Henri Le Sidaner

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Henri-Eugène Le Sidaner

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Henri Le Sidaner par Marie Duhem (1871-1918)

Naissance 7 août 1862
Port-Louis, île Maurice
Décès 16 juillet 1939 (à 76 ans)
Paris
Formation École des beaux-arts
Maîtres Alexandre Cabanel

Henri-Eugène Le Sidaner, né à Port-Louis, Île Maurice, le 7 août 1862 et mort à Paris le 16 juillet 1939 (à 76 ans), est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

La rue de l'Église, Villefranche-sur-Mer par Henri Le Sidaner (1928).

Fils d'un capitaine au long cours, mort au cours d'une tempête dans la Manche en 1880, il passe son enfance à Dunkerque et développe très tôt un don pour le dessin. Boursier de la ville de Dunkerque, il part étudier la peinture à Paris, découvre l'impressionnisme, et la peinture de Manet qui le trouble. En 1882, il est reçu à Paris à l'École des beaux-arts, puis en 1884 entre dans l'atelier d'Alexandre Cabanel qui le soutiendra toujours, il part s'installer à Étaples en 1885 à l'auberge Joos où il rencontrera d'autres peintres venus travailler comme lui dans la région, comme Eugène Chigot. Il y restera jusqu'en 1894, travaille dans la solitude le plus souvent et ses œuvres de l'époque se rapprochent du réalisme sentimental d'un Jean-Charles Cazin. En 1887, il expose au Salon des artistes français et peint de jeunes bergères dans le décor des dunes du Nord. En 1891, il est nommé officier de l'Académie par le ministère de l'Instruction publique et obtient une médaille de troisième classe et une bourse de voyage pour : La Bénédiction de la Mer, vaste composition acquise par l'État, actuellement au Musée des beaux-arts et d'archéologie de Châlons-en-Champagne. Ses amis se nomment Henri Martin, Edmond Aman-Jean, Ernest Laurent ou encore Henri Duhem avec qui il entretient une correspondance nourrie[1]. En 1892, il visite l'Italie et la Hollande où il se lie avec Fritz Thaulow et fait les portraits des jeunes hollandaises. Il présente au Salon, L'Autel des orphelines (Musée d'Arras) dernière importante composition religieuse pour cet artiste non-croyant, mais troublé par le sentiment de recueillement. Amitié avec Émile Claus. Il quitte Etaples et s'installe à Paris au 5 rue Émile-Allez où son voisin est le musicien Gabriel Fauré, interprète des poètes symbolistes. Il se lie à plusieurs personnalités proches du Symbolisme, telles qu'Émile Verhaeren et Georges Rodenbach ou les critiques Camille Mauclair et Roger Marx. Il rejoint la Société nationale des Beaux-Arts, présente le Départ de Tobie et première apparition de deux motifs à des heures différentes : Paysage de neige et Soir de neige. En 1895, il expose chez Georges Petit, concentre son inspiration sur les effets crépusculaires et continue de détruire la plus grande partie de sa production. Succès critique pour sa première exposition personnelle à la galerie Mancini en 1897 et expose au Salon : Les Âmes blanches et Lumières cendrée. En 1898, il expose à la Libre Esthétique à Bruxelles et Le Dimanche sommet de sa période symboliste est présenté au Salon. Un séjour décisif à Bruges de 1898 à 1900 avec sa compagne Camille Navarre et dont Jules Rais écrira qu'il y « tendit un miroir aux buées de la mort » consacre son inspiration symboliste[2]. Gustave Soulier écrit dans La Revue blanche en 1901, c'est le « Maeterlinck de la peinture ».

Après avoir vécu près de Beauvais, à Gerberoy, il s'installe à Versailles[3],[4] où il demeurera jusqu'à sa mort d'un infarctus à Paris. Enterrement à Versailles et discours de George Desvallières, Albert Acremant, Camille Mauclair, George Huisman. Il était le cousin de l'auteur dramatique Albert Willemetz dont il fit le portrait en 1937, et sa sœur Marthe épousa en 1908 le peintre Georges Rouault. Il est cité également dans À la recherche du temps perdu de Marcel Proust où il est comparé à Elstir.

Le Sidaner et Gerberoy[modifier | modifier le code]

C'est sur les conseils du céramiste Auguste Delaherche que l'artiste découvrit Gerberoy, petite ville délaissée de l'Oise où il acheta une maison qu'il restaura peu à peu. Ses différents déplacements en France et à l'étranger lui avaient procuré maintes sensations intimistes. Seul Gerberoy fut propice à une création fertile en devenant presque le thème principal de son œuvre (plus d'une centaine de toiles produites). Dès 1901, il propose au Salon des vues de la cité, puis il se focalise progressivement sur la partie architecturale phare de la maison, à savoir la façade, ses fenêtres, ses volets. Dans la recherche de l'instant intime, de l'arrêt sur image, les toiles de Gerberoy émanent d'une douceur de vivre incomparable en même temps qu'elles déclinent selon l'heure et la saison des accords chromatiques variés. L'artiste passe le printemps et l'été de l'année 1903 à Gerberoy. C'est le début des motifs d'intérieur à la fenêtre ouverte et des tables de jardin, des crépuscules. À l'aide d'un soigneux arrangement de nature morte, le peintre décline harmonieusement la sensation du temps qui s'arrête[5].

Le jardin blanc au crépuscule, 1912

Son œuvre[modifier | modifier le code]

C'est environ à partir de l'année 1900 qu'il se consacre désormais à une peinture intimiste dont se trouve exclue la figure humaine ; jardins déserts, tables servies pour d'hypothétiques hôtes, campagnes solitaires, expriment une vision silencieuse et paisible avec une technique néo-impressionniste et un chromatisme retenu aux nuances chaudes, à la tonalité raffinée et douce qui nimbent ses scènes moins de mystère que d'une espèce de religiosité. Son inspiration au contact de nombreux voyages s'élargira et perdra son mystère au profit d'un art plus décoratif, dont le succès ne se démentira pas. Décrivant les personnages que le peintre à disposées dans un calme paysage (le Dimanche de 1898 au Musée de la Chartreuse de Douai) : « elles sont un chœur blanc de rêves indécis, de figures neigeuses, aux yeux naïfs... » peut déclarer un commentateur. Le Sidaner bénéficiera en 1931 d'une importante rétrospective à Bruxelles, inaugurée par la reine Astrid[6].

Quelques-unes de ses œuvres...[modifier | modifier le code]

La promenade des orphelines, Berck, 1888, Musée des beaux-arts de Dunkerque
  • Un canal de Bruges à l'aube, huile sur toile, 49 × 65 cm, Oxford, Ashmolean Museum.
  • La promenade des orphelines, Berck, 1888, huile sur toile, Dunkerque, Musée des beaux-arts
  • Le Dimanche, 1898, huile sur toile, 112,5 × 192 cm, Douai, Musée de la Chartreuse.
  • Le Pavillon français à Trianon, vers 1910, huile sur toile, 92 × 73 cm, Musée d'Art moderne de Liège, Belgique.
  • Le Dessert, 1903, huile sur toile, 65 × 82 cm, Gray, Musée Baron Martin.
  • Les Volets clos, 1935, huile sur panneau, 27,5 × 35 cm, Cambrai, Musée municipal.
  • Le Bouquet devant la fenêtre, 1936, 92 × 69 cm, Chalon-sur-Saône, Musée Denon.
  • Ciel de printemps, 1913, huile sur toile, 126 × 155 cm, Le Touquet-Paris-Plage, Musée municipal.
  • Roses, vers 1934-1938, huile sur panneau, 27 × 35 cm, Versailles, Musée Lambinet.
  • Le pavillon dans les roses, vers 1916 huile sur panneau, 26 × 36 cm, Anvers, Musée Plantin-Moretius.
  • le Presbytère, 1903, huile sur toile, 59 × 62 cm, Lille, Palais des beaux-arts.
  • La Treille, Isola Bella, 1909, huile sur toile, 82 × 101 cm, Metz, Musée de La Cour d'Or.
  • Les Fenêtres sur le jardin, crépuscule, 1934-1935, huile sur toile, 60 × 73 cm, Saint-Quentin, Musée Antoine Lécuyer.
  • Bénédiction de la mer, 1891, huile sur toile, 340 × 523 cm, Musée des beaux-arts et d'archéologie de Châlons-en-Champagne
  • Esquisse pour Saint-Paul de Londres, 1907, huile sur bois, 170 × 222 cm, La Réunion, Musée Léon-Dierx

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catalogue raisonné de l'Œuvre d'Henri Le Sidaner, éditions André Souret, 1989
  • Henri le Sidaner en son jardin de Gerberoy, 2001, éditions Monelle Hayot (ISBN 2-903824-32-0)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette correspondance est conservée aux archives municipales de Douai. À noter que plusieurs portraits de Rémy Duhem et de Marie Duhem par Le Sidaner et Henri Martin ainsi qu'un buste en bronze de Henri Duhem par Constantin Meunier se trouvent au Musée de la Chartreuse à Douai.
  2. À la demande de Monet, offre une œuvre en faveur des héritiers de Sisley qui vient de mourir
  3. Il vécut au 27 rue des Réservoirs, à l'angle de la route de la Reine, une plaque sur l'immeuble le rappelle.
  4. Il existe quatre rues Le Sidaner : à Port-Louis (île Maurice), à Gerberoy, Versailles et Créteil.
  5. Fenêtre sur..., Catalogue de l'Exposition au Musée de Roanne en 2002
  6. Les peintres de l'âme, le Symbolisme idéaliste en France, par Jean-David Jumeau-Lafond, catalogue de l'exposition au musée d'Ixelles en 1999.

Liens externes[modifier | modifier le code]