Majolique

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Bol à décor animalier. Majolique archaïque, Ombrie (?), XIVe siècle, complexe muséal de Santa Maria della Scala, Sienne, Italie.
L'enlèvement d'Hélène - Plat en faïence décorée de Montelupo, Italie ca 1540-1545, Musée d'Ecouen

Une majolique[1] est le nom générique qui désigne, en français, une faïence italienne de la Renaissance, ou l'une des premières faïences françaises, soit fabriquée par des Italiens, soit fabriquée selon la technique et dans le goût italiens aux XVIe et XVIIe siècles. Aujourd'hui, en italien, maiolica est synonyme de « faïence ».

Historique[modifier | modifier le code]

L'Italie[modifier | modifier le code]

Le XVIe siècle est le règne de la majolique italienne. Principalement réalisée en Toscane et en Émilie-Romagne, la faïence italienne de la Renaissance est ainsi appelée car sa production aurait été stimulée par l'importation de céramiques espagnoles venant de Valence en Espagne en transitant par l'île de Majorque. Ces céramiques espagnoles étaient caractérisées par leurs reflets métalliques[2], dus à une technique d'origine proche-orientale parvenue en Europe par le biais de l'Espagne mauresque à la fin du Moyen Âge. Les potiers italiens ont certainement assimilé, dès le XIIe siècle, la technique d'une majolique archaïque, reconnaissable à ses décors gothiques ou orientaux. Il faudra cependant attendre le début du XVIe siècle pour qu'ils percent le secret de « la faïence lustrée ».

Le premier centre et le plus inventif est situé à Faenza. L'exportation de ses modèles fera apparaître en France le terme « faïence ». Au début du XVIe siècle, les ateliers se multiplient. Les plus importants sont situés à Laterza, Ravenne, Sienne, Deruta, Caffagiolo, Casteldurante, Montelupo, Urbino, Venise et offrent une variété impressionnante de décors.

La France[modifier | modifier le code]

À la fin du XVIe siècle, ces potiers italiens exportent leur talent et créent des ateliers en France et aux Pays-Bas. Les maîtres languedociens apprennent l'art des couleurs : « le lin blanc, les jaunelis et le bleu » par l'intermédiaire de faïenciers italiens itinérants. Les premiers à être identifiés, à la fois par les textes anciens et par les objets qui leur sont attribués, sont des artisans huguenots, Antoine Syjalon à Nïmes ou Pierre Estève à Montpellier. Principalement destinées à la pharmacopée (albarelli), leurs productions, appelées « majoliques languedociennes », imitent les décors polychromes italiens a quartieri où courent des rinceaux feuillagés et fleuris[3]. Dans les années 1540, l'atelier de Masséot Abaquesne à Rouen sera fameux pour ses pots d'apothicaires et deux pavements de majolique peints pour le Château de la Bastie d'Urfé et celui d'Écouen.

Caractères stylistiques[modifier | modifier le code]

Francesco Xanto Avelli - Plat en faïence décorée d'Urbino, Italie ca 1531.

L'importation de la faïence stanifère[4] espagnole se fait après plusieurs siècles de domination des modèles hispano-mauresques. Les potiers italiens vont mettre à profit l'émail blanc de la faïence pour peindre de véritables tableaux en miniature qui bénéficieront de l'extraordinaire vitalité artistique de la Renaissance italienne. On voit apparaitre dans les décors, dès le début du XVIe siècle, les figures humaines qui supplantent peu à peu les motifs stylisés de la majolique archaïque du haut Moyen Âge. Ces scènes allégoriques rencontreront rapidement le goût du moment et les décors gagneront en finesse et en richesse jusqu'à recouvrir totalement le support blanc de la pâte à faïence.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise Barbe, Caroline Campbell, Thierry Crépin-Leblond, Raphaële Mouren, Dora Thornton, Timothy Wilson, Majolique : la faïence italienne au temps des humanistes, Editions de la Rmn et du Grand Palais, Paris, 2011, (ISBN 978-2-7118-5809-5)[5].
  • Dr Chompret, Les faïences françaises primitives.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. de l'italien maiolica qui désignait l'île de Majorque (XVe siècle)
  2. Li Tre Libri dell'arte del vasaio, vers 1550.
  3. La collection Chompret in La Gazette de Drouot, n° 37, 28 octobre 2011, p58
  4. à couverte d'oxyde d'étain.
  5. Catalogue de l’exposition présentée du 12 octobre 2011 au 6 février 2012 au Musée national de la Renaissance, Château d’Ecouen.

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