Maastricht

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Maastricht
Héraldique
Héraldique
Drapeau
Drapeau
Image illustrative de l'article Maastricht
Administration
Pays Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Province Drapeau de la province de Limbourg Limbourg
Maire
Mandat
Onno Hoes
2010-en cours
Code postal 6200-6229
Indicatif téléphonique international +(31)
Démographie
Gentilé Maastrichtois
Maastrichtenaar (nl)
Mestreechteneer (li)
Population 121 050 hab.[1]
Densité 2 015 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 51′ 00″ N 5° 41′ 00″ E / 50.85, 5.683333 ()50° 51′ 00″ Nord 5° 41′ 00″ Est / 50.85, 5.683333 ()  
Superficie 6 006 ha = 60,06 km2
Divers
Dialecte local maastrichtois
Hymne Mestreechs Volksleed
Localisation
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Liens
Site web www.maastricht.nl

Maastricht (prononcé [maːˈstʁɪçt] (en néerlandais méridional) ou [maːˈstɾɪxt] (en néerlandais septentrional)[N 1]) – appelé en limbourgeois (dont le maastrichtois) Mestreech (prononcé [məˈstʁeːç]); en français (désuet) Maëstricht ou Maestricht[N 2] ; et en espagnol (désuet) Mastrique – est une ville des Pays-Bas, située dans le Sud de la province du Limbourg dont elle est le chef-lieu.

Maastricht s'est développé à partir d'une colonie romaine en un centre religieux, puis en une ville de garnison et enfin en une ville pré-industrielle[2]. La ville est désormais connue pour être une cité d'histoire, de culture, de folklore local et d'éducation[3]. De plus, la ville est connue pour être le lieu de signature du traité de Maastricht, lieu de naissance de l'Union européenne, de la citoyenneté de l'Union européenne et de la monnaie unique, l'euro[4],[5]. La ville est connue des touristes pour ses magasins et ses espaces de détente. Une population importante et croissante d'étudiants étrangers y séjourne. Maastricht fait partie du réseau des plus anciennes villes d'Europe[6].

Les habitants de Maastricht sont, en français, des Maastrichtois. En néerlandais, ils sont appelés Maastrichtenaars et en limbourgeois (dont le maastrichtois) Mestreechteneers ou, plus familièrement Sjengs (dérivé du prénom français « Jean »).

Enfin, Maastricht est la seule ville des Pays-Bas citée dans l'hymne national Wilhelmus van Nassouwe.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Maastricht est attesté sous les formes [Ad] Treiectinsem [urbem] vers 575, Treiectensis en 634, Triecto, Triectu au VIIe siècle, Triiect en 768-781, Traiecto en 945, Masetrieth en 1051, Maastricht[7].

Le second élément -tricht est probablement issu ultimement du latin trajectum, par l'intermédiaire d'une forme gallo-romane * TRAIECTU, au sens de « gué, passage d'eau ». Le premier élément Maas- n'est pas attesté avant 1051 et désigne la rivière Meuse (anciennement Mase), son ajout permet sans doute d'éviter la confusion avec un autre Traiectu devenu Utrecht. Maastricht a donc le sens global de « passage, gué sur la Meuse ». Le gallo-roman * TRAIECTU explique sans doute aussi le nom de la commune du Trait (Seine-Maritime, Tractus vers 1025) par évolution régulière en français.

Maestricht ou Maëstricht sont les graphies utilisées de nos jours en français. Elles rendent compte de l'ancienne orthographe néerlandaise du « a long », en vigueur sous l'Administration française de 1794 à 1815, éventuellement belge de 1830 à 1839. Tant en Belgique qu'aux Pays-Bas, le « aa » en vigueur dans le néerlandais académique contemporain prévaut désormais sur le « ae » (que l'on retrouvait en de nombreux noms de lieu flamands). Le fleuve Meuse était orthographié Maes ou Maas selon que l'on se trouve en Flandre ou aux Pays-Bas, mais est depuis écrit Maas dans les deux régions.

La ville est appelée Måstrek[8] ou Mostrek, voire Li Trek[9] en wallon (« passage mosan », voire « le passage »).

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte topographique de Maastricht.

Emplacement[modifier | modifier le code]

Maastricht est situé dans l'extrême Sud des Pays-Bas. La ville est située dans les vallées de la Meuse et du Geer, entre le plateau de Margraten et la Hesbaye belge. La ville se trouve précisément à la confluence de la Meuse et du Geer. La partie de la vieille ville située sur la rive est de la Meuse est appelé Wyck (prononcé « vick »). Les anciens villages et les anciennes communes d'Amby (1970), de Borgharen (1970), de Heer (1970), de Heugem, d'Itteren (1970), de Limmel, de Scharn, de Sint-Pieter (1920), d'Oud-Caberg et de Wolder sont devenus des quartiers de Maastricht.

Lorsque la rive gauche de la Meuse a été attribuée à la Belgique le 8 août 1843, il a été décidé que la zone comprise dans les 1 200 brasses (2,3 km, soit la distance d'un coup de canon) autour de Maastricht serait ajouté à la ville. Il s'agit de la seule zone, à l'ouest de Maastricht dans le Limbourg, où le fleuve ne constitue pas la frontière naturelle avec la Belgique.

Un plan-relief de la ville de Maastricht et environs a été établi en 1752 par l'ingénieur Larcher d'Aubencourt. Il est conservé et exposé au sous-sol du Musée des Beaux-Arts de la ville de Lille. Il est composé de 12 tables en bois pour un total de 6,8 × 5,8 m à une échelle de 1/600e.

Au sud de la ville se trouve la montagne Saint-Pierre (St. Pietersberg) surplombée par l'ancien fort et son réseau de souterrains. Les souterrains ont une température constante de 10 °C et sont une place d'hibernation pour les chauve-souris.

Maastricht est toute proche de la frontière avec la Belgique, notamment de la ville frontalière de Visé située en Région wallonne. Maastricht a des liaisons de chemin de fer avec Liège (en Belgique) au sud, à l'est avec Kerkrade et avec Eindhoven au nord.

Rose des vents Lanaken (Belgique) Lanaken (Belgique) Meerssen Rose des vents
Lanaken (Belgique) N Fauquemont-sur-Gueule
O    Maastricht    E
S
Riemst (Belgique) Visé (Belgique)/Eijsden Margraten

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Quartiers[modifier | modifier le code]

La municipalité de Maastricht est officiellement composée de cinq arrondissement[10] eux-mêmes subdivisés en 44 quartiers :

  1. arrondissement de Maastricht-Centre (stadsdeel Maastricht-Centrum) : Binnenstad, Jekerkwartier, Kommelkwartier, Statenkwartier, Boschstraatkwartier, Sint Maartenspoort, Wyck-Céramique ;
  2. arrondissement sud-ouest (stadsdeel Zuid-West) : Villapark, Jekerdal, Biesland, Campagne, Wolder, Sint-Pieter ;
  3. arrondissement nord-ouest (stadsdeel Noord-West) : Brusselsepoort, Mariaberg, Belfort, Pottenberg, Malpertuis, Caberg, Oud-Caberg, Malberg, Dousberg-Hazendans, Daalhof, Boschpoort, Bosscherveld, Frontenkwartier, Belvédère, Lanakerveld ;
  4. arrondissement nord-est (stadsdeel Noord-Oost) : Beatrixhaven, Borgharen, Itteren, Meerssenhoven, Wyckerpoort, Wittevrouwenveld, Nazareth, Limmel, Amby ;
  5. arrondissement sud-est (stadsdeel Zuid-Oost) : Randwyck, Heugem, Heugemerveld, Scharn, Heer, De Heeg, Vroendaal.

Les quartiers de Amby, Borgharen, Heer, Itteren, Sint-Pieter et Wolder (bourg principal de la municipalité Oud-Vroenhoven) sont des anciennes communes annexées par Maastricht. Limmel (ancienne commune de Meerssen), Scharn (ancienne commune de Heer) et Heugem (ancienne commune de Gronsveld) sont des villages qui faisaient partie d'autres municipalités.

Circulation et transports[modifier | modifier le code]

La gare de Maastricht relie la ville, au nord à Sittard et Eindhoven, à l’est vers Fauquemont et Heerlen, et au sud vers Visé à Liège. Après des consultations administratives entre les deux provinces du Limbourg à la fin de 2004, la décision a été prise de rénover l'ancienne ligne entre Maastricht et Lanaken. La ligne a été utilisée à nouveau en 2011 pour le fret. En Belgique, il est prévu de relier Lanaken à Hasselt. Cela crée également une connexion plus rapide entre Maastricht et Anvers.

Depuis 2006, Veolia Transport exploite une douzaine d'autobus urbains dans Maastricht et ses environs.

L'autoroute A2 relie Maastricht au nord vers Eindhoven et la Randstad et au sud vers Liège. L'A79 relie Maastricht à Heerlen et par extension – via l'A76 – avec les villes allemandes comme Aix-la-Chapelle, Cologne et la Ruhr. L'autoroute A2 traverse la municipalité ce qui engendrait du trafic. En 2016, les travaux du tunnel de l'A2 permettront de limiter la circulation.

À quelques kilomètres au nord de Maastricht, dans la municipalité de Beek, se trouve l'aéroport Maastricht Aachen.

Climat[modifier | modifier le code]

Le centre de Maastricht est situé à une hauteur de 49,4 mètres au-dessus du niveau de la mer (NAP). Les banlieues sont quant à elles plus élevés. Maastricht, situé à l'intérieur des terres, subit moins l'influence de la mer à l'ouest. Cela implique que le climat est plus continental que vers les zones côtières. Les hivers sont souvent un peu plus froid et la neige plus abondantes que dans les autres villes des Pays-Bas, les étés sont quant à eux plus chauds. Maastricht est également l'un des endroits où les températures les plus élevées sont mesurées aux Pays-Bas.

Le 27 juin 1947, la seconde température maximale jamais enregistrée aux Pays-Bas y a été mesurée : 38,4 °C.

Relevé météorologique de Maastricht
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 0 0 2 4 8 11 12 12 10 7 3 0 5,8
Température moyenne (°C) 2 3 5 8 13 16 17 17 14 11 6 3 9,6
Température maximale moyenne (°C) 4 6 9 13 17 20 22 22 19 15 9 5 13,4
Record de froid (°C) -19,3 -14,7 -12,9 -4,9 -0,8 0,9 5,2 5,5 1,6 -4,2 -9 -15,4
Record de chaleur (°C) 15,5 19,1 22,2 26,7 30,6 34 35,9 36,2 31,3 26,6 21,1 16,4
Ensoleillement (h) 42 71 98 141 187 176 183 175 134 108 58 38 1 411
Précipitations (mm) 59 53 62 53 62 74 71 66 57 61 69 73 760
Nombre de jours avec précipitations 13 10 12 11 11 11 10 10 9 9 12 13 131
Humidité relative (%) 88 84 80 76 75 76 76 77 81 84 87 89 81,1
Source : The Weather Network[11]


Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Maastricht.
Fouille romaine au musée Derlon.
Pierre tombale paléochrétienne (Église Saint-Servais V/VIe siècle).
Tour de l'ancien mur de la ville.
Maastricht sur une gravure de Simon de Bellomonte (XVIe siècle).
Carte de Maastricht établie entre 1770-1778 par Joseph de Ferraris.
Usine Société Céramique (1887).
Les troupes allemandes détruisant le Wilhelminabrug (mai 1940).
Carte des Pays-Bas en 1843 avec les nouvelles frontières : Maastricht et le Limbourg oriental ont été rétrocédés aux Pays-Bas.

Maastricht est l'une des plus anciennes villes des Pays-Bas. En effet, sur la base des résultats des fouilles archéologiques, il est certain que la ville a été habitée sans interruption depuis vingt siècles. L'histoire de Maastricht peut grossièrement être subdivisée en quatre périodes : le fort romain, le centre religieux médiéval, une ville de garnison et la ville industrielle[12].

Préhistoire[modifier | modifier le code]

L'emplacement de la ville actuelle de Maastricht était occupé depuis environ 250 000 ans. Des restes d'ossements néandertaliens ont été découverts dans les carrières d'argile du Belvédère.

À une date ultérieure, des ossements datés du Paléolithique ont aussi été trouvés. Ceux-ci auraient entre 8 000 et 25 000 ans.

Période romaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Trajectum ad Mosam.

La date exacte d'arrivée des Romains à Maastricht n'est pas connue, de même les recherches n'ont pas déterminé s'ils sont arrivés dans un village pré-existant où s'ils ont fondés la colonie. Vers l'an 10 avant notre ère, les Romains construisirent une importante voie militaire (qui deviendra la Via Belgica) qui traversait la Meuse à Maastricht. Un pont fut construit sous le règne d'Auguste. Celui-ci se trouvait à l'emplacement actuel du centre-ville, près de Stokstraat. Ce pont était un point de passage important dans la route menant à Bavay et à la capitale des Ubiens, Cologne.

Vers 270 ap. J.-C., la Maastricht romaine dut subir l’avancée des tribus germaniques. Pour protéger le pont, un castrum fut construit sur la rive gauche en 330.

La Maastricht romaine était probablement très petite. Des restes de la voie romaine, du pont, d'un tombeau religieux, de termes romaines, d'un grenier, de quelques maisons et des murs et portes du castrum du IVe siècle ont été retrouvés. Des fragments de sculptures romaines provinciales, ainsi que des pièces, des bijoux, des verres, des poteries et d'autres objets de cette période sont visibles dans l'espace exposition du centre Céramique (la bibliothèque publique de la ville).

En 380, Servais, évêque de Tongres (premier évêque des Pays-Bas) a déplacé l'évêché de Tongres à Maastricht[13]. Il y est mort en 384 et fut enterré le long de la route romaine, hors du castrum. D'après Grégoire de Tours, ce fut l'évêque Monulphe qui, vers 570, fit construire la première église en pierre sur la tombe de Servais, à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Servais.

À partir du Ve siècle elle devint de fait le siège épiscopal du diocèse de Tongres.

Moyen Âge (500–1500)[modifier | modifier le code]

Maastricht est fréquemment mentionnée dans les sources écrites de l'époque. L'image qui s'en dégage alors est celle d'une ville assez grande et prospère notamment grâce à la présence d'un évêque et peut être d'un palais royal. La ville semblait être un centre de pouvoir au sein de l'Empire carolingien et mérovingien. Malgré l'existence d'une liste de vingt-et-un saints et anciens évêques de Maastricht, il n'y a aucune certitude sur l'existence des premiers d'entre eux. La religion chrétienne s'est rapidement enracinée dans la région. Au VIIIe siècle, le siège de l'évêché fut déplacé à Liège à la suite de l'assassinat de Saint Lambert dans ce lieu.

À l'époque mérovingienne, des pièces de monnaie étaient frappés à Maastricht. En 881, la ville fut mise à sac par les Vikings. Au IXe siècle, Maastricht, après les divisions de l'empire de Charlemagne, se retrouva en Francie médiane puis en Basse-Lotharingie. À la fin du Xe siècle, il semblait que Maastricht était la capitale de ce dernier duché. Le dernier duc de Basse-Lotharingie est mort en captivité aux alentours de l'an mil et fut inhumé dans l'église de Saint-Servais.

Les XIe et XIIe siècles ont été une période de grande prospérité, notamment sous le chapitre de Saint Servais. Vers l'an mil ont commencé, à Maastricht, deux campagnes de construction massive et concurrente. Cette activité de construction a entraîné une période d'expansion culturelle dans et autour de Maastricht. L'art mosan atteint un niveau élevé et les peintres et sculpteurs de Maastricht (les metsen) étaient actifs dans de nombreuses régions du Saint-Empire romain germanique. Hendrik van Veldeke écrivit une nouvelle hagiographie de Saint Servais, l'un des plus ancien ouvrage de la littérature néerlandaise.

En 1204, Maastricht tombe sous l'autorité du prince-évêque de Liège et du duc de Brabant. Maastricht devient alors un condominium, une ville sous double autorité. En 1229, la ville, bien qu'elle n'ait pas eu les droits de cité en tant que tel, est autorisée, par le duc Henri Ier de Brabant, à construire des remparts[13]. En 1281, un nouveau pont est construit au nord de la vieille ville pour remplacer celui qui s'était effondré auparavant. Vers 1375, une seconde muraille est construite. L'économie de la ville est, à l'époque, tourné vers la tannerie. Maastricht était, au Moyen Âge, un important centre religieux et de pèlerinage. Dès le XIIIe siècle, de nombreux monastères se sont établis dans la ville.

Vers 1400, Maastricht est sous contrôle du Brabant, et fait donc partie des possessions du duc de Bourgogne. Charles le Téméraire, et plus tard Charles Quint et Philippe II d'Espagne, séjournèrent à plusieurs reprises dans la ville et logèrent dans le l'Hôtel du gouvernement espagnol.

Début de la période moderne (1500-1794)[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, Maastricht, avec ses 15 000 à 20 000 habitants, était une des plus grandes villes des Pays-Bas. Le développement culturel de la ville fut modeste vers 1500. Le manque de liberté religieuse est pesant. En 1535, quinze anabaptistes, considérés comme hérétiques, sont brûlés sur un bûcher sur la place du Vrijthof. Lors du beeldenstorm (la « crise iconoclaste ») de 1566, les icônes et mobiliers des églises et chapelles de Maastricht ont en partie été détruits. Dans ces années, la croissance de la ville ralentit et la pauvreté est en hausse.

En 1579, l'armée espagnole, commandée par Alexandre Farnese, duc de Parme, assiégea la ville et la reprit le 1er juillet de cette année, après quoi la re-catholisation de la ville commença[13]. En 1632, Frédéric-Henri d'Orange-Nassau a conquis la ville après l'avoir assiégée durant 74 jours. Le gouverneur de la ville, Frédéric-Henri, permit alors à Maastricht de s'intégrer aux Provinces-Unies protestantes[13]. Le condominium entre le duc de Brabant et Liège fut rétabli. Les conditions de la paix étaient de donner aux protestants et catholiques les mêmes droits afin que les deux aient la liberté religieuse.

En 1673, la ville est prise par Vauban sur l'ordre de Louis XIV[N 3],[13],[14] et reste sous domination française jusqu'en 1678[15]. De 1747 à 1748, la ville passa une nouvelle fois brièvement sous domination française après la bataille de Lauffeld. Durant ces périodes, les protestants habitant Maastricht perdirent les droits qui les rendaient égaux aux autres chrétiens.

Aux XVIIe siècle, Maastricht était une petite ville provinciale tranquille. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, une légère reprise de la vie culturelle eut lieu.

Période française (1794-1814)[modifier | modifier le code]

Le 4 novembre 1794, le commandant français Jean Baptiste Kléber prend Maastricht qui est dès lors annexée par la République française. De 1795 à 1814, elle est le chef-lieu du département français de la Meuse-Inférieure et tous les habitants deviennent citoyens français[13]. L'héritage de la période française n'est pas considéré comme positif : les églises, les monastères et chapitres sont dissous, les stocks de biens précieux sont vendus ou détruits, les bibliothèques, archives et trésors pillés. Enfin, les anciennes institutions s'occupant des malades, des pauvres et des personnes âgées sont supprimées.

Période moderne (1814-1945)[modifier | modifier le code]

Le , Maastricht devient la nouvelle capitale de la province du Limbourg intégré au Royaume des Pays-Bas en 1815. Lors de la Révolution belge de 1830, la garnison en poste à Maastricht, commandée par Bernardus Johannes Cornelis Dibbets, demeura loyale au roi Guillaume Ier.

En 1826, le Zuid-Willemsvaart, un canal, fut ouvert à la circulation.

En 1834, Petrus Regout commença à fabriquer du verre et du cristal sur Boschstraat, usine qui fut bientôt suivie par une usine de poterie. Avec le développement des usines, Maastricht devint une importante ville industrielle. Cependant, du fait des mauvaises conditions sociales, le taux de mortalité infantile restait élevé et l'âge moyen des habitants faible.

En 1839 (Traité des XXIV articles) la ville et la partie orientale du Limbourg ont été intégrées de façon permanente aux Pays-Bas.

Entre 1845 et 1850, le canal de Maastricht-Liège fut creusé. La première ligne de chemin de fer, liant Maastricht à Aix-la-Chapelle, fut ouverte en 1853. Ce n'est qu'en 1865 que Maastricht fut connecté au réseau ferroviaire néerlandais.

Après la levée du statut de forteresse en 1867, les premiers quartiers hors de la muraille médiévale furent construits.

Au XIXe siècle Maastricht était une ville très francisée. L'élite parlait principalement le français mais peu le néerlandais.

Le , plusieurs municipalités environnantes ont été annexé à la ville faisant passé le territoire de la commune de 415 hectares à près de 3 500 ha.

Dans la matinée du 10 mai 1940, la garnison de Maastricht a fait sauter les ponts sur la Meuse afin d'essayer de ralentir l'avancée des Allemands. Après la capitulation, l'occupation allemande a commencé et dura, à Maastricht, quatre ans, quatre mois et quatre jours jusqu'au 14 septembre 1944. Les bombardements aériens alliés ont causé de nombreux morts et destructions d'habitation. Sur les 515 membres de la communauté juive de Maastricht en 1940, 145 vivaient encore sur la rive gauche en 1945.

De 1945 à nos jours[modifier | modifier le code]

Maastricht fut la première ville néerlandaise à être libérée par les troupes américaines lors de la Seconde Guerre mondiale. Après la Seconde Guerre mondiale, la population de Maastricht a cru de façon exponentielle ce qui a conduit à la construction de nouveaux domaines à l'ouest de la Meuse. Le , un nouveau village fut annexé par la municipalité, portant la population à 112 500 habitants. Depuis les années 1960, la société maachtrichtoise s'est fortement sécularisé et l'église catholique romaine perdit beaucoup d'influence.

En 1974, l'Université du Limbourg (l'actuel Université de Maastricht) fut créée. L'avènement de l'université conduisit à une grande diversification de la population de la ville et à son internationalisation croissante. Peu à peu, l'économie urbaine, à l'origine basé sur l'industrie, s'est transformée en une économie de service.

Le pape Jean-Paul II s'est recueilli à Maastricht en 1985.

Deux réunions du Conseil européen se sont déroulées à Maastricht, la première les 23 et 24 mars 1981 et la seconde les 9 et 10 décembre 1991. Finalement, le , le traité sur l'Union européenne y fut signé.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Maires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bourgmestres de Maastricht.

L'ancien maire Gerd Leers, membre du CDA, dut démissionner en janvier 2010 à la suite de l'affaire de la « villa bulgare ». Jan Mans devint maire intérimaire et devint, par la même, le premier maire de Maastricht issu du PvdA. Le 16 septembre 2010, le conseil municipal de Maastricht a désigné Onno Hoes, issu du VVD, comme maire de Maastricht. Il a prêté serment pour sa fonction le .

Collège des bourgmestres et échevins[modifier | modifier le code]

L'administration municipale de Maastricht se compose d'un maire, du conseil municipal et du collège des bourgmestres et échevins. Le Conseil municipal est un organe législatif élu pour quatre ans et composé de trente-neuf membres. Le collège des bourgmestres et échevins désigne les conseillers municipaux sur la base d'un accord de coalition entre au moins deux partis après chaque élection. Les élections municipales de 2006, aux Pays-Bas, sont souvent marqué par les éléments de politiques nationales. Leur résultat conduisit à un changement de majorité. À Maastricht, la coalition traditionnelle de Chrétiens-Démocrates (CDA), Travaillistes (PvdA), les Verts (Gauche verte) et les Libéraux (VVD) fut remplacée par une coalition de centre-gauche de Travaillistes (PvdA), de Chrétiens-Démocrates (CDA) et de la Gauche verte. Deux conseillers municipaux travaillistes furent désignés, avec un Chrétien-Démocrate, et un conseiller municipal des Verts. Du fait de désaccord interne, l'un des membres du conseil du VVD quitta le parti en 2005 et forma un nouveau groupe libéral en 2006 (Libéraux de Maastricht). Les partis d'opposition du Conseil municipal sont le PS, les D66 et deux partis locaux (Stadsbelangen Mestreech (SBM) et le SPM).

À partir de 2010, après les élections municipales, le collège des bourgmestre et échevins formé se composait du CDA, du PvdA, du SPM et de D66 (23 des 39 sièges). Le collège comprenait six conseillers, deux du PvdA (Albert Nuss et Jacques Costongs), deux du CDA (Jim Janssen et Luc Winants), un du SPM (André Willems) et un de D66 (Mieke Damsma). Le 15 octobre 2010, un nouveau collège a été formé, composé du PvdA, du SPM, de D66, de la Gauche verte et du VVD.

Conseil municipal[modifier | modifier le code]

Depuis 1982, le Conseil municipal de Maastricht se compose comme suit :

Répartition des sièges[a]
Parti 1982 1986 1990 1994 1998 2002 2006 2010
Appel chrétien-démocrate (CDA)[b] 17 14 15 11 12 11 7(6) 7
Parti travailliste (PvdA) 11 18 13 9 10 8 13 7
Parti des seniors de Maastricht (SPM) - 1 2 5 4 3 3 5
Gauche verte[c] 2 1 2 3 3 5 5 4
Démocrates 66 (D66) 1 1 4 6 3 2 2 4
Parti populaire libéral et démocrate (VVD)[d] 5 4 3 4 5 5 4(3) 4
Trots op Nederland/Partij Veilig Maastricht (TON/PVM)[e] - - - - - - - 2
Stadsbelangen Mestreech[f] - - - - - 3 2 2
Parti socialiste (SP) - - - - 2 2 3 2
Liberale Partij Maastricht (LPM) - - - - - - (1) 1
Christelijke Volkspartij (CVP) - - - - - - (1) 1
Reste 3 - - 1 - - - -
Total 39 39 39 39 39 39 39 39
Notes :
  1. Les chiffres indiquent les sièges gagnés lors des élections. Lorsque le parti s'est scindé, les conséquences pour la répartition des sièges figure entre parenthèses.
  2. Après des désaccordau sein du CDAs en janvier 2008, Jan Hoen et certains membres ont quitté le CDA et formé leur propre groupe.
  3. L'actuelle Gauche verte se composait autrefois de quatre partis différents (PSP, PPR, CPN en EVP) plus tard appelés les Verts.
  4. À la suite d'une scission, certains membre du VVD ont, depuis septembre 2006, formé un nouveau parti.
  5. Le 21 novembre 2011, les membres de Trots op Nederland (TON) se sont séparés du mouvement national TON notamment car Rita Verdonk n'était plus active dans le TON. Ceux-ci ont formé le mouvement Partij Veilig Maastricht (PVM).
  6. Jusqu'en 2003, le parti s'appelait Stadspartij Leefbaar Mestreech.

Politique locale[modifier | modifier le code]

Un des éléments qui a fait l'objet de controverses dans la politique locale de Maastricht, et qui a aussi eu des répercussions nationales et internationales, est l'approche de la ville en matière de drogue douce. En vertu de la politique néerlandaise en matière de drogue douce, une politique de tolérance, les individus peuvent acheter et utiliser du cannabis provenant de coffee shops sous certaines conditions. Maastricht, comme beaucoup d'autres villes frontalières, a connu une importante augmentation des « touristes de la drogue », principalement des jeunes venant d'Allemagne, de Belgique, et de France qui contribuent à une bonne part des revenus des coffee shops présents dans les centres villes. L'administration municipale, notamment l'ancien maire Leers, a promu activement une réforme de la politique en matière de drogue afin de réduire ses effets négatifs.

L'une des dernières propositions fut le plan « Coffee Corner » du maire d'alors, Gerd Leers[16]. Selon ce projet, le Conseil des bourgmestre et échevins vota en novembre 2008 de relocaliser la plupart des coffee shops à la limite de la ville, où la vente et l'usage de cannabis peut être plus facilement surveillé. Le but de ce plan est de réduire l'impact du tourisme de la drogue dans le centre-ville, tel que les problèmes de stationnement et, sur un point plus grave, la vente illégale de drogues dures aux abords des coffee shops. Le plan a rencontré cependant une forte opposition des municipalités voisines et du gouvernement national, où les Chrétiens-Démocrates ont une approche plus conservatrice en matière de drogue douce que leurs antenne locale et les maires issu de ce parti. Les villes frontalières et le gouvernement fédéral belge se sont aussi opposés au projet de la ville de déplacer les coffee shops à la frontière de la ville car cela violerait le droit européen. Le projet a fait l'objet de nombreuses procédures judiciaires et n'est pas en vigueur.

Jumelage[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1794 1818
17 000 20 000 90 202 91 157 93 927 112 465 109 285 110 232 117 008
- - -
114 417 122 070 122 163 118 533 119 664 121 050 - - -
(Sources : Pour 1794 et 1818, sur le livre de J. Jansen[17], et à partir de 1960 sur Statline[18].)


Langues[modifier | modifier le code]

Maastricht est une ville reconnue pour sa diversité linguistique qui s'explique par sa position au carrefour de plusieurs régions linguistiques, ainsi que par la taille de son université dont le recrutement est international.

  • Le néerlandais est la langue nationale et la langue utilisée dans le primaire et le secondaire (à l'exception des institutions internationales) ainsi que par l'administration. Le néerlandais parlé à Maastricht possède un accent limbourgeois distinctif qui ne doit pas être confondu avec le limbourgeois.
  • Le limbourgeois est le terme général désignant les dialectes tonaux parlé dans la province du Limbourg (ainsi que dans la province homonyme en Belgique). Le maastrichtois (Mestreechs) est l'une des variantes du limbourgeois. Il se caractérise par un allongement des voyelles et l'influence du français dans son vocabulaire. Depuis plusieurs années, le dialecte maastrichtois est en déclin, et une progression de l'adoption du néerlandais standard a été notée[19].
  • Le français était l'ancienne langue de l'éducation à Maastricht. Au XVIIIe siècle, la langue avait une importante position en tant que langue de la culture et de la justice. Le français était alors utilisé par les classes sociales aisées[20]. Entre 1851 et 1892, le journal francophone Le Courrier de la Meuse était publié à Maastricht. Actuellement, la langue fait partie des cours enseignés au secondaire. De nombreux noms propres et certains noms de rues sont en français, et la langue a marqué le dialecte local.
  • L'allemand, comme le français, fait partie des cours enseigné au secondaire. Du fait de la proximité géographique de Maastricht avec l'Allemagne, et le grand nombre d'étudiants allemands dans la ville, l'allemand est très utilisé.
  • L'anglais est très parlé aux Pays-Bas de manière générale. C'est la langue utilisée pour de nombreux cours dispensés par l'Université de Maastricht. Beaucoup d'étudiants étrangers et d'expatriés utilisent l'anglais comme lingua franca. L'anglais est aussi un cours obligatoire dans les écoles primaires et secondaires néerlandaises.

Enseignement[modifier | modifier le code]

À Maastricht se trouvent cinq écoles de niveau secondaire : la Bernard Lievegoedschool (éducation anthroposophique), le Bonnefantencollege, le Porta Mosana College, le Sint-Maartenscollege et le United World College Maastricht.

Au niveau universitaire, la ville accueille l'Université de Maastricht (appelé, en néerlandais, Universiteit Maastricht) qui comprend l'University College Maastricht. Aussi, la ville comprend : la Maastricht School of Management, l'Université Teikyo (dont le campus de Maastricht a germé en 2007), l'Université de sciences appliquées Zuyd (en néerlandais Hogeschool Zuyd, qui a aussi des départements situés à Sittard et Heerlen[N 4]), l’Académie d'architecture, le Teachers training college, la faculté d'affaires internationales et de communication et l’école hôtelière de Maastricht.

Enfin, trois autres structures de formation et d'éducation existent : l'académie Jan Van Eyck (institut d'art post-académique), l'école de langue Berlitz et la Talenacademie Nederland.

Santé[modifier | modifier le code]

Au sud de la ville, sur le campus de Randwyck, se trouve l'Hôpital académique de Maastricht (Academisch ziekenhuis Maastricht) qui comporte des services de neurochirurgie, de chirurgie cardio-thoracique, de chirurgie néonatale et pédiatrique et de soins intensifs, d'oncologie pédiatrique et un service de traumatologie[21].

Religions[modifier | modifier le code]

Basilique Saint-Servais.

Depuis le début du Moyen Âge, Maastricht peut être considérée comme une ville chrétienne. Au cours des cinquante dernières années, un processus de sécularisation et de laïcisation est survenu, provoquant la réduction de la domination de l'Église catholique romaine (en particulier dans l'éducation, la politique et la vie sociale). En diversifiant la composition de la population de Maastricht, le nombre de communautés non catholiques et non chrétiennes a augmenté.

Église catholique romaine à Maastricht[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Doyenné de Maastricht.
La Meuse et l'église Saint-Martin.

La section catholique romaine de la population de Maastricht se répartit dans les vingt-deux paroisses de la doyenné de Maastricht (auxquelles se sont jointes quelques paroisses de la municipalité de Meerssen). La doyenné de Maastricht est l'une des quatorze doyennés du diocèse de Ruremonde. La doyenné est dirigée par le doyen Mathieu Hanneman[22]. En plus des quatre paroisses principales, qui existent depuis le Moyen Âge, d'autres se sont ajoutées sur aux alentours. En 2012, le Conseil de la doyenné a annoncé que, pour assurer l'avenir du catholicisme à Maastricht, les paroisses seraient regroupées en six groupes (cinq à Maastricht), qui coopèrent dans les domaines de l'administration, des finances et de l'engagement des pasteurs et aumôniers[23]. Récemment, quelques églises paroissiales ont été fermées et certaines paroisses ont fusionnées.

Malgré le grand nombre de monastères qu'à compter Maastricht (22 au XVIIe siècle), il n'en reste que quelques-uns. La plupart des monastères actuels datent du XIXe siècle ou du XXe siècle.

  • les Frères de l'Immaculée-Conception de Maastricht, en néerlandais Broeders van de Onbevlekte Ontvangenis der Heilige Maagd Maria, plus souvent appelés les « Frères de Maastricht ». Leur siège est dans la maison « De Beyart », sur Brusselsestraat.
  • les Sœurs de la Charité de Saint-Charles-Borromée, en néerlandais Liefdezusters van de Heilige Carolus Borromeus, aussi appelée « Sœurs sous les voûtes ». Elles sont basées au monastère Saint-Servais.
  • les Sœurs de Saint-Joseph et de la Communauté de l'Amour crucifié et ressuscité (en néerlandais, Zusters van Sint Joseph en Gemeenschap van de Gekruisigde en Verrezen Liefde). Elles sont basées à Kommel.
  • les Sœurs missionnaires de Saint Pierre Claver (en néerlandais, Missiezusters van Sint Petrus Claver). Elles sont basées sur Bouillonstraat.
  • les Sœurs franciscaines de Heythuizen, situé sur la place du cardinal van Rossum, à côté de l'église.
  • les Sœurs de la Providence situé à Tongerseweg.

Maastricht était déjà au Moyen Âge un lieu de pèlerinage important. Même aujourd'hui, les quatre stadsdevoties jouent un rôle important dans la vie religieuse des chrétiens de Maastricht. Les stadsdevoties sont :

Une fois tous les sept ans, au cours de Heiligdomsvaart, les stadsdevoties, sont portées en procession à travers la ville. Outre les quatre stadsdevoties, d'autres saints sont également honorés, entre autres, les saints Monulphe, Gundulf et Hubert.

Autres religions[modifier | modifier le code]

Synagogue de Maastricht.

Les communautés religieuses non catholiques sont nombreux à Maastricht.

Les Églises protestantes sont : l'Église protestante de la Meuse et Heuvelland (municipalité PKN)[N 5], la Fraternité remonstrante du sud-Limbourg, l'Église réformée (vrijgemaakt), l'Église wallonne, l'Église évangélique luthérienne du Sud-Limbourg et l'Église protestante des Moluques.

Les Églises vieilles-catholiques et orthodoxes sont : l'Église vieille-catholique (service mensuel dans l'église luthérienne), l'Église orthodoxe de Russie et la mission orthodoxe.

Les Églises évangéliques sont : l'Église baptiste libre de Maastricht, le mouvement de Pentecôte de Maastricht (sur Brusselseweg), l'Église protestante évangélique, l'Église chrétienne Nouvelle Vie, l'Église évangélique De Deur, l'Église chrétienne du phare, et l'Église chinoise « Envoi de Lumière ».

Parmi les autres confessions chrétiennes de Maastricht se trouvent le groupe œcuménique de Maastricht (Cellebroederskapel) et les Témoins de Jéhovah.

Les religions non chrétiennes présentes sont la Nederlands-Israëlitisch Kerkgenootschap (judaïsme), la communauté musulmane marocaine, et la communauté musulmane turque.

Sport[modifier | modifier le code]

L'équipe de football de Maastricht est le MVV (acronyme de Maatschappelijke Voetbal Vereniging Maastricht). Le club évolue actuellement en première division (en néerlandais Eerste divisie, qui est, en fait, la division en dessous de la Eredivisie). Le stade du MVV est le Geusselt, situé près de l’autoroute A2.

L'équipe de football américain de Maastricht porte le nom de Maastricht Wildcats. Elle fait partie de l'American Football Bond Nederland.

Depuis 1998, Maastricht est le point de départ de l’Amstel Gold Race, le seul tour néerlandais. Plusieurs années, la course prenait fin à Maastricht, mais depuis 2002 la course prend fin sur la colline de Cauberg près de Fauquemont.

Médias[modifier | modifier le code]

Les journaux locaux sont De Ster (L’Étoile), De Maaspost (Le Poste de la Meuse) et De Trompetter (La Trompette). La station de radio et Maastricht et la chaîne de télévision de Maastricht appartiennent toutes les deux à RTV Maastricht. Les médias provinciaux, comme les journaux De Limburger et Limburgs et la radio et chaîne de télévision L1, fournissent également beaucoup d'informations locales. Les sorties et évènements sont publiés chaque semaine Week In Week Uit et le site web MaastrichtNet.

La ville est le lieu de tournage de la série policière néerlandaise Flikken Maastricht.

Économie[modifier | modifier le code]

La carrière ENCI.
Centre d'affaire Randwyck-Noord.
Bâtiment de l’administration provinciale.

Activités[modifier | modifier le code]

Maastricht a été, pendant près de deux siècles, une ville industrielle importante. Dès le début du XIXe siècle, la fabrication de verre et de céramique s'est développé dans la ville. Plus tard, l'industrie du papier et du ciment avec notamment Sphinx, Mosa Kristalunie Maastricht, KNP (maintenant Sappi) et ENCI. Cependant, le nombre de salariés dans l’industrie a diminué peu à peu. Dans les années 1970, la ville s'engagea à développer la connaissance plutôt que l'industrie. Ceci conduisit à la création de l'Université de Maastricht, du centre d'exposition MECC, l’arrivée de société telle que Vodafone Nederland, de centres d'appel et d'instituts européens. Le siège de la société Q-Park se trouve à Maastricht. Dans la capitale du Limbourg, l'administration (la municipalité, la province du Limbourg, l'Euregio Meuse-Rhin, la Justice et les Travaux publics) est un employeur important. Maastricht est une ville touristique avec de nombreux hôtels, restaurants, cafés et boutiques alimentant l'économie locale.

Magasins[modifier | modifier le code]

La ville de Maastricht dispose d'un large éventail de magasins, en plus des chaînes de magasins, des magasins spécialisés et des boutiques exclusives. Le centre commercial de Maastricht attire des visiteurs de la région environnante, mais aussi d'autres parties des Pays-Bas, de Belgique et d'Allemagne. De Grote et Kleine Staat sont les rues commerçantes les plus populaires, la Stokstraat, la Bredestraat et la Stationsstraat sont plus exclusive. Une des principales librairie, la Selexyz Dominicanen se trouve dans une ancienne église dominicaine d'environ huit cents ans. Selon le journal britannique The Guardian, il s'agirait de la plus belle librairie du monde[24]. Ces dernières années, l'offre de vente au détail s'est considérablement élargi avec les centres commerciaux comme l'Entre Deux et Mosae Forum. Cependant, le taux d'occupation de certaines parties du centre-ville diminue.

Maastricht dispose de deux marchés hebdomadaires réguliers. Ceux-ci ont lieu sur la place du marché, autour de la mairie.

  • le marché du mercredi, anciennement marché des matières premières. Sa portée est moindre que le marché du vendredi ;
  • le marché du vendredi : c'est le marché de la grande région de Maastricht. Il attire de nombreux acheteurs internationaux.

En plus de ces marchés, il y a, chaque jour, des étals sur le Markt et le Vrijthof pour les nécessités quotidiennes.

En outre, il y a un marché d'alimentation biologique tous les jeudis sur la Stationsstraat, et chaque samedi matin un marché d'antiquité et de brocante.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Le Dinghuis (siège du VVV).
Mestreechter Geis
Le parc et le bastion.
Article détaillé : Monuments nationaux de Maastricht.

Maastricht, grâce à la présence du Conservatoire, de l'Académie de Théâtre et de l'Université est un centre culturel d'importance supra-régionale.

En 2018, la ville espère obtenir le titre de Capitale européenne de la culture. En 2013, la ville représentera les Pays-Bas. Afin d'anticiper le titre, de nouvelles infrastructures culturelles, dont un nouveau centre pour les arts du cinéma et de l'exécution (Timmerfabriek), une nouvelle scène (Platte Zaal) et le regroupement d'un certain nombre d'écoles d'art (Quartier des Arts).

Musées[modifier | modifier le code]

Maastricht compte une douzaine de musées plus ou moins :

Marres et Hedah sont deux centres d'art contemporain de Maastricht.

Monuments et lieux touristiques[modifier | modifier le code]

Le paysage urbain de Maastricht est protégé au niveau national depuis 1982 (avec l'ajout, subséquent, du Wyck) et compte 1 677 monuments nationaux (ce qui place la ville en deuxième position aux Pays-Bas après Amsterdam). Parmi les monuments protégées se trouve ce qui semble être la plus ancienne porte des Pays-Bas, le plus vieux pont des Pays-Bas, deux des plus importantes églises romanes des Pays-Bas et sept églises et chapelles gothiques. La ville est située dans une zone connue pour sa beauté naturelle et les valeurs du patrimoine culturel.

Dans le centre-ville[modifier | modifier le code]

Hors du centre-ville[modifier | modifier le code]

Symboles[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Drapeau de Maastricht et Mestreechs Volksleed.

Le drapeau de Maastricht (en néerlandais Vlag van Maastricht, dans la variante maastrichtoise du limbourgeois Veendel vaan Mestreech ou Drappo vaan Mestreech) est le drapeau officiel de la ville. Il se compose d'un fond rouge avec une étoile à cinq branche sur le côté gauche. Il s'agit du drapeau historique de la ville. La première apparition enregistrée de ce drapeau remonte à 1545. Il fut un temps remplacé par un drapeau, identique à celui du drapeau polonais actuel, en 1938. Afin d'éviter la confusion, l'ancien drapeau fut rétabli en 1994[25].

Le blason de Maastricht (en néerlandais Wapen van Maastricht, dans la variante maastrichtoise du limbourgeois Waope vaan Mestreech) est l'un des symboles de la ville. Ils se blasonne : « de gueules à une étoile de cinq rais d'argent ». L'ornement extérieur se compose d'une couronne d'or le tout tenu par un ange.

En 2002, le Conseil municipal a officiellement adopté un hymne local dans la variante maastrichtoise du limbourgeois, le Mestreechs Volksleed (en néerlandais Maastrichts Volkslied soit littéralement « Hymne de Maastricht »). Le thème musical a été écrit par Alphonse Olterdissen (1865–1923) comme strophe finale de l'opéra maastrichtois « Trijn de Begijn » en 1910[26].

Théâtre, musique et vie nocturne[modifier | modifier le code]

Maastricht a plusieurs théâtres, dont le plus important est le théâtre sur le Vrijthof. Le théâtre Derlon, la Bonbonnière, le théâtre Pesthuys et ANSI sont plus petits. L'Orchestre symphonique du Limbourg, l'Opéra du Sud et Toneelgroep Maastricht sont basés à Maastricht, mais se produisent également hors de la ville. Le Muziekgieterij est le centre de la musique pop à Maastricht. Lumière et Pathé Maastricht sont les deux cinémas de la ville.

À Maastricht, de nombreuses compagnies de théâtre amateur sont actives dans le domaine de la musique et du théâtre. Il y a aussi le Mastreechter Staar.

La ville est connue pour ses nombreux hôtels, bars et restaurants. Maastricht est la ville des Pays-Bas dont les restaurants ont le plus d'étoiles au Michelin. Parmi les grandes villes des Pays-Bas, Maastricht a la plus grande densité de pubs. La plupart des bars et des restaurants se trouvent dans le centre-ville, avec une grande concentration autour du Vrijthof, du Markt', de la Onze-Lieve-Vrouweplein et de Platielstraat.

Arts dans l'espace public[modifier | modifier le code]

Un grand nombre d'objets d'art sont exposés dans l'espace public, y compris les sculptures romanes et gothiques à l'extérieur des anciennes églises collégiales, certains releifs classiques du XVIIe siècle à l'hôtel de ville, des statues en bronze de personnages célèbres de Maastricht (Minckleers, Veldeke), des images de personnes moins connues de Maastricht (la Mooswief, le Mestreechter Geis et Wiekeneer), la statue d'un célèbre non-maastrichtois (d'Artagnan), un grand nombre de statues religieuses (par exemple le monument à Marie sur le Wyck, Monulphe et Gundulf), une série de monuments commémoratifs de guerre et quelques sculptures (Hours of the day de Richard Serra) et installations modernes (Halfautomatische Troostmachine de Michel Huisman).

En outre à Maastricht compte environ 250 plaques historiques, principalement dans le centre de la ville.

Manifestations[modifier | modifier le code]

Principaux évènements[modifier | modifier le code]

Carnaval[modifier | modifier le code]

Lors du carnaval de Maastricht, une grande attention est portée aux costumes (pekskes) et au maquillage du visage. Une grande partie du carnaval se déroule dans la rue, appelé le carnaval de rue (straotkarneval). En 1839, le club Momus a été fondé. Ce club a donné au carnaval un caractère plus organisé. Momus a disparu en 1939, mais après la Seconde Guerre mondiale, son rôle a été repris par De Tempeleers.

Maastricht a également une tradition musicale particulière pour le carnaval. Après la Seconde Guerre mondiale, De Tempeleers encourage l'utilisation de chansons écrites pour l'occasion (vastelaovendsleedsjes). Chaque année est élu une chanson de carnaval. La première « chanson de carnaval de l'année » date de 1946 et portait le nom de Carneval in Mestreech. Dans la rue, ces chansons étaient d'abord accompagnées d'accordéons et de trompettes et dans les années 1960 par des orchestres de balai (Zaate Hermeniekes). L'utilisation de la samba est récente.

Personnes liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La prononciation erronée [maːstʀɪçt] se retrouve souvent chez les locuteurs français.
  2. Maestricht est l'ancienne orthographe néerlandaise. Maëstricht se rencontrait anciennement en français, et Maestricht reste la forme française normalisée.
  3. C'est pendant ce siège de Maastricht que d'Artagnan trouva la mort, tué d'une balle de mousquet reçue dans la gorge.
  4. Elle comprend l'Académie des arts dramatiques de Maastricht (en néerlandais Toneelacademie Maastricht), l'école d'arts de Maastricht (en néerlandais Academie Beeldende Kunsten Maastricht), et le Conservatoire de Maastricht (en néerlandais Conservatorium Maastricht).
  5. Des services religieux hebdomadaires à l'église Saint-Jean.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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