche et qui lui est payé 35 000 livres.

Molière peint par Pierre Mignard, vers 1658
Mignard, fresque du dôme de l'Église du Val-de-Grâce, La Gloire des Bienheureux
Mignard La vierge aux raisins

Mignard partage sa carrière entre le portrait - il est la coqueluche des grandes dames du royaume pour cela - et les grandes compositions décoratives. Il peindra notamment au château de Versailles. En juin 1687, il est anobli par le roi qui, en 1690 – à la mort de Le Brun – le nomme son premier peintre, en fait le directeur des manufactures royales et le fait d'office entrer à l'Académie royale de peinture et sculpture et y siéger comme directeur.

À sa mort on fit à Mignard de grandes funérailles à l'église Saint-Roch et il fut enterré aux Jacobins. Il avait eu quatre enfants. Sa fille Catherine épousera en 1696 le comte de Feuquières.

Au vu de ses Madones aux airs inspirés et de la mièvrerie parfois attribuée à sa peinture, un rapport s'est établi[2] entre son nom et l'adjectif « mignard » ou le mot « mignardise », dérivés péjoratifs de « mignon ». Ce rapprochement n'est toutefois qu'une coincidence et n'a aucune justification étymologique (le terme "mignard" étant attesté avant la carrière de Pierre Mignard). Il reste un des plus célèbres peintres classiques français : ami des beaux esprits de son temps (outre Molière, citons La Fontaine, Racine ou Boileau), on lui doit des portraits de Molière et Bossuet, de Jacques de Cordon d'Evieu, de la princesse Palatine, de la duchesse de Châtillon, de la comtesse de Fiesque, de Julie d'Angennes, de Mlle de Montpensier, de Mlle de Valois et de la grande-duchesse de Toscane, de Mme de la Sablière, de la duchesse de Brissac, de la duchesse de Ventadour, de Mme de Montespan, de Mlle de La Vallière, de Mme de Sévigné, de Mlle de Grignan, de Mlle de Fontanges et de Mme de Tencin. Il a par ailleurs peint dix fois Louis XIV.

Mignard a sa statue parmi les Hommes illustres (Louvre).

Il y a une plaque commémorative au 23 rue de Richelieu, Paris 1er, là où Pierre Mignard est mort.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Texte de Saint-Simon[modifier | modifier le code]

Le mémorialiste juge l'artiste et son œuvre : "La perte de deux hommes illustres fit plus de bruit que celle de ces deux grandes dames: [de] La Fontaine si connu par ses fables et ses contes, et toutefois si pesant en conversation, et de Mignard si illustre par son pinceau. Il avait une fille unique parfaitement belle. C'était sur elle qu'il travaillait le plus volontiers, et elle est répétée en plusieurs de ces magnifiques tableaux historiques qui ornent la grande galerie de Versailles et ses deux salons, et qui n'ont pas eu peu de part à irriter toute l'Europe contre le roi, et à la liguer plus encore contre sa personne que contre son royaume". Éditions La Pléiade, 1959, tome I, page 232.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives départementales de l'Aube. Ville de TROYES église St Jean. registre années 1610-1618, page 35 acte 7.
  2. Le Robert - Dictionnaire historique de la Langue Française - ISBN 2-85036-187-9