Plan-relief

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Plan-relief de la Tour de Londres.

Le plan-relief est un mode de représentation géographique en relief sous forme de maquette qui fut d'abord un outil militaire utilisé pour visualiser des projets d'aménagements ou des campagnes concernant des sites fortifiés. Ils se présentaient sous forme de maquette de terrain comportant les détails des aménagements à l'échelle.

Sommaire

Histoire[modifier]

Construction d'un plan-relief au XVIIe siècle (Manesson Mallet).
Citadelle de Brouage - reproduction du plan-relief du XVIIe siècle (exposée dans la Halle aux vivres de la citadelle.)

Il semble que les premiers plans-reliefs aient été utilisés par la république de Venise et plus généralement en Italie dès la Renaissance avec l'apparition des fortifications bastionnées et en complément de la cartographie traditionnelle[1].

Le tourneur sur bois Jakob Sandtner (fl. 1561-1579) réalisa les plans-relief de plusieurs villes de Bavière.

En France, une collection de plans-reliefs des places fortes a été constituée en 1668 à l'initiative de Louvois ministre de la guerre de Louis XIV, le roi ne sortant plus beaucoup de son cabinet de travail à la fin de son règne. À l'échelle unique du 1/600e (ce qui correspond à l'échelle de 1 pied pour 100 toises) depuis 1680, elles constituent un témoignage de l'état de ces villes ou forteresses à cette époque. Selon l'inventaire dressé par Vauban en 1697, la collection, installée au palais des Tuileries, comportait 144 plans-reliefs. Des ingénieurs topographes réalisaient un relevé minutieux du terrain, des bâtiments (relevés au nombre de fenêtres près) puis ces données étaient livrées à des modeleurs, menuisiers (les plateaux sont en bois de chêne décoré avec de la soie, les maisons en tilleul), décorateurs qui mettaient plusieurs années à fabriquer et mettre à jour ces plans[2].

Ses successeurs contribuèrent à étendre la collection par nécessité opérationnelle jusqu'en 1870 où la puissance de l'artillerie nouvelle (apparition du canon rayé tirant jusqu'à 6 km) et la naissance des cartes d'état-major mettaient en cause leur utilité, mais aussi parce que ces plans ont toujours constitué des objets de prestige, comme en attestent les plans-reliefs de Brest (1811) et de Cherbourg (1811-1813) à la taille monumentale due aux progrès de l'artillerie qui impliquait de faire figurer les forts et batteries éloignés. Tombés en désuétude, certains furent détruits mais la collection fut classée Monument historique le 22 juillet 1927[3].

Conservation[modifier]

Galerie[modifier]

Articles connexes[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Honoré Bernard, Philippe Bragard, Nicolas Faucherre (et al.), Plans en relief : villes fortes des anciens Pays-Bas français au XVIIIe s., Musée des beaux-arts de Lille, 1989, 158 p. (ISBN 2-902092-09-1) (catalogue de l'exposition qui s'est tenue au Musée des beaux-arts de Lille du 28 janvier 1989 à octobre 1989)
  • Caisse nationale des monuments historiques et des sites, « Les plans-reliefs », numéro spécial de Monuments historiques, no 148, décembre 1986, 115 p.
  • René Faille, Le plan relief de Cambrai, Les Amis du Cambrésis, 1975-1990, 2 fasc., 1. Fortifications et bâtiments militaires (7 p.) ; 2. Monuments civils et religieux (19 p.)
  • Nicolas Faucherre, Guillaume Monsaingeon et Antoine de Roux, Les plans en relief des places du roy, Centre des monuments nationaux, Biro Éditeur, 2007, 159 p. (ISBN 978-2-85822-936-9)
  • J. Favier, « Un plan en relief de la ville de Nancy, à Notre-Dame de Lorette, en 1658 », in Journal de la Société d'archéologie lorraine, 1889
  • Christiane Lesage, « À propos du plan en relief de Lille : carton de sol, sa copie et le plan dit de 1745 », in Bulletin de la commission historique du département du Nord, tome 48, 1994-1995, p. 61-75
  • Pâris (vice-amiral), Notice du plan en relief du Canal Maritime de Suez : exposé dans le Musée de marine, C. de Mourgues Frères, Paris, 1882, 124 p.
  • « Le plan-relief », in Les Collections du musée historique de la ville de Strasbourg : de la ville libre à la ville révolutionnaire, Strasbourg, musées de la ville de Strasbourg, 2008, p. 150-189 (ISBN 2-35125-053-2)
  • Antoine de Roux, Perpignan à la fin du XVIIe siècle : le plan en relief de 1686, Caisse nationale des monuments et des sites, Mission d'aménagement du Musée des plans-refiefs, 1990, 64 p.
  • Manuel Royo, Rome et l'architecte : conception et esthétique du plan-relief de Paul Bigot, Centre d'études et de recherche sur l'antiquité et les mythes, Université de Caen Basse-Normandie, Presses universitaires de Caen, 2006, 227 p. (ISBN 2-84133-239-X)
  • Louis Trénard, « Le plan en relief de Lille, expression d'un patrimoine urbain », in Revue du Nord (Villeneuve d'Ascq), 1992, tome LXXIV, no 295, p. 309-324

Notes et références[modifier]

  1. Sylvain Kahn, « La France mise en relief : le choix des cartes », émission Planète Terre sur France Culture, 25 janvier 2012
  2. Ghislain de Montalembert, « La France miniature, passion royale », sur lefigaro.fr, 30 décembre 2012
  3. Max Polonovski, directeur des musées des Plans-Reliefs, « Un trésor fragile : les plans-reliefs de Louis XIV à Napoléon III », émission Au cœur de l'histoire, 2 février 2012
  4. La dizaine de plans-reliefs conservés à Lille résultent d'une volonté expresse d'André Mauroy de déplacer dans sa ville les modèles des villes du Nord. François Mitterrand acquiesça à cette demande.
  5. « Le plan-relief », in Les Collections du musée historique de la ville de Strasbourg : de la ville libre à la ville révolutionnaire, Strasbourg, musées de la ville de Strasbourg, 2008, p. 150-189 (ISBN 2-35125-053-2)
  6. Véronique Dumas, « La France prend du relief », sur historia.fr, 26 janvier 2012
  7. Citadelle de Bitche [1]

Liens externes[modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :