Édouard Manet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Manet.

Édouard Manet

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait photographique d’Édouard Manet par Nadar (1874)

Naissance 23 janvier 1832
Paris, France
Décès 30 avril 1883 (à 51 ans)
Paris, France
Nationalité Drapeau de France Français
Activités Artiste-peintre
Maîtres Thomas Couture
Élèves Eva Gonzalès, seule élève connue à son atelier en 1870.
Mouvement artistique impressionnisme et réalisme
Récompenses 1882 : Chevalier de la Légion d'honneur remise par son ami Antonin Proust.

Œuvres réputées

* Le Déjeuner sur l'herbe (1862)

Signature

Signature de Édouard Manet

Édouard Manet (né à Paris le 23 janvier 1832 - mort à Paris le 30 avril 1883) est un peintre français majeur de la fin du XIXe siècle. Initiateur de la peinture moderne qu'il libère de l'académisme[1], Édouard Manet est à tort considéré comme l'un des pères de l'Impressionnisme[2] : il s'en distingue en effet par une facture soucieuse du réel qui n'utilise pas (ou peu) les nouvelles techniques de la couleur et le traitement particulier de la lumière. Il s'en rapproche cependant par certains thèmes récurrents comme les portraits, les paysages marins, la vie parisienne ou encore les natures mortes, tout en peignant de façon personnelle, dans une première période, des « scènes de genre » (sujets espagnols et odalisques par exemple).

Refusant de suivre des études de droit et échouant à la carrière d'officier de marine, le jeune Édouard Manet entre en 1850 à l'atelier du peintre Thomas Couture où il commence sa formation de peintre, mais il le quitte en 1856. Dès 1860, il présente ses premières toiles parmi lesquelles : Portrait de M. et Mme Auguste Manet.

Ses tableaux suivants, Lola de Valence, la femme veuve, Combat de taureau, Le Déjeuner sur l'herbe ou Olympia, font scandale. Manet est rejeté des expositions officielles, et joue un rôle de premier plan dans la « bohème élégante ». Il y fréquente des artistes qui l'admirent comme Henri Fantin-Latour ou Edgar Degas et des hommes de lettres comme le poète Charles Baudelaire ou le romancier Émile Zola dont il peint un portrait resté célèbre[3]. À cette époque, il peint Le Joueur de fifre (1866), le sujet historique de L'Exécution de Maximilien (1867) inspiré de la gravure de Francisco de Goya.

Son œuvre comprend aussi des marines comme Clair de lune sur le port de Boulogne (1869) ou des courses : Les Courses à Longchamp en 1864 qui valent au peintre un début de reconnaissance.

Après la guerre franco-prussienne de 1870 à laquelle il participe, Manet soutient les Impressionnistes parmi lesquels il a des amis proches comme Claude Monet, Auguste Renoir ou Berthe Morisot qui devient sa belle-sœur et dont sera remarqué le célèbre portrait, parmi ceux qu'il fera d'elle, Berthe Morisot au bouquet de violettes (1872). À leur contact, il délaisse en partie la peinture d'atelier pour la peinture en plein air à Argenteuil et Gennevilliers, où il possède une maison. Sa palette s'éclaircit comme en témoigne Argenteuil de 1874. Il conserve cependant son approche personnelle faite de composition soignée et de souci du réel, et continue à peindre de nombreux sujets, en particulier des lieux de loisirs comme Au Café (1878), La Serveuse de Bocks (1879) et sa dernière grande toile Un bar aux Folies Bergère (1881-1882), mais aussi le monde des humbles (Paveurs de la Rue Mosnier, 1878) ou des autoportraits (Autoportrait à la palette, 1879).

Il peint aussi des natures mortes, souvent réalisées pour des raisons financières (Manet parvenait plus facilement à les écouler que ses portraits), elles n'en montrent pas moins le grand art du peintre, qui parvient à représenter fleurs, fruits et légumes dans une véritable mise en scène dramatique. Manet effectue aussi des portraits de femmes (Nana, 1877, Femme blonde avec seins nus, 1878) ou de ses familiers comme le poète Stéphane Mallarmé en 1876 ou Georges Clemenceau en 1879-1880. Il est alors de plus en plus reconnu et reçoit la Légion d'honneur le 1er janvier 1882. Cependant, victime de syphilis et de rhumatismes, il souffre, à partir de 1876, de sa jambe gauche qu'il faudra amputer.

Édouard Manet meurt de la gangrène à 51 ans en 1883 et laisse plus de quatre cents toiles, des pastels, esquisses et aquarelles. Ses plus grandes œuvres sont aujourd'hui visibles dans tous les musées du monde, particulièrement au Musée d'Orsay à Paris.

Ses premiers pas[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Le no 5 rue Bonaparte.

Édouard Manet naît le 23 janvier 1832 au numéro 5 de la rue Bonaparte (à l'époque rue des Petits Augustins), dans le quartier Saint-Germain-des-Prés dans une famille de la bourgeoisie parisienne. Son père Auguste, était un haut fonctionnaire au ministère de la Justice[4]. Selon les biographes, il occupait le poste de chef de cabinet du garde des Sceaux[5] ou de secrétaire général du ministère de la Justice[6]. La mère d'Édouard, Eugénie Désirée Manet (née Fournier) était la fille d’un diplomate affecté à Stockholm et la filleule du Maréchal Bernadotte[6],[5].

Bien qu’élevé dans une famille austère, le jeune Édouard découvre rapidement le monde artistique grâce à l’influence d’un oncle monarchiste assez excentrique (l'enfant est témoin de ses discussions politiques avec son père fervent républicain), le capitaine Édouard Fournier, qui fait apprécier les grands maîtres à ses neveux Édouard et Eugène, son frère, dans les galeries du musée du Louvre, les faisant notamment visiter la Galerie espagnole[7].

À l’âge de douze ans, Édouard Manet est envoyé au collège Rollin, aujourd’hui collège-lycée Jacques-Decour, situé à l'époque rue des Postes (aujourd'hui rue Lhomond), dans le Quartier du Val-de-Grâce où loge sa famille, non loin du jardin du Luxembourg. Il a notamment pour professeur d’histoire le jeune Henri Wallon, dont l'Amendement allait plus tard constituer la pierre angulaire de la Troisième République. La scolarité de Manet semble avoir été décevante : le jeune garçon se montre régulièrement dissipé, assez peu appliqué et fait parfois preuve d’insolence. Son camarade Antonin Proust rapporte par exemple une altercation du futur peintre révolté avec Wallon au sujet d’un texte de Diderot sur la mode : le jeune homme se serait exclamé qu’« il faut être de son temps, faire ce que l’on voit sans s’inquiéter de la mode »[8]. Manet agrémente à cette époque la plupart de ses cahiers de caricatures.

Voyage au Brésil[modifier | modifier le code]

Manet obtient des résultats convenables au collège Rollin, bien que les études ne l'intéressent pas. Mais il refuse de s'inscrire à la faculté de droit malgré les pressions de son père, et il demande à entrer dans la marine après de pénibles débats en famille. Mais il échoue au concours du Borda[9].

Le 9 décembre 1848 il s'embarque comme pilotin sur le bateau école « Le Havre et Guadeloupe »[10], à destination de Rio de Janeiro[11]. En 1849, Manet se représente au concours du Borda et il échoue de nouveau, mais il revient avec une multitude de dessins dans ses bagages devant lesquels son père se rend à l'évidence : Édouard est un artiste. On le laissera donc choisir sa voie[10].

Ses deux séjours au Brésil lui ont donné un goût certain pour l’exotisme. L'influence de ce voyage est perceptible dans nombre de ses œuvres, et ses voyages en bateau lui ont inspiré des paysages marins avec scènes de port (Clair de lune sur le port de Boulogne, 1869 - Le Départ du vapeur de Folkestone, 1869) ou sujets historiques comme Le Combat du Kearsarge et de l'Alabama (1865)[12] ou L'Évasion de Rochefort (1881).

Apprentissage à l’atelier de Thomas Couture[modifier | modifier le code]

Portrait du Tintoret par lui-même, d'après le tableau du Louvre, 1854 (61 × 51 cm) Musée des Beaux-Arts de Dijon.

Après son deuxième échec au concours du Borda, Manet refuse de s'inscrire aux Beaux-Arts[13], et il entre avec Antonin Proust, dans l’atelier du peintre Thomas Couture, en 1850, où il reste environ six ans. Manet perdra assez vite confiance en son maître et prend le contrepied de ses enseignements[14].

Thomas Couture est l’une des figures emblématiques de l’art académique de la seconde moitié du XIXe siècle, avec un attrait marqué pour le monde antique qui lui vaut un immense succès avec son chef- d'œuvre Romains de la décadence au salon de 1847[15]. Élève de Gros et de Delaroche, Couture est alors au sommet de sa gloire et c'est Manet lui-même qui insiste auprès de ses parents pour s'inscrire dans l'atelier du maître[15].

Manet consacre l’essentiel de ces six années à l’apprentissage des techniques de base de la peinture et à la copie de quelques œuvres de grands maîtres exposées au musée du Louvre, notamment : l’Autoportrait du Tintoret, le Jupiter et Antiope attribué au Titien ou Hélène Fourment et ses enfants, œuvre de Pierre Paul Rubens. Il rend également visite à Delacroix auquel il demande la permission de copier La Barque de Dante, alors exposée au musée du Luxembourg[5].

Vénus d'Urbin, copie d'après le tableau de la galerie des Offices de Florence
1856 (24 × 37 cm) Coll. particulière.

Manet complète sa formation par une série de voyages à travers l’Europe : on trouve trace de son passage au Rijksmuseum d’Amsterdam en juillet 1852. Il fait aussi deux séjours en Italie : le premier, en 1853, en compagnie de son frère Eugène et du futur ministre Émile Ollivier lui offre l'occasion de copier la célèbre Vénus d'Urbin du Titien, à la galerie des Offices de Florence, et à La Haye, il copie La Leçon d'anatomie de Rembrandt[16]. Au cours du second voyage en Italie, en 1857, Manet revient dans la cité des Médicis pour y croquer des fresques d’Andrea del Sarto au cloître de l’Annunziata. Outre les Pays-Bas et l’Italie, l’artiste a encore visité en 1853 l’Allemagne et l’Europe centrale, en particulier les musées de Prague, Vienne, Munich ou Dresde.

L’indépendance d’esprit de Manet et son obstination à choisir des sujets simples déroute Couture qui pourtant, demande son opinion à son élève sur un de ses propres tableaux : Portrait de Mlle Poinsot[5]. Manet s'inspire cependant des portraits de Couture : tableaux aux visages éclairés, peinture énergique dans laquelle pointe déjà des éléments de la vie moderne (costume noir, accessoires de la mode)[17]. Manet vient de terminer en 1859 Le Buveur d'absinthe que Couture ne comprend pas et les deux hommes se brouillent. Dès ses premiers jours à l'atelier, Manet disait déjà : « Je ne sais pas pourquoi je suis ici; quand j'arrive à l'atelier, il me semble que j'entre dans une tombe »[18]. Manet quitte l’atelier Couture en 1856, et il emménage dans son propre local, rue Lavoisier, avec son ami, Albert de Balleroy.

C'est dans cet atelier qu'il peint, en 1859, le portrait intitulé L'Enfant aux Cerises. L'enfant était alors âgé de 15 ans lorsque Manet l'avait engagé pour laver ses brosses. Il a été retrouvé pendu dans l'atelier de Manet, qui, frappé par ce suicide, s'installe dans un autre local. Cet épisode dramatique inspirera plus tard à Charles Baudelaire un poème : La Corde, qu'il dédie à Édouard Manet[19].

Les débuts du peintre[modifier | modifier le code]

Période hispanique[modifier | modifier le code]

Le thème espagnol[modifier | modifier le code]

Les deux premiers tableaux à thème espagnol, Jeune Homme en costume de majo et Mlle V. en costume d'espada, qui sont présentés au Salon des Refusés de 1863 avec Le Déjeuner sur l'herbe, déroutent les critiques et suscitent de vives attaques malgré le soutien d'Émile Zola qui voit là « une œuvre d'une vigueur rare et d'une extrême puissance de ton (...) Selon moi, le peintre y a été plus coloriste qu'il n'a coutume de l'être. Les taches sont grasses et énergiques et elles s'enlèvent sur le fond avec toutes les brusqueries de la nature[20]. »

Le Jeune Homme en costume de majo est le jeune frère de Manet, Gustave. Quant à Mlle V., c'est un audacieux portrait du modèle fétiche de Manet, Victorine Meurent, travestie en homme. Sur cette toile, Victorine feint de participer en tant qu’espada à une tauromachie. Tout est mis en œuvre cependant pour montrer que le sujet n’est qu’une supercherie : Victorine, du fait de la menace représentée par le taureau, ne devrait normalement pas fixer le spectateur avec autant d'insistance. L'ensemble de la scène est tout simplement un prétexte visant à représenter la modèle dans des habits masculins et donc à faire ressortir de manière plus éclatante encore sa féminité.

Les attaques de Théophile Thoré-Burger sont particulièrement virulentes : « (...) une demoiselle de Paris en costume de espada, agitant son manteau pourpre dans le cirque d'un combat de taureau. Monsieur Manet adore l'Espagne et son maître d'affection paraît être Francisco de Goya dont il imite les tons vifs et heurtés[21]. »

Il est vrai que Manet ne visita l'Espagne qu'en 1865, et qu'il ne s'est peut-être familiarisé avec les coutumes de Madrid et les détails de la corrida qu'à travers le Voyage en Espagne de Théophile Gautier, ou les détails de la corrida donnés par Prosper Mérimée[22]. Il avait en outre, dans son atelier, une collection de costumes qu'il utilisait comme accessoires et qui lui étaient fournis par un marchand espagnol du passage Jouffroy. Comme le remarque Beatrice Farwell, on retrouve le costume de Mlle V dans d'autres tableaux de Manet : le Chanteur espagnol et le Jeune Homme en costume de majo[23].

L'influence de Velázquez[modifier | modifier le code]

Le Buveur d'absinthe 1858-1859 (180,5 × 105,6 cm) Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague.

Après quelques années employées à copier de grands tableaux, c’est au Salon de 1859 que Manet se décide à dévoiler officiellement sa première œuvre, intitulée Le Buveur d'absinthe. La toile, de facture réaliste, dénote l’influence de Gustave Courbet, mais constitue surtout un hommage à celui que Manet a toujours considéré comme « le peintre des peintres »[24], Diego Vélasquez : « j'ai, dit-il essayé de faire un type de Paris en mettant dans l'exécution la naïveté du métier que j'ai trouvée chez Vélasquez[13]. »

Beaucoup de peintures d’Édouard Manet comportent ainsi des références au maître espagnol.

Cependant, Le Buveur d'absinthe si peu académique est refusé au Salon de 1859. Le jury ne comprend pas cette œuvre qui illustre d'une certaine manière le Vin des chiffonniers de Baudelaire « buvant et se cognant au mur comme un poète[13].» De même Thomas Couture considère que le seul buveur d'absinthe est ici le peintre[13]. Manet apprend ce refus en présence de Baudelaire, de Delacroix et d'Antonin Proust. et il pense que c'est Thomas Couture qui en est responsable « Ah! il m'a fait refuser! Ce qu'il a dû en dire devant les bonzes de son acabit (...)[25]. »

Le jeune artiste bénéficie pourtant de plusieurs soutiens remarqués, avec notamment Eugène Delacroix[26], qui assure sa défense auprès du jury, et surtout Charles Baudelaire[13], qui venait de faire sa connaissance et s’employait à le faire connaître dans la société parisienne.

Manet, à ce moment-là, est fasciné par l’art espagnol[27], qu’il associe au réalisme, par opposition à l’art italianisant des Académiques. Déjà bien avant son premier voyage en Espagne en 1865, Manet consacre plusieurs toiles à ce qu’il désigne lui-même comme des « sujets espagnols » : danseuse Lola de Valence, et le guitarero du Chanteur espagnol.

Le Chanteur espagnol lui vaut son premier succès. Il est accepté au Salon de Paris en 1861 avec le portrait de ses parents[28]. Les critiques Jean Laran et Georges Le Bas rapportent qu'il fit l'admiration d'Eugène Delacroix et de Ingres et que ce fut sans doute grâce à l'intervention de Delacroix que le tableau obtint la mention « honorable »[28]. Il plaît aussi à Baudelaire et à Théophile Gautier qui déclare dans Le Moniteur universel du 3 juillet 1861 : « Il y a beaucoup de talent dans cette figure de grandeur naturelle peinte en pleine pâte, d'une brosse vaillante et d'une couleur très vraie[29]. »

Les diverses influences pour ce tableau ont fait l'objet de discussions nombreuses. Selon Antonin Proust, Manet aurait déclaré lui-même :« En peignant cette figure, je pensais aux maîtres de Madrid, et aussi à Hals[30] ». Les historiens d'art ont également évoqué l'influence de Goya (en particulier de l'eau forte : Le Chanteur aveugle), Murillo, Diego Vélasquez ainsi que celle de Gustave Courbet dans sa tendance réaliste[30].

Le tableau fut également admiré par un groupe de jeunes artistes : Alphonse Legros, Henri Fantin-Latour, Edgar Degas et d'autres. Cette rencontre avec les jeunes peintres fut décisive, car elle désigna Manet comme le chef de file de l'avant-garde[31].

La Tauromachie et l'influence de Goya[modifier | modifier le code]

Une des toiles de Manet les plus connues, traitant de tauromachie, est son Homme mort, daté de 1864.

L’œuvre, à l’origine, n’est en fait qu’une partie d’une composition plus vaste destinée au Salon de la même année, et intitulée Épisode d’une course de taureaux : le peintre, mécontent des critiques acerbes de Théophile Thoré-Burger[32] et des caricatures que Bertall en a fait dans « Le Journal amusant », découpe l'l'Épisode en deux parties qui formeront deux toiles autonomes : L'Homme mort et La Corrida[33] conservée à la Frick Collection à New York[34].

Manet découpe La Corrida de façon à garder trois toreros à la barrière (premier titre choisi pour cette œuvre était d'ailleurs Toreros en action), mais s'il voulait garder les hommes en pied, il fallait qu'il coupe pratiquement tout le taureau. L'artiste décida plutôt de couper les pieds du torero de gauche et de rogner sur la foule dans les gradins[35].

Lorsque Manet a réalisé Épisode d’une course de taureaux, il n'était encore jamais allé en Espagne. C'est à la suite de ce voyage qu'il exprime son admiration pour la corrida dans une lettre adressée à Baudelaire le 14 septembre 1865: « Un des plus beaux, des plus curieux, et des plus terribles spectacles que l'on puisse voir, c'est une course de taureaux. J'espère, à mon retour, mettre sur la toile l'aspect brillant, papillotant et en même temps dramatique de la corrida à laquelle j'ai assisté[36]. » C'est sur ce même thème, qu'il a réalisé plusieurs grands formats : Le Matador saluant[37] que Louisine Havemeyer acheta à Théodore Duret[38], et Combat de taureau[39] actuellement conservé au Musée d'Orsay à Paris.

Étienne Moreau-Nélaton et Adolphe Tabarant[40], s'accordent à dire que le frère de Manet, Eugène, a servi de modèle pour le personnage du matador saluant, et qu'il s'agit bien d'un torero applaudi par la foule après la mort du taureau[41].

Manet commence le Combat de taureau, à son retour de voyage en Espagne, en 1865. Dans son atelier de Paris, rue Guyot (aujourd'hui rue Médéric), il est possible qu'il ait utilisé à la fois des croquis faits sur place en Espagne (croquis que l'on n'a pas retrouvés à l'exception d'une aquarelle), mais aussi des gravures de La Tauromachie de Francisco de Goya qu'il possédait[42]. Manet vouait une grande admiration au peintre espagnol qui l'a encore influencé sur d'autres sujets que la tauromachie notamment pour L'Exécution de Maximilien.

Entrée dans la vie mondaine[modifier | modifier le code]

Édouard Manet, d'après la description qu'en fait Antonin Proust, était un jeune homme plein d’assurance, volontiers amical et sociable. C’est pourquoi l’époque de ses premiers succès est aussi celle de son entrée remarquée dans les cercles intellectuels et aristocratiques parisiens.

« Il se forma autour de Manet une petite cour. Il allait presque chaque jour aux Tuileries de deux à quatre heures.(…) Baudelaire était là son compagnon habituel. On regardait curieusement ce peintre élégamment vêtu qui disposait sa toile, s'armait de sa palette, et peignait[43] » La description de Proust donne une idée assez juste de Manet qui était bien un des dandys en haut de forme de son tableau, habitués de son atelier, des Tuileries et du café Tortoni de Paris, café élégant du boulevard, où il prenait son déjeuner[44], avant d'aller aux Tuileries. « Et quand il revenait chez Tortoni de cinq à six heures, c'était à qui le complimenterait sur ses études qu'on se passait de main en main[45]. »

Avec La Musique aux Tuileries (1862) Manet brosse le tableau de l'univers élégant dans lequel il évoluait. Le tableau dépeint un concert donné au jardin des Tuileries et dans lequel le peintre représente des personnes qui lui sont proches.

On distingue, de gauche à droite, un premier groupe de personnages masculins parmi lesquels son ancien compagnon d'atelier Albert de Balleroy, Zacharie Astruc (assis), Charles Baudelaire debout, et derrière Baudelaire, à gauche : Fantin-Latour[44]. Parmi les hommes, Manet a placé son frère Eugène Manet, Théophile Gautier, Champfleury, le baron Taylor, Aurélien Scholl[13]. La première dame habillée en blanc en partant de la gauche est Mme Lejosne, femme du commandant Hippolyte Lejosne chez lequel Manet a fait la connaissance de Baudelaire. Ceux qui fréquentaient Lejosne étaient tous des amis de Manet[46]. À côté de Mme Lejosne se trouve Mme Offenbach.

Le peintre s’est lui-même représenté sous les traits du personnage barbu le plus à gauche de la composition. À sa droite, assis contre le tronc, on reconnait « celui que Manet appelait le Mozart des Champs Élysées : Gioacchino Rossini[47]. »

Le tableau fut jugé sévèrement par Baudelaire qui n'en parla pas en 1863[48] et il fut vivement attaqué par Paul de Saint-Victor : « Son concert aux Tuileries écorche les yeux comme la musique des foires fait saigner l'oreille[48]. » Hippolyte Babou parle de la « manie de Manet de voir par taches (…) la tache-Baudelaire, la tache-Gautier, la tache-Manet[49]. »

La Musique aux Tuileries est en fait le premier modèle de toutes les peintures impressionnistes et post-impressionnistes qui représentent la vie contemporaine en plein air. Il a inspiré dans les décennies suivantes : Frédéric Bazille, Claude Monet, et Auguste Renoir[48]. Sa postérité sera immense.

Toutefois, à cette époque, Manet n'est pas encore le peintre de plein air qu'il deviendra par la suite. L'image de cette élégante société du Second Empire qu'il a groupée sous les arbres est certainement un travail d'atelier[44]. Les personnages qui sont de véritables portraits sont peut-être peints d'après des photographies[50].

Plus de dix années plus tard, au printemps 1873, Manet réalisera une toile d’une facture similaire à celle de La Musique aux Tuileries, intitulée Bal masqué à l'opéra et où figurent plusieurs de ses connaissances. L’opéra en question, situé rue Le Peletier dans le IXe arrondissement, devait d’ailleurs être réduit en cendres par un incendie la même année. Un autre rendez-vous mondain parisien de l'époque, les courses hippiques de Longchamp, inspirent au peintre un tableau : Les Courses à Longchamp.

Les défis - Gloire et scandale[modifier | modifier le code]

Pour la première fois dans l’histoire du Salon officiel et annuel de Paris, on permet en 1863 aux artistes refusés d’exposer leurs œuvres dans une petite salle annexe à l’exposition principale, où les visiteurs peuvent les découvrir : c’est le fameux Salon des Refusés. Édouard Manet, en y exposant trois œuvres controversées, s’impose comme une figure de l’avant-garde.

Le Bain, ou Le Déjeuner sur l’herbe (1862, Salon des Refusés de 1863)[modifier | modifier le code]

Le Bain ou Le Déjeuner sur l'herbe
1862 (208 × 264 cm) Musée d'Orsay, Paris.
Article détaillé : Le Déjeuner sur l'herbe.

Parmi les trois peintures exposées au Salon, la composition centrale du Déjeuner sur l’herbe suscite les réactions les plus vives. Dans cette œuvre, Manet y confirme sa rupture avec le classicisme et l’académisme qu'il avait commencée avec La Musique aux Tuileries. La polémique vient moins du style de la toile que de son sujet : si le nu féminin est déjà répandu et apprécié, à condition d’être traité de façon pudique et éthérée, il est encore plus choquant de faire figurer dans la même composition deux hommes tout habillés. Une telle mise en scène exclut en effet la possibilité d’une interprétation mythologique et donne au tableau une forte connotation sexuelle. Le critique Ernest Chesneau, résumant ce malaise, affirme ne pouvoir « trouver que ce soit une œuvre parfaitement chaste que de faire asseoir sous bois, entourée d’étudiants en béret et en paletot, une fille vêtue seulement de l’ombre des feuilles », dénonçant « un parti pris de vulgarité inconcevable »[51]. Le Déjeuner sur l’herbe ne fait pourtant que s’inspirer d’une œuvre de Raphaël représentant deux nymphes, et du Concert champêtre du Titien, la seule différence avec ces deux peintures étant les vêtements des deux hommes. Manet, de cette manière, relativise et ridiculise les goûts et les interdits de son époque[52].

Olympia, ou l’entrée dans la modernité (1863, exposé au Salon officiel de 1865)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Olympia

Olympia
1863 (130,5 × 190 cm) Musée d'Orsay, Paris.

Bien que Manet ait finalement décidé de ne pas l’exposer au Salon des Refusés et de ne la dévoiler que deux ans plus tard, c’est en 1863 qu'est réalisée la toile d’Olympia. L’œuvre, qui allait susciter une controverse encore plus féroce que le Déjeuner sur l'herbe, représente une prostituée semblant sortir tout droit d’un harem à l’orientale et s’apprêtant visiblement à recevoir un client qui s'annonce avec un bouquet. Le tableau, qui associe et fait ressortir avec puissance le contraste entre la femme blanche et la femme noire, s’inscrit dans la longue tradition artistique et très académique dite de « l’odalisque à l’esclave » à l'instar des Odalisques d’Ingres, de l’Odalisque de Benouville et de celle de Jalabert dans les années 1840. Mais Olympia, avant tout, se veut une référence audacieuse à la célèbre Vénus d'Urbino du Titien.

Contrairement au Déjeuner sur l’herbe, Olympia n’est donc pas tant choquante par son thème que par la manière dont ce thème est traité. Outre sa nudité, le modèle (Victorine Meurent) affiche une insolence et une provocation indéniables[53]. L’atmosphère générale d’érotisme[54], surtout, est renforcée par la présence du chat noir à la queue relevée, aux pieds de la jeune fille. L’animal fut ajouté par Manet, non sans humour, afin de remplacer l’innocent chien figurant dans la Vénus d’Urbino, et peut-être également afin de désigner par métaphore ce que la jeune fille cache précisément de sa main[55] . D’autres éléments de la composition ont longtemps perturbé les critiques : c’est le cas du bouquet de fleurs, nature morte s’invitant de manière incongrue dans un tableau de nu, mais aussi du bracelet (qui appartenait à la mère du peintre) et de la grossièreté de la perspective.

Bien que Manet ait à l’évidence cherché le scandale, l’avalanche de récriminations[56] dont il est la victime l’accable assez fortement, et le soutien de son ami Charles Baudelaire l’aide à passer ce cap difficile de sa vie[57].

Maturité et modernité[modifier | modifier le code]

1867 est une année riche en événements pour Manet : le peintre profite de l’Exposition universelle qui se tient à Paris, au printemps, pour organiser sa propre exposition rétrospective et présenter une cinquantaine de ses toiles. S’inspirant de l’exemple de Gustave Courbet, qui avait eu recours à la même méthode pour se détourner du Salon officiel, Manet n’hésite pas à puiser fortement dans ses économies pour édifier son pavillon d’exposition, à proximité du pont de l'Alma, et pour organiser une véritable campagne de publicité avec le soutien d’Émile Zola. Le succès, cependant, n'a pas été à la hauteur des espérances de l’artiste : tant les critiques que le public ont boudé cette manifestation culturelle.

Édouard Manet a cependant atteint la maturité artistique et durant une vingtaine d'années il réalise des œuvres d’une remarquable variété, allant des portraits de son entourage (famille, amis écrivains et artistes) aux marines et aux lieux de divertissement en passant par les sujets historiques. Toutes vont influencer de façon marquée l’école impressionniste et l'histoire de la peinture.

Peinture religieuse : un Manet méconnu[modifier | modifier le code]

Un moine en prière (1864-1865), Museum of Fine Arts, Boston
Le Christ mort et les anges (1864), Metropolitan Museum of Art, New York

Manet à l'opposé de l'art saint-sulpicien, s'inscrit dans la lignée des maîtres italiens comme Le Caravage, ou hispaniques comme Zurbaran, pour traiter avec réalisme les corps dans ses tableaux religieux, qu'il s'agisse du corps supplicié assis au bord du tombeau du Christ soutenu par les anges (1864, New York, Metropopolitan Museum of Art) reprenant la composition classique de l'iconographie chrétienne du Christ aux plaies comme celle de Mantegna[58] ou d'un « homme de chair et d’os, de peau et de barbe, et pas un pur et saint esprit en robe de bure » dans Un moine en prière(vers 1864)[59]. Il expose également au Salon de 1865 un Jésus insulté par les soldats.

Ces œuvres lui valurent des quolibets de Gustave Courbet ou de Théophile Gautier mais elles furent saluées par Émile Zola : « Je retrouve là Édouard Manet tout entier, avec les partis-pris de son œil et les audaces de sa main. On a dit que ce Christ n’était pas un Christ, et j’avoue que cela peut être ; pour moi, c’est un cadavre peint en pleine lumière, avec franchise et vigueur ; et même j’aime les anges du fond, ces enfants aux grandes ailes bleues qui ont une étrangeté si douce et si élégante. »[60].

Cette période méconnue de la création d’Édouard Manet (autour des années 1864-1865)a été mise en relief dans une salle de l'exposition du Musée d'Orsay (5 avril - 17 juillet 2011) Manet, inventeur du Moderne[61].

Famille[modifier | modifier le code]

La Lecture
Vers 1865 (74 × 61 cm)
Musée d'Orsay, Paris.

Sa compagne Suzanne Leenhoff[modifier | modifier le code]

Suzanne Leenhoff est une jeune Néerlandaise corpulente et placide entrée à 20 ans en 1850 au service de la famille Manet comme professeur de piano d'Édouard et de son frère Eugène. En janvier 1852 elle met au monde un garçon que certains estiment (comme Adolphe Tabarant), être le fils d'Édouard Manet. Elle avait le tempérament adéquat pour vivre aux côtés du peintre et supporter avec le sourire ses nombreuses infidélités. Édouard Manet, attaché à Suzanne pour l'équilibre qu'elle lui apportait, finit par l'épouser en octobre 1863, un an après la mort du père de Manet.

La silhouette tranquille et apaisante de Suzanne figure à de nombreuses reprises dans l'œuvre de Manet. On compte plusieurs portraits restés célèbres, notamment La Lecture, où Mme Manet écoute avec attention les paroles de son fils Léon : les tonalités et les couleurs de cette toile, très douces, en font un remarquable exemple d'impressionnisme. Dans Suzanne Manet à son piano, l'époux de la jeune femme met en valeur le grand talent qu'elle avait pour jouer cet instrument, au point qu'elle a pu apaiser les derniers jours de Baudelaire en jouant du Wagner. Enfin, c'est également la fidèle compagne du peintre qui sert de modèle au nu féminin de La Nymphe surprise.

Léon Leenhoff (son fils ?)[modifier | modifier le code]

Bien qu’aucune preuve directe de paternité ne puisse être établie, Édouard Manet est sûrement le père biologique du fils de Suzanne, Léon Leenhoff, qu’il a élevé d’ailleurs comme son fils. Les raisons ayant poussé le peintre à ne jamais reconnaître sa paternité, même après son mariage, restent assez énigmatiques (certains historiens considèrent que ce n'est pas son fils caché mais son demi-frère, Suzanne ayant eu une relation avec Auguste Manet[17]), de même que la nature exacte des relations qu’il entretenait avec le jeune garçon. Ce dernier, jusqu’à un âge avancé, l’appelait « parrain », d’où une certaine ambiguïté accentuée par le fait que jusqu'à la mort de sa mère il ne se pensait pas comme le fils de Suzanne mais comme son frère.

Il est possible de suivre le mûrissement progressif de Léon à travers les portraits que Manet a fait de lui, depuis l’enfance jusqu’à l’adolescence. C’est encore un tout jeune enfant qui pose, déguisé en page espagnol, dans L'Enfant à l'épée, à l’époque où le peintre accumulait les sujets espagnols. Plus tard, dans Les Bulles de savon, un Léon âgé de quinze ans s’amuse à faire des bulles dans un bol de savon, peut-être afin de symboliser la brièveté de la vie. Mais surtout, on retient de Léon Leenhoff le visage d’un adolescent rêveur et mystérieux, tel qu’il apparaît dans le célèbre Déjeuner dans l'atelier, réalisé à l’appartement familial de Boulogne-sur-Mer, où les Manet passaient l’été. Cette toile, acceptée et exposée au Salon de Paris de 1869, résume parfaitement l’œuvre de Manet en ce qu’elle a parfois de bizarre ou d’absurde grâce à un rassemblement d’éléments totalement hétéroclites : trois personnages indifférents les uns aux autres, un repas mêlant huîtres et café, des armes et des accessoires de combat, sans oublier bien sûr la présence de l’incontournable chat noir, qui, depuis Olympia, symbolise Manet aux yeux des critiques.

Sa belle-sœur Berthe Morisot[modifier | modifier le code]

Berthe Morisot au bouquet de violettes (détail)
1872 (55 × 38 cm)
Coll. particulière.
Le Balcon
1868-1869 (170 × 124 cm)
Musée d'Orsay, Paris.

Un jour qu’il déambule au musée du Louvre, Manet, par l’intermédiaire de Fantin-Latour, fait la connaissance d’une jeune peintre dont le talent novateur et la beauté mélancolique semblent ne faire qu’un. D’emblée impressionné par Berthe Morisot, Manet la persuade de poser pour lui dans différents tableaux. Outre le remarquable Berthe Morisot au bouquet de violettes, encensé plus tard par Paul Valéry, c’est surtout Le Balcon qui va frapper les esprits.

La toile, inspirée des Majas au balcon de Francisco Goya, a été réalisée à la même époque et dans la même intention que le Déjeuner dans l'atelier. Les trois personnages, tous amis de Manet, semblent n’être reliés par rien : tandis que Berthe Morisot, à gauche, fait figure d’héroïne romantique et inaccessible, la jeune violoniste Fanny Claus et le peintre Antoine Guillemet paraissent habiter un autre monde. Le vert agressif et audacieux du balcon, par ailleurs, a fait couler beaucoup d’encre.

Berthe Morisot devient la belle-sœur de Manet en 1874 lorsqu’elle se marie avec le frère de ce dernier, Eugène. Influencée notamment par son beau-frère, elle s’imposera ensuite comme une figure essentielle du mouvement impressionniste.

Portraits féminins[modifier | modifier le code]

Nana
1877 (154 × 115 cm)
Kunsthalle, Hambourg.

Fanny Claus, amie de Manet et de son épouse Suzanne, future femme du peintre Pierre-Ernest Prins (de) (Manet fut témoin à leur mariage), mourut de la la tuberculose à l’âge de 30 ans, soit neuf ans après l’exécution de cette toile (Portrait de Mademoiselle Claus). Elle est ici représentée assise alors que dans l’œuvre définitive (Le balcon), elle se tient debout à droite. Antonin Proust, qui fréquentait Manet depuis l’enfance, avait l’avantage de connaître intimement son caractère : selon lui, même au plus fort de la maladie du peintre, « la présence d’une femme, n’importe laquelle, le remettait d’aplomb »[8]. Édouard Manet, en grand amateur de femmes qu’il était, en vint naturellement à peindre la gent féminine en abondance. Bien loin de se limiter aux seules Suzanne Leenhoff et Victorine Meurent, le peintre a immortalisé les traits d’un grand nombre de ses amies. Ainsi, dans La Prune (voir face au sommaire), l’actrice Ellen Andrée pose complaisamment dans un décor de café, et semble figée dans une rêverie douce et mélancolique.

Dans la droite lignée d’Olympia, Manet se plaît également à représenter sans faux-semblant la vie de plusieurs courtisanes ou « créatures » entretenues, la plus célèbre en ce domaine étant Nana. Cette toile, qui date de trois ans avant la parution du roman homonyme de Zola, reprend avec beaucoup plus de légèreté et de futilité le thème de la grave Olympia, sous les traits de l’actrice Henriette Hauser. Le titre pourrait avoir été donné par Manet postérieurement à la réalisation du tableau, lorsqu’il apprit le titre du prochain ouvrage de Zola. Une autre explication voudrait que Manet ait été inspiré par le roman L'Assommoir, dans lequel une Nana encore toute jeune fille fait sa première apparition, et reste précisément « des heures en chemise devant le morceau de glace accroché au-dessus de la commode »[62]. Le tableau, comme il se doit, fut refusé au Salon de Paris de 1877.

Victorine Meurent : la Femme selon Manet[modifier | modifier le code]

Portrait de Victorine Meurent
1862 (42,9 × 43,7 cm)
Musée des beaux-arts, Boston.

Le visage de Victorine Meurent, aisément reconnaissable, est celui qui revient le plus régulièrement dans l’œuvre de Manet. Le peintre, subjugué par la beauté fraîche et un peu insolente de la jeune femme, en fait très rapidement son modèle préféré, notamment pour ses peintures de nu. Victorine apparaît ainsi dans les tableaux les plus célèbres de Manet : en premier lieu dans Le Déjeuner sur l'herbe, bien sûr, où elle est dépeinte assise et entièrement dévêtue. La mystérieuse Olympia, de même, n’est autre que Victorine. Édouard Manet, dans chacun de ces deux cas, altère légèrement les traits de la jeune femme pour qu'ils correspondent mieux avec l’idée qu’il se fait de la toile à accomplir.

À ceux qui auraient pu reprocher au peintre de ne réaliser que des nus lascifs et provocants de sa jeune égérie, Manet répond par deux très beaux portraits d’une Victorine habillée de pied en cap. Dans La Chanteuse de rue, Manet déguise son modèle en une modeste chanteuse sortant d’un cabaret à la nuit tombée et dégustant étrangement quelques cerises. La Femme au perroquet avec son petit bouquet de violettes, quant à elle, est surtout un clin d’œil à une toile homonyme de Gustave Courbet représentant une femme nue avec un perroquet.

Portrait de Madame Michel-Lévy
1882 (74 × 55 cm)
National Gallery of Art

Plus de dix années après la grande époque des scandales, c’est sans doute pour rendre hommage à leur longue relation artistique et [amoureuse qu’Édouard Manet réalise un dernier portrait de Victorine, Le Chemin de fer, où l’ancienne femme libérée s’est métamorphosée en une dame parfaitement respectable tenant compagnie à une petite fille, devant la gare Saint-Lazare. Cette œuvre, marquée par le symbole de la grille en fer, semble tirer un trait sur le passé avec une certaine amertume, et le chat inquisiteur d’Olympia laisse place à un petit chien sagement endormi. Cependant, dès cette époque, la santé de Manet devient précaire.

Amitiés littéraires[modifier | modifier le code]

Alors même qu’il n’était encore qu’un jeune peintre, Édouard Manet avait déjà conquis l’amitié de Charles Baudelaire. Les deux hommes se rencontrent dès 1859 dans le salon du commandant Lejosne, ami de la famille Manet. Bien que Baudelaire n’ait jamais écrit publiquement pour soutenir son ami, y compris pendant le scandale du Salon des Refusés de 1863, il tient le talent du jeune homme en haute estime dès la présentation du Buveur d'absinthe. Comme il l’avait noté en 1865, peu avant sa mort, « il y a des défauts, des défaillances, un manque d’aplomb, mais il y a un charme irrésistible. Je sais tout cela, je suis un des premiers qui l’ont compris »[63].

L’amitié de Charles Baudelaire a été particulièrement bénéfique à Manet après la présentation d’Olympia : le peintre avait été abattu par les critiques féroces qui lui avaient été adressées, et en avait touché un mot à son ami, alors à Bruxelles. La lettre mémorable que Baudelaire envoie en réponse est à la fois ferme et amicale : invitant Manet à faire taire son orgueil, le poète relativise la portée de ces attaques par rapport à celles dont d’autres grands artistes sont victimes. Manet n’est somme toute « que le premier dans la décrépitude de [son] art »[64]. Ce commentaire corrosif, dans la bouche d’un poète fasciné par le thème de la décadence, est bien sûr en réalité un compliment. La mort de Baudelaire, survenue prématurément en 1867, a été un coup rude pour Manet et sa femme Suzanne, qui perdaient à la fois un protecteur et un ami.

C’est à cette époque qu’Édouard Manet reçoit le soutien d’un jeune auteur de vingt-six ans, Émile Zola[65]. Ce dernier, révolté par le refus opposé au Joueur de fifre pour le Salon officiel de 1866, publie la même année un article retentissant dans L’Événement, dans lequel il prend la défense du tableau. L’année suivante, Zola va jusqu’à consacrer une étude biographique et critique très fouillée à Édouard Manet, afin de permettre la « défense et illustration » de sa peinture, qu’il qualifie de « solide et forte »[66].

Manet en est très reconnaissant envers son nouvel ami, et il réalise dès 1868 le Portrait d'Émile Zola, accepté au Salon de la même année. La toile contient plusieurs éléments anecdotiques et discrets révélant l’amitié des deux hommes : outre la reproduction d’Olympia accrochée au mur, et dans laquelle le regard de Victorine Meurent a d’ailleurs été légèrement modifié par rapport à l’original afin de fixer Zola, on distingue sur le bureau le livre bleu-ciel que l’écrivain avait rédigé pour défendre Manet. L’entente entre les deux hommes, toutefois, ne durera pas : de plus en plus perplexe face à l’évolution impressionniste que connaissait le style de Manet, bien loin du réalisme qu’il prisait, Zola finit par rompre tout contact.

Plus tard dans sa vie, Manet retrouvera chez un homme de lettres l’amitié profonde et spirituelle qu’il avait ressentie pour Baudelaire, en la personne de Stéphane Mallarmé[67]. Ce dernier, plus jeune de dix ans, ressent une telle admiration pour l’art de Manet qu’il publie à Londres, en 1876, un article élogieux à son sujet, en anglais. Dans ce texte, intitulé Les Impressionnistes et Édouard Manet, Mallarmé prend la défense de son compatriote, et en particulier du tableau Le Linge, une représentation sans prétention d’une jeune femme des Batignolles lavant son linge, œuvre refusée au Salon car mêlant un thème trivial et un style impressionniste. Manet exécute en retour un Portrait de Stéphane Mallarmé dont Georges Bataille, déclare « qu'il est le plus heureux de la peinture[68]Paul Valéry associait ce qu'il appela « le triomphe de Manet » à la rencontre de la poésie, en la personne de Baudelaire d'abord, puis de Mallarmé[68]. »

Cette proximité entre l'artiste et l'écrivain amènera Édouard Manet à créer les illustrations qui accompagnent deux textes de Mallarmé : Le Corbeau, traduction du poème d'Edgar Allan Poe en 1875, et L'Après-midi d'un faune en 1876[69].

Amitiés artistiques : la « bande de Manet »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Groupe des Batignolles.

Au fur et à mesure que Manet gagne en âge, un nombre grandissant de jeunes artistes se réclament de son esprit en s’opposant à leur tour à l'adadémisme. Prônant la peinture en plein air et se qualifiant eux-mêmes, tour à tour, d’Intransigeants, de Réalistes ou encore de Naturalistes, la critique va finalement, avec ironie, les surnommer « Impressionnistes ». Parmi ces jeunes talents, certains vont se rapprocher de Manet et former le groupe dit « des Batignolles », ainsi nommé en référence au quartier des Batignolles où se trouvaient l’atelier de Manet et les principaux cafés que la bande fréquentait. On compte notamment dans ce groupe les peintres Paul Cézanne, Auguste Renoir, Frédéric Bazille ou Claude Monet.

De tous ces jeunes disciples, l’ami le plus intime de Manet est incontestablement Claude Monet, futur chef de file de l’impressionnisme. Les familles des deux peintres, deviennent vite très proches et passent de longues journées ensemble dans la verdure d’Argenteuil, chez les Monet. Ces visites régulières sont l’occasion pour Édouard Manet de réaliser plusieurs portraits intimistes de son ami, comme celui ironiquement appelé Claude Monet peignant dans son atelier, et surtout de s’essayer à imiter le style et les thèmes favoris de ce dernier, en particulier l’eau. L’émulation est visible dans Argenteuil, où Manet force volontairement son trait pour se rapprocher de l’impressionnisme par nature plus tranché de Monet, avec une Seine d’un bleu outrancier.

Cette admiration réciproque n’empêche cependant pas les deux hommes de développer, indépendamment l’un de l’autre, leurs propres styles. On peut ainsi utilement comparer deux vues de Paris réalisées le même jour sur le même sujet en 1878, à l’occasion de l’Exposition universelle : tandis que La Rue Mosnier aux drapeaux de Manet présente un paysage austère et presque aride, le faste luxuriant de La Rue Montorgueil de Monet révèle un point de vue radicalement différent.

Édouard Manet est également très lié au peintre Edgar Degas, bien que ce dernier n’ait pas fait spécifiquement partie du groupe des Batignolles. Les deux hommes sont inséparables aux heures sombres de la guerre franco-prussienne de 1870 lorsque, pris au piège dans le Paris assiégé en compagnie de son ami, Manet ne pouvait communiquer que par lettres avec sa femme Suzanne réfugiée en province. Manet et Degas se trouvent d’autres affinités pendant la Commune de Paris par leur opposition conjointe au parti versaillais. Bien que les deux hommes se soient souvent querellés et affrontés pour obtenir la prééminence dans l’avant-garde artistique, Degas conservera toujours une grande estime pour Manet et contribuera à promouvoir l’œuvre de ce dernier après sa mort.

Peintures historiques[modifier | modifier le code]

Le Combat du Kearsarge et de l'Alabama[modifier | modifier le code]

L'Exécution de Maximilien, 1868, version définitive, Kunsthalle de Mannheim.

La peinture historique, en raison de son caractère très académique, reste un genre marginal dans l’œuvre de Manet, quelques événements contemporains importants ont pourtant retenu son intérêt. C'est ainsi que le peintre immortalise en 1865 une bataille navale de la guerre de Sécession qui s'est déroulée au large de Cherbourg le 19 juin 1864, entre le navire fédéral Kearsarge et le bâtiment confédéré Alabama: Le Combat du Kearsarge et de l'Alabama (134 × 127 cm)[70]. En 1872, Barbey d'Aurevilly affirme « Le tableau de Manet est avant tout une magnifique marine » soulignant que « la mer qu'il gonfle alentour est plus terrible que le combat »[71]. Le tableau exposé chez Alfred Cadart reçoit les éloges du critique Philippe Burty[70].

Manet réalise la même année plusieurs toiles sur le thème du Kearsarge et sur le thème des bateaux de pêche qui témoignent des activités maritimes de l'époque : L'arrivée à Boulogne du Kearsarge( 1864)[72], Le Steam-boat, marine ou Vue de mer, temps calme (1864-1865)[73], La jetée de Boulogne (1869)[74] ou des portraits de membres de son équipage (Pierrot ivre, aquarelle qui caricaturerait le pilotin Pontillon, futur époux d'Edma Morisot, sœur de la peintre Berthe Morisot avec qui Manet se lie d'amitié[75]).

L'Exécution de Maximilien[modifier | modifier le code]

Portrait de Georges Clemenceau, 1879–80 – Musée d'Orsay
La Barricade, répression de la Commune de Paris, lithographie

Manet était encore à vif depuis l'insuccès de son exposition à l'Alma lorsque le 19 juin 1867, et alors même que l'Exposition universelle n’est pas terminée, la nouvelle de l’exécution de Maximilien de Habsbourg, au Mexique, parvient jusqu’à la capitale française. Édouard Manet, depuis toujours fervent républicain, est scandalisé par la manière dont Napoléon III , après avoir imposé l'instauration de Maximilien au Mexique, lui a retiré le soutien des troupes françaises[76]. Le peintre travaille plus d’une année à une grande toile commémorative et historique, de l'été 1867 à la fin 1868[77].

Il réalise plusieurs versions du même sujet. La première est au musée de Boston, des fragments de la deuxième sont rassemblés à la National Gallery de Londres, l'esquisse définitive est à la Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague, la composition finale, au musée de Mannheim[77].

« La version de Boston est d'ailleurs la plus proche de Goya, par l'esprit romantique qui l'anime et par les tons chauds, qu'une harmonie froide de gris, de verts et de noirs remplacera dans les versions suivantes. Alors que Goya saisissait le moment où les soldats mettent en joue, Manet, lui, fixe le coup de feu. Cette version serait le laboratoire primitif de la composition[78]. »

Inspirée du Tres de Mayo de Goya, et cependant traitée d’une manière radicalement différente, la scène de L'Exécution de Maximilien satisfait Manet qui l'aurait sans doute proposée au salon si on ne lui avait pas fait savoir à l'avance qu'il serait refusé[79]. Mais le tableau, connu dans le milieu artistique, fera des émules notamment avec Gérôme et son Exécution du maréchal Ney. « Avec sa séquence des Exécutions, Manet est un exemple du dernier effort pour recréer la grande peinture d'histoire. Il faut attendre Guernica de Picasso (1937), et plus clairement les Massacres de Corée pour voir relevé le défi de Manet, défi que Manet avait lui-même lancé à Goya et à la grande tradition[79]. »

Exposé aux États-Unis par l'amie du peintre, la cantatrice Émilie Ambre au cours de ses tournées en 1879 et 1880, le tableau n'aura qu'un succès relatif. Le triomphe de l'Impressionnisme refoulera pour un moment l'ambition de peindre les grands évènements du temps[79].

La Commune de Paris - Manet républicain[modifier | modifier le code]

Guerre civile, lithographie

Républicain convaincu, Manet s'engage dans la Garde nationale au moment de la guerre de 1870 en même temps que Degas sous les ordre du peintre Meissonier qui est colonel[80]. Après la capitulation, il séjourne à Bordeaux avant de retrouver Paris où son atelier de la rue Guyot a été détruit. Les derniers soubresauts de la Commune déchirent Paris, et Manet, qu'elle a élu à sa Fédération des peintres et sculpteurs se désolidarise de ses excès[80]. Toutefois, il regarde avec horreur le caractère sauvage de la répression[81] et l'exprime dans deux lithographies La Barricade (1871-1873 (musée des beaux-arts de Boston) où les fusilleurs dessinés de dos évoquent l'exécution de Maximilien[82] ou Guerre civile (1871, un tirage de 1874 est conservé à la Bibliothèque nationale de France) dans laquelle Manet reprend en l'inversant l'image du Torero mort[83] dans le dessin d'un corps allongé au pied d’une barricade désertée et la charge émotive de l’œuvre est renforcée encore « par un cadrage serré, l’artiste concentre l’attention du spectateur sur ce gisant dont la solitude dit l’ineptie de la répression rapide et sauvage[84]. »

Manet est comme ses contemporains frappé par l'aventure d'Henri Rochefort qui, déporté en Nouvelle-Calédonie, après la Commune, s'évade en 1874 et rejoint l'Australie sur une petite baleinière. Républicain mais prudent, « l'artiste a attendu le triomphe des républicains au Sénat et à la Chambre, en janvier 1879, ainsi que le vote d'une loi d'amnistie des communards en juillet 1880 autorisant le retour en France de l'évadé pour s'attaquer au sujet »[85]. Manet, alors malade, a demandé à rencontrer Rochefort pour obtenir des détails sur l'aventure, et le 4 décembre 1880, il écrit à Stéphane Mallarmé : « J'ai vu Rochefort hier, l'embarcation qui leur a servi était une baleinière de couleur gris foncé; six personnes, deux avirons. Amitiés[86]. » C'est à partir des récits de Rochefort qu'il compose deux tableaux intitulés L'Évasion de Rochefort dont l'un, où les personnages sont plus précis, est conservé au musée d'Orsay à Paris, l'autre étant au Kunsthaus de Zurich[86]. Dès le mois de janvier suivant, en 1881, Manet exécute un portrait d'Henri Rochefort grandeur nature, actuellement conservé au musée de Hambourg[87].

Un peu auparavant (en 1879-1880) il avait réalisé le portrait de Georges Clemenceau, alors député radical de Montmartre, lié à Eugène Manet, frère du peintre, conseiller municipal de La Chapelle (1878-1881), dans le 18e arrondissement de Paris, fief électoral de Clemenceau[88].

L'univers de la mer[modifier | modifier le code]

Vue de mer, temps calme, 1864, Art Institute of Chicago
L'Évasion de Rochefort, 1881 (143 × 114 cm), Kunsthaus, Zurich.

À partir de 1868, les Manet ont pris l’habitude de passer leurs étés à Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, où ils ont fait l’acquisition d’un appartement. Outre le Déjeuner dans l'atelier, ces séjours répétés permettent à Édouard Manet de développer un genre qui l’a toujours beaucoup attiré : les marines et l’univers de la mer. Boulogne, important port de pêche, constitue alors une source d’inspiration inépuisable pour un peintre aimant les sujets naturalistes.

Le saisissant Clair de lune sur le port de Boulogne, dépeint le retour d’un bateau de pêche à la nuit tombée et l’attente des femmes de marins, sous la lumière de la lune. De cette scène ordinaire, Manet fait un clair-obscur mystérieux et dramatique, probablement inspiré des paysages nocturnes flamands et hollandais du XVIIe siècle ou des marines au clair de lune de Vernet[89]. Il est possible aussi que Manet ait été inspiré par un petit format de Van der Neer qu'il possédait et qu'il proposa à une vente avant de le retirer[89]. Une cinquantaine d'œuvres de Van der Neer sur des thèmes analogues ont été vendues à Paris entre 1860 et 1880[90].

Les vacances boulonnaises voient la naissance d’autres toiles importantes, en particulier le Départ du vapeur de Folkestone, en 1869 : Manet y représente le bateau à aube assurant la liaison avec le port anglais de Folkestone, et sur lequel le peintre avait d’ailleurs embarqué l’année précédente pour visiter Londres. La dame habillée de blanc située le plus à gauche de la composition serait Suzanne Manet, accompagnée de son fils Léon. La toile, à l'inverse du Clair de Lune, est l'un des exemples les plus saisissants de la manière dont Manet sait jouer avec la lumière et les couleurs. Le Bateau goudronné, a été peint sur la plage de Berck, et prend pour thème le travail des pêcheurs.

La jetée de Boulogne est également le sujet de plusieurs œuvres appartenant pour la plupart à des collectionneurs privés à l'exception d'une d'entre elles conservée au musée Van Gogh d'Amsterdam et intitulées à peu près toutes Jetée de Boulogne[90].

Manet reviendra en 1872-1873 sur le thème des bateaux avec une toile actuellement conservée au musée d'art moderne André-Malraux, au Havre. L'œuvre intitulée Bateaux en mer. Soleil couchant, (MNR 873), d'un format réduit, assez insolite pour une marine, a sans doute été réalisée au cours d'un des séjours du peintre à Berck[91]. Peu après, Claude Monet présentait à l'exposition de 1874 deux tableaux intitulés Impression soleil levant et Impression soleil couchant qui donnait le « coup d'envoi » du mouvement impressionniste auquel il a donné son nom[92].

Cafés et cafés-concerts[modifier | modifier le code]

Le rôle des cafés, brasseries et cafés concert est aussi important dans la vie artistique au XIXe siècle qu'il peut l'être dans la vie politique. Peintres écrivains, journalistes, collectionneurs s'y retrouvent souvent[93]. Autour de Manet se constitue un « cénacle »qui tient ses assises, à partir de 1866 selon Théodore Duret, le vendredi soir au café Guerbois, situé au 11 Grand-Rue-des-Batignolles devenue de nos jours avenue de Clichy[94], . Deux tables sont réservées à ce groupe qui tient la des discussions tumultueuses d'où sortiront les nouveaux critères de l'art. On retrouve, autour du peintre tous ses camarades de l'atelier Couture et du groupe de 1863 parmi lesquels se trouvent Fantin-Latour, Whistler, Renoir[95].

Le peintre, qui a son atelier au 34 boulevard des Batignolles de 1864 à 1866, donne rendez-vous chaque soir dans ce grand café qui portera ensuite le nom de Brasserie Muller[94]. Puis, après la guerre de 1870, vers 1875, Manet prendra ses quartiers dans à La Nouvelle Athènes, place Blanche. Ces deux cafés sont de haut lieu de l'impressionnisme, mais Manet fréquente aussi le lieu de réunion des républicains avancés, futurs membres de la Commune de Paris comme Raoul Rigault, ou Jules Vallès[95].

Manet a abordé plusieurs fois ce thème des cafés avec par exemple avec Le Bon Bock en 1873 (Philadelphia Museum of Art, Philadelphie, 94 × 83 cm) mais c'est surtout après 1878 que le thème devient notable avec la grande toile intitulée Reichshoffen qui représentait l'intérieur du nouveau cabaret de la rue Rochechouart dans le quartier de Montmartre à Paris. Manet a découpé la toile en deux tableaux séparés : Au café (musée Oskar Reinhart « Am Römerholz », Winterthur, Suisse) et Coin de Café-Concert au cabaret de Reichshoffen - National Gallery, Londres, huile sur toile, 97,1 × 77,5 cm) dont il existe une version réalisée quelques mois plus tard en 1878-1879 et exposée au musée d'Orsay : La serveuse de bocks (Huile sur toile, 77,5 × 65 cm)[96]. D'autres tableaux comme Au café ou La Prune datent de la même période, avec des connotations teintées de mélancolie comme une œuvre moins achevée et moins connue Intérieur d'un café (vers 1880) qui se trouve au Glasgow Museums and Art Galeries, Glasgow, Royaume-Uni[97].

C’est cependant une autre atmosphère, « d'une gaieté et d'une délicatesse de tons charmantes » selon Émile Zola, celle d'un restaurant avec jardin, situé avenue de Clichy, qui inspire à l'artiste Chez le père Lathuille (1879), où l'on voit un jeune homme s’empresser auprès d’une jeune femme et lui faire la cour[98].

C'est en traitant une nouvelle fois l'univers des cafés et des lieux de plaisir que Manet déjà profondément rongé par la syphilis réalise en 1881-1882, une de ses dernières œuvres majeures intitulée Un bar aux Folies Bergère.. La scène, contrairement aux apparences, n’a pas été peinte au bar des Folies Bergère mais a été entièrement recréée en atelier[99]. La jeune femme servant de modèle, Suzon, est en revanche une véritable employée de ce célèbre café-concert[100]. Les nombreux éléments présents sur le marbre du bar, qu’il s’agisse des bouteilles d’alcool, des fleurs ou des fruits, forment un ensemble pyramidal allant trouver son sommet, non sans malice, dans les fleurs qui ornent le corsage de la serveuse elle-même. Mais l’aspect qui a le plus retenu l’attention des critiques a été le reflet de Suzon dans le miroir. Ce dernier ne semble pas renvoyer une image exacte de la scène, tant en ce qui concerne la posture de la jeune femme que la présence de l’homme en face d’elle, si rapproché qu’il devrait logiquement tout cacher aux yeux du spectateur. Il est difficile de conclure si cette anomalie est le fruit de la volonté de l’artiste ou une simple erreur d’appréciation, ce qui n’a pas été sans amuser Huysmans. Ce dernier décrit avec délectation la manière dont le tableau « stupéfie les assistants qui se pressent en échangeant des observations désorientées sur le mirage de cette toile. »[101].

Natures mortes[modifier | modifier le code]

Manet aimait aussi les natures mortes : « Un peintre peut tout dire avec des fruits ou des fleurs, ou des nuages seulement », affirmait-il. Une part non négligeable de son œuvre est consacrée à ce genre[102], avant 1870 surtout puis dans les dernières années de sa vie où la maladie l'immobilise dans son atelier. Certains éléments de ses tableaux constituent de véritables natures mortes comme le panier de fruits dans le déjeuner sur l'herbe , le bouquet de fleurs dans Olympia ou le pot de fleurs, la table dressée et différents objets dans le Petit déjeuner dans l'atelier. Il en va de même dans les portraits avec le plateau portant verre et carafe dans le Portrait de Théodore Duret ou la table et les livres dans le portrait d’Émile Zola. Mais les natures mortes autonomes ne manquent pas dans l’œuvre de Manet : l'artiste a ainsi plusieurs fois peint poissons, huîtres ou autres mets (Nature morte au cabas et à l’ail, 1861-1862, Louvre-Abou Dhabi, ou La Brioche, 1870 - Metropolitan Museum of Art, New York), rendant ainsi une sorte d'hommage à Chardin. Il a peint plus souvent encore des sujets floraux qui évoquent la peinture hollandaise (roses, pivoines, lilas, violettes) ou encore des fruits et des légumes (poires, melons, pêches, citrons, asperges) ; une anecdote existe à propos de la botte d'asperges : Ephrussi (qui inspira à Marcel Proust le personnage Swann dans À la recherche du temps perdu) ayant acheté le tableau plus cher que le prix proposé, Manet lui fit parvenir un petit tableau (aujourd'hui au musée d'Orsay)[103] représentant une seule asperge avec ce mot « Il en manquait une à votre botte »[104].

Au-delà du genre traditionnel, les natures mortes d’Édouard Manet retiennent l'attention en constituant parfois de véritables mises en scène dramatiques, comme le montre le tableau du Vase de pivoines sur piédouche (1864) : par la composition des fleurs en train de se faner, des pétales tombées à terre et par le cadrage très serré sur le vase, le regard du spectateur est happé et attiré vers un mouvement de haut vers le bas[105].

Gravures et dessins[modifier | modifier le code]

Le Corbeau, 1875

Manet travailla aussi la gravure et réalisa près d'une centaine d'estampes - surtout des eaux-fortes mais aussi six lithographies et des bois gravés -, en reprenant les sujets de certains de ses tableaux. Il s'y consacra régulièrement jusqu'en 1869 et y revint épisodiquement par la suite. Des tirages et des retirages furent également réalisés après sa mort[106] On peut relever parmi elles Le Guitarero (1861), Le Buveur d’absinthe (1861-1862), Lola de Valence (1862), L’Acteur tragique (1866), Olympia (1867), L’Exécution de Maximilien (1868, lithographie), Le Torero mort (1868), La Barricade et Guerre civile (1871, lithographies), Berthe Morisot(1872) et Le Polichinelle (sa seule lithographie en couleurs de 1876).

Il grava aussi des illustrations pour la librairie comme le Frontispice pour Les Ballades de Théodore de Banville (été 1874), Le Fleuve de Charles Cros (1874), Le Corbeau (1875), traduction du poème d’Edgar Allan Poe par Stéphane Mallarmé.

Manet apporta un soin particulier au Corbeau, tant par le choix des papiers que par la technique dite par Moreau-Nélaton de l'autographie : des dessins au pinceau à l'encre autographique, reportés sur zinc et tirés par Lefman. Les feuilles d'images étaient insérées entre les doubles feuilles du texte[107],[108].

L'illustration de la première strophe est un dessin assez précis qui détaille le poète à sa table. La suivante, retravaillée maintes fois par l'artiste, est plus impressionnante minuit lugubre, avec un paysage sombre et triste. Et plus on avance dans l'ouvrage plus les planches se font noires jusqu'à la dernière image presque illisible avec le jeu des ombres portées et les larges coups de pinceaux[109]

Le destin du Corbeau, ouvrage pourtant très raffiné, fut très décevant[110]. Selon Mondor et Jean Aubry, « son format trop volumineux, les illustrations d'Édouard Manet, fort discuté encore en 1875, la singularité, pour le gros des lecteurs, du poème de Poe, le nom encore à peu près inconnu de Mallarmé, tout concourut à éloigner les acquéreurs possibles[111]. » L'année suivante, L’Après-Midi d’un faune de Mallarmé, qui devait paraître chez l'éditeur Alphonse Derenne, allait recevoir un meilleur accueil.

Manet a également utilisé la technique de la mine de plomb et le lavis à l'encre de chine pour deux Annabel Lee (1879-1881). La première Jeune femme au bord de la mer (46,2 × 29 cm) se trouve à Rotterdam, au Musée Boijmans Van Beuningen, la deuxième à Copenhague au Statens Museum for Kunst[112] . Plus tôt, il avait abordé cette technique avec A la fenêtre (27 × 18 cm, musée du Louvre, Cabinet des dessins) et Marine au clair de lune (20 × 18 cm, Cabinet des Dessins du Louvre).

En 1877-1878, Manet produit deux fiacres. L'un à la mine de plomb (Cabinet des dessins du Louvre), l'autre au crayon noir et lavis d'encre bleu. L'Homme au béquilles (27 × 20 cm) actuellement conservé au Metropolitan de New York, est le personnage que l'on retrouve de dos dans La Rue Mosnier aux drapeaux. Traité au lavis d'encre de chine, cet invalide habitait le quartier de l'Europe. Le dessin était un projet de couverture pour Les Mendiants, chanson de son ami Ernest Cabaner sur des paroles de Jean Richepin[113]

La maladie et la mort[modifier | modifier le code]

Une fille dans le jardin à Bellevue représentant une maison du sentier des Pierres Blanches à Meudon Bellevue
1880 (92 × 70 cm)
Collection fondation E.G. Bührle, Zurich[114].
La tombe de Manet à Passy

Édouard Manet, malade, fait une cure à Meudon Bellevue en 1880. Il séjourne au sentier des Pierres Blanches où il peindra plusieurs tableaux. Il obtient même un prix au Salon de 1881 et est décoré de la Légion d'honneur par son ami Antonin Proust devenu ministre des Arts : l'attribution est décidée malgré des oppositions fin 1881 et la cérémonie a lieu le 1er janvier 1882[115].

Affaibli depuis plusieurs années, il peint les deux dernières années des toiles de petit format qu'il réalise assis (nombreuse petites natures mortes de fruits et de fleurs), mais surtout des portraits de ses visiteuses au pastel, technique moins fatigante que la peinture à l'huile[116]. Il s’éteint finalement le 30 avril 1883 au 39 rue de Saint-Petersbourg à l’âge de cinquante et un ans, des suites d’une ataxie locomotrice résultant elle-même d'une syphilis contractée à Rio. La maladie, outre les nombreuses souffrances et la paralysie partielle des membres qu’elle lui avait causées, a ensuite dégénéré en une gangrène qui a imposé de lui amputer le pied gauche onze jours avant sa mort[117]. L’enterrement a eu lieu le 3 mai 1883 au cimetière de Passy, en présence notamment d’Émile Zola, d'Alfred Stevens, de Claude Monet, d'Edgar Degas et de bien d’autres de ses anciennes connaissances. D’après Antonin Proust, son camarade de toujours, on voyait dans le convoi funèbre « des couronnes, des fleurs, beaucoup de femmes ». Degas, quant à lui, aurait dit alors de Manet qu’« il était plus grand que nous ne pensions »[8].

Sa tombe se trouve dans la 4ème division du cimetière, un ex-libris gravé par Félix Bracquemond en 1890 « Manet et manebit » (en latin : « Il demeure et demeurera », jeu de mots sur le nom du peintre) peut résumer le sentiment général du monde des arts après sa disparition. Il est inhumé avec son frère Eugène et sa belle-soeur Berthe. Le buste qui recouvre sa tombe est l'oeuvre du sculpteur et peintre hollandais Ferdinand Leenhoff (nl), frère de la compagne de Manet[118].

Un rôle majeur dans l'histoire de la peinture[modifier | modifier le code]

L'atelier de Manet par Fantin-Latour

Manet décrié, insulté, ridiculisé est devenu le chef de file reconnu des « avant-gardistes », et si le peintre a été lié aux acteurs du courant impressionniste, il est à tort considéré aujourd’hui comme l'un de ses pères[119], il n'en est qu'un puissant inspirateur autant par ses morceaux de peinture que par ses thèmes de prédilection. Sa manière de peindre soucieuse du réel reste en effet foncièrement différente de celle de Claude Monet ou de Camille Pissarro. Toutefois, certaines de ses œuvres sont proches de l'impressionnisme, c'est le cas de : L'Évasion de Rochefort, Portrait de Claude Monet peignant sur son bateau-atelier à Argenteuil et Une allée dans le jardin de Rueil.

Le maître laisse plus de quatre cents toiles et d’innombrables pastels, esquisses et aquarelles qui constituent une œuvre picturale majeure à l'influence certaine sur les artistes de son temps comme le groupe des Batignolles et bien au-delà : Manet est en effet reconnu internationalement comme l’un des plus importants précurseurs de la peinture moderne[120] et ses tableaux majeurs sont visibles dans les plus grands musées du monde. C'est en 1907, ironie de l’histoire de la peinture, qu’Olympia « refusée » en 1863, entre, 44 ans après sa création, au musée du Louvre (il est aujourd'hui au musée d'Orsay). En l’an 2000, l’une de ses toiles s’est vendue à plus de vingt millions de dollars.

En 2014, chez Christie's à New York, le tableau Le Printemps, propriété d'un collectionneur et de sa famille depuis plus de cent ans, a été adjugé pour la somme de 65 millions de dollars (52 millions d'euros), mercredi 5 novembre, voir l'article du journal Le Monde, qui le classe un peu rapidement dans les impressionnistes[121], de même que L'Express [122]. Manet s'est tenu bien à l'écart de l'impressionnisme ainsi que l'indique le musée d'Orsay[123], ce qui ne l'empêche pas d'avoir soutenu les impressionnistes, en particulier sa belle-sœur Berthe Morisot, lors de la première exposition de la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs[124].

Prolongements[modifier | modifier le code]

Pertuiset, le chasseur de lions (1881)
  • Édouard Manet tient une place importante dans le roman d'Olivier Rolin Un chasseur de lions (publié en 2008), auprès de l'aventurier cocasse et dérisoire Eugène Pertuiset dont il peignit en 1881 le portrait « en Tartarin »[125].
  • En 2004, un brocanteur de Genève aurait découvert un tableau inconnu de Manet caché sous une croûte. Il affirme avoir identifié dans le portrait d'une ravissante jeune femme, Mery Laurent, le modèle et la maîtresse d'Édouard Manet[126]. La toile initiale jugée scandaleuse par son caractère érotique aurait été masquée et oubliée. L'attribution du tableau à Édouard Manet n'est cependant pas acquise[127].
  • Le 22 juin 2010, un autoportrait d'Édouard Manet a été vendu à Londres 22,4 millions de livres sterling (27 millions d'euros), un montant record pour une œuvre du peintre français[128].

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des tableaux d'Édouard Manet .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Manet figure dans l'histoire de l'art, dans l'histoire de la peinture du XIXe siècle, comme celui qui a modifié les techniques et les modes de représentation picturale, de manière qu'il a rendu possible ce mouvement de l'impressionnisme qui a occupé le devant de la scène de l'histoire de l'art pendant presque toute la seconde moitié du XIXe siècle. Mais il a aussi opéré des modifications qui au-delà de l'impressionnisme, ont rendu possible la peinture qui allait venir après. » Michel Foucault - La peinture de Manet. Conférence à Tunis, le 20 mai 1971. Michel Foucault. La peinture de Manet.
  2. En mai 1874, Manet s'est résolument tenu à l'écart de la première exposition de ceux qu'une partie de la presse raillera en les taxant d'impressionnisme… Il passait pourtant alors pour leur "chef", désignation dont certains de ses amis vont s'emparer afin de renforcer son autorité. (…) Plutôt que d'adopter l'esthétique émergente, Manet va l'adapter à ses visées, dont le Salon - espace public par excellence - reste le lieu idéal. » Manet, inventeur du Moderne, exposition Musée d'Orsay 5 avril - 3 juillet 2011.
  3. (fr) « Édouard Manet-Zola », sur /www.musee-orsay.fr (consulté en 17juillet 2010)
  4. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 504
  5. a, b, c et d Monneret 1987a, p. 477
  6. a et b Laclotte et Cuzin 1987, p. 553
  7. Dominique Lobstein, Manet, Éditions Jean-Paul Gisserot,‎ 2002, p. 8
  8. a, b et c in A. Proust, Édouard Manet, Souvenirs, La Revue blanche, février-mai 1897
  9. Nathalia Brodskaya, Manet, Parkstone International,‎ 2011 (lire en ligne), p. 5
  10. a et b Bataille 1955, p. 5
  11. « Entre juillet et décembre après de sévères disputes avec son père il est décidé qu’il s’embarquera comme apprenti marin plutôt qu’artiste. » Jules Pétroz, Un Manet si bien caché. Histoire d'une découverte un américain a paris Chapitre 3 sur www.petroz.com
  12. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 219-220
  13. a, b, c, d, e et f Monneret 1987a, p. 478
  14. Bataille 1955, p. 6
  15. a et b Monneret 1987a, p. 157
  16. Monneret 1987a, p. 158
  17. a et b Stéphane Guégan, Manet, l'héroïsme de la vie moderne, éd. Gallimard, 2011
  18. Rapporté par Paul Jamot, d'après les souvenirs d'Antonin Proust, dans son article « Manet » - Revue de Paris, 1932
  19. La Corde, dédié à Manet sur baudelaire.litteratura.com
  20. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 110
  21. Thoré-Burger et Bürger 1870, p. 424-425
  22. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 113
  23. Farwell 1969, p. 197-202
  24. Lettre à Zacharie Astruc, septembre 1865
  25. Proust 1947, p. 134
  26. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 506
  27. « La peinture espagnole sera riche en leçons pour Manet. L'influence de Goya sera palpable avec les lumières et les contrastes forts de couleur. Celle de Vélasquez apparaît dans Le Fifre, refusé au Salon de 1866, qui représente une figure sur un fond unifié » Insecula »Edouard Manet
  28. a et b Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 63
  29. Tabarant 1947, p. 59
  30. a et b Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 64
  31. Tabarant 1947, p. 42
  32. Thoré-Burger et Bürger 1870, p. 98
  33. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 195
  34. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 196
  35. Bois 1994, p. 114
  36. Tabarant 1947, p. 373
  37. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 240
  38. Havemeyer 1961 et 1993, p. 222-224
  39. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 237
  40. Tabarant 1930, p. 69
  41. Moreau-Nélaton 1926, p. 76
  42. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 239
  43. Proust 1947, p. 170
  44. a, b et c Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 122
  45. Proust 1947, p. 176
  46. Monneret 1987a, p. 437
  47. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 123
  48. a, b et c Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 126
  49. Les dissidents de l'exposition. M. Édouard Manet, Revue Libérale II, 1867, p. 284 et suivantes
  50. Richardson 1958, p. 20
  51. Le Constitutionnel, 21 mai 1863 – « Je dois dire que le côté grotesque de son exposition tient à deux causes : d'abord à une ignorance presque enfantine des premiers éléments du dessin, ensuite à un parti pris de vulgarité inconcevable » Ernest Chesneau, Les nations rivales dans l'art, 1868 (France - La jeune École, Peintres et Excentriques, page 343) Les nations rivales dans l'art - Google Livres
  52. Le Déjeuner sur l'herbe y fit scandale, provoquant les sarcasmes des uns et les cris d'admiration des autres suscitant partout des polémiques passionnées. Manet était entré dans la pleine lutte. Bientôt la fameuse Olympia (1865) vint accentuer encore le ton de ces controverses » sur www.cosmovisions.com
  53. «« La foule se presse comme à la Morgue devant l'Olympia faisandée de M. Manet. L'art descendu si bas ne mérite pas qu'on le blâme ». Paul de Saint-Victor ("La Presse" 28 mai 1865)
  54. « Olympia que font plus nue son ruban et autres menus accessoires » Daniel Arasse On n'y voit rien. Descriptions, Denoël, 2000 p. 70
  55. « A-t-on cependant assez suffisamment mis en évidence que ce que transfère la servante dans l’hommage du bouquet – fastueux morceau de peinture à la facture si tranchée du reste de la toile – est le désir, désir pour le seul objet refusé au regard, le sexe d’Olympia », Martine Bacherich, « L’intrigue visuelle. p. 199 dans Nouvelle revue de psychanalyse, Gallimard, Paris, no 35, printemps 1987
  56. « Et tout le monde a crié : on a trouvé ce corps nu indécent ; cela devait être, puisque c'est là de la chair, une fille que l'artiste a jetée sur la toile dans sa nudité jeune et déjà fanée » article de Zola, L'Événement illustré, 10 mai 1868
  57. « Avez-vous plus de génie que Chateaubriand et que Wagner? On s'est bien moqué d'eux cependant. Ils n'en sont pas morts. » Baudelaire, lettre à Manet du 11 mai 1865 Des principes esthétiques de la critique d'art du dernier Baudelaire – De Manet au symbolisme- Wolfgang Drost, dans La Critique d'art en France, 1850-1900: actes du colloque de Clermont (1999), publié par Jean Paul Bouillon La Critique d'art en France, 1850 ... - Google Livres p. 13
  58. Itinéraires de la fortune moderne de Mantegna en Franceby Alessandro Del Puppo Itinéraires de la fortune moderne de Mantegna en France (Alessandro Del Puppo) - Academia.edu
  59. Manet, le romantisme modernisé ? - Lunettes Rouges
  60. Émile Zola Édouard Manet, étude biographique et critique, G. Charpentier et E. Fasquelle, éditeurs, 1893 (p. 367) Edouard Manet/Les Œuvres - Wikisource
  61. Un catholicisme suspect ? Musée d'Orsay: Manet, inventeur du Moderne
  62. in E. Zola, L'Assommoir, Ch. XI
  63. Lettre de Baudelaire à Champfleury, 25 mai 1865
  64. Lettre de Baudelaire à Manet, 11 mai 1865
  65. « La place de M. Manet est marquée au Louvre, comme celle de Courbet, comme celle de tout artiste d'un tempérament fort et implacable. » Zola, Salon de 1866 pour le journal L'Evénement
  66. in E. Zola, Une Nouvelle Manière en peinture : Édouard Manet, Revue du XIXe siècle, 1er janvier 1867
  67. « Leur amitié remonte à 1873 et, pendant presque 10 ans, les deux hommes se rencontrent quotidiennement. (…) Manet choisit en 1876 une toile de petit format pour peindre son modèle (le poète Mallarmé) au naturel dans une attitude décontractée » sur www.musee-orsay.fr
  68. a et b Bataille 1955, p. 118
  69. Cf. Manet et Mallarmé : "la complète amitié"
  70. a et b Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 219
  71. Barbey d'Aurevilly, "Salon", Le Gaulois, 3 juillet 1872, (repris dans Sensations d'art, Paris, Finzine 1886). Extraits: chap. LXIII, p. 334-337Le Gaulois, 3 juillet 1872
  72. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 221
  73. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 224-225
  74. Bataille 1955, p. 92
  75. Adolphe Tabarant, Manet, Histoire Catalographique, Paris, 1931
  76. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 272
  77. a et b Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 273
  78. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 275
  79. a, b et c Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 276
  80. a et b Monneret 1987a, p. 483
  81. La répression de la Commune - L'Histoire par l'image
  82. La Barricade : actes du colloque organisé les 17, 18 et 19 mai 1995 en Sorbonne par Alain Corbin et Jean Marie Mayeur – contribution de Marie-Claude Genet-Delacroix, pages 120 et suivantes La barricade: actes du colloque… - Google Livres
  83. Isabelle Cahn, Bibliothèque de l’INHA Guerre civile, 1871
  84. Bertrand Tillier, La répression de la Commune La répression de la Commune - L'Histoire par l'image
  85. Fiche du musée d'Orsay www.musee-orsay.fr
  86. a et b Monneret 1987a, p. 768
  87. The Athenaeum - Portrait of M. Henri Rochefort (Édouard Manet - 1881)
  88. page 7
  89. a et b Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 311
  90. a et b Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 312
  91. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 313
  92. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 314
  93. Monneret 1987a, p. 202
  94. a et b Monneret 1987b, p. 314
  95. a et b Monneret 1987b, p. 315
  96. Notice du musée d'Orsay
  97. Intérieur d'un café - Édouard Manet - Tableaux et dessins
  98. « Il y a, au Salon de cette année une scène de plein air, Chez le père Lathuille, deux figures à une table de cabaret, d'une gaieté et d'une délicatesse de tons charmantes » Émile Zola, article sur le Salon de 1880 dans Le Voltaire du 18-22 juin 1880
  99. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 482
  100. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 479
  101. « Le sujet est bien moderne et l'idée de M. Manet de mettre ainsi sa figure de femme, dans son milieu, est ingénieuse » - « C'est vraiment déplorable de voir un homme de la valeur de M. Manet sacrifier à de tels subterfuges et faire, en somme, des tableaux aussi conventionnels que ceux des autres ! Je le regrette d' autant plus qu'en dépit de ses tons plâtreux, son bar est plein de qualités, que sa femme est bien campée, que sa foule a d'intenses grouillements de vie. Malgré tout, ce bar est certainement le tableau le plus moderne, le plus intéressant que ce salon renferme. » J.-K. Huysmans, L'Art moderne, appendice II (Salon de 1882), p. 296 Ce document est extrait de la base de données textuelles Frantext réalisée par l
  102. « Le peintre y consacrera un cinquième de son œuvre » expo Manet Manet, les Natures mortes - Musée d'Orsay
  103. Manet - L'Asperge, sur le site musee-orsay.fr, consulté le 31 mai 2014
  104. Éric de Thévenard - Manet, les Natures Mortes Manet, les Natures mortes - Musée d'Orsay
  105. Exposition Manet au musée d'Orsay
  106. Institut national d’histoire de l’art pour lequel Isabelle Cahn, présente l’œuvre de Manet graveur Manet Graveur et Œuvres par ordre chronologique
  107. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 384
  108. Le Corbeau sur le catalogue de Drouot
  109. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 385
  110. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 382
  111. Mallarmé, œuvres complètes, édition Mondor et Aubry, 1945, réédition 1979, p. 1521
  112. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 386 et 387
  113. Cachin, Moffett et Wilson-Bareau 1983, p. 402 à 407
  114. Site Internet Wahooart.com
  115. « Lorsqu'au nouvel an de 1882, M. Antonin Proust, ministre des Arts, vint le décorer, l'acte étonna, fut jugé audacieux et souleva, dans le parti de la tradition, le même mécontentement qu'avait suscité l'octroi de la médaille elle-même (…) M. Grévy, le président de la République, prétendit mettre son veto en disant : 'Ah! Manet, non.' » - Duret, Histoire d'Édouard Manet, page 238 sur www.archive.org
  116. Françoise Cachin, Edouard Manet. « J'ai fait ce que j'ai vu », Gallimard,‎ 2012, p. 112
  117. (en)[PDF]Some French painters and their diseases b y C . R é g n i e r sur www.medicographia.com
  118. Sépulture de Manet au cimetière de Passy, sur le site landrucimetières.fr, consulté le 11 mai 2014
  119. «Si la technique de Manet prépare la technique impressionniste, si parfois elle s'en rapproche, d'autre part elle en diffère et même elle s'y oppose. » Gabriel Séailles, « Manet, précurseur de l'Impressionnisme », la Revue de Paris,‎ 1910
  120. Par exemple le tableau de Picasso reprenant Le Déjeuner sur l'herbe
  121. lire l'article du Monde
  122. lire l'article de L'Express
  123. référence déjà citée en note 2
  124. Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, vol. 2, t. 1, Paris, Robert Laffont,‎ 1987, 997 p. (ISBN 978-2-221-05412-3), p. 597
  125. (fr) « UN CHASSEUR DE LIONS de Olivier Rolin - Le Tartarin qui intrigua Manet », sur www.la-croix.com (consulté en 17juillet 2010)
  126. Récit de la découverte : Un Manet si bien caché. Histoire d'une découverte - Mery Laurent muse de l'Impressionnisme par Édouard Manet de Jules Petroz - Un Manet si bien caché. Jules Petroz, 2009, éditions Le Manuscrit Paris. Un manet si bien cache. Histoire d'une découverte - Mery Laurent muse de l'Impressionnisme par Édouard Manet.
  127. (fr) « A SYLVIA WILDENSTEIN », sur fdrouin.free.fr,‎ 02/06/2005 (consulté en 17juillet 2010)
  128. http://www.lejdd.fr/Culture/Beaux-Arts/Depeches/Encheres-records-pour-un-Manet-a-Londres-202222/
  129. Ashmolean Museum - Oxford, sur le site latribunedelart.com, consulté le 7 mars 2014
La Partie de croquet (1873) avec Alfred Stevens, Victorine Meurent, Alice Legouvé et Paul Rodier, Städel, Francfort

Liens externes[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Édouard Manet, Voyage à Rio : lettres de jeunesse, 1848-1849. – Paris : Éditions du Sandre, 2005. – 53 p., 22 cm. – (ISBN 2-914958-18-8).

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Gérard Denizeau, Découvrir Manet, Paris, Larousse,‎ 2011, 600 p. (ISBN 978-2-03-586121-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Dominique Lobstein, Manet, Jean-Paul Gisserot,‎ 2002, 124 p. (ISBN 2877476944, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Françoise Cachin, Charles S. Moffett et Juliet Wilson-Bareau, Manet 1832-1883, Paris, Réunion des Musées Nationaux,‎ 1983, 544 p. (ISBN 2711802302) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Adolphe Tabarant, Manet et ses œuvres, Paris, Gallimard,‎ 1947 (1re éd. 1897), 600 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Louisine Havemeyer, Sixteen to sixty : Memoirs of a collector, New York, Susan Alyson Stein,‎ 1961 et 1993 (ISBN 1-883145-00-7) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Adolphe Tabarant, Les Manet de la collection Havemeyer : La Renaissance de l'art français, Paris,‎ 1930, XIII éd. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Étienne Moreau-Nélaton, Manet raconté par lui-même, vol. 2, t. I, Paris, Henri Laurens,‎ 1926 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Théodore Duret, Histoire de Manet et de son œuvre, Paris, Charpentier et Fasquelle,‎ 1902 et 1906 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Beatrice Farwell, Manet's espada, vol. 2, New York, Metropolitan Museum Journal,‎ 1969 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Mario Bois, Manet, tauromachies et autres thèmes espagnols, Paris, Plume,‎ 1994, 167 p. (ISBN 2-908034-72-7) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Théophile Thoré-Burger et William Bürger, Salons de William Bürger, 1861-1868, avec une préface par Théophile Thoré, vol. 2, t. II, Paris, Jules Renouard,‎ 1870 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, vol. 2, t. 1, Paris, Robert Laffont,‎ 1987, 997 p. (ISBN 2-22105412-1) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, vol. 2, t. II, Paris, Robert Laffont,‎ 1987, 1185 p. (ISBN 2-22105413-X) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Michel Laclotte et Jean-Pierre Cuzin, Dictionnaire de la peinture, Paris, Larousse,‎ 1987, 991 p. (ISBN 978-2-03-511307-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Antonin Proust, Manet souvenirs publiés par A. Barthélemy, Paris, librairie Raynouard,‎ 1947, 600 p. réédition
  • Georges Bataille, Manet, Genève, Albert Skira,‎ 1955 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) John Richardson, Édouard Manet : paintings and drawings : Introduction, Londres et New York, Phaidon Press,‎ 1958 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif, L'ABCdaire de Manet, Flammarion, 1998 (ISBN 2080125826) ;
  • Collectif, Manet - Velasquez : la Manière espagnole au XIXe siècle, Réunion des Musées nationaux, 2002 (ISBN 2711844900) ;
  • Martine Bacherich, Édouard Manet, le regard incarné, Éditions Olbia, 1998 (ISBN 271910440X) ;
  • Serge Bismuth, Manet et Mallarmé, L'Harmattan, 2002 (ISBN 2747527247) ;
  • Isabelle Cahn, Manet : Natures mortes, Découvertes Gallimard, 2000 (ISBN 2070535355) ;
  • Françoise Cachin, Manet : « J'ai fait ce que j'ai vu », Découvertes Gallimard, 1990 (ISBN 2070532666) ;
  • Éric Darragon, Manet, Fayard, 1989 (ISBN 2-213-02345-X) ;
  • Eric Darragon "Manet", monographie, Citadelles et Mazenod 1991, 444p, (ISBN 978-2850881015)
  • Jack Flam, Manet : Un bar aux Folies Bergère ou l'abysse du miroir, trad. Jeanne Bouniort, L'Échoppe, 2005 (ISBN 2840681544) ;
  • Emmanuel Laurent, "Mademoiselle V. Journal d'une insouciante", La Différence, 2003, ISBN 9782729114350. Roman suivi d'une biographie critique de Victorine Meurent, le modèle favori d'Edouard Manet.
  • John Leighton, Édouard Manet : Impressions de la mer, Marot, 2005 (ISBN 2930117303) ;
  • Jean-Jacques Lévêque, Manet, éditions Siloé, Paris, 1983 (ISBN 2850540285)
  • Georges L. Mauner, Henri Loyrette, commissaires d'expositions organisées par la Réunion des Musées nationaux et l'American Federation of Arts de New-York, d'abord à Paris, Musée d'Orsay du 9 octobre 2000 au 7 janvier 2001, puis à Baltimore, The Walters Art Gallery, du 30 janvier au 22 avril 2001, Manet, les natures mortes, éditions de la Martinière, Paris, 2000, 192 pages. (ISBN 273242692X)
  • Gilles Néret, Édouard Manet - Le premier des modernes, Taschen, 2003 (ISBN 3822819484) ;
  • Ronald Pickvance, Manet : 5 juin au 11 novembre 1996, Fondation Pierre Gianadda, 1997 (ISBN 2884430385) ;
  • Antonin Proust, Édouard Manet : souvenirs, L'Échoppe, 1996 (ISBN 2905657391) ;
  • Revue Dada no 85, Manet et l'Espagne, Mango, 2002 (ISBN 274041384X) ;
  • Marie Sellier, M comme Manet, Réunion des Musées Nationaux, 1994 (ISBN 2711830292).
  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 9, éditions Gründ,‎ janvier 1999, 13440 p. (ISBN 2700030192), p. 137-140
  • Claude Jeancolas, Le Groupe des Batignolles, Manet, Renoir, Degas... 1865-1874, éditions FVW, Paris, 2014
  • Pierre Bourdieu, Sur Manet : Une révolution symbolique, Seuil/Raisons d'agir, coll. « Cours et travaux »,‎ 2013, 778 p.
    ouvrage édité par Pascale Casanova, Patrick Champagne, Christophe Charle, Franck Poupeau et Marie-Christine Rivière

Notices[modifier | modifier le code]

Conférence[modifier | modifier le code]