Pont-Aven

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Pont-Aven
Pont-Aven, le Port
Pont-Aven, le Port
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Quimper
Canton Pont-Aven (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes de Concarneau Cornouaille
Maire
Mandat
Isabelle Biseau
2008-2014
Code postal 29930
Code commune 29217
Démographie
Gentilé Pontaveniste
Population
municipale
2 844 hab. (2010)
Densité 99 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 51′ N 3° 45′ W / 47.85, -3.7547° 51′ Nord
       3° 45′ Ouest
/ 47.85, -3.75
  
Altitude Min. 0 m — Max. 102 m
Superficie 28,63 km2
Localisation

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Site web Site de la commune

Pont-Aven [pɔ̃tavɛn][1] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Pont-Aven est surnommée « la cité des peintres » car de nombreux peintres dont Gauguin y ont séjourné.

Sommaire

Géographie [modifier]

Le port de Pont-Aven.

La commune de Pont-Aven est une commune proche du littoral atlantique bordée à l'est par la rivière Aven. La petite ville de Pont-Aven est située au bord de cette rivière, à l'endroit où elle s'élargit en estuaire. Les eaux de la rivière se faufilent au milieu d'un chaos d'énormes rochers avant de rejoindre la mer. Autrefois les eaux de l'Aven animaient de nombreux moulins dans la petite cité. Ils sont à l'origine du dicton : Pont-Aven, ville de renom, 14 moulins, 15 maisons. La commune de Pont-Aven englobe en outre de vastes portions de territoire non urbanisés qui appartenaient à la commune de Nizon avant qu'elle ne fusionne en 1954 avec celle de Pont-Aven. De nombreux villages parsèment cette espace. Le bourg de Nizon, ancien chef-lieu de commune, constitue la seconde agglomération en importance. Au nord de la ville, surplombant l'Aven, se trouve le bois d'Amour.

Histoire [modifier]

Cabaret breton à Pont-Aven (dessin d'Eugène Martin, 1868)

Cette commune est citée à l'occasion de la révolte des Bonnets rouges survenue en Bretagne en 1675. La petite ville de Pont-Aven ne comptait que 720 habitants en 1800. La population masculine âgée de plus de 11 ans était de 198 individus. Le recensement de l'an VIII nous fournit la profession exercée par 170 d'entre eux. Les artisans et les commerçants sont de loin les plus nombreux.On compte 12 bouchers, 8 meuniers et 4 garçons meuniers, 8 menuisiers, 6 cabaretiers et 2 aubergistes, 6 maréchaux ferrants, 6 cordonniers, 5 tailleurs d'habits, 4 tisserands, 3 marchands dont un de drap, 3 taillandiers, 2 fourniers, 2 moulageurs (charpentiers chargés de l'entretien des moulins), 2 perruquiers, 1 barbier, 1 charron et 1 serrurier. Les métiers liés à la mer sont également assez bien représentés avec 27 marins et 2 canonniers. Les métiers liés au travail de la terre sont aussi représentés avec 6 cultivateurs, 1 laboureur et 13 journaliers. La ville abrite aussi quelques fonctionnaires puisqu'il y a 7 douaniers. Enfin on dénombre deux hommes de loi et un officier de médecine. Par contre il n'y a pas de maître d'école.

Le constitutionnel Jacques Cambry, véritable touriste avant l'heure, visita la petite cité en 1794. Dans ce passage extrait de son ouvrage Voyage dans le Finistère il nous donne un bref aperçu de celle-ci telle qu'elle était il y a deux siècles. Il est loin de rester insensible au charme des lieux. « Ce petit port de mer est le séjour le plus capricieux. Il est placé dans l'eau sur des rochers, aux pieds de deux monts élevés, sur lesquels sont semés d'énormes blocs arrondis de granit qui semblent prêt à se détacher. Ils servent de pignon à des chaumières, de murs à des courtils. Ces blocs descendus de la montagne gênent le cours de la rivière, qui bondit contre tant d'obstacles. Des moulins placés sur ses rives s'en sont servis comme d'appui pour y placer l'essieu de leur rouage; des ponts de bois les réunissent. Les coteaux d'alentour sont habités, boisés, et d'un aspect extraordinaire, singulièrement variés. Le bruit des eaux, le bruit de vingt cascades étourdissent le voyageur comme les moulins à foulon de Dom Quichotte, comme les chutes d'eau de la Suisse et de la Savoie. »

Dans la seconde moitié du XIXe siècle s Pont-Aven accueillera ses premiers touristes. Elle deviendra une destination de prédilection pour les peintres. La Basse-Bretagne est en effet devenu une région à la mode. Le développement du réseau ferré a permis son désenclavement et la région se singularise alors par sa langue, ses traditions vestimentaires et sa multitude de chapelles de campagne du reste de la France. La petite cité et la campagne environnante a été pour eux une source d'inspiration.

Aujourd'hui la ville vit surtout du tourisme. En été, lorsque la saison touristique bat son plein, de nombreuses galeries marchandes ouvrent leurs portes. Les peintres y exposent leurs œuvres.

Pont-Aven était avant la révolution une trève dépendant de la paroisse de Nizon. Elle a été érigée en commune en 1790. En 1954 elle a fusionné avec Nizon, érigée elle-aussi en 1790 en commune. Son territoire s'est de ce fait considérablement agrandi. Il se réduisait en effet avant la fusion à la ville et ses proches abords et ne couvrait alors qu'une superficie de 179 hectares.

Démographie [modifier]

En 2010, la commune comptait 2 844 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
677 720 615 762 833 824 834 939 1 030
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
986 1 060 1 065 1 131 1 267 1 388 1 516 1 589 1 657
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 746 1 827 1 927 1 750 1 792 1 678 1 818 2 040 1 806
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2010 -
3 699 3 684 3 530 3 295 3 031 2 960 2 953 2 844 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1962[2] puis Insee à partir de 1968[3].)

Histogramme de l'évolution démographique


La peinture à Pont-Aven [modifier]

Le Moulin David à Pont-Aven par Paul Gauguin.
Coucher de soleil sur Pont-Aven par Henri Lebasque (1894).

À partir des années 1870, de nombreux peintres, en particulier américains, vinrent séjourner dans le petit village qu'était encore Pont-Aven. L'un d'entre eux, Armand Jobbé-Duval se mua en leader d'un courant qu'il appelait le synthétisme. La venue d'Émile Bernard, de Paul Sérusier et de Paul Gauguin en (1886), qui résida à la pension Gloanec, donna une nouvelle force à ce qui devait être appelé plus tard l'École de Pont-Aven.

Pont-Aven School of Contemporary Art, plus communément appelé PASCA (http://www.pontaven.org), est un programme d'arts dont le campus principal est à Pont-Aven. Il est donc possible de visiter de nombreuses galeries.

À partir de 1992, une nouvelle école de Pop art, Le Hangar’t ou École de Nizon se développe à Nizon, autour d'un projet artistique visant à conserver la mémoire iconographique du bourg.

Gastronomie [modifier]

La ville de Pont-Aven est connue pour les « galettes de Pont-Aven », commercialisées sous le nom breton Traou-Mad, les « bonnes choses » en français. Les galettes de Pont-Aven sont un produit emblématique de la Bretagne au même titre que le pâté "Hénaff" ou les fraises de Plougastel.

Patrimoine [modifier]

L'église Saint-Joseph.
  • Le musée des Beaux-arts est ouvert depuis 1985. Il a mené dès ses débuts une importante campagne d’acquisitions et compte actuellement un fonds de 850 œuvres, allant de l'École de Pont-Aven à l'art contemporain.
  • L'église Saint-Joseph a été reconstruite à la fin du XIXe siècle sur des plans de l'architecte diocésain Joseph Bigot dans un style néo-gothique.
  • Dans le centre-ville, on peut admirer quelques maisons anciennes, rue des Meunières ou place Delavallée. Les plus anciennes datent du XVe siècle.
  • La ville des meunières possède encore quelques moulins, certains en l'état de vestiges, d'autres encore debout. Citons le moulin du Grand Poulguin (transformé en restaurant), le moulin de Rosmadec (restaurant gastronomique renommé), le moulin David (peint par Gauguin). Ajoutons la minoterie Le Dérout, toujours en fonctionnement et témoignant du passé meunier de la ville.
  • Sur les coteaux, au-dessus du port, on peut admirer des villas datant de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Rive droite, sur le coteau de Keremperchec, signalons la ferme du même nom, bel ensemble de chaumières du XVIIIe  siècle restauré récemment (présence d'un puits monumental daté de 1788), inaccessible au public. Rive gauche, sur le coteau de Saint-Guénolé, on peut admirer les deux villas du chanteur Théodore Botrel, construites successivement (Castel-Brizeux et Kerbotrel) sur les plans de l'architecte Charles Chaussepied.
  • Le manoir de Lezaven, propriété privée, a longtemps été prisé des artistes, certains y ont été logés. Il a appartenu à Étienne Manac'h, ambassadeur de France en Chine de 1969 à 1975.
  • Le viaduc de l'ancienne voie de chemin de fer rappelle que la ville a également été une gare sur une ligne ferroviaire de Quimperlé à Concarneau.
  • D'autres monuments de la commune sont situés sur l'ancien territoire de la commune de Nizon.

Divers [modifier]

Gréement traditionnel mouillant sur l'Aven à Pont-Aven.
  • L’auteur de la chanson La Paimpolaise, Théodore Botrel, est inhumé à Pont-Aven où il vécut une partie de vie.

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Bibliographie [modifier]

  • Les Peintres de Pont-Aven, André Cariou, Éditions Ouest-France, 1994.
  • Gauguin et l'École de Pont-Aven, André Cariou, Éditions Ouest-France, 2001.
  • Le Petit train de Pont-Aven, Annick Fleitour, Éditions Ressac, 1999.

Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références [modifier]

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 104.
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010

Voir aussi [modifier]

Article connexe [modifier]

Lien externe [modifier]