Hans Holbein le Jeune

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Hans Holbein le Jeune

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Autoportrait

Naissance c. 1497
Augsbourg, Saint-Empire romain germanique
Décès Entre le 8 octobre et le 18 novembre 1543 (âgé de 46 ans)
Londres, Royaume d'Angleterre
Nationalité Drapeau de l'Allemagne Allemande
Mouvement artistique Renaissance du Nord
Influencé par Hans Holbein l'Ancien
Influença peintre sur bois

Œuvres réputées

Les Ambassadeurs

Hans Holbein le jeune est un peintre et graveur allemand, né à Augsbourg en 1497 et mort à Londres le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du peintre Hans Holbein l'Ancien, il est le frère cadet du peintre Alex Holbein (vers 1493/94 - vers 1519), avec lequel il étudie dans l'atelier paternel.

En 1515, sa famille se fixe à Bâle, haut lieu de l'humanisme, où il se lie avec Érasme. De 1516 à 1526, travaillant pour la haute bourgeoisie commerçante, il réalise des portraits, compositions religieuses, décorations murales, cartons de vitraux et des gravures. Le musée d'art de la ville de Bâle possède ainsi la plus importante collection au monde d'œuvres de la famille Holbein. Durant cette période, il accomplit de nombreux voyages comme à Lucerne en Suisse ou encore en Italie, à Rome et Florence.

Influencé par Matthias Grünewald mais aussi par Léonard de Vinci, qu'il découvre dans un voyage en France, son style s'ouvre aux nouvelles conceptions de la Renaissance italienne.

En 1526, fuyant la Réforme, il part pour Londres, recommandé par Érasme à Thomas More. Cette époque constitue l'apogée de sa carrière. Il exécute le projet d'un arc de triomphe pour l'entrée d'Anne Boleyn à Londres et peint le tableau Les Ambassadeurs en 1533. Ce dernier est particulier. En effet, une partie de cette œuvre est réalisée selon le procédé de l'anamorphose. Ainsi, si le regard se positionne par rapport à la tranche droite du tableau, on voit apparaître un crâne humain au milieu des deux personnages. La présence de ce crâne fait de ce tableau un memento mori, qui rappelle à l'humilité. Les deux personnages représentés étant invités à se souvenir qu'ils sont mortels comme tout un chacun.

En 1536, nommé peintre-valet de chambre d'Henri VIII, il devient en peu de temps le peintre officiel de la cour d'Angleterre. En 1543, en pleine gloire, il meurt de la peste. Peintre recherchant derrière les apparences les expressions signifiantes des visages, il cherche à unir aux traditions gothiques les nouvelles tendances humanistes.

Réception[modifier | modifier le code]

Dostoïevski, grand admirateur d'Holbein, est fort secoué lorsqu'il voit à Bâle, trois siècles plus tard, son tableau Le corps du Christ mort dans la tombe ; selon lui, « ce tableau peut faire perdre la foi. »[1] Le tableau l'a tellement troublé qu'il en fait une longue description dans L'Idiot.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1521 Le Corps du Christ mort dans la tombe, Kunstmuseum (Bâle)
  • 1522 La Madone de Soleure Huile sur bois de tilleul, 143,3 × 104 cm, musée des beaux-arts, Soleure
  • 1523 Portrait d'Érasme Huile sur bois, 42 × 32 cm, musée du Louvre, Paris
  • 1528 La Vierge et l'Enfant avec la famille du bourgmestre Meyer, retable, huile sur bois, 146,5 × 102 cm. Darmstadt, Schlossmuseum.
  • 1528 Anne Cresacre, bru de Sir Thomas More, pierre noire et pastel sur papier, 37,9 × 26,9 cm. Royal Library, château de Windsor.
  • 1528 Nicholas Kratzer, huile sur toile, 81.9 × 64.8 cm
  • 1526 série de 41 gravures sur bois « Danse macabre », elles seront publiées sans texte en 1530, puis en 1538, dans un recueil intitulé « Simulacres et historiées faces de la mort » ; en 1545 les gravures, primitivement au nombre de 41, furent portées à 53 et accompagnées de sentences latines et de quatrains moraux français. Il ne s’agit pas de farandoles où la mort entraîne ses victimes vers leur fin et les scènes ne se passent pas non plus dans les cimetières, la mort fait irruption dans la vie quotidienne, elle interrompt les activités de chacun, qu’il s’agisse du travail du négociant, de l’activité du juge, du médecin ou encore du chevalier. La mort surprend les hommes dans leurs occupations ou dans les plaisirs qu’offre la vie ; elle ne fait aucune distinction d’ordre ou de classe. Cependant, toujours agressive et moqueuse, « la mort » d'Holbein prend les allures d’un justicier, l’œuvre de l’artiste a un côté subversif dans la mesure où il dénonce les abus du pouvoir, les autorités religieuses qui profitent de leur statut et la puissance des plus riches. Certes, il montre que la mort touche tout le monde mais avec ironie et férocité il ridiculise les puissants (dans le domaine religieux et politique) en dénonçant leurs travers ou leurs manquements au rang qu’ils doivent tenir ou aux serments prononcés.
  • 1532 Portrait de Georg Gisze, huile sur bois, 96,3 × 85,7 cm. Berlin, musées nationaux de Berlin, Gemäldegalerie.
  • 1532 Portrait d'un membre de la famille Wedigh, probablement Hermann Wedight, huile sur bois, 42,2 x 32,4 cm, Metropolitan Museum of Art, New York.
  • 1533 Les Ambassadeurs , huile sur panneau, 207 × 209 cm, Londres, National Gallery.
  • 1536 Portrait de Sir Richard Southwell, huile sur bois, 47,5 × 38 cm, Florence, Galerie des Offices.
    • Portrait d'Henri VIII, huile sur bois, 28 × 19 cm.
  • 1538 Portrait de Christine de Danemark, Londres, National Gallery.
  • 1538 Portrait de Jean Bugenhagen, Chantilly, musée Condé.
  • 1543 Portrait d'Antoine de Lorraine, Berlin, Gemäldegalerie.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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