Mikhaïl Vroubel

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Mikhaïl Vroubel

Mikhaïl Aleksandrovitch Vroubel (en russe : Михаил Александрович Врубель) est un peintre russe, né à Omsk le , mort à Saint-Pétersbourg le .

Il s'est illustré dans le symbolisme et l'Art nouveau et il est souvent considéré comme le plus grand représentant de ce dernier mouvement en Russie. En réalité, artiste solitaire, il se tint à distance des principaux courants de son époque et il fut assez critiqué par ses contemporains. La genèse de son style original est peut-être à chercher du côté des écoles byzantines tardives ou de la première Renaissance.

Vroubel était un lecteur assidu de Kant.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Vroubel naît à Omsk, en Sibérie, dans la famille d'un avocat militaire. Son père est d'ascendance polonaise (la forme polonaise de son nom est Wróbel) ; sa mère, danoise, meurt alors qu'il n'a que trois ans. Il obtient son diplôme de la Faculté de droit de l'Université de Saint-Petersbourg en 1880. L'année suivante, il entre à l'Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, où il étudie sous la direction de Pavel Tchistiakov. Dès ses premiers travaux, il fait preuve d'un talent frappant pour le dessin et possède une perspective hautement personnelle. Bien qu'il savoure encore la monumentalité académique, il développera un penchant pour la composition fragmentée et une touche d'inachevé.

Démon assis, 1890

En 1884, il est chargé de remplacer les fresques murales du XIIe siècle de l'église Saint-Cyrille de Kiev. En vue d'exécuter cette commande, il se rend à Venise pour étudier l'art chrétien médiéval. C'est là que, selon les mots d'un historien de l'art[Lequel ?], « sa palette a acquis de nouveaux tons saturés ressemblant aux jeux iridescents des pierres précieuses ». La plupart de ses travaux peints à Venise ont été perdus, l'artiste étant plus intéressé par le processus créatif que par la promotion de son art.

En 1886, il revient à Kiev, où il soumet des plans monumentaux pour la cathédrale Saint-Vladimir récemment construite. Cependant, le jury ne parvient pas à apprécier la frappante nouveauté de son art et ses plans sont rejetés. Au cours de cette période, il exécute des illustrations de Hamlet et Anna Karénine, qui ont peu à voir avec ses méditations ultérieures plus sombres sur les thèmes du Démon et du Prophète.

En 1887, il décore la cathédrale Saint-Vladimir avec un groupe de peintres connus.

En 1905, il crée les mosaïques de l'hôtel Metropol de Moscou, la pièce centrale de la façade donnant sur Teatralnaya Ploschad est celle de la princesse Gryoza (princesse des rêves).

Gloire controversée[modifier | modifier le code]

Nadejda Zabela-Vroubel dans La Princesse Cygne (1900)

À Kiev, vers 1885, Vroubel commence à peindre des scènes et des aquarelles illustrant le Démon, un long poème romantique de Mikhaïl Lermontov. Le poème décrit la passion charnelle d'un esprit éternellement nihiliste pour une jeune fille géorgienne, Tamara. Durant cette période, Vroubel développe un vif intérêt pour les arts orientaux, particulièrement pour les tapis persans ; il essaie même d'imiter leur texture dans ses peintures.

En 1890, Vroubel s'installe à Moscou d'où il peut suivre de près les courants novateurs en art. Comme les autres artistes associés à l'Art nouveau, il excelle non seulement en peinture, mais aussi dans les arts appliqués comme la céramique, la majolique et le vitrail. Il a aussi produit des masques architecturaux, des décors théâtraux et des costumes.

Nadejda Zabela-Vroubel – La femme de l'artiste (1898)

C'est le grand tableau Démon assis (1890) qui sort Vroubel de l'anonymat. Les critiques les plus conservateurs l'ont accusé de « laideur sauvage » alors que le patron des arts Savva Mamontov encense la série des Démons en disant qu'elle est comme « la symphonie fascinante d'un génie » et invite Vroubel à décorer son opéra privé et les manoirs de ses amis. Malheureusement, le Démon ainsi que les autres œuvres de Vroubel ont perdu leur éclat d'origine parce que l'artiste avait ajouté de la poudre de bronze à ses huiles pour créer des effets particulièrement lumineux et brillants.

En 1896, il tombe amoureux de la chanteuse d'opéra Nadejda Zabela. Six mois plus tard, ils se marient et s'installent à Moscou, où Zabela est invitée par Mamontov à chanter dans son opéra privé. À Moscou, Vroubel conçoit des décors théâtraux et des costumes pour sa femme, qui chantait les actes de la servante Neige (Snow Maiden) et la princesse Cygne (Swan Princess), et la princesse Volkhova dans l'opéra de Rimski-Korsakov. Tombant sous le charme du fantastique, de la mythologie, et des contes russes, il exécute alors ses tableaux les plus acclamés, parmi lesquels Pan (1899), La Princesse Cygne (1900) et Lilas (1900).

Déclin[modifier | modifier le code]

Vers 1902 s'achève le cycle du démon, dans le large canevas Le Démon terrassé. Dans le but de stupéfier le public avec un message spirituel sous-jacent, Vroubel peint et repeint la face menaçante du démon, même après que le tableau a été montré au public à de nombreuses reprises. Vers la fin de sa vie, il subit une dépression nerveuse et est hospitalisé dans une clinique psychiatrique. La maladie mentale de Vroubel était encore compliquée ou provoquée par une syphilis au stade tertiaire. En clinique, il peint l’Huître perlière mystique (1904) et des variations frappantes sur les thèmes du poème de Pouchkine Le Prophète. En 1906, vaincu par la maladie mentale et un un début de cécité, il renonce à la peinture. Vroubel meurt le et est inhumé au cimetière de Novodiévitchi de Saint-Pétersbourg.

Galerie photographique[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mikhaïl Guerman, Vroubel l'annonciateur des temps nouveaux, Parkstone Press, 1996 (ISBN 185995300X)

Source[modifier | modifier le code]

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