Scène de genre

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Louis Le Nain: La Visite à la grand-mère (fin des années 1640), huile sur toile, 58 x 73 cm, musée de l'Ermitage.

Une scène de genre, en peinture, est un type d’œuvre peinte ou dessinée qui figure des scènes à caractère anecdotique ou familier. Elle est parfois appelée peinture de genre.

Son classement dans la hiérarchie des genres est assez bas, mais elle a été portée à un point de perfection au XVIIe siècle par Caravage et ses suiveurs. C’est également un genre très apprécié dans les pays du nord de l'Europe. La peinture de genre était fort prisée de la seconde moitié du XIXe siècle aux années 1930, détrônant la peinture d'histoire. Elle faisait l'objet d'un enseignement à part dans les différentes académies des beaux-arts européennes.

Histoire succincte de la peinture de genre[modifier | modifier le code]

Avant la Renaissance[modifier | modifier le code]

Dès l’Antiquité, on peut parfois considérer qu’il existe de la peinture de genre, même si elle est connotée religieusement. Certains historiens d’art considèrent ainsi les peintures égyptiennes représentant les travaux des champs, les banquets, etc. comme de la peinture de genre. De même, dans les vases grecs ou étrusques, on peut trouver parfois des scènes de marché ou de chasse qui s’apparentent à des scènes de genre, tout comme certaines mosaïques et peintures romaines.

Avec le Moyen Âge, qui produit essentiellement un art à vocation religieuse, la scène de genre est cantonnée dans les marges et les lettrines historiées des manuscrits. Elle ne fait son retour que timidement dans certaines fresques du trecento, comme dans les Allégories du bon et du mauvais gouvernement par Lorenzetti, mais elles restent attachées à un sujet moral ou religieux.

C’est avec Van Eyck et les primitifs flamands que la scène de genre semble réellement renaître. Les Époux Arnolfini, au delà du portrait, présente des personnages dans un intérieur bourgeois, détaché du monde religieux, et peut être considéré comme la première scène de genre. D’autres compositions de Van Eyck, aujourd’hui perdues, comme une Dame à sa toilette confirment cette interprétation. Il est intéressant de constater que c’est dans les Flandres que débute réellement cette pratique : ce sont surtout les écoles du Nord qui mettront ensuite ce genre à l’honneur.

La Renaissance[modifier | modifier le code]

Avec la baisse de l'implication de la religion dans l'art, la scène de genre commence à se développer à partir de la Renaissance, en particulier dans les Flandres. Le Peseur d’or et sa femme de Quentin Matsys en est un exemple parfait, même si comme la plupart du temps, il doit se lire de manière symbolique. Jérôme Bosch et Bruegel l’Ancien n’hésiteront pas à exploiter les scènes de genre, pour illustrer des proverbes et des histoires (aujourd’hui souvent perdus) qui donnent une nuance « laïque » à l’œuvre religieuse.

En Italie comme en France, ce thème est beaucoup moins bien perçu, malgré des femmes au bain fréquentes dans l’école de Fontainebleau, mais qui se rattachent le plus souvent à la peinture mythologique ou à la peinture d’histoire, plus qu’à la scène de genre proprement dite.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Paysans tyroliens (1920, Franz Defregger)

Au XIXe siècle l’expression ''peinture de genre'' remplace par abréviation les expressions peinture de genre vulgaire, de genre bas, de genre mineur qui désignaient des œuvres représentant des scènes de la vie quotidienne ou intime, par opposition aux peintures de genre historique. Des scènes tirées de la Bible pouvaient être prises pour des scènes de genre par ignorance du sujet. On appelait « bambochades » les peintures de genre vulgaire montrant des paysans ou des scènes d’auberges.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Élisabeth Lavezzi, La scène de genre, Éditions Hermann, 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]