Georges Mathieu (artiste)

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Georges Mathieu

Nom de naissance Georges Victor Mathieu
Naissance 27 janvier 1921
Boulogne-sur-Mer
Décès 10 juin 2012 (à 91 ans)
Boulogne-Billancourt
Nationalité Drapeau de la France Française
Activité(s) Artiste peintre
Graveur
Mouvement artistique Abstraction lyrique
Œuvres réputées Dix francs Mathieu (1974)
Récompenses Légion d'honneur

Georges Mathieu[1], né le 27 janvier 1921 à Boulogne-sur-Mer, et mort le 10 juin 2012 à Boulogne-Billancourt[2], est un artiste peintre français considéré comme un des pères de l'abstraction lyrique.

Il est également célèbre pour sa pièce de dix francs de 1974, son logotype d'Antenne 2 de 1975, et ses timbres-poste.

Sommaire

Biographie[modifier]

Né au sein d'une famille de banquiers, Georges Mathieu s'oriente d'abord vers des études de droit, de lettres et de philosophie. Dès 1942, il décide de se tourner vers les arts plastiques et réalise ses premières peintures à l'huile. Il exerce pendant quelques années le métier de professeur avant de se lancer dans une carrière artistique. En 1946, il réalise sa première exposition à Paris au Salon des moins de trente ans.

En 1947, il expose au Salon des réalités nouvelles des toiles à la texture faite de taches directement jaillies du tube, revendiquant la paternité du dripping, technique attribuée à Jackson Pollock en 1945 (ou encore à Janet Sobel en 1944), les couleurs étant, dans le cas de Mathieu, écrasées par le doigt de l'artiste dès 1944.

Dès 1950, il expose aux États-Unis et au Japon.

À partir de 1954, il crée une multitude de tableaux, souvent lors de happenings ou performances minutées devant un public, qui mettent en valeur la rapidité et la virtuosité du geste. Ainsi, en 1956 au théâtre Sarah-Bernhardt à Paris, Mathieu, devant près de 2 000 spectateurs, crée un tableau de 4 × 12 mètres en utilisant pas moins de 800 tubes de peinture (cette toile intitulée Hommage aux poètes du monde entier disparaît en 1968 lors de l'incendie de son atelier[3]).

De 1953 à 1962, il est rédacteur en chef de la revue United States Lines Paris Review.

En 1963, année de sa « Grande Rétrospective » au musée d'art moderne de la Ville de Paris, il accède enfin à la consécration officielle.

En 1973, il réalise son unique œuvre architecturale. À la demande de l'industriel Guy Biraud, fabricant de transformateurs, il dessine les plans d'une usine à Fontenay-le-Comte. L'usine Mathieu qui en résulte est un ensemble original en étoile à sept branches inégales, et dont le pourtour intégralement vitré est vu par l'artiste comme un moyen de lier le lieu de travail à la nature environnante.

Le 7 mai 1975, Georges Mathieu est élu membre de l’Académie des beaux-arts, au fauteuil d’Alfred Giess.

À partir de 1980, son œuvre peint tardif témoigne alors d'une nouvelle maturité où il rompt avec les derniers vestiges de classicisme et abandonne alors la figure centrale en même temps que sa palette se fait plus vaste.

Le 10 juin 2012, Georges Mathieu meurt à l’hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt.

Le choix des titres[modifier]

Les titres des toiles de Georges Mathieu se rapportent parfois aux mathématiques (Théorème d'Alexandrov), à la physique (Principe de Pauli), ou encore à la logique (Grand syllogisme conjonctif), mais le plus souvent à l'Histoire (La Bataille de Bouvines, Les Capétiens partout, La Bataille de Hastings, Le massacre de la Saint-Barthélemy, L’Élection de Charles Quint, etc…). Plutôt que d'attribuer un numéro à une toile, l'artiste préfère en effet des références par exemple historiques, certes gratuites, mais potentiellement évocatrices[4].

Principales œuvres[modifier]

Liste chronologique[modifier]

  • 1942 : Oxford Street by Night
  • 1950 : Flamence rouge, Hommage à la mort
  • 1952 : Hommage au Maréchal de Turenne
  • 1954 : La Bataille de Bouvines, Les Capétiens partout
  • 1956 : Couronnement de Charlemagne, La Bataille de Hastings (voir la genèse de ce tableau). Quatre fresques en hommage au prophète Elie, Centre d'études carmelitaines (Paris).
  • 1957 : La Bataille des Esperous d'or
  • 1958 : La Bataille de Tibériade
  • 1959 : Hommage au Connétable de Bourbon, Le massacre de la Saint-Barthélemy
  • 1961 : Saint Georges terrassant le dragon
  • 1961 : Réalisation de l’étiquette du Château Mouton Rothschild
  • 1963 : La Victoire de Denain. Hommage à Jean Cocteau, fresque pour la Maison de la radio, (Paris)
  • 1965 : Paris, Capitale des arts
  • 1966 : Tapisserie des Gobelins pour le Salon d'honneur du Pavillon français à l'Exposition universelle de Montréal
  • 1967 : Hommage à Condillac, faculté des sciences de Grenoble (Isère)
  • 1967 : Air France lui commande plusieurs toiles qui illustreront 14 affiches pour une campagne publicitaire. Il dessine également les plans de l'usine étoile de Fontenay-le-Comte en Vendée
  • 1968 : Hommage aux poètes disparus
  • 1971 : L’Élection de Charles Quint
  • 1973 : L'usine Mathieu à Fontenay-le-Comte. Décors pour l'opéra de Béla Bartók, Barbe bleue, à la Deutsche Open de Berlin. Sculpture pour le collège de Bourgueil (Indre-et-Loire)
  • 1974 : Dessin de la pièce française de dix francs type Mathieu
  • 1975 : Conception du nouveau logotype d'Antenne 2[6]
  • 1976 : Courtray
  • 1977 : médaille République française pour La Monnaie de Paris, diamètre 100 mm, 330 gr.
  • 1978 : Matta Salums. Batoumi
  • 1979 : Période des œuvres « Stellaires » : L'Astre du jour. Période des « Supersignes » : Ibéride
  • 1980 : Timbre postal, L'Appel du 18 juin 1940, commémoration de la mort du général de Gaulle en 1970. 1980-1982. Sculpture monumentale pour le complexe sportif de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)
  • 1981-1985 : À la France, tapisserie des Gobelins
  • 1982 : Signal pour le CES de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) Célébration du feu, École nationale supérieure de céramique industrielle de Limoges (Haute-Vienne). La Délivrance d'Orléans par Jeanne d'Arc
  • 1984 : Le Cycle de Saturne, série
  • 1985 : Trophée, 7 d'or, pour la télévision. Le Massacre des 269
  • 1988 : Le Paradis des orages
  • 1989 : L'Immortalité ruinée
  • 1991 : Rumeur de paradis

Distinctions et décorations[modifier]

Filmographie[modifier]

  • 1954 : La Bataille de Bouvines, Robert Descharnes
  • 1956 : Le Couronnement de Charlemagne, R. Descharnes
  • 1959 : La Saint-Barthélémy, ORTF productions
  • 1959 : Hommage au Connétable de Bourbon, A. Rainer
  • 1961 : Georges Mathieu, J. Mousseau et J. Feller
  • 1965 : Paris, capitale des arts, ORTF prod.
  • 1967 : Georges Mathieu, F. Warin
  • 1968 : Georges Mathieu, P. Lhoste et G. Roze
  • 1971 : Georges Mathieu, L. Thorn
  • 1971 : Georges Mathieu ou la fureur d'être[7], documentaire de Frédéric Rossif montrant le peintre en train de peindre deux toiles ; texte de François Billetdoux, musique de Vangelis
  • 1979 : À la recherche de Georges Mathieu, D. Lecomte
  • 1986 : Georges Mathieu, P. Ducrest
  • 1992 : Spectacle son et lumière donné en août 1992 dans la cour du château de Boulogne-sur-Mer, Th. Choumitzky

Publications[modifier]

  • Au-delà du tachisme, 1963
  • Le Privilège d'être, 1967, réédité en 2006 aux éditions Complicités[8] (texte accompagné d'un entretien inédit de Georges Mathieu daté de décembre 2005.)
  • Désormais seul en face de Dieu, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1998, 349 p. (ISBN 2825111449) (OCLC 40815288).
    Autoportrait esthétique et spirituel composé de documents de et sur Georges Mathieu rassemblés par lui-même.
     

Bibliographie[modifier]

Notes et références[modifier]

  1. Né Georges Victor Mathieu, dit parfois « Georges Victor Mathieu d'Escaudœuvres ». L'ajout de la mention « d'Escaudœuvres » à son patronyme reposerait sur une question posée par Georges Mathieu lui-même : « Suis-je le dernier héritier des Sires Gérard et Jean, Chevalier d'Escaudœuvres et bienfaiteurs de l'abbaye de Prony, en même temps, comme on l'a toujours prétendu dans la famille de ma mère, que le descendant de Godefroy de Bouillon…. » dans son livre Désormais seul en face de Dieu (1998), mais elle ne figure pas sur sa fiche sur le site de l'Académie des beaux-arts.
  2. Notice d'autorité de la BNF.
  3. Georges Mathieu, Le privilège d'être : précédé d'un entretien inédit avec Christine Blanchet-Vaque, Paris, Les Éditions Complicités, 2006 (initialement publié en 1967 aux éditions Robert Morel, à Forcalquier), 158 p. (ISBN 2-35120-004-7) 
  4. Georges Mathieu [1984]. L'abstraction prophétique, Éditions Gallimard, Paris, p.  34.
  5. Photo du tableau sur le site de l'espace Fernet Branca.
  6. Académie-des-beaux-arts.fr
  7. Site du film
  8. Le privilège d'être

Liens externes[modifier]